Les espèces endémiques sont des espèces qui ne sont présentes que dans une seule région du monde. Le Canada abrite plusieurs animaux qu’on ne trouve nulle part ailleurs. En raison de leur aire de répartition très restreinte et de leur cycle biologique souvent spécialisé, ces animaux sont généralement en péril. Bien qu’il existe de nombreuses sous-espèces endémiques au Canada (p. ex., le caribou de Peary, le bison des bois), la liste suivante présente neuf espèces qui ne se trouvent qu’au Canada.

Termes clés
Anthropique — Résultant de l’activité humaine, généralement lorsqu’il est question de pollution ou de dégradation de l’environnement.
Endémique — Originaire d’une région, qui ne se trouve nulle part ailleurs.
Disparu — Extinction locale. Peut être encore présent ailleurs, mais disparu localement.
Corégone de l’Atlantique
Le corégone de l’Atlantique (Coregonus huntsmani) est un corégone salmonidé unique et en voie de disparition. On ne le trouve à l’état sauvage que dans trois lacs près de Bridgewater, en Nouvelle-Écosse. Migrant autrefois entre les eaux douces et l’océan Atlantique, il est maintenant restreint au bassin de Petite Rivière et en déclin. En fait, le corégone de l’Atlantique est la première espèce de poisson déclarée en voie de disparition par le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada en 1984. Des prédateurs envahissants, tels que le brochet maillé et l’achigan à petite bouche, ainsi que la dégradation de son habitat, pourraient entraîner l’extinction de cette espèce. Une étude de 2019 estime qu’il ne reste que 13 femelles reproductrices à l’état sauvage.
Pour préserver l’espèce, une équipe de scientifiques du gouvernement, du milieu universitaire et d’organismes sans but lucratif a mis sur pied un programme d’élevage en captivité à l’Université Dalhousie. Toutefois, le financement irrégulier et le manque d’habitats adéquats rendent la conservation difficile.

Physe des fontaines de Banff
La physe des fontaines de Banff (Physella johnsoni) est un petit gastéropode en voie de disparition qui vit dans cinq sources thermales du mont Sulphur, dans le parc national Banff en Alberta. Ce mollusque très spécialisé préfère une eau dont la température se situe entre 30 et 36 °C. Il se nourrit des algues et des bactéries qui s’y trouvent. Bien que son aire de répartition ait toujours été très restreinte, il a déjà disparu de quatre autres sources thermales de la région. Il est sensible à la dégradation de l’environnement et à la perturbation anthropique. La contamination chimique causée par un visiteur humain qui trempe sa main dans la source après avoir utilisé un répulsif à moustiques peut avoir des conséquences graves pour ce gastéropode.

Chevalier cuivré
Le chevalier cuivré (Moxostoma hubbsi) est un gros poisson d’eau douce en voie de disparition, endémique du fleuve Saint-Laurent et de la rivière Richelieu au Québec. Ce poisson unique possède des molaires qui lui permettent de broyer les coquilles des mollusques qui prospèrent dans les herbiers sous-marins. Ces herbiers se trouvent principalement dans le fleuve Saint-Laurent, près de Montréal. En fin de saison, le chevalier cuivré nage jusqu’à la rivière Richelieu pour y frayer. Par conséquent, la survie de ce poisson dépend de la sécurité des deux régions et de la voie de passage entre elles.
Toutefois, l’utilisation d’herbicides et de pesticides en agriculture et leur déversement dans les voies navigables, ainsi que le développement constant dans et autour de leurs principales aires de reproduction et d’alimentation, ont fait diminuer la population par rapport à l’époque précoloniale. En effet, à cette époque, ces poissons faisaient partie de nombreuses sources importantes de nourriture pour les Kanyen’kehà:ka. On ne sait pas exactement combien de chevaliers cuivrés il reste, mais, selon la plupart des estimations, ils seraient au plus quelques centaines.

