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Prince Édouard, duc de Kent et Strathearn

Prince Édouard-Auguste (né le 2 novembre 1767 à Londres au Royaume-Uni; décédé le 23 janvier 1820 à Sidmouth au Royaume-Uni), duc de Kent et Strathearn de 1799 à 1820. Le prince Édouard-Auguste était le quatrième fils du roi George III, et il était le père de la reine Victoria. Il a vécu au Québec et en Nouvelle-Écosse dans le cadre de ses affectations militaires de 1791 à 1800. Il est devenu commandant en chef des forces britanniques en Amérique du Nord en 1799. Partisan de la Confédération canadienne, il a été la première personnalité publique connue à qualifier les Canadiens anglais et français de Canadiens. L’Île-du-Prince-Édouard et le comté de Prince Edward en Ontario ont été nommés en son honneur.

Le prince Guillaume et le prince Édouard

Jeunesse

Le prince Édouard naît à Buckingham House (le futur palais de Buckingham), il est cinquième enfant et quatrième fils du roi George III (1738-1820) et de Charlotte de Mecklembourg-Strelitz (1744-1818). Dès l’âge de cinq ans, il partage une résidence à Kew avec son frère aîné, le prince William Henry (nommé Guillaume en français; et futur roi Guillaume IV), et leurs tuteurs. Il suit des cours d’art avec le peintre paysagiste britannique Alexander Cozens et il peint des aquarelles durant sa carrière militaire.

Carrière militaire

En 1785, Édouard se rend à Lünebourg dans le Hanovre, où il devient cadet dans les gardes à pied hanovriens. Il poursuit sa formation militaire à Genève de 1789 à 1790. Il est stationné à Gibraltar à la fin de 1790 et au début de 1791 en tant que commandant du Queen’s Royal Regiment. C’est alors qu’il est à cet endroit qu’il acquiert sa réputation d’homme strict en discipline. Édouard impute sa mauvaise santé au climat chaud de Gibraltar et il écrit à George III en décembre 1790 pour demander d’être transféré en Amérique du Nord, et de préférence au Canada.

Enfants à Genève

Durant son séjour à Genève, Édouard a deux enfants; il a sa fille Adélaïde Victoire Auguste (1789–vers 1832) avec Adélaïde Dubus, et son fils Edward Schencker Scheener (1789–1853) avec Anne Gabrielle Alexandrine Moré.

Julie Saint-Laurent

En 1790, Édouard entame une relation amoureuse avec une noble française qui s’est réfugiée à Genève durant la Révolution française. Cette relation avec Alphonsine-Thérèse-Bernardine-Julie de Montgenêt, dite Julie Saint-Laurent (1760-1830), dure 27 ans. Elle voyage avec lui à Gibraltar et au Canada, où elle est joue le rôle d’hôtesse, recevant ses invités et assumant publiquement son rôle de conjointe, ce qui n’aurait pas été socialement acceptable en Grande-Bretagne. Le Julie’s Pond situé dans le parc Hemlock Ravine en Nouvelle-Écosse est nommé en son honneur. En 1818, Édouard et Julie se séparent pour qu’Édouard puisse procéder à un mariage royal.

De nombreuses familles canadiennes revendiquent la descendance d’Édouard et Julie, bien qu’aucun document ne prouve que le couple ait eu des enfants. Édouard ne revendique jamais la paternité d’aucun enfant né au Canada, malgré les rumeurs qui circulent de son vivant voulant qu’il soit le père du futur général sir William Fenwick Williams, né à Annapolis Royal en 1800.

Québec

Le 11 août 1791, Édouard arrive à la ville de Québec en tant que colonel en chef du 7th Fusiliers Regiment et il est officiellement accueilli par le gouverneur de Québec, Guy Carleton, 1er baron Dorchester. Édouard est présenté à une délégation de 40 chefs autochtones dirigée par John Johnson. Cette délégation est à Québec pour demander de l’aide afin de repousser les incursions américaines à la frontière.

