Alberta

L'Alberta, la plus occidentale des trois provinces des Prairies canadiennes, partage de nombreuses caractéristiques physiques avec ses voisines de l'Est, la Saskatchewan et le Manitoba.

L'Alberta, la plus occidentale des trois provinces des Prairies canadiennes, partage de nombreuses caractéristiques physiques avec ses voisines de l'Est, la Saskatchewan et le Manitoba.



Geographie

L’Alberta est divisée par trois des sept régions physiographiques du Canada. Ces trois régions sont la Cordillère, les plaines intérieures et le Bouclier canadien. Toutefois, la majeure partie de la province se trouve dans la région des plaines intérieures. Les plaines intérieures peuvent être divisées entre les prairies, les parcs et les forêts boréales. La partie des prairies comprend la majeure partie du sud de l’Alberta. Ces prairies vallonnées sont relativement sèches et caractérisées par l’absence d’arbres. La région des parcs prédomine le centre de l’Alberta. Cette région varie des terrains plats créés par le fond d’anciens lacs aux paysages vallonnés, parsemés de dépressions et de nombreux lacs. La région de la forêt boréale couvre la partie nord de la province. On y trouve de vastes lacs et de grandes rivières qui dominent le paysage, et qui s’écoulent vers le nord, en direction de l’océan Arctique. Dans le coin sud-ouest de l’Alberta, une région de crêtes de contreforts s’élève vers les Rocheusesqui forment une partie de la région de la Cordillère du Canada.

La région des Prairies du sud de l’Alberta est constituée d’herbes courtes et d’herbe mixte. Ces herbes incluent le boutelou gracieux et l’herbe de blé de l’ouest. Les régions des parcs du centre de l’Alberta, et la région de la rivière de la Paix sont caractérisées par des herbes hautes et des trembles.

La région boréale du nord de l’Alberta est composée de forêts de trembleset debouleauxblancs au sud, et d’épinettesblanches, demélèzeset d’épinettes noires au nord. On trouve aussi dessapinsbaumiers et despinsgris dans les régions de l’est. Des sapins subalpins et des pins tordus poussent à l’ouest. Des sols gris et pauvres en nutriments sous-tendent le couvert forestier. Le sapin subalpin, l’épinette blanche et le pin tordu dominent les basses altitudes desRocheuses. À des altitudes plus élevées, des peuplements disséminés d’épinettes noires et de mélèzes alpins sont entrecoupés de tapis delichenet de fleurs alpines dans les alpages.

Dans le sud-est de l’Alberta, le petit bassin de larivière Milkse jette dans la rivière Missouri, puis dans le fleuve Mississippi, poursuivant vers le sud jusqu’au golfe du Mexique. Le reste de la portion méridionale de la province est drainé par les bassins fluviaux des rivières Saskatchewan Nord et Sud, vers l’est jusqu’à labaie d’Hudson, par le réseau de larivière Nelson. Le nord de la province est dominé par les bassins des rivièresAthabasca,Hayet de laPaix. Ces bassins s’écoulent vers le nord jusqu’à l’océan Arctique, par l’intermédiaire du fleuve Mackenzie. Lelac Claireet lePetit lac des Esclaves sont les deux plus grands lacs entièrement situés en Alberta. (Voir aussi Géographie de l’Alberta.)

Population

Centres urbains

En 2016, la population albertaine est urbaine de 83,5 % — un renversement quasi complet de la situation depuis le recensement de 1901 alors que 75 % de la population était rurale. L’urbanisation s’accélère pendant la Deuxième Guerre mondiale et, à la faveur de la prospérité d’après‑guerre, elle s’intensifie nettement.

