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Réserve de parc national de l'Île-de-Sable

La réserve de parc national de l’Île-de-Sable, sur le territoire traditionnel non cédé des Mi’kmaq, est une étroite bande de sable à 290 km située au sud-est de Halifax en Nouvelle-Écosse, qui est reconnue pour sa faune diversifiée. Des chevaux sauvages, des phoques gris et une flore unique attirent des visiteurs du monde entier. Ce parc est surnommé « le cimetière de l’Atlantique » en raison de plus de 350 épaves de navires au large de ses côtes. Étant donné l’éloignement de cette réserve, les visiteurs ne peuvent se rendre à l’île de Sable que par bateau ou par avion, avec l’autorisation de Parcs Canada. L’île de Sable a été désignée parc national en 2013, devenant ainsi le 43e parc national du Canada.


Paysage

L’île de Sable est située à la limite du plateau continental dans le nord de l’océan Atlantique. Cette île est une bande de terre sablonneuse en forme de croissant d’une superficie de 3400 ha. D’une longueur de 42 km, elle ne mesure que 1,3 km à son point le plus large. Elle est couverte de brouillard 127 jours par année en moyenne, ce qui est historiquement la cause des nombreux naufrages.

Bien que la température demeure modérée tout au long de l’année, plusieurs tempêtes tropicales et hivernales violentes, ainsi que des vents violents, se produisent au cours de l’année. Ils peuvent endommager le paysage en déplaçant les sables, en créant des dunes et en provoquant des pertes de sédiments. La végétation qui recouvre l’île contribue à réduire ces pertes de sédiments, agissant comme une barrière naturelle contre les vents violents et les vagues. Les racines profondes et emmêlées des herbes et des bruyères stabilisent les dunes de sable et servent de lieux de nidification à diverses espèces.


Faune

L’île de Sable est un paradis pour diverses espèces, dont certaines ne se trouvent que sur cette l’île, tandis que d’autres sont considérées comme étant menacées en vertu de la Loi sur les espèces en péril du Canada.

Les chevaux sauvages vivent sur l’île de Sable depuis environ 250 ans. Ils sont amenés sur l’île au 18e siècle pour servir de refuge et ressource d’urgence pour les équipages naufragés. Les chevaux, ainsi que des vaches, des moutons, des chèvres et des porcs, y sont transportés, car on croit qu’ils pourront survivre par leurs propres moyens avec peu d’intervention humaine. Seuls les chevaux survivent.

Les chevaux sauvages vivent en petits groupes familiaux appelés bandes, souvent composés d’un mâle dominant, d’une ou deux juments et de leurs petits. D’autres bandes sont uniquement composées de jeunes mâles subordonnés à la recherche de juments.

La population actuelle des chevaux sauvages varie ces dernières années entre 374 et 590 individus.

Plusieurs chevaux sur une plage couverte d’arbustes et balayée par le vent.

En plus des chevaux, l’île de Sable abrite la plus grande colonie de reproduction de phoques gris au monde. Grâce à sa situation géographique, qui se trouve près de zones d’alimentation riches, et à l’absence de prédateurs terrestres, l’île constitue un refuge sûr pour les phoques qui viennent y mettre bas.

Les mères, qui donnent naissance à environ 80 000 petits au total chaque hiver, passent les 16 premiers jours de la vie de leurs petits à les nourrir et à les protéger, après quoi elles retournent en mer et les laissent se débrouiller seuls. Alors que les petits grandissent, plusieurs d’entre eux restent sur l’île jusqu’à un an.


Les chevaux sauvages bénéficient indirectement de la présence des phoques sur l’île. En apportant des nutriments marins sur le rivage par l’entremise de leurs excréments et de leur urine, les phoques favorisent la croissance de la végétation, qui est une source de nourriture précieuse pour les chevaux.

De nombreuses espèces d’oiseaux vivent également sur l’île de Sable. Le bruant d’Ipswich niche exclusivement sur cette île. En raison de sa répartition géographique et de son aire de reproduction limitées, cet oiseau est classé comme étant une espèce préoccupante en vertu de la Loi sur les espèces en péril.

L’halicte de l’île de Sable (ou abeille de la sueur) est une espèce endémique de l’île, c’est-à-dire qu’elle est originaire de l’île et ne peut être trouvée ailleurs dans le monde. Elle niche au sol et joue un important rôle dans la pollinisation sur l’île. On ne sait que très peu de choses sur la taille de sa population; toutefois, en raison de sa répartition géographique limitée, cette espèce d’abeille est classée comme étant une espèce menacée en vertu de la Loi sur les espèces en péril.

Gestion du parc et installations pour les visiteurs

Comme elle est une île isolée et difficile d’accès, l’île de Sable ne dispose pas de nombreuses installations pour les visiteurs. Le seul bâtiment fonctionnel et en service sur l’île est la station principale, qui est le point d’arrivée des visiteurs arrivant par avion ou par bateau. Des toilettes, de l’eau potable et une boutique de souvenirs y sont disponibles.

Pour ceux qui ne peuvent pas se rendre sur l’île, Parcs Canada offre des visites virtuelles pour découvrir l’île et pour en apprendre davantage sur son importance. Grâce à des photos, des œuvres d’art et des images de drone à 360 degrés, des visiteurs du monde entier peuvent explorer cette île unique et découvrir les projets de recherche qui y sont menés.

Participation des Autochtones

L’île de Sable se trouve sur le territoire mi’kmaq, et les jeunes et aînés mi’kmaq s’engagent à encourager les futurs visiteurs à ne laisser aucune trace derrière eux, à tirer des leçons de cet environnement délicat et unique et à honorer et respecter la terre sur laquelle ils marchent.

Les Gardiens de la Terre mi’kmaq participent également activement à des projets de recherche sur la conservation, qui sont principalement axés sur l’halicte de l’île de Sable. Comme les perspectives autochtones sont prises en compte dès les premières étapes de la recherche sur cette espèce d’abeille, le projet rassemble le savoir autochtone et le savoir occidental selon un principe appelé « le principe de la vision à double regard ». En plus de permettre une méthode de recherche plus holistique, cette approche devrait favoriser des liens plus étroits entre la communauté mi’kmaq et l’équipe de la réserve de parc national de l’Île-de-Sable.

Le saviez-vous?
La vision à double regard, ou Etuaptmumk, est une expression inventée par l’aîné mi’kmaq Albert Marshall. Selon l’Institut des sciences intégratives et de la santé de l’Université du Cap-Breton, cette vision à double regard signifie « apprendre à voir d’un œil avec la force des savoirs et des modes de connaissance autochtones, et de l’autre œil avec la force des savoirs et des modes de connaissance occidentaux… et apprendre à utiliser ces deux yeux ensemble, pour le bien de tous ».