Les mammifères (classe Mammalia) sont généralement des animaux à fourrure, à sang chaud, qui peuvent produire du lait et donner naissance à des petits. Les mammifères existent sur Terre sous une forme ou une autre depuis le Jurassique, mais ils se sont diversifiés pour atteindre la diversité qu’on connait aujourd’hui après l’extinction des dinosaures il y a 66 millions d’années (voir Histoire géologique du Canada). Aujourd’hui, les mammifères comprennent certaines des espèces les plus emblématiques de la planète, comme les baleines, les éléphants et les humains. On compte plus de 200 espèces de mammifères au Canada.

Qu’est-ce qu’un mammifère?
Le mot « mammifère » est dérivé des glandes mammaires qui produisent du lait, caractéristiques uniques à la classe Mammalia. Les mammifères, qui incluent les humains, sont des vertébrés (animaux avec une colonne vertébrale et une moelle épinière), tout comme les oiseaux, les reptiles et les amphibiens.
Certaines des caractéristiques diagnostiques des mammifères peuvent être communes à d’autres vertébrés ou être absentes chez certains groupes, comme le démontre la liste de caractéristiques suivante :
1) Ont des glandes mammaires qui produisent du lait servant à nourrir les petits.
2) Donnent naissance à des petits déjà formés, à l’exception des espèces de l’ordre des monotrèmes (par exemple l’ornithorynque) qui pondent des œufs.
3) Sont endothermes (à sang chaud, comme les oiseaux), c’est-à-dire capables de maintenir une température corporelle constante.
4) Ont un corps recouvert de poils (propre aux mammifères, mais réduit chez certaines espèces) ou d’une couche de graisse sous-cutanée (comme les baleines, dont les poils sont très réduits ou absents chez les adultes).
5) Ont des glandes sudoripares dans la peau qui aident à évacuer la chaleur.
6) Ont une mâchoire inférieure constituée d’un seul os de chaque côté qui s’articule directement avec le crâne.
7) Ont trois paires d’os moyens dans l’oreille.
8) Ont un cerveau volumineux et complexe qui permet l’apprentissage, une rapidité des réactions et un comportement flexible.
9) Ont un cœur à quatre chambres qui assurent une circulation fermée des cellules sanguines sans noyau.
10) Ont des dents habituellement différenciées en incisives, en canines, en prémolaires et en molaires.
11) Ont une colonne vertébrale qui comporte des vertèbres différenciées en vertèbres cervicales (généralement sept), thoraciques, lombaires, sacrées et caudales (queue).

Description
La plupart des mammifères sont généralement quadrupèdes, et leurs pattes se sont modifiées de nombreuses manières pour s’adapter à vivre sur terre (courir, sauter, bondir), dans le sol (creuser), dans les arbres (grimper) et dans l’eau. Toutefois, certaines espèces ont développé des appendices modifiés, comme les baleines, les lamantins et les dugongs qui ont perdu leurs membres postérieurs, elles ont transformé leur queue en nageoires caudales aplaties horizontalement pour la propulsion et leurs membres antérieurs en nageoires pectorales. Les membres antérieurs des chauves-souris, les seuls mammifères capables de véritablement voler, se sont transformés en ailes. La taille des mammifères varie des minuscules musaraignes et chauves-souris, qui pèsent à peine plus qu’une pièce de dix sous, à celle de la baleine bleue géante, qui mesure plus de 35 m et pèse plus de 150 tonnes et est le plus grand animal qui ait jamais vécu.

Origine et évolution
Les mammifères modernes ou actuels ne représentent seulement qu’une fraction survivante du grand nombre qui a évolué depuis la transition des reptiles ressemblants à des mammifères vers la fin de la période triasique (il y a 205,7 millions d’années). On croit que les mammifères ont évolué d’un groupe de reptiles semblables à des mammifères (sous-classe des Synapsidés) qui dominent la faune vertébrée durant la période permienne (il y a de 300 à 250 millions d’années), bien avant l’apparition des premiers dinosaures. Parmi l’ordre des Thérapsides, on trouve un certain nombre de reptiles semblables à des mammifères qui ont développé une ou plusieurs caractéristiques typiques des mammifères.