Lamproie de Vancouver
La lamproie de Vancouver (Entosphenus macrostomus, anciennement Lampetra macrostoma), également appelée lamproie du lac Cowichan, est un poisson parasite sans mâchoire semblable à une anguille. On la trouve uniquement dans le bassin versant de la vallée Cowichan, dans le sud de l’île de Vancouver, en Colombie-Britannique. Ce poisson unique peut atteindre près de 30 cm de long et se nourrit exclusivement d’autres poissons. Comme toutes les lamproies, elle est sémelpare, c’est-à-dire qu’elle ne peut se reproduire qu’une seule fois dans sa vie. La lamproie de Vancouver est actuellement inscrite en tant qu’espèce menacée en vertu de la Loi sur les espèces en péril. Les modifications anthropiques de son habitat et de ses proies, ainsi que la dégradation de la qualité de l’eau, sont les principales causes de son déclin.

Loup de l’Est
Le loup de l’Est (Canis lycaon), parfois considéré comme une sous-espèce du loup gris (Canis lupus lycaon), est un grand canidé qu’on ne trouve qu’au Québec et en Ontario. Aujourd’hui plus répandue autour du parc provincial Algonquin, cette espèce a peut-être déjà occupé une aire de répartition plus vaste, s’étendant jusqu’aux États-Unis, mais elle a depuis disparu. Même au Canada, le loup de l’Est est classé comme espèce menacée en vertu de la Loi sur les espèces en péril. Ses principales menaces sont la chasse et le piégeage, la mortalité routière, la compétition avec les coyotes et la perte de son habitat.
Le saviez-vous?
Le loup de l’Est peut s’accoupler avec le coyote, ce qui rend difficile la distinction visuelle entre les deux. Une analyse d’ADN s’avère donc nécessaire pour confirmer sa présence.

Halicte de l’île de Sable
L’halicte de l’île de Sable (Lasioglossum sablense) est une petite abeille qu’on ne trouve que sur l’île de Sable, une île de 34 km2 au large des côtes de la Nouvelle-Écosse (voir Réserve de parc national de l’Île-de-Sable). Cette petite abeille niche dans le sol sablonneux de l’île et pollinise de nombreuses plantes uniques qui habitent également cette petite île de l’Atlantique. Elle est classée comme espèce menacée en vertu de la Loi sur les espèces en péril du Canada. Étant donné que cette abeille ne vit que sur une petite île de sable, l’élévation du niveau de la mer, les tempêtes violentes et le changement climatique pourraient décimer sa population.

Cuivré des marais salés
Le cuivré des marais salés (Tharsalea dospassosi) est un petit papillon diurne rare qu’on ne trouve que dans les marais salés de l’est du Québec, du Nouveau-Brunswick et de la Nouvelle-Écosse. Ce papillon brun orangé orné de points noirs se nourrit du nectar de diverses plantes à fleurs, telles que le limonium de Caroline (Limonium carolinianum), ce qui contribue à la pollinisation. Bien qu’elle soit parfois répandue dans les marais salés et qu’elle ne figure actuellement pas sur la liste de la Loi sur les espèces en péril, cette espèce demeure tout de même préoccupante en raison de son aire de répartition restreinte et de l’aménagement constant des rivages et des marais salés.

Lemming d’Ungava
Le lemming d’Ungava (Dicrostonyx hudsonius) est un petit rongeur qui ne vit que dans la toundra nordique du Québec et du Labrador, et peut-être aussi dans certaines régions du Nunavut. Il est brun grisâtre avec une bande plus foncée sur le dos. Il vit en petites colonies et sa population subit probablement d’importantes fluctuations tous les deux à cinq ans. Des études démontrent que sa densité peut varier d’un individu par acre à plus de cent quarante par acre. Cela laisse entendre qu’il constitue une importante source alimentaire pour divers prédateurs de l’Arctique, comme le harfang des neiges et le renard. L’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) le classe actuellement comme espèce de préoccupation mineure.

Marmotte de l’île de Vancouver
La marmotte de l’île de Vancouver (Marmota vancouverensis) est un gros rongeur brun foncé qu’on ne trouve que sur l’île de Vancouver, en Colombie-Britannique. Cette marmotte vit en colonies et affectionne les prairies subalpines situées entre 900 et 1 500 mètres au-dessus du niveau de la mer. Elle est classée comme espèce en voie de disparition en vertu de la Loi sur les espèces en péril. Avec seulement deux sous-populations restantes, soit environ 427 individus au total, moins de 10 km² d’habitat viable et la déforestation continue, elle court un risque très élevé d’extinction dans un futur proche. En 2003, il ne restait que trente marmottes sauvages. Les efforts de conservation se poursuivent, mais il reste encore beaucoup à faire pour préserver l’espèce.
