Toronto

Toronto, Ontario, constituée en ville en 1834, population de 2 794 356 habitants (recensement de 2021), de 2 731 571 habitants (recensement de 2016). Toronto est la capitale de l’Ontario, la plus grande municipalité du Canada et la quatrième plus grande ville en Amérique du Nord (voir aussi Villes canadiennes les plus peuplées). Elle est composée des anciennes villes de Toronto, North York, Scarborough, York et Etobicoke, et de l’ancien arrondissement de East York. La ville est le foyer d’une importante population d’immigrants, et est une plaque tournante nationale et internationale pour les finances, les communications et la vie culturelle.

Toronto, Ontario, constituée en ville en 1834, population de 2 794 356 habitants (recensement de 2021), de 2 731 571 habitants (recensement de 2016). Toronto est la capitale de l’Ontario, la plus grande municipalité du Canada et la quatrième plus grande ville en Amérique du Nord (voir aussi Villes canadiennes les plus peuplées). Elle est composée des anciennes villes de Toronto, North York, Scarborough, York et Etobicoke, et de l’ancien arrondissement de East York. La ville est le foyer d’une importante population d’immigrants, et est une plaque tournante nationale et internationale pour les finances, les communications et la vie culturelle.



Peuples autochtones

Il y a près de 12 500 ans, l’Inlandsis laurentidien, un glacier continental recouvrant le nord-est de l’Amérique du Nord, se retire de la région où se trouve aujourd’hui Toronto. Peu de temps après, de petits groupes d’Autochtones s’installent dans la région pour chasser des animaux comme le caribou. Il y a environ 5000 ans, des colonies commencent à se former sur les territoires de chasse, et des gens se regroupent lors d’importants rassemblements au printemps et en été à l’embouchure des rivières pour pêcher, faire du commerce et enterrer leurs morts. Lorsqu’arrive l’an 500 de notre ère, la population du sud de l’Ontario a atteint 10 000 personnes et est composée principalement de peuples de langue algonquienne.

L’introduction du maïs, il y a 1400 ans, mène à l’adoption de l’agriculture et de l’établissement permanent de colonies. Lorsqu’arrive l’an 1000 de notre ère, des peuples de langue iroquoienne sont installés dans la région qui est maintenant Toronto, et en 1300, des villages y sont établis. En 1400, les Iroquois vivent dans des villages fortifiés qui sont généralement composés de maisons longues et de palissades qui ont vue sur les champs cultivés.

Pour diverses raisons, incluant un meilleur sol et la guerre avec les Haudenosaunee de l’État de New York, les Iroquois de la région de Toronto commencent à se déplacer lentement vers le nord pour se joindre à la confédération Huron-Wendat, à Huronia. En 1650, la guerre entre les tribus et les maladies apportées par les Européens entraînent l’effondrement et la dispersion de la confédération Huron-Wendat. Les Haudenosaunee établissent une série de colonies en Ontario, incluant deux villages de Sénécas, là où se trouve actuellement Toronto.

À cette époque, les peuples qui parlent l’algonquin commencent à se déplacer vers le sud, du Bouclier canadien à la région de Toronto. À la suite de négociations, les Anichinabés qui parlent algonquin concluent une alliance avec les Haudenosaunee. Les Anichinabés établissent des colonies dans la région de Toronto, alors que les Haudenosaunee se retirent dans l’État de New York. Certains membres des Anichinabés deviennent connus sous le nom des Mississaugas et ils dominent la région jusqu’à la fin des années 1700.

Le nom Toronto est dérivé du mot mohawk tkaronto, qui signifie « là où il y a des arbres debout dans l’eau ». (Voir aussi Grandes villes canadiennes ayant un nom autochtone.) Le mot fait à l’origine référence aux Narrows, près de ce qui est aujourd’hui Orillia, où les Wendats et d’autres groupes plantaient des pieux dans l’eau afin de créer des barrages de pêche. Les cartes françaises de 1680 à 1760 identifient le lac Simcoe d’aujourd’hui comme étant le lac Taronto. L’orthographe du mot devient Toronto au cours du 18e siècle, et le terme en vient progressivement à désigner une grande région qui inclut l’endroit où se trouve aujourd’hui la ville de Toronto. En 2016, les peuples autochtones représentaient 0,9 % de la population de Toronto.

Colonisation

À un certain moment entre 7000 et 2000 ans avant notre ère, les Autochtones découvrent un raccourci terrestre entre le lac Ontario et la baie Georgienne. Connu plus tard sous le nom de « passage de Toronto », ce chemin est une importante route nord-sud pour les peuples autochtones et les Européens.

Les marchands de fourrure français connaissent le passage de Toronto depuis le début des années 1600, et en 1720, ils construisent un petit poste de traite sur la rivière Humber. Ce poste fait faillite et est abandonné en 1730. En 1750, les Français construisent un autre petit poste de traite appelé Fort Rouillé (ou Fort Toronto) qui se trouve sur ce qui est aujourd’hui le site du parc des expositions de Toronto. Il est incendié en 1759 par sa garnison française durant une retraite des forces britanniques.

Après la conquête britannique en 1759, le site de Toronto est fréquenté par des petits commerçants et des campements de Mississauga. Cependant, la Révolution américaine envoie les loyalistes vers le nord où se trouve le territoire britannique restant. Leurs colonies le long du haut Saint-Laurent et des lacs inférieurs mènent à la création de la province du Haut-Canada en 1791 (voir aussi Politique en Ontario). Le premier gouverneur de la province, John Graves Simcoe, planifie la création d’une ville centrale à Toronto. Il considère que ce site est un endroit stratégique pour une base navale et une base de garnison afin de protéger une frontière américaine perturbée. En 1793, une petite ville est aménagée près du port, et John Graves Simcoe la nomme York en l’honneur du duc de York, le fils du roi George III. Rapidement, il utilise York comme capitale du Haut-Canada, érigeant des édifices parlementaires et creusant des routes à l’intérieur des terres. En 1796, la rue Yonge est ouverte et nommée ainsi par John Graves Simcoe en l’honneur du secrétaire d’État britannique de la guerre de l’époque, sir George Yonge. L’origine de la rue remonte au passage de Toronto et comme le chemin original, elle se dirige vers le nord jusqu’à la rivière Holland, donnant accès au lac Simcoe et à la baie Georgienne.

L’administration et la garnison de York attirent les marchands, les artisans et les ouvriers, tandis que la colonie rurