La rivière Richelieu occupe une place marquante dans l'histoire du Québec. À l'origine, la région est peuplée par des Haudenosaunee (Iroquois), des Wendats (Hurons) et des Algonquins. La colonisation de la région du Richelieu débute en 1608 avec l’arrivée de Samuel de Champlain; s’ensuit la construction de nombreux forts au long de la rivière qui jouent un rôle lors de la Conquête britannique, de la guerre de l'Indépendance américaine et des rébellions de 1837–1838. L’aménagement du canal de Chambly au 19e siècle entraîne l’essor économique de la région. Au 20e siècle, le commerce fait place à l’industrie sans pour autant délaisser l’agriculture.

Description
La rivière Richelieu, qui mesure près de 130 km de long, prend sa source dans le lac Champlain, aux États-Unis, et coule vers le nord, drainant le Sud du Québec; elle se jette dans le fleuve Saint-Laurent, près du lac Saint-Pierre. On parle habituellement de la rivière en la séparant en deux parties, le Haut-Richelieu et le Bas-Richelieu.
Dans sa partie méridionale, le Haut-Richelieu, la rivière passe par les villes de Saint-Jean-sur-Richelieu, Iberville, Chambly, Beloeil et Mont-Saint-Hilaire. Une série de rapides jalonne son cours de Saint-Jean à Chambly.
À partir de là, le Bas-Richelieu poursuit son parcours en traversant les localités plus pittoresques de Saint-Charles, Saint-Denis et Saint-Ours. Enfin, le Bas-Richelieu s'étend jusqu'à l'embouchure de la rivière, où elle rejoint le Saint-Laurent, à la hauteur de Sorel.
Importance historique et militaire
À l'origine, la région du Richelieu est peuplée par des Haudenosaunee (Iroquois), des Wendats (Hurons) et des Algonquins. Peu après son arrivée en 1608, Samuel de Champlain remonte ses eaux.
Au cours du régime français, la rivière, nommée d'après le cardinal de Richelieu, revêt une grande importance militaire. Les Français bâtissent de nombreux ouvrages fortifiés le long de ses rives, dont le fort Lennox de l'Île aux Noix, le fort Saint-Jean, le fort Sainte-Thérèse, le fort Saint-Louis (le fort Chambly) et le fort de Richelieu (aujourd’hui Sorel). Grâce aux terres fertiles de la vallée et aux ouvrages qui la défendent, les paysans canadiens-français s'y établissent. Après la Conquête britannique et la guerre de l'Indépendance américaine, des militaires britanniques et des colons loyalistes viennent s'ajouter à la population locale. En envahissant les colonies de l'Amérique du Nord britannique, les troupes américaines dirigées par Benedict Arnold capturent les forts anglais le long du trajet. Durant les rébellions de 1837–1838, plusieurs escarmouches se produisent le long de ses rives, dont la bataille de Saint-Denis et la bataille de Saint-Charles.
Importance économique
Au 19e siècle, la rivière et la vallée du Richelieu acquièrent une grande importance économique. En 1843, on termine l'aménagement du canal de Chambly, ce qui permet de contourner les rapides et d'acheminer plus directement par eau, entre les États-Unis et Montréal, des produits tels que des billots, de la pâte à papier, du foin (voir Plantes fourragères) et du charbon. Tout cela entraîne l'essor des centres régionaux de Sorel et de Saint-Jean-sur-Richelieu, qui sont constitués en municipalités dans les années 1850.
Toutefois, la construction de lignes de chemin de fer reliant les États-Unis à Montréal durant la même période finit par éliminer le transport sur la rivière, de sorte que, à la fin du 19e siècle et au 20e siècle, la région change de vocation économique, le commerce cédant la place à l'industrie. Néanmoins, la vallée du Richelieu conserve des assises agricoles importantes, puisqu'on y cultive des produits parmi les meilleurs de la province, tandis que l'industrie y occupe une grande place. (Voir aussi Agriculture au Canada.)

Archéologie
Parcs Canada, qui faisait précédemment partie d’Environnement Canada, a procédé à plusieurs fouilles archéologiques au fort Chambly et à Fort Lennox, et a supervisé les activités le long du canal de Chambly. Des fouilles ont révélé une présence humaine remontant à plus de 5 000 ans. (Voir aussi Les réserves de la biosphère des Nations Unies)