Guillaume IV (nommé William IV en anglais), roi du Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d’Irlande, roi de Hanovre de 1830 à 1837 (né prince William Henry [Guillaume en français] le 21 août 1765 à Londres au Royaume-Uni; décédé le 20 juin 1837 dans le Berkshire au Royaume-Uni). Guillaume IV a été le premier membre de la famille royale à visiter le Canada, et il a séjourné à Terre-Neuve, en Nouvelle-Écosse et au Québec durant sa carrière navale à la fin des années 1780. En tant que roi, Guillaume IV a donné la sanction royale au Representation of the People Act de 1832 (également connu sous le nom de Great Reform Act), qui a inspiré les rébellions de 1837 au Canada et la Loi d’abolition de l’esclavage de 1833, qui est entrée en vigueur dans l’Empire britannique le 1er août 1834.

Jeunesse
Le prince Guillaume Henry naît à Buckingham House (le futur palais de Buckingham), et il est le troisième des 15 enfants du roi George III et de Charlotte de Mecklembourg-Strelitz. Il passe sa petite enfance à Richmond Lodge, et dès l’âge de sept ans, il vit à Kew avec son jeune frère, le prince Édouard, et leurs tuteurs, jusqu’à ce qu’il commence son service dans la marine.
Révolution américaine
Comme Guillaume est le troisième fils, il n’est pas censé hériter du trône, et il poursuit donc une carrière dans la Royal Navy. À 13 ans, il part en mer comme aspirant dans l’escadre de l’amiral Robert Digby (qui donne son nom à la ville de Digby en Nouvelle-Écosse). Il sert durant la Révolution américaine. Il participe à la bataille du cap Saint-Vincent au large des côtes du Portugal en 1780, et il est ensuite stationné à New York en 1781, où le futur président américain George Washington approuve un complot qui vise à l’enlever. Guillaume est étroitement surveillé, et le complot échoue.
Terre-Neuve
Après avoir passé deux ans à Hanovre, Guillaume devient lieutenant de marine en 1785. Il obtient son premier commandement le 10 avril 1786, devenant capitaine du HMS Pegasus, qui navigue à la baie de Plaisance à Terre-Neuve. Du 1er juillet au 5 septembre 1786, Guillaume exerce les fonctions de juge suppléant à la cour de Placentia, devenant ainsi le premier membre de la famille royale à visiter une future province du Canada. Guillaume prend ses responsabilités de juge très au sérieux, et il préside des audiences deux à trois fois par semaine, réglant les litiges fonciers et défendant les droits de la flotte de pêche saisonnière. Durant son séjour à Placentia, Guillaume parraine la construction de l’ancienne église anglicane St. Luke, et il offre un service de communion en argent et des armoiries en 1787.
Québec
En 1787, Guillaume remonte le fleuve Saint-Laurent et il visite Québec et Montréal. Le 9 octobre 1787, il écrit à George III :
« Quant à la province du Canada, elle surpasse de loin tous les récits que je peux faire à Votre Majesté sur son immensité, sa beauté et sa fertilité : la province est plus vaste que toute l’Europe : les vues en été sont magnifiques, et là où en Angleterre l’œil embrasse une vue de dix milles, au Canada, sur plusieurs lieues, le maïs et le ciel semblent se rencontrer. »
Guillaume est impressionné par les peuples autochtones qu’il rencontre durant son séjour au Québec et il loue leur loyauté envers la Couronne, mais il qualifie les Canadiens français de « paresseux » et il favorise la distribution de terres aux colons britanniques. Guillaume se rend jusqu’à Cornwall, dans ce qui est maintenant l’Ontario, pour accueillir les colons loyalistes.
Nouvelle-Écosse
Guillaume navigue à Halifax en Nouvelle-Écosse où se trouve la base nord-américaine de la Royal Navy britannique en 1786, en 1787 et en 1788. Il décrit Halifax comme « un endroit très gai et animé, plein de femmes et de celles d’entre elles qui sont des plus obligeantes ». En 1787, il y retourne en provenance des Caraïbes sans la permission de l’amirauté. Une rumeur circule selon laquelle Guillaume a une liaison avec lady Frances Wentworth (1745-1813), l’épouse de sir John Wentworth, arpenteur général de King’s Woods et futur lieutenant-gouverneur de la Nouvelle-Écosse de 1792 à 1808. Selon Brian C. Cuthbertson, le biographe de John Wentworth, Guillaume prévoit s’enfuir avec Anne Delesdernier, la belle-sœur de Richard John Uniacke, le solliciteur général de la Nouvelle-Écosse, jusqu’à ce que la famille de cette dernière la fait quitter Halifax.

