Stephen Henry Lewis, C.C., politicien, diplomate, auteur, journaliste, arbitre du travail (né le 11 novembre 1937 à Ottawa en Ontario; décédé le 31 mars 2026 à Toronto en Ontario). Stephen Lewis était l’un des politiciens et diplomates les plus respectés du Canada. Il était un orateur de talent, et il a été chef du NPD de l’Ontario (1970-1977) et ambassadeur du Canada auprès des Nations Unies (1984-1988). Il a été une figure clé dans la lutte contre le VIH et le sida en Afrique. Il a été nommé Compagnon de l’Ordre du Canada et il a reçu plus de 30 doctorats honorifiques.

Liens familiaux
Stephen Lewis est issu d’une illustre famille de militants et commentateurs politiques de la gauche. Son grand-père, Moishe Lewis, est un militant syndicaliste en Russie et à Montréal. Le père de Stephen, David Lewis, est secrétaire national de la Fédération du Commonwealth coopératif (FCC). Il est également le chef du Nouveau Parti démocratique (NPD) fédéral de 1971 à 1975.
L’épouse de Stephen, Michelle Landsberg, travaille longtemps comme chroniqueuse pour le journal Toronto Star. Le couple a trois enfants; deux filles, Ilana et Jenny, et un fils, Avi. Ilana Landsberg-Lewis devient avocate spécialisée en droit du travail et pour les droits de la personne. Avi Lewis devient journaliste, et il est une personnalité de la télévision et un cinéaste de renom. Il est marié à Naomi Klein, une autrice à succès, une cinéaste et une activiste.
Avi Lewis suit les traces de son père et il est élu chef du NPD fédéral le 29 mars 2026. Stephen Lewis meurt deux jours plus tard, après une longue lutte contre le cancer.
Jeunesse et éducation
Stephen Lewis naît le jour de l’Armistice (maintenant appelé le jour du Souvenir) en 1937. Il reçoit le nom hébreu Sholem, qui signifie « paix ». Il naît et grandit à Ottawa, mais sa famille et lui déménagent à Toronto en 1950. Il commence ses études à l’Université de Toronto en 1956. En tant que membre de l’équipe de débat de Hart House, il participe à un débat avec le sénateur du Massachusetts et futur président des États-Unis, John F. Kennedy, en novembre 1957.
Stephen Lewis passe sa troisième année d’université dans le cadre d’un échange étudiant avec l’Université de la Colombie-Britannique. Il retourne à Toronto pour y faire sa dernière année, mais il n’obtient pas son diplôme. Il s’inscrit ensuite aux facultés de droit de l’Université de Toronto et de l’Université de la Colombie-Britannique, mais il abandonne les deux programmes. (Stephen Lewis plaisante plus tard en disant que tous ses diplômes universitaires sont des diplômes honorifiques.)
Alors qu’il travaille comme commis pour l’organisme Internationale socialiste dans les années 1960, Stephen Lewis assiste à une conférence au Ghana. Il passe ensuite un an à voyager et à enseigner l’anglais en Afrique.
Carrière en politique
Stephen Lewis est pressé de retourner au Canada par le chef du NPD fédéral Tommy Douglas. Stephen Lewis occupe le poste de directeur de l’organisation du NPD fédéral de 1961 à 1962. Il est ensuite élu député à l’Assemblée législative de l’Ontario pour la circonscription de Scarborough-Ouest, qu’il représente de 1963 à 1978.
Stephen Lewis devient chef du NPD de l’Ontario en 1970. Il joue un rôle actif dans la demande de la dissolution du groupe Waffle en 1972, une faction de gauche du NPD. Le plus grand succès électoral de Stephen Lewis a lieu en 1975, lorsque le NPD devient l’opposition officielle. Un an après l’échec électoral du NPD en 1977, Stephen Lewis démissionne de son poste de chef. Il devient alors commentateur dans les médias, conférencier, et arbitre du travail.
Stephen Lewis, chef du NPD de l’Ontario
Stephen Lewis est élu à la tête du Nouveau Parti démocratique de l’Ontario, le 4 octobre 1970.
(photo de Dick Darrell, avec la permission du Toronto Star via Getty Images)
Carrière diplomatique
De 1984 à 1988, Stephen Lewis est ambassadeur du Canada auprès des Nations Unies. Il occupe également le poste de conseiller spécial du Secrétaire général des Nations Unies pour les affaires africaines jusqu’en 1991. Il retourne à l’ONU en tant que directeur général adjoint de l’UNICEF de 1995 à 1999.
En 1997, Stephen Lewis est nommé par l’Organisation de l’unité africaine au sein d’un panel chargé d’enquêter et de rédiger un rapport en 2000 sur le génocide rwandais. De 2001 à 2006, il est envoyé spécial du Secrétaire général de l’ONU, Kofi Annan, pour la lutte contre le VIH et le sida en Afrique.