Les premiers mammifères véritables connus vivent durant le milieu ou la fin du Jurassique (il y a de 180,1 à 144,2 millions d’années), et ils sont tous assez petits. Même si les dinosaures et d’autres reptiles dominent la Terre depuis plus de 100 millions d’années, les mammifères persistent en tant que créatures petites, discrètes, et peut-être nocturnes avant de finalement devenir dominants lorsque les dinosaures disparaissent à la fin de l’ère mésozoïque (il y a 65 millions d’années).
À la fin du crétacé (il y a de 98,9 à 65 millions d’années), tous les éléments sont réunis pour l’évolution d’une grande diversité d’espèces de mammifères, dont la plupart disparaissent, mais dont certains survivent jusqu’à nos jours. Au début du cénozoïque (il y a de 65 millions d’années jusqu’à aujourd’hui), « l’ère des mammifères » émerge, et ceux-ci ont tendance à s’adapter pour exploiter tous les créneaux qui s’offrent à eux. Avec les conditions environnementales changeantes, plusieurs espèces doivent s’adapter ou disparaitre.

Écologie
Le succès général des mammifères en tant que groupe peut être mis en corrélation avec leur capacité d’adaptation à pratiquement tous les types d’environnements sur Terre. Bien que la plupart des espèces soient terrestres, certaines s’adaptent à la vie marine, aérienne, ainsi que souterraine. Seules les chauves-souris développent des ailes et la capacité de voler pour rivaliser avec les oiseaux, et elles réussissent cela en devenant nocturnes, alors que la plupart des oiseaux sont diurnes. Les baleines et les siréniens (lamantins et dugongs) se déplacent vers les mers, tandis que d’autres espèces exploitent la mer mais conservent un refuge terrestre ou sur la glace (principalement pour la reproduction, par exemple, les phoques, les lions de mer, les morses et les loutres de mer). Les environnements aquatiques sont exploités par un certain nombre de groupes de mammifères, comme l’ornithorynque, les insectivores, les carnivores, les rongeurs et les hippopotames.
Certaines espèces deviennent arboricoles, passant la majeure partie de leur temps au sommet des arbres, comme c’est le cas de quelques espèces de marsupiaux, de dermoptères (lémur volant), de paresseux, de divers primates, de carnivores, de rongeurs, et autres. Dans ce milieu arboricole, certaines espèces développent la capacité de planer sur des distances considérables grâce à une extension de la peau située entre les pattes antérieures et les pattes postérieures, comme pour certaines espèces de marsupiaux (phalanger volant), de dermoptères (lémur volant), et de rongeurs (écureuil volant).
D’autres espèces se retirent sous terre et elles deviennent fouisseuses, ce qui comprend les insectivores (taupes) et les rongeurs (gaufres, et plusieurs autres espèces), et elles utilisent des terriers souterrains comme habitat, comme le font une grande variété d’espèces. D’autres environnements terrestres, comme les déserts, les toundras, les prairies, les marais et les forêts, sont utilisés par un vaste éventail d’espèces de mammifères. Ces derniers s’adaptent à une grande variété de ressources alimentaires, qui se divisent essentiellement en deux catégories; les plantes et les animaux. Les herbivores, ceux qui se nourrissent de plantes, comprennent les espèces qui broutent les herbes et les plantes aromatiques, et les espèces qui broutent les arbres, les arbustes, ainsi que certains types de plantes aquatiques, le nectar et le pollen de fleurs. Les mammifères carnivores se nourrissent d’insectes et d’autres invertébrés (insectivores), de poissons, d’oiseaux et de leurs œufs, ainsi que d’amphibiens, de reptiles et d’autres mammifères.