À Québec, Édouard et Julie habitent à la Maison Kent sur la rue Saint-Louis (où ont été signés les Articles de capitulation de Québec en 1759 après la bataille des plaines d’Abraham) ainsi qu’à la Maison Montmorency, près de la chute Montmorency. Leur cercle social comprend d’éminents Canadiens français comme Ignace-Michel-Louis-Antoine d’Irumberry de Salaberry, juge de paix du district de Québec. Édouard et Julie sont le parrain et la marraine de son plus jeune fils, le futur ingénieur militaire Édouard-Alphonse d’Irumberry de Salaberry. Édouard soutient également la carrière militaire de son fils aîné, Charles-Michel d’Irumberry de Salaberry. Il intervient d’ailleurs en 1814 pour que ce dernier soit reconnu comme « le héros qui a sauvé le Bas-Canada » en tant que commandant des Voltigeurs canadiens pendant la guerre de 1812.

Haut-Canada

En 1792, Édouard visite le Haut-Canada (maintenant l’Ontario), et il visite Cornwall, Kingston et Newark (maintenant Niagara-on-the-Lake). Édouard écrit à son père George III qu’il a « visité chaque poste occupé par le plus petit détachement de vos troupes dans tout le Canada, à l’exception de Michillimakinac [sic], Détroit et Oswego ». À Newark, Édouard est reçu par John Graves Simcoe, le lieutenant-gouverneur du Haut-Canada, et par son épouse Elizabeth Simcoe dans les trois grandes tentes qui servent de résidence temporaire du gouvernement. Au Fort Niagara, Édouard rencontre des Autochtones, il assiste à une danse guerrière cérémonielle et il reçoit le titre de « chef au-dessus de tous les autres chefs ».

Lettre et croquis

Nouvelle-Écosse

Après avoir servi en Martinique pendant les guerres de la Révolution française, Édouard est nommé commandant des forces britanniques en Nouvelle-Écosse et au Nouveau-Brunswick en 1794. Il vit à Halifax avec Julie Saint-Laurent, louant la résidence Prince’s Lodge à sir John Wentworth, le lieutenant-gouverneur de la Nouvelle-Écosse. (Seule la salle de musique de la Rotunda subsiste de cet endroit aujourd’hui.) Édouard établit le premier système de télégraphe sémaphore en Amérique du Nord, reliant Halifax à Annapolis Royal, à Fredericton et à Saint John. En 1799, Édouard reçoit les premiers visiteurs royaux français en Amérique du Nord, le futur roi Louis-Philippe Ier de France (1773-1850) et ses deux frères, qui fuient les guerres de la Révolution française.

Durant son séjour en Nouvelle-Écosse, Édouard améliore les défenses militaires de Halifax et il transforme l’apparence de la ville en commandant de nouveaux bâtiments officiels de style palladien classique. Le fort George sur la colline de la Citadelle est reconstruit, et Édouard fait construire l’ancienne horloge de la ville, qui est installée en 1803. Il parraine la construction de St. George’s Round Church et il est possible qu’il en soit même l’architecte. Le terrain de parade de Halifax est agrandi pour les manœuvres militaires et il est mis à niveau par rapport à la rue Barrington. De plus, une nouvelle tour Martello est construite à Point Pleasant. Édouard achète Navy Island, il y établit un hôpital pour les maladies infectieuses et il ordonne la construction du fort Charlotte sur l’île. Édouard accueille plus de 500 Marrons jamaïcains (des descendants d’Africains qui ont fui l’esclavage) pour travailler sur ces projets de construction et il s’assure qu’ils reçoivent un salaire égal à celui des troupes britanniques pour leur travail.

Commandant en chef

En 1799, Édouard est nommé duc de Kent et Strathearn et comte de Dublin, et il est nommé commandant en chef des forces britanniques en Amérique du Nord. Il planifie de faire des tournées dans le Haut-Canada, dans le Bas-Canada, à l’Île-du-Prince-Édouard, à l’île du Cap-Breton et à Terre-Neuve durant l’été 1800, mais il doit retourner en Grande-Bretagne le 3 août 1800, après des problèmes de santé dus à une chute de cheval à Halifax. Initialement, Édouard envisage de retourner en Amérique du Nord britannique et il occupe officiellement le poste de commandant en chef jusqu’en 1802.

Île-du-Prince-Édouard

Le 29 novembre 1798, l’Assemblée législative de l’île St. John vote pour changer ce nom pour Île-du-Prince-Édouard, en l’honneur du prince Édouard. Ce nouveau nom reçoit la sanction royale de George III le 2 février 1799 et il entre en vigueur le 3 juin de cette même année. Ce nouveau nom reflète à la fois l’augmentation de colons loyalistes dans la région et la crainte que l’île St. John ne soit confondue avec Saint John au Nouveau-Brunswick et St. John’s à Terre-Neuve. Le prince Édouard ne visite jamais l’Île-du-Prince-Édouard.