Autres activités
Stephen Lewis est membre honoraire du Collège royal des médecins et chirurgiens du Canada et il est membre émérite du Massey College de l’Université de Toronto. En 2014, il est nommé professeur de pratique en gouvernance mondiale à l’Institut d’étude du développement international de l’Université McGill. Il est également membre de la Commission des déterminants sociaux de la santé de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), et il est conseiller principal pour l’École de santé publique Mailman de l’Université Columbia.
Stephen Lewis crée la Stephen Lewis Foundation en 2003 pour venir en aide aux victimes du sida en Afrique. En 2005, il présente la série Massey Lectures. Cette série de conférences est ensuite retranscrite dans un livre, Race Against Time (2005; trad. Contre la montre : combattre le sida en Afrique), qui devient un livre à succès.
Stephen Lewis, envoyé spécial de l’ONU pour le VIH/sida
Stephen Lewis est mis au courant de la situation par un médecin près de Lilongwe au Malawi, le 30 octobre 2006.
(photo d’Amos Gumulira, avec la permission de AFP via Getty Images)
Distinctions
En 2003, le magazine Maclean’s nomme Stephen Lewis son inaugural « Canadien de l’année ». En 2005, le magazine TIME le nomme parmi les « 100 personnes les plus influentes au monde ». En 2006, deux écoles secondaires de la région de Toronto sont nommées en son honneur. Dans un numéro de 2010 du magazine Forbes, la dramaturge Eve Ensler nomme Stephen Lewis comme l’un des « sept féministes les plus influents au monde ».
Après le décès de Stephen Lewis en 2026 à l’âge de 88 ans, le premier ministre Mark Carney le qualifie de « pilier du leadership compatissant au sein de la démocratie canadienne et défenseur mondialement reconnu des droits de la personne et du multilatéralisme ».
Prix
- Compagnon, Ordre du Canada (2002)
- Prix Jonathan Mann Health and Human Rights, International Association of Physicians in AIDS Care (2003)
- Médaille Pearson de la paix, Association canadienne pour les Nations Unies (2004)
- Prix Human Rights, International Council of Nurses’ Health (2005)
- Prix Baylor International Pediatric Leadership Leadership, Baylor International Pediatric AIDS Initiative, Baylor College of Medicine (2006)
- Prix du président Harry Jerome, Black Business and Professional Association of Toronto (2006)
- Prix William G. Davis Children’s Champion, Peel Children’s Aid Foundation, Mississauga (2006)
- Prix Libris du livre de non-fiction de l’année (Race Against Time), Canadian Booksellers Association (2005)
- Auteur de l’année, Canadian Booksellers Association (2005)
- Knight Commander, Most Dignified Order of Moshoeshoe, Lesotho (2007)
- Prix Bonham Centre, Mark S. Bonham Centre for Sexual Diversity Studies, Université de Toronto (2013)
Diplômes honorifiques
- Doctorat honorifique, Université McMaster (1979)
- Doctorat en droit, Université York (1984)
- Doctorat en droit, Université Concordia (1985)
- Doctorat en droit, Université de la Saskatchewan (1986)
- Doctorat en droit, Université McGill (1987)
- Doctorat en droit, Université de Windsor (1988)
- Docteur en droit, Université Wilfrid Laurier (1988)
- Doctorat en droit, Université Brock (1988)
- Doctorat en droit, Université Lakehead (1988)
- Doctorat en droit, Université Mount Allison (1988)
- Doctorat en droit, Université de Toronto (1991)
- Diplôme honorifique, Université de la Colombie-Britannique (1991)
- Diplôme honorifique, Université de l’Île-du-Prince-Édouard (2000)
- Diplôme honorifique, Université de Calgary (2002)
- Doctorat en droit, Université Western (2003)
- Doctorat en droit, Université de Victoria (2004)
- Doctorat en droit, Université Simon Fraser (2004)
- Doctorat en droit, Université du Cap-Breton (2005)
- Doctorat en droit, Université Dalhousie (2006)
- Doctorat en droit, Université Laurentienne (2006)
- Doctorat en droit, Université du Manitoba (2007)
- Doctorat en droit, Université Carleton (2009)
- Doctorat en éducation, Université Nipissing (2009)
- Docteur en lettres (humanités), Université Mount Saint Vincent (2010)
- Doctorat en droit, Université de Brandon (2010)
- Docteur en lettres (humanités), Dartmouth College (2010)
- Docteur en droit, Université Memorial de Terre-Neuve (2011)
- Doctorat en droit, Université du Nouveau-Brunswick (1986)
- Docteur en droit, Université de Waterloo (2013)
- Doctorat honorifique, Royal Roads University (2015)
- Doctorat en droit, Université de l’Alberta (2016)