Les reptiles sont un groupe d’animaux vertébrés qui, tout comme les mammifères, produisent un œuf amniotique avec des sacs embryonnaires pour les déchets, le vitellus et la protection. Ces œufs possèdent souvent une coquille, plus particulièrement si la femelle les pond avant que le développement de l’embryon ne soit terminé. L’analyse de l’ADN a permis de comparer les gènes communs aux organismes vivants, et de nouveaux fossiles ont clarifié la séquence d’apparition de nombreuses caractéristiques. Combinées, ces lignes de recherche ont produit des changements dans la classification classique selon laquelle les oiseaux étaient considérés comme les animaux les plus proches des mammifères, principalement parce qu’ils sont tous deux endothermes (capables de maintenir une température corporelle interne). On pense maintenant que chacun a développé cette caractéristique de façon indépendante et que les oiseaux sont des descendants des dinosaures.

Taxonomie
La classe Reptilia peut être divisée en deux grands sous-groupes : les Lépidosauriens et les Archelosauria. Les Lépidosauriens comprennent les Rhynchocéphales (ou Sphénodontiens) et les Squamates (lézards et serpents). Les Archelosauria comprennent les Testudines (tortues) et les Archosauria (ou Archosauriens; crocodiles, dinosaures et oiseaux). Bien qu’on sache que les oiseaux descendent des reptiles, il reste des débats sur la manière exacte de placer les clades Reptilia et Aves dans les arbres taxonomiques (c’est-à-dire les arbres du vivant).

Description
Les reptiles sont principalement des tétrapodes (quatre pattes), mais les serpents et certains lézards, comme la plupart des amphisbènes, n’ont pas de pattes. Des écailles épidermiques recouvrent la peau externe, la protégeant des blessures et du dessèchement (et dans les cas des oiseaux, elles assurent une isolation thermique pour conserver la chaleur corporelle). Chez les tortues, les écailles dermiques (situées dans la couche inférieure de la peau) sont bien développées, et elles se fusionnent entre elles et avec les côtes dorsales pour former la carapace. Les crocodiliens, les sphénodons et quelques espèces de lézards possèdent également des écailles dermiques. Les écailles épidermiques subissent aussi diverses modifications pour former les cornes chez les lézards à cornes, les crécelles chez les serpents à sonnette, et les plumes des oiseaux.
Les reptiles modernes, à l’exception des oiseaux, sont généralement assez petits et actifs. La plus grande espèce, la tortue luth, peut atteindre un poids de 680 kg. Les reptiles ont des poumons et jamais de branchies. Certaines tortues peuvent compléter leur apport en oxygène grâce à une respiration pharyngée, ce qui leur permet de rester sous l’eau pendant de longues périodes. Les reptiles ont un cœur à trois chambres, à l’exception des crocodiliens et des oiseaux, qui ont un cœur à quatre chambres. Les reptiles sont presque entièrement dépourvus de glandes cutanées, mais plusieurs reptiles sécrètent une substance nauséabonde qui constitue une protection, ou des sécrétions plus agréablement parfumées pour l’attirance sexuelle. Un groupe de lézards et plusieurs groupes de serpents sont pourvus de glandes labiales à venin dans la mâchoire supérieure.

Reproduction
La clé du succès des reptiles dans la conquête des écosystèmes terrestres réside dans l’œuf amniotique doté d’une coquille protectrice et de membranes embryonnaires. La coquille est perméable, elle doit donc bénéficier d’une certaine humidité environnementale, mais elle est beaucoup plus résistante au dessèchement que l’œuf d’amphibien. Les œufs sont généralement enfouis dans un sol meuble ou dans le sable, ou ils sont déposés dans de la végétation en décomposition. Les sphénodons, les crocodiliens, les tortues et les oiseaux pondent des œufs. Plusieurs lézards et serpents le font également, mais certaines femelles gardent leurs embryons à l’intérieur de leur corps. Tout comme chez les mammifères, les petits dans ces cas ne naissent qu’une fois entièrement développés. Toutefois, contrairement aux mammifères, les petits ne sont que peu ou pas nourris par leur mère durant leur développement.

Température corporelle
Comme les amphibiens, les reptiles (à l’exception des oiseaux) sont ectothermes, ce qui signifie qu’ils ont un métabolisme assez bas et qu’ils dépendent grandement de la chaleur extérieure pour atteindre la température à laquelle ils fonctionnent le mieux. Les oiseaux sont endothermes, c’est-à-dire qu’ils sont capables de maintenir leur température interne. La plupart des reptiles maintiennent leur température préférée en alternant entre se prélasser au soleil et se chercher un abri. Bien que les reptiles soient plus abondants dans les tropiques, les tortues, les serpents et les lézards s’adaptent assez bien aux climats tempérés. En hibernant pendant les mois froids, ils évitent d’avoir à manger uniquement pour maintenir leur température corporelle, et ils peuvent utiliser proportionnellement plus d’énergie alimentaire pour leur croissance et leur reproduction lorsque les conditions sont chaudes.

Répartition et habitat
De nos jours, les reptiles (à l’exception des oiseaux qui comptent 9700 espèces vivantes) ne sont pas aussi diversifiés qu’au mésozoïque (il y a de 253 millions d’années à 65 millions d’années), mais le groupe dominant moderne, soit les squamates, a beaucoup de succès. Il y a 4450 espèces de lézards (dont 135 amphisbènes sont), 2900 espèces de serpents, 285 espèces de tortues, 23 espèces de crocodiliens et deux espèces de sphénodons. Les lézards, les serpents et les tortues sont répartis dans le monde entier, à la fois dans les régions tropicales et dans les régions tempérées. Les crocodiliens sont principalement tropicaux, bien qu’ils atteignent les limites de la zone tempérée.
Au Canada, 43 espèces non aviaires sont indigènes : 13 tortues (cinq marines), cinq lézards et 25 serpents. Trois autres tortues et deux lézards ont été introduits. La plupart des espèces vivent dans le sud-ouest de l’Ontario et dans les vallées herbeuses du sud de la Colombie-Britannique. Aucune espèce de reptile ne vit dans la toundra, et peu d’espèces vivent dans la forêt boréale. Toutes les populations naturelles de reptiles au Canada sont des immigrantes postglaciaires qui se sont répandues vers le nord au cours des 10 000 dernières années. La couleuvre rayée, l’espèce la plus septentrionale, atteint Fort Smith dans les Territoires du Nord-Ouest, ainsi que la côte sud de la baie James.

Relations avec les humains
Les reptiles, plus particulièrement les serpents, sont souvent incompris et craints. Pourtant, ils représentent rarement une menace pour les humains ou le bétail. Trois espèces de serpents à sonnette, ou crotales, sont présentes au Canada et, bien que des décès occasionnels aient été signalés, les morsures sont rares. En fait, les reptiles dans leur ensemble jouent un rôle très important dans divers écosystèmes. De nombreux reptiles sont des prédateurs et ils peuvent contribuer à la gestion des populations d’insectes et de petits rongeurs. Certains, comme les tortues, consomment également des matières organiques dans les plans d’eau, contribuant ainsi au maintien de la santé de l’écosystème (voir Lacs au Canada).
Les reptiles ont également souvent une importance culturelle et un symbolisme profonds. Par exemple, pour divers peuples autochtones, l’Amérique du Nord est connue sous le nom d’Île de la Tortue, étant donné que dans de nombreuses histoires orales, une tortue est décrite comme portant le monde sur son dos.