Calgary, vue du centre-ville


Début du 20e siècle : les libéraux et la United Farmers of Alberta

Traditionnellement, la politique provinciale se caractérise par la montée au pouvoir de partis politiques possédant de confortables majorités à la Chambre et qui demeurent longtemps au pouvoir avant de subir une défaite décisive par une nouvelle force politique montante. Ce modèle est établi par les libéraux, sous la direction du premier ministre en titre, Alexander C. Rutherford (1905-1910), qui obtient 58 % des voix, soit 22 des 25 sièges, à l'issue de la première élection provinciale en 1905. Les gouvernements libéraux de Rutherford et de ses successeurs, Arthur L. Sifton(1910-1917) et Charles Stewart(1917-1921), remportent des victoires analogues (1909, 1913 et 1917). Les Fermiers unis de l’Alberta (FUA), avec à leur tête Herbert Greenfield (1921-1925), sont portés au pouvoir aux élections provinciales de 1921 remportant 38 (tous ruraux) des 61 sièges, bien qu’ils n’aient que 29 % des suffrages; ils se retrouvent au pouvoir à cause des troubles agraires et de la montée du progressivisme et du populisme qui ont suivi la Première Guerre mondiale. Sous les successeurs de Herbert Greenfield, John Brownlee (1925-1934) et Richard Reid (1934-1935), les FUA se maintiennent au pouvoir grâce à de grandes majorités dans la législature aux élections de 1926 et 1930. Cependant, aux élections de 1935, sous l’effet de la campagne charismatique campagne menée par William Aberhart, chef du nouveau Parti Crédit Social et des problèmes économiques qui affligent la province à la suite de la Crise des années 1930, le Parti Crédit Social remporte 56 des 63 sièges avec 54 % des suffrages.

De la Grande Dépression à la fin des années 1980 : le Crédit social et les progressistes‑conservateurs

Sous les gouvernements d'Aberhart (1935-1943) et de ses successeurs, Ernest Manning(1943-1968) et Harry Strom(1968-1971), le Crédit social, invincible, reste au pouvoir pendant 36 ans. Toutefois, ils sont écartés par la victoire de Peter Lougheed(1971-1985) et des progressistes-conservateurs qui, en 1971, gagnent 49 sièges sur 75 et 46 % des voix. Aux élections de 1975, de 1979 et de 1982, Lougheed et les progressistes-conservateurs l'emportent haut la main sur les partis d'opposition. En 1986, avec la résurgence de l’opposition de gauche, dirigée par le Nouveau Parti démocratique et, à un degré moindre, le Parti libéral, les progressistes-conservateurs au pouvoir font face à leur premier grand défi. Aux élections de 1986, sous le chef du Parti conservateur Don Getty (1985-1992), l’appui aux conservateurs diminue jusqu’à atteindre 51 % et le Parti progressiste-conservateur détient seulement 61 des 83 sièges. En 1989, les progressistes-conservateurs de Don Getty remportent une autre majorité des sièges malgré la diminution constante dans les suffrages.

De la fin des années 1990 au début des années 2000 : Ralph Klein

À l'occasion de l'élection provinciale de 1993, on assiste à une épreuve de force entre les deux maires, fort populaires, des deux principales villes : l'ancien maire de Calgary, Ralph Klein, successeur de Getty à la direction du Parti conservateur, et Laurence Decore, ancien maire d'Edmonton et chef nouvellement élu d'un Parti libéral renaissant de ses cendres, qui mène une campagne axée sur la responsabilité financière et la réduction du déficit. Victorieux, les conservateurs de Klein (1992-2006) voient néanmoins leur majorité fondre de 51 à 32 sièges, dans un contexte marqué par une polarisation du vote entre les zones rurales conservatrices du Sud et les régions urbaines libérales du Nord. Les progressistes-conservateurs retrouvent des majorités supérieures et une augmentation de leur part du vote populaire aux élections de 1997 et 2001.

Klein entreprend résolument de diminuer l'importance du rôle dévolu au gouvernement; par exemple, il privatise le réseau d'établissements de vente de spiritueux, le Bureau d'immatriculation des véhicules automobiles et le Bureau de l'état civil. Sa politique relative à la réduction du déficit, qui impose des coupures draconiennes dans les services publics, lui conserve un fort taux de popularité parmi une majorité de l'électorat. Les divergences d'opinion qui opposent Klein et les libéraux fédéraux sur les enjeux reliés aux soins de santé et les points de désaccord plus traditionnels, c’est-à-dire l’imposition, les ressources naturelles et la Confédération, cadrent bien avec la tradition albertaine du sentiment d’aliénation de l’Ouest, remontant aux Fermiers unis de 1920.

