Gatineau

Gatineau, Québec, constituée en ville en 2002, population de 276 245 habitants (recensement de 2016), de 265 349 habitants (recensement de 2011). La ville a été créée en 2002 par la fusion des municipalités d’Aylmer, de Buckingham, de Gatineau, de Hull et de Masson-Angers. Elle fait partie de la région de la capitale nationale. Son conseil municipal est formé d’un maire et de 18 conseillers, élus par district.

Gatineau, Québec, constituée en ville en 2002, population de 276 245 habitants (recensement de 2016), de 265 349 habitants (recensement de 2011). La ville a été créée en 2002 par la fusion des municipalités d’Aylmer, de Buckingham, de Gatineau, de Hull et de Masson-Angers. Elle fait partie de la région de la capitale nationale. Son conseil municipal est formé d’un maire et de 18 conseillers, élus par district.


Peuples autochtones

Gatineau est située sur le territoire non cédé des Algonquins, un peuple qui a occupé tout le bassin versant d’Ottawa pendant des milliers d’années. La chute des Chaudières, sur la rivière des Outaouais à Gatineau, est un des lieux les plus importants et les plus sacrés des Algonquins. 

Le mot « Gatineau » serait dérivé de Tenàgàdino Zìbì, le nom en langue anishinaabemowin de la rivière appelée aujourd’hui Gatineau. La carte la plus ancienne où la rivière figure sous cette appellation « française » date de 1821. 

À l’arrivée des premiers Européens, un groupe d’Algonquins est établi dans une région comprise entre les rivières Gatineau et Rouge. Mais ce groupe chasse, commerce et vit dans un territoire beaucoup plus vaste. Ses descendants comprennent les membres de la Première Nation Kitigan Zibi Anishinabeg, la communauté algonquine la plus proche de Gatineau, à quelque 130 km au nord (voir aussi Réserves au Québec). 

Dépossession

Au début du 17e siècle, plusieurs Européens remontent la rivière des Outaouais pour explorer le pays. Mais il faut attendre les années 1760 pour que la traite des fourrures entraîne une présence européenne soutenue dans la région. Malgré cet afflux, les Anichinabés n’ont pas cédé Kitchissippi, ainsi qu’ils appellent le bassin outaouais en anishinaabemowin. Le gouvernement du Québec édicte des lois qui prohibent la traite dans les zones de chasse et l’interdisent aux commerçants et aux colons non dûment autorisés. Les règles ne sont guère appliquées, cependant, et les incursions persistent.

L’usurpation des terres algonquines par les Européens s’accélère à la fin du 18e siècle. Le long de la rivière des Outaouais, des squatteurs accaparent des endroits fertiles déjà cultivés par les Algonquins. La récolte du bois détruit les forêts et les cours d’eau qui font vivre ces derniers depuis des millénaires. Aujourd’hui, la plupart de ces terres, dont celles où se trouve Gatineau, ne sont toujours pas cédées. Aucun traité ni autre accord juridique n’a transféré la propriété du territoire algonquin au Canada. 

Colonisation européenne

L’histoire du peuplement européen commence au 18e siècle avec l’établissement d’un poste de traite à Pointe-Gatineau, au confluent des rivières Gatineau et des Outaouais. Partant de là, les Algonquins remontent la rivière des Outaouais et empruntent différents cours d’eau qui s’y rattachent pour atteindre la baie Georgienne, où ils achètent des fourrures. 

Entre 1796 et 1799, l’arrivée de Philemon Wright et d’autres familles venues pour la coupe du bois annonce l’essor industriel de Gatineau et d’Ottawa. Wright en vient bientôt à utiliser la rivière des Outaouais pour faire flotter son bois jusqu’au Saint-Laurent et de là jusqu’à Québec. Des ouvriers s’amènent dans la région pour lui offrir leurs services, ainsi qu’à d’autres entreprises de Wrights Town, qui sera renommée Hull en 1875 et deviendra le cœur de Gatineau lors de la fusion de 2002. 