Dans cette matrice d’adaptations écologiques, la compétition avec d’autres espèces pour l’espace, pour la nourriture et pour les lieux de reproduction, ainsi que la relation prédateur-proie, sont étroitement liées, tout comme les parasites et les maladies. L’occupation humaine de plusieurs environnements impose plusieurs conditions particulières qui affectent la survie de nombreuses espèces de mammifères. Certaines sont disparues, d’autres sont devenues rares, menacées ou éteintes, tandis que quelques-unes ont réussi à s’adapter à la cohabitation avec les humains.

Relations avec les humains
Les relations entre les humains et les autres mammifères commencent avec les ancêtres préhumains, au début de l’évolution des mammifères. Bien que les humains ont tendance à se distinguer des autres mammifères, les mammifères jouent un rôle vital de plusieurs manières dans l’histoire et le développement de la civilisation humaine, indépendamment de l’évolution de l’Homo sapiens. Depuis des temps préhistoriques, la chair des mammifères est une importante source de nourriture. Les peaux et les fourrures fournissent des vêtements et les os sont utilisés pour fabriquer des outils. La graisse de baleine et la saumure sont utilisées comme nourriture et combustible (et le sont toujours aujourd’hui).
Les mammifères sont domestiqués bien avant qu’on ne commence à écrire l’histoire, il y a peut-être plus de 9000 ans. Il existe des preuves qu’il y a 6000 ans, les habitants de ce qui est aujourd’hui le Danemark, et ceux de Jéricho il y a 6800 ans, ont des chiens. On croit que les Chinois commencent l’élevage du porc il y a plus de 5000 ans et que les Égyptiens gardent des chats plus de 2100 ans avant notre ère. Les mammifères sont utilisés comme gardiens et comme aides pour chasser et tuer d’autres formes de vies, comme bêtes de somme, comme animaux de trait, ainsi qu’à la guerre. Quelques espèces jouent même un rôle divin et sont vénérées comme étant sacrées.
Au fil du temps, les produits dérivés des mammifères deviennent des articles commerciaux de premier ordre et ils jouent un rôle capital dans l’exploration et la colonisation de nouvelles terres. Les premiers moyens de transport terrestre dépendent presque entièrement des chevaux, du bétail et des chameaux. Les débuts de l’agriculture sont développés autour des mammifères qui sont utilisés comme animaux de trait et d’élevage sous de nombreuses formes. De plus, ils fournissent du lait, du fromage, du beurre, de la graisse, de l’huile, des produits du sang, du feutre, du cuir, de la laine, des poils, de l’ivoire, de la cire, des fanons et des fertilisants.
Certains mammifères jouent un rôle de plus en plus important dans la recherche de connaissances qui permettent aux humains de mieux se comprendre. Les mammifères sont utilisés dans diverses expérimentations pour faire la lumière sur la psychologie du comportement humain. La chirurgie et la plupart des autres disciplines de la recherche médicale font des avancées grâce à l’utilisation de mammifères dans les laboratoires. Les mammifères et les produits dérivés des mammifères sont utilisés dans le développement et la production de sérums, de vaccins, d’hormones et d’autres produits comme l’insuline, qui sont maintenant utilisés dans la médecine contemporaine. Comme spécimens de dissection, les mammifères sont utilisés dans la formation des élèves en sciences, particulièrement en médecine et dans d’autres domaines de la biologie. Les mammifères sont également fondamentalement impliqués dans les travaux de recherche de diverses disciplines des sciences biologiques.
Cependant, ce ne sont pas toutes les relations entre les humains et les autres espèces de mammifères qui sont bénéfiques. Pour les premiers êtres humains, la peur d’être tués ou mangés est très réelle. Il y a toujours des espèces nuisibles aux humains parce qu’elles consomment ou endommagent les réserves de nourriture, les récoltes, le bétail ou l’équipement. Certaines espèces sont porteuses de maladies infectieuses ou de parasites qui se transmettent directement aux humains ou indirectement par le bétail. D’autres compétitionnent avec le bétail pour l’herbe.
Les mammifères indigènes font partie intégrante des ressources naturelles renouvelables (par exemple, le sol, l’eau, la forêt et la faune), et une saine gestion de chacune de ces ressources demande une certaine compréhension et appréciation des interrelations entre les multitudes de facettes de l’environnement dans son ensemble. Une perturbation majeure de l’équilibre d’un environnement a des conséquences complexes et de grande envergure. Par exemple, lorsqu’on introduit des bovins, des moutons ou des chèvres dans une région et qu’on élimine les herbivores indigènes comme le bison, l’antilope d’Amérique, le cerf ou le wapiti pour réduire la compétition pour la nourriture, les carnivores indigènes commencent à s’attaquer au bétail. Lorsqu’on élimine ces prédateurs, les lapins et les rongeurs deviennent tout autant des compétiteurs envers le bétail pour la végétation nécessaire à leur alimentation, tout comme l’étaient les ongulés indigènes.
Chaque espèce atteint un état d’harmonie avec son environnement par des adaptations, des modifications et une évolution graduelles, et doit s’adapter aux changements continuels. Maintenant que les humains sont capables d’apporter de profondes et rapides modifications à l’environnement, la survie future de la plupart des espèces dépend de plus en plus des actions humaines. Les mammifères ont joué un rôle vital dans notre histoire, ils apportent de nombreuses contributions au bien-être actuel des humains, et leur importance fondamentale et leur valeur économique ne laissent aucun doute. Ils sont également une grande source d’inspiration culturelle et esthétique pour les humains du passé et du présent. Ils jouent un rôle dans l’histoire de la religion, des arts, de la mythologique et de la littérature. Ceux qui observent les mammifères dans leur habitat naturel, même de manière occasionnelle, ne peuvent s’empêcher d’être attirés par eux d’une façon ou d’une autre. Ils peuvent être fascinés par leurs activités, captivés par la beauté de leur forme, de leur vitesse, de leur puissance, de leur agilité et par la grâce de leurs mouvements, envieux de leur sens apparent du but et de l’autonomie, curieux de leurs adaptations pour leur survie, ou de leurs sons vocaux, et leurs autres modes de communication.

Faune mammifère du Canada
Bien que le Canada ait une faune mammalienne diversifiée et riche, très peu d’espèces sont exclusivement canadiennes, car la plupart des animaux sauvages du Canada se trouvent également au Groenland et aux États-Unis. Les quelques exceptions sont la marmotte de l’île de Vancouver, la musaraigne de Gaspé et le lemming d’Ungava. Parmi les mammifères terrestres de l’Amérique du Nord, plusieurs atteignent leur limite nordique quelque part au Canada. Les mammifères marins et arctiques du Canada sont généralement des espèces des régions circumpolaires nordiques. Il y a eu un échange d’espèces avec l’Asie à travers le détroit de Béring, entre autres le caribou, le wapiti, l’orignal, l’ours, la belette, le morse, diverses espèces de rongeurs, et autres.
D’autres espèces migrent vers le Canada en provenance des néotropiques, comme l’opossum, le raton laveur et le porc-épic. Une des espèces vraiment endémiques d’Amérique du Nord est l’Antilope d’Amérique, qu’on trouve dans les plaines du Canada et aux États-Unis. Les mammifères à fourrure jouent un rôle déterminant lors des premières années de l’exploration et de la colonisation du Canada, et ils sont une importante ressource économique tout au long des années (voir Traite des fourrures).
Comparativement à la plupart des pays du monde, le Canada a la chance de posséder encore de vastes régions sauvages qui offrent des habitats propices à de nombreux mammifères, et il compte donc moins d’espèces rares ou menacées que la plupart des autres pays. À mesure que les terres sont de plus en plus exploitées par des populations humaines sans cesse croissantes, la protection de la faune mammifère par le biais d’une conservation judicieuse devient de plus en plus importante et cruciale.