De 2006 à 2014 : Stelmach, Redford et le Parti Wildrose Alliance

En 2006, Klein quitte la vie politique et Ed Stelmach (2006-2011) le remplace. Aux élections de 2008, Ed Stelmach, qui connaît une faible popularité en tant que chef du Parti conservateur, mène le parti à une majorité stupéfiante, emportant 72 des 83 sièges. Pendant son mandat, il poursuit certaines réductions des dépenses qui avaient valu à Klein sa popularité. Cependant, le leadership d’Ed Stelmach est contesté par son Cabinet et par la montée du Parti Wildrose Alliance, plus conservateur et dirigé par Danielle Smith. En 2011, Ed Stelmach démissionne de son rôle de premier ministre et chef des progressistes-conservateurs.

Il est remplacé par Alison Redford, sa ministre de la Justice. Alison Redford devient la première femme première ministre de l’Alberta et, à la suite des élections de 2012, la première femme élue première ministre pour la province. Toutefois, le Parti Wildrose Alliance connaît à nouveau une augmentation de sa popularité aux élections de 2012 : les progressistes-conservateurs perdent 5 sièges et le résultat de leur vote est descendu jusqu’à 44 %; tandis que le Parti Wildrose Alliance fait un gain de 17 sièges et augmente ses suffrages à 34 %. Le Parti Wildrose Alliance représente la plus grande menace pour la mainmise sur le pouvoir des progressistes-conservateurs depuis le défi que constituait le NPD/Parti libéral pour Don Getty dans les années 1980.

Durant les années suivant les élections de 2012, Alison Redford et le Parti progressiste-conservateur ont subi une nouvelle baisse dans les sondages. Plusieurs scandales de dépenses, dont un voyage de 45 000 $ en Afrique du Sud pour les funérailles de Nelson Mandela et l’utilisation des avions du gouvernement pour des voyages en famille, ont fait en sorte que plusieurs ont remis en question l’éthique de la première ministre. Avec peu d’appui de la part du caucus et la menace d’un vote de non-confiance, Alison Redford démissionne le 19 mars 2014. Elle quitte la politique avec une cote de confiance de seulement 18 % et 19 % pour l’appui du parti. En comparaison, l’appui pour le Parti Wildrose Alliance est de 46 %.

De 2014 à 2015 : la montée du Nouveau Parti démocratique

Le vice-premier ministre David Hancock devient alors premier ministre intérimaire. Par la suite, Jim Prentice, un ancien ministre du Cabinet fédéral, est élu chef par les députés progressistes-conservateurs. Il est assermenté premier ministre le 15 septembre 2014.Jim Prentice, comme les deux personnes qu’il a nommées aux ministères de la Santé et de l’Éducation, ne siège pas comme député à l’Assemblée lors son assermentation.Le 27 octobre 2014, à l’issue d’une élection partielle, Prentice et son cabinet sont officiellement élus.

Jim Prentice déclenche des élections au printemps2015, soit un an avant la date prévue par la loi provinciale. Il cherche ainsi à obtenir le soutien de l’électorat pour le budget progressiste-conservateur, présenté au même moment. Élaboré dans un contexte économique difficile, alors que plonge le prix du pétrole, ce budget laisse entrevoir un déficit de plusieurs milliards de dollars, ainsi que l’augmentation de certaines taxes provinciales.

Le 5 mai 2015, les électeurs albertains, qui depuis 1971 appuient majoritairement un gouvernement progressiste-conservateur, votent plutôt pourRachel Notley, chef du NPD; ils mettent ainsi fin à 44 ans de gouvernement progressiste-conservateur dans leur province. Dans cette province de forte tradition conservatrice, le NPD parvient à former un gouvernement majoritaire, remportant 53 sièges et environ 41% du vote populaire. Le Parti progressiste-conservateur est relégué au rang de troisième parti avec seulement 10 sièges, tandis que leParti Wildrosedevient l’opposition officielle avec 21 sièges. Aux fins de comparaison, le Parti progressiste-conservateur détenait avant les élections 70 sièges et le NPD, 4.

De 2017 à aujourd’hui : Jason Kenney et le Parti conservateur uni

En 2017, le Parti progressiste-conservateur fusionne avec le Parti Wildrose pour former le Parti conservateur uni, qui devient l’opposition officielle. Jason Kenney, un ancien ministre fédéral du Cabinet sous Stephen Harper, est élu chef du Parti conservateur uni.