Au milieu du 19e siècle, l’économie de la ville tourne autour des scieries alimentées à la vapeur. La transformation suivante survient lorsque J. R. Booth et d’autres exploitants du bois arrivent au début des années 1850. Leurs grandes usines, tant à Gatineau qu’à Ottawa, attirent encore plus de gens des autres régions du Canada, de l’Europe et des États-Unis. D’abord employés dans les scieries, ces gens s’installent sur des fermes une fois la coupe du bois terminée. La population de Gatineau double entre 1881 et 1901, passant de 7 000 à 14 000 habitants. Les piles de bois sont si denses le long de la rivière des Outaouais qu’un incendie se déclare dans le secteur Hull de Gatineau le 26 avril 1900. En l’espace de quelques heures, il franchit la rivière et se répand à Ottawa. Le Grand Feu de 1900, ainsi qu’on l’appellera, détruit les deux tiers de Hull et de grands pans d’Ottawa. (Voir aussi Incendies ravageurs au Canada.) 

Aujourd’hui, l’histoire du développement industriel de Gatineau est inscrite dans son paysage et son caractère urbains. On la voit dans les installations hydroélectriques des Chaudières et dans les anciens bâtiments convertis en bureaux et en condominiums. 

Physionomie 

La fusion de 2002 a créé une ville à plusieurs visages. La plupart des grandes institutions locales et de nombreux bureaux du gouvernement sont situés dans le secteur Hull. L’ancienne ville de Hull était le cœur de l’agglomération urbaine avant la fusion et l’est encore aujourd’hui. Le secteur Aylmer est aussi une ancienne ville dont la longue histoire est intimement liée à l’industrie du bois d’œuvre de la vallée de l’Outaouais. De nouveaux complexes d’habitation s’y déploient aujourd’hui le long de la rivière des Outaouais. Le secteur Buckingham abrite une grande centrale hydroélectrique et de vieux quartiers reliés de près à la rivière du Lièvre. Le secteur Masson-Angers rappelle enfin l’importance du peuplement agricole dans l’histoire de la région. 

Population 

Gatineau est la quatrième ville en importance dans la province de Québec, après MontréalQuébec et Laval. D’après le recensement de 2016, 64 % des Gatinois parlent français et anglais, mais le français est la langue maternelle de 75 % d’entre eux. La proportion de la population qui a fait des études universitaires est la plus élevée au Québec. 

Économie et population active

L’économie de Gatineau a reposé presque entièrement sur le bois d’œuvre et le papier jusqu’au milieu du 20e siècle, après quoi le gouvernement fédéral s’est mis à y déménager systématiquement des bureaux et du personnel. En 2020, on comptait près de 32 000 postes fédéraux à Gatineau, contre 75 000 à Ottawa. Outre les emplois de l’État et de la construction, la ville offre aussi des débouchés dans la haute technologie, un secteur en croissance.

Gatineau est le siège de l’Université du Québec en Outaouais, qui fait partie du réseau de l’Université du Québec. 

Culture et loisirs

Gatineau abrite une importante colonie d’artistes de la scène, de la musique et des arts visuels. L’artiste de studio et producteur Daniel Lanois y a vu le jour. Les institutions culturelles et patrimoniales comprennent le Musée canadien de l’histoire, le Centre de préservation de Bibliothèque et Archives Canada et l’établissement de recherche et de collections du Musée canadien de la nature. 

La région environnante, notamment le parc de la Gatineau, offre des panoramas grandioses où se pratiquent en toutes saisons de nombreuses activités de loisir. Résidents et visiteurs aiment bien y faire du vélo, de la randonnée et, en hiver, du ski de fond depuis le cœur de la ville presque jusque dans les collines de la Gatineau. Les rivières Gatineau et des Outaouais se prêtent aux sports nautiques en tout genre.