Retour en Grande-Bretagne
Guillaume retourne en Grande-Bretagne en 1788, lorsque son père, le roi George III, souffre de sa première longue période de maladie mentale. Le 19 mai 1789, le roi lui accorde les titres de duc de Clarence et de St. Andrews et de comte de Munster. En 1790, il reçoit le titre honorifique de contre-amiral, mais sa carrière active dans la marine prend fin.
Dorothea Jordan
En 1790, Guillaume entame une relation amoureuse avec une actrice irlandaise, Dorothea Jordan (1761–1816). Le couple reste ensemble durant plus de vingt ans. Dorothea continue de travailler comme actrice pendant leur relation, car les dépenses de Guillaume dépassent la pension versée par la Liste civile. Guillaume et Dorothea se séparent en 1811, et elle s’installe ensuite en France, où elle meurt en 1816.
Enfants
À Halifax, Guillaume a un fils, William Henry Courtney (1788-1807). Guillaume et Dorothea ont dix enfants, qui reçoivent le nom de FitzClarence en l’honneur du duché de leur père; George 1er comte de Munster (1794-1842), Henry (1795-1817), Sophia (1796-1837), Mary (1798-1864), Frederick (1799-1854), Elizabeth (1801-1856), Adolphus (1802-1856), Augusta (1803-1865), Augustus (1805-1854) et Amelia (1807-1858).
En 1830, Mary vit en Nouvelle-Écosse alors que son mari, le colonel Charles Richard Fox, commande le 34e régiment. Le couple est rappelé en Grande-Bretagne lorsque Guillaume devient roi. Amelia épouse Lucius Carey, 10e vicomte Falkland, qui est gouverneur de la Nouvelle-Écosse de 1840 à 1846. Les communautés de Falkland dans le comté de Halifax, et de Falkland Ridge dans le comté d’Annapolis, portent le nom du couple. Alors qu’elle vit en Nouvelle-Écosse, Amelia s’implique dans des œuvres caritatives, elle dessine et elle peint des aquarelles, dont des portraits de Mi’kmaq.
Mariage
Le 11 juillet 1818, Guillaume, âgé de 52 ans, épouse la princesse Adélaïde de Saxe-Meiningen (1792-1849), âgée de 26 ans, dans une double cérémonie au palais de Kew avec son frère cadet, le prince Édouard, duc de Kent et Strathearn (1767-1820), et de la princesse Victoire de Saxe-Leiningen (1786-1861). Ces deux mariages royaux sont nécessaires pour assurer la succession, étant donné que la princesse Charlotte de Galles, seule petite-fille légitime de George III, est décédée en 1817 en donnant naissance à un fils mort-né. Guillaume et Adélaïde ont trois enfants mort-nés et deux filles, Charlotte (1819) et Elizabeth (1820-1821), qui meurent en bas âge.
Clarence House
En 1820, George III meurt. Le frère aîné de Guillaume succède au roi et devient le roi George IV. Durant le règne de George IV, Guillaume commande la construction de Clarence House, qui est aujourd’hui la résidence de Londres du roi Charles III et de la reine Camilla. En 1827, Guillaume devient l’héritier présomptif de George IV à la mort du deuxième fils de George III, le prince Frédéric, duc d’York et d’Albany. À ce titre, Guillaume occupe brièvement le poste de Lord Grand Amiral de 1827 à 1828.

Accession
Le roi Guillaume IV succède sur le trône à son frère George IV, lorsque celui-ci meurt le 26 juin 1830. À 64 ans, Guillaume est le monarque britannique le plus âgé au moment de son accession au trône, jusqu’à ce que le roi Charles III devienne roi à l’âge de 73 ans, lorsque la reine Elizabeth II meurt en 2022. Le couronnement de Guillaume a lieu à l’abbaye de Westminster le 8 septembre 1831.
Le Great Reform Act de 1832
Guillaume IV est un monarque constitutionnel qui reconnait qu’il règne sous les conseils de ses ministres, déclarant : « J’ai ma vision des choses et je la partage avec mes ministres. S’ils ne l’adoptent pas, je n’y peux rien. J’ai fait mon devoir. »
Toutefois, le roi exerce sa prérogative royale pour créer de nouveaux pairs à la Chambre des lords. Ceci est un élément central dans de l’adoption du Representation of the People Act de 1832 (également connu sous le nom de Great Reform Act). Le Great Reform Bill étend le droit de vote aux hommes de la classe moyenne, il abolit les bourgs délabrés et il accorde une représentation électorale aux villes industrielles en pleine expansion. Le premier ministre britannique Earl Grey (le grand-père d’Earl Grey le futur gouverneur général du Canada) conseille au roi de créer de nouveaux pairs whigs si la Chambre des lords, qui est alors dominée par les conservateurs, refuse d’adopter le Reform Bill. Le roi et cette législation sont connus sous le nom de « The Two Bills ».
William Lyon Mackenzie, le futur chef de la rébellion du Haut-Canada de 1837, est présent à la Chambre des lords pour la lecture finale du projet de loi de réforme de 1832, qui a lieu le 4 juin 1832. Il écrit que « les réformateurs d’Angleterre et leur brillant succès devraient enseigner aux Haut-Canadiens à s’unir comme un seul homme pour défendre leurs droits d’hommes libres britanniques ».
Loi sur l’abolition de l’esclavage
En tant que duc de Clarence, Guillaume est un ardent défenseur de la traite transatlantique des esclaves, s’opposant au projet de loi sur la traite des esclaves de 1793 qui est présenté pour limiter la traite des esclaves dans l’Empire britannique. Lors d’un discours prononcé en 1799 à la Chambre des lords, Guillaume dénonce la pétition abolitionniste de la Sierra Leone Company, déclarant :
« Sous prétexte fallacieux d’humanité, ils désirent que vous renonciez à vos richesses coloniales, des piliers de notre existence commerciale, et que vous tombiez dans l’insignifiance et le mépris aux yeux de l’Europe et du monde en adoptant leur nouveau système de philosophie et d’humanité. »
Cependant, en tant que roi, Guillaume IV accorde la sanction royale à la Loi sur l’abolition de l’esclavage de 1833, sous les conseils du premier ministre Earl Grey. Cette loi entre en vigueur le 1er août 1834, jour qui est célébré au Canada comme le Jour de l’émancipation.
Reine Victoria
Durant ses dernières années, Guillaume IV souffre de problèmes de santé. Il souffre d’asthme, de maladies cardiaques et d’une hypertrophie du foie et de la rate. Il meurt au château de Windsor un mois après le 18e anniversaire de sa nièce Victoria. La reine Victoria se souvient de lui avec affection, écrivant à son oncle le roi Léopold Ier des Belges : « Le pauvre vieil homme… il a toujours été très gentil avec moi. »