Lors de l’élection générale de la province suivante qui s’est tenue le 16 avril 2019, les Albertains élisent un gouvernement PCU majoritaire. Le NDP, devenu quatre ans auparavant le parti au pouvoir de l’Alberta pour la première fois, entre de nouveau dans l’histoire comme étant le seul gouvernement de la province à n’avoir fait qu’un mandat. Le NDP qui avait 52sièges n’en a plus que 24, et il remporte 33% du vote populaire alors que le PCU en remporte 55% et 63sièges. Le taux de participation au scrutin est de 71%, le chiffre le plus élevé que l’Alberta ait connu depuis 1971. La période de campagne est axée principalement sur l’économie en déclin de la province, caractérisée par les bas prix du pétrole et la hausse du chômage. Le Parti conservateur uni a fait campagne sur une plate-forme promettant, entre autres, d’éliminer la taxe carbone provinciale et le plan d’action du changement climatique, de geler le salaire minimum et d’introduire des éléments de soins de santé privés.

Judiciaire

Le système judiciaire albertain est divisé en trois instances : la Cour provinciale, la Cour du Banc de la Reine et la Cour d’appel. La Cour provinciale, dont les juges sont nommés par le gouvernement provincial, entend la majorité des causes civiles et criminelles de la province et représente le tribunal de première instance le plus inférieur dans la province. La Cour du Banc de la Reine, dont les juges sont nommés par le gouvernement fédéral, est la cour de première instance la plus élevée dans la province. La Cour du Banc de la Reine entend les appels de la Cour provinciale, les causes civiles et les causes criminelles plus sérieuses ou compliquées. Le Tribunal des successions, une section de la Cour du Banc de la Reine, est en outre chargé d’entendre toutes les causes se rapportant à des testaments, des successions et à l’homologation. La Cour d’appel de l’Alberta est le tribunal provincial le plus élevé. Les juges de la Cour d’appel sont aussi nommés par le gouvernement fédéral et la cour traite les appels de la Cour provinciale et de la Cour du Banc de la Reine.

Représentation fédérale

Alberta a 28 sièges à la Chambre des communes. Les sièges à la Chambre des communes sont attribués à peu près par rapport à la population et font l’objet d’une redistribution après chaque recensement décennal. De plus, l’Alberta a six sièges au Sénat; ce chiffre est établi par la Constitution et est non pas basé sur la population, mais plutôt sur la représentation régionale. Les inégalités apparentes de distribution des sièges et le fait que les sénateurs sont nommés et non pas élus a longtemps été un sujet de désaccord pour les Albertains. En 1989, le gouvernement albertain adopte la Loi sur la sélection des sénateurs pour avoir un meilleur contrôle sur les sénateurs et pour démocratiser le système de nomination des sénateurs. La Loi sur la sélection des sénateurs permet aux Albertains de voter pour les personnes à nommer au Sénat lors d’une élection. Ces personnes sont ensuite présentées au premier ministre en tant que candidats pour pourvoir tout poste vacant. Le premier ministre n’est pas tenu légalement de choisir à partir de ce groupe de candidats élus. L’Alberta est la seule province qui possède ce type de processus pour la sélection des sénateurs.

Finances publiques

Les habitants de l'Alberta sont les contribuables canadiens les moins imposés au pays et ils sont exempts de taxe de vente provinciale. En lieu et place, la province compte sur divers droits, frais de location et redevances versés par les sociétés pétrolières et gazières et les entreprises charbonnières et minières comme principales sources de revenus. En 1981 et 1982, ces redevances représentent 45 % des recettes totales du gouvernement, mais en 1992, cette proportion chute à 20 %. En 2013, les revenus tirés des ressources non renouvelables sont demeurés relativement stables par rapport à ceux de 1992 et comptent toujours pour environ 20 % du revenu provincial.

Avant 1976, tous les revenus étaient versés au fonds budgétaire général, auquel on puisait pour financer l'ensemble des dépenses gouvernementales. Cependant, après la crise relative à la fixation des prix de l'énergie au milieu des années 1970, les revenus s'accroissent de façon spectaculaire, et le gouvernement prévoit d'importants excédents. On met donc sur pied, le Fonds du patrimoine de l'Alberta (communément appelé le Fonds du patrimoine), dans lequel on verse des recettes provenant de l'exploitation des ressources non renouvelables. Le Fonds du patrimoine se veut en premier lieu comme un investissement dans l’avenir de la province. Le Fonds vise à accorder des ressources financières durant les périodes de déficit provincial; renforcer et diversifier l'économie de la province en investissant dans l’éducation et la recherche, et entreprendre des projets d'immobilisations (établissements de santé, projets d'irrigation et projets d'ordre récréatif); enfin, investir dans le perfectionnement de la technologie des sables bitumineux. En 2002, dans un sondage provincial, les Albertains signalent que le Fonds devrait demeurer une priorité d’investissement pour le gouvernement. Le Fonds du patrimoine est devenu un important symbole de la prospérité de la province et d’un avenir financier assuré pour les Albertains.

Autorités locales

Le pouvoir municipal local provient du gouvernement provincial et est exercé en vertu de diverses lois sur les municipalités (voir Gouvernement municipal). Les administrations municipales assurent les services locaux, tels que la police, la protection contre les incendies, l'enlèvement des ordures, l'évacuation des eaux usées, le service d'aqueduc et autres services publics, l'entretien des routes et le transport en commun, les parcs et les loisirs. Les municipalités urbaines comprennent les cités, les villes, les villages et les villages d'été (c.-à-d. un village où les gens habitent en majorité l’été). Cependant, de nouveaux villages d’été ne peuvent être désignés en Alberta. En 2013, on compte dans la province : 17 cités, 108 villes, 93 villages et 51 villages d’été existants.

L’autorité rurale est exercée dans les districts municipaux, composé de plusieurs cantons. Les districts municipaux sont également appelés comtés. Ils ont une population de 1 000 habitants ou plus et la majorité des propriétés qu’on y trouve doivent être situées sur des terres d’au moins 1 850 m2. À l’intérieur d’un district municipal, un petit groupe d’immeubles d’habitation portant un nom peut être désigné comme étant un hameau.

Il existe un deuxième type de municipalité rurale : le district en voie d'organisation, pour les zones périphériques, qui n'élit pas son propre conseil, mais est administré directement par le gouvernement provincial par l’entremise du ministère des Affaires municipales ou, dans le cas des parcs nationaux de la province, par le gouvernement fédéral. Les gouvernements provincial et fédéral sont directement responsables de fonctions d’administration locale dans les districts en voie d’organisation à l’exception des affaires scolaires.

Santé

En juillet 1969, l’Alberta adopte le régime d’assurance-maladie fédéral et continue d’offrir des soins de santé universels financés à l’aide les fonds publics. Comme dans les autres provinces, le financement du système de santé albertain provient à la fois des gouvernements fédéral et provincial. Le ministrès de la Santé de l’Alberta est responsable de fournir des services de santé dans toute la province.

Comme dans les autres provinces, on retrouve de la privatisation des soins de santé en Alberta; des services non essentiels comme l’optométrie, la dentisterie et la chirurgie esthétique ne font pas partie des soins de santé financés par l’État. Les médicaments sous ordonnance sont seulement couverts en partie par les fonds publics. Cependant, malgré une tendance vers l’augmentation de la privatisation qui est apparue depuis les compressions instaurées par le gouvernement Klein dans les années 1990, conformément à la Loi canadienne sur la santé de 1984, les médecins ne peuvent plus recourir à la surfacturation, c’est-à-dire facturer au patient un service qui est payé par le régime d’assurance-maladie provincial et les Albertains continuent d’appuyer les soins de santé financés par l’État.

Éducation

C'est au milieu du XIXe siècle que des missionnaires catholiques et protestants fondent les premières écoles de l'Alberta. En 1884, l'Ordonnance sur les écoles des Territoires du Nord-Ouest instaure un double système d'écoles catholiques et protestantes, inspiré du modèle québécois. Des groupes religieux comme les huttériens, les mennonites et l’Église réformée chrétienne ont acquis leurs propres privilèges éducationnels, que ce soit à l’intérieur du cadre de l’instruction publique ou par des écoles privées autonomes. Cependant, avec l'arrivée subséquente de nouveaux colons protestants et la détermination affichée par le chef politique des Territoires, F.W.A.G. Haultain, la dualité religieuse dans le domaine de l'éducation s'atténue peu à peu.