Carrière ultérieure

En 1802, Édouard devient gouverneur de Gibraltar, et il impose une discipline militaire stricte aux troupes qui y sont stationnées. Il retourne en Grande-Bretagne en 1803 après l’assaut de sa résidence de Gibraltar par des soldats mutinés qui exigent sa démission en raison de la discipline sévère qu’il impose aux troupes. Le 5 septembre 1805, il est promu maréchal, mais sa carrière militaire active prend fin. Il devient gardien du palais de Hampton Court et il réside à Castle Hill Lodge à Ealing.

Confédération canadienne

Édouard encourage la Confédération canadienne à la fois durant le temps qu’il passe en Amérique du Nord et après son retour en Grande-Bretagne. Il est la première personnalité publique connue à utiliser le terme « Canadiens » pour désigner à la fois les Canadiens anglais et français (plutôt que seulement les Canadiens français). En réaction aux troubles qui suivent les élections de 1792 à l’Assemblée législative du Bas-Canada, il déclare dans un discours aux manifestants de Charlesbourg : « Je vous exhorte à l’unanimité et à la concertation. Je ne veux plus entendre parler de ces odieuses distinctions entre les Français et les Anglais. Vous êtes tous des sujets canadiens de Sa Majesté britannique. »

En 1814, Édouard correspond avec John Sewell, le secrétaire du Conseil exécutif du Bas-Canada, pour soutenir une union fédérale des provinces de l’Amérique du Nord britannique. Lord Durham consulte cette correspondance lorsqu’il rédige le rapport Durham de 1839 à la suite des rébellions de 1837 dans le Haut et le Bas-Canada, et il écrit à la reine Victoria : « Personne ne comprenait mieux les intérêts et le caractère de ces colonies que Son Altesse Royale. »

Prince Édouard, duc de Kent

Mariage

Le 11 juillet 1818, Édouard, âgé de 51 ans, épouse la princesse Victoire de Saxe-Cobourg-Saalfeld (1786-1861), âgée de 32 ans, dans une double cérémonie avec son frère aîné, le futur roi Guillaume IV (1765-1837) et Adélaïde de Saxe-Meiningen (1792-1849). Ces deux mariages royaux visent à assurer la succession, étant donné que la seule petite-fille légitime de George III, la princesse Charlotte de Galles, est décédée en 1817. Victoire est la veuve d’Emich Karl, prince de Leiningen (1763-1814) et elle est mère de deux enfants, soit Charles (1804-1856) et Feodora (1807-1872). Édouard et Victoire passent les premiers mois de leur mariage à Leiningen, avant de retourner en Angleterre pour la naissance de leur enfant.

Reine Victoria

Le 24 mai 1819, la princesse Alexandrina Victoria naît au palais de Kensington à Londres. Édouard est fier de sa fille et il la présente au public lors de revues militaires. Alors que la jeune princesse n’a que neuf mois, Édouard meurt d’une pneumonie. Victoria hérite de sa place dans l’ordre de succession et elle devient la reine Victoria à la mort de son oncle, le roi Guillaume IV, en 1837.

Legs

De nombreux lieux portent le nom du prince Édouard, duc de Kent, au Canada. En plus de l’Île-du-Prince-Édouard, le comté de Prince Edward en Ontario porte également son nom. Au Québec, on trouve une rue Duc-de-Kent ou une rue Kent dans la ville de Québec, ainsi qu’à Beauport, à Gatineau, à Longueuil et à Sainte-Anne-de-Bellevue. En 1879, la reine Victoria finance la reconstruction de la porte Kent sur la rue Dauphine à Québec; sa fille, la princesse Louise, en pose la première pierre. L’avenue Kent, le parc Kent et la rue Kent à Halifax portent tous le nom d’Édouard, tout comme Point Edward et Edwardsville sur l’île du Cap-Breton. À la fin du 19e siècle, le nom de la rue Hugh à Ottawa est changé pour rue Kent en l’honneur d’Édouard. À Saint John au Nouveau-Brunswick, la rue Prince Edward et le Prince Edward Square portent son nom. Le Ken College, fondé par le lieutenant-gouverneur Edmund Fanning, est maintenant nommé l’Université de l’Île-du-Prince-Édouard.

Collections associées

Famille royale

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La reine Elizabeth visitant le Monument commémoratif de guerre du Canada à Ottawa, vers 1943-1965.