L’Alberta devient une province et devient ensuite responsable de fournir des services d’éducation publique en 1905. La nouvelle province établit un système basé sur le modèle de l’Ontario, c’est-à-dire un système d’éducation provincial permettant des dispositions pour les minorités religieuses dissidentes, connues sous le nom de « écoles séparées », mais excluant des écoles séparées obligatoires à la grandeur de la province. L’Ontario fournit aussi le modèle initial pour les programmes d’études, le contenu des cours et la structure des classes, un modèle qui a duré jusqu’en 1930. Cette année-là toutefois, l’Alberta apporte un certain nombre d’innovations à son système d’enseignement public et introduit le secondaire de premier cycle et un nouveau cours, les études sociales, une combinaison d’histoire, de géographie et de sciences politiques. L’Alberta modifie encore l’administration de l’éducation rurale, élargit l’éducation des adultes et met en place des programmes pour le mieux-être économique et professionnel des enseignants dans les années 1930.

En Alberta, le gouvernement provincial par l’entremise du ministère de l’Éducation, les commissions scolaires locales publiques et les commissions scolaires des écoles séparées se partagent les responsabilités relatives à l'enseignement public. Dans le cadre des compressions financières instaurées par le gouvernement Klein, au pays, c'est l'Alberta qui donnera le coup d'envoi de la réduction des dépenses publiques dans le domaine de l'éducation en 1994. En 2012 et en 2013, 616 375 élèves sont inscrits dans une classe de la maternelle jusqu’à la 12e année dans les écoles publiques et privées.

L’éducation postsecondaire est sous la responsabilité du ministère de l’Innovation et de l’Enseignement supérieur. Les subventions provinciales, qui ont subi des réductions radicales depuis les années 1990, financent en partie les établissements postsecondaires publics dans la province; les autres fonds nécessaires au fonctionnement proviennent des droits de scolarité et d’autres sources. Les universités de la province : Alberta, Calgary, Lethbridge, Athabasca, MacEwan et Mount Royal, sont toutes des établissements publics non confessionnels. L’Université de l’Alberta, l’Université de Calgary et l’Université de Lethbridge sont classées comme étant des établissements universitaires d’enseignement et de recherche qui offrent des programmes de premier et de deuxième cycle et des programmes de recherche. L’Université d’Athabasca est aussi classée comme étant un établissement universitaire d’enseignement et de recherche, mais elle se distingue avant tout par qu’elle est axée sur l’enseignement à distance. L’Université Grant MacEwav et l’Université Mount Royal sont quant à elles classées comme étant des établissements d’études de premier cycle et d’études appliquées, qui offrent des baccalauréats et plusieurs diplômes et certificats (formation appliquée). D’autres éléments du secteur postsecondaire public comprennent les grands instituts de technologie, l’Institut de technologie du nord de l’Alberta (NAIT) et le Southern Alberta Institute of Technology (SAIT), situés à Edmonton et à Calgary, respectivement. La province compte aussi 11 collèges communautaires polyvalents et 2 établissements spécialisés dans les arts et la culture, le Banff Centre et l’Alberta College of Art and Design. Ces collèges offrent une variété de programmes de niveau universitaire, des cours de perfectionnement professionnel ou de rattrapage scolaire. Les modifications apportées au Public Colleges and Technical Institutes Acts en 1995 permettent aux collèges publics et aux établissements techniques d’offrir des programmes d’études appliquées, assujettis à l’approbation du ministre.

On trouve aussi en Alberta plusieurs établissements d’enseignement indépendants. Le Collège universitaire Ambrose, le Canadian University College, le Collège universitaire Concordia, le Collège universitaire King, le St Mary’s University College et le Taylor University College and seminary offrent de nombreux diplômes universitaires de premier cycle, quelques diplômes d’études supérieures spécialisées, la plupart dans le domaine des arts et de l’éducation religieuse spécialisée.

Vie culturelle

La vie culturelle en Alberta est empreinte d’une « philosophie de frontière » qui donne de l’ampleur au matérialisme économique et à l’individualisme farouche. Un riche paysage naturel, une population diversifiée et une richesse périodique gouvernementale, corporative et privée ont contribué au secteur culturel. Le ministère de la Culture, y compris la Alberta Foundation for the Arts, l’Alberta Historical Resources Foundation et the Government House Foundation, est le principal organisme provincial régissant les arts et la culture de l’Alberta. La principale source de financement pour les arts et la culture dans la province provient du Alberta Lottery Fund et du financement fédéral.

Arts

Jusqu'aux années 1960, le Provincial Institute of Art and Technology (devenu le Alberta College of Art and Design), à Calgary, constitue le centre des arts visuels, dominés par une école de peintres paysagistes d'inspiration britannique. W.J. Phillips, H.G. Glyde, W.L. Stevenson et Illingworth Kerr ont été les artistes les plus connus. Ils peignent les paysages de l’Alberta : ses prairies et sa campagne, ses contreforts et ses montagnes. Font exception à la règle Maxwell Bates et Marion Nicoll, grands peintres albertains modernes qui font exception aux paysagistes traditionnels.

À partir des années 1960, et ce, jusque dans les années 1980, la théorie sur le formalisme abstrait de l'école new-yorkaise exerce son influence sur les peintres du Nord de l'Alberta, tels que Douglas Haynes à l'U. de l'Alberta. Les peintres abstraits Robert Scott, Terrence Keller et Graham Peacock comptent parmi les nombreux artistes soutenus par l'Edmonton Art Gallery, qui devient aussi le chef de file à l'échelle du pays, en matière d'exposition et de promotion d'oeuvres modernes de sculpteurs sur métal comme Peter Hyde et Alan Reynolds. La fin des années 1980 est marquée, partout dans la province, par une résurgence de la peinture et de la sculpture figuratives et par l'apparition, tant à Edmonton qu'à Calgary, d'une importante colonie de graveurs d'art.

Les principaux musées d'art publics sont l’Art Gallery of Alberta de Edmonton et le Glenbow de Calgary, sans oublier la Southern Alberta Art Gallery de Lethbridge et l’Art Gallery of Grande Prairie, qui ont un rayonnement régional.

Les activités professionnelles dans le domaine des arts d'interprétation sont concentrées à Calgary et à Edmonton. Edmonton accueille un important festival de musique folklorique (Edmonton Folk Fest) et le Festival international de jazz d’Edmonton, encensé par la critique. L'Orchestre symphonique d'Edmonton et l'Orchestre philharmonique de Calgary constituent les principales formations orchestrales de la province. L'Alberta compte aussi trois troupes d'opéra, l'Edmonton Opera Association et la Southern Alberta Opera Association de Calgary et la Alberta Opera Touring Association, qui développe et présente de l’opéra pour enfants spécifiquement. Il y a une compagnie de ballet dans la province, l'Alberta Ballet Company, dont le siège social est à Calgary.

Parmi les compagnies théâtrales professionnelles d'importance, on retrouve le Citadel Theatre d'Edmonton et le Theatre Calgary. Par ailleurs, chaque année durant l'été, Edmonton est la ville-hôtesse du International Fringe Theatre Festival, un festival où sont présentées, durant une semaine, des pièces, anciennes et modernes, dans des théâtres en plein air ou sur des scènes traditionnelles. De nombreux dramaturges albertains (dont John Murrell et Sharon Pollock, de renommée nationale) ont travaillé en collaboration avec l'Alberta Theatre Projects, une compagnie de Calgary qui favorise les écrivains et les thèmes locaux. Chaque été, Edmonton est également le théâtre de la manifestation The Works Arts and Design Festival, un festival d'arts visuels qui s'est imposé, à l'échelle nationale, comme le pionnier du genre.

Parmi les principales salles à la disposition des arts d'interprétation, notons les auditoriums jumeaux Jubilee d'Edmonton et de Calgary (construits en 1955 à l'occasion du cinquantenaire de la province), le Citadel Theatre d'Edmonton, le Timms Centre For the Arts (1995), le Winspear Centre (1996) ainsi que le EPCOR Centre for the Performing Arts de Calgary (1985). Le Banff Centre School for Continuing Educations'est bâti une renommée nationale et internationale en tant que centre de formation pour les jeunes professionnels des arts d'interprétation.

Plusieurs écrivains à succès, romanciers ou essayistes salués par le public et par la critique sont originaires de l'Alberta, dont les romanciers Robert Kroetsch, W.O. Mitchell et Rudy Wiebe.

Des historiens régionaux tant populaires qu’universitaires, incluant Grant MacEwan, James Gray, Hugh Dempsey, James MacGregor et A.W. Cashman dominent le genre romanesque.

Médias

Calgary Herald est le plus principal, suivi par le Edmonton Journal. Le Edmonton Sun, Calgary Sun, Lethbridge Herald, Red Deer Advocate, Medicine Hat News et le Grande Prairie Daily Herald-Tribune sont les autres principaux quotidiens dans la province. Tous les quotidiens de l’Alberta font partie des grandes chaînes de journaux canadiens. La Alberta Weekly Newspapers Association possède 118 hebdomadaires communautaires desservant les régions métropolitaines, suburbaines et rurales de l’Alberta et des Territoires du Nord-Ouest.

Il y a au total 24 stations de télévision en Alberta. La Société Radio-Canada possède une station du réseau à Calgary et deux à Edmonton. CTV a des stations à Calgary, Lethbridge, Edmonton et Red Deer. Shaw Media inc. possède les stations Global Television à Calgary, Lethbridge et Edmonton. Rogers Communications inc. a deux canaux pour Calgary et deux autres pour Edmonton. James A. Pattison possède la station de Medicine Hat. La plus grande partie des régions urbaines de la province sont aussi desservies par des réseaux de câblodistribution qui offrent des canaux locaux et américains supplémentaires aux abonnés.

Au total, on compte 92 stations de radio AM et FM en Alberta. On en trouve 18 à Calgary et 19 à Edmonton. À l’exception de sept stations, propriétés de la Société Radio-Canada (trois à Calgary et quatre à Edmonton), toutes les stations de radio dans la province appartiennent à des particuliers.

Lieux historiques

Il existe un réseau de 19 lieux historiques, centres d'interprétation et musées en Alberta, dont l'exploitation relève des autorités provinciales, qui couvrent une mosaïque considérable de sujets reliés à l'histoire et aux sciences naturelles. En outre, on trouve plus de 200 musées à vocation communautaire et 30 dépôts d'archives locales. La Fondation des ressources historiques de l'Alberta, financée par les recettes de la vente de billets de loterie, offre aussi une aide aux groupes locaux en matière de préservation des édifices d'intérêt patrimonial, de pose de plaques repères, de recherche et de publication de documentation.

Le Glenbow de Calgary, le Provincial Museum of Alberta à Edmonton, le Royal Tyrrel Museum of Palaeontology à Drumheller et le Galt Museum à Lethbridge constituent les principaux musées. Parmi les autres importantes attractions de nature patrimoniale, figurent le site du patrimoine mondial Head-Smashed-In Buffalo Jump près de Fort Macleod, le Village du patrimoine culturel ukrainien à l'est d'Edmonton, le parc Fort Edmonton, l'Heritage Park à Calgary, le Fort Calgary, le Fort Macleod, le Frank Slide Interpretive Centre et Medalta Potteries à Medicine Hat. Les Archives provinciales de l'Alberta à Edmonton et les Glenbow Archives à Calgary abritent les principales archives historiques.


Emblèmes

Alberta

Capitale

Edmonton

Langues Officielles

English

Adhésion à la Confédération

1905

Lieutenant-gouverneur

Lois Mitchell

Premier ministre

Jason Kenney

Rang démographie

4

Population

4 067 175 (2016)

Rand géographie

6

Superficie

661 848 km2

Terre

642 317 km2

Eau

19 531 km2

Rang PNB

3

PNB

$310,6 milliard (2015)

Fuseau horaire

Rocheuses

Représentation parlementaire de l'Alberta

Sénat 6
Assemblée législative 87
Chambre des communes 34

Lecture supplémentaire

  • B.M. Barr and P.J. Smith, eds, Geographical Dimension of Settlement and Livelihood in Alberta (1983); John Barr, The Dynasty: The Rise and Fall of Social Credit in Alberta (1974); Carlo Cardarola, ed, Society and Politics in Alberta (1979); W.G. Hardy, ed,Alberta: A Natural History (1967); John Irving, The Social Credit Movement in Alberta (1959); James G. MacGregor, A History of Alberta (1981); C.B. Macpherson, Democracy in Alberta: Social Credit and the Party System (1953); W.E. Mann, Sect, Cult, and Church in Alberta (1955); University of Alberta, Atlas of Alberta (1969); Rudy Wiebe, Alberta, A Celebration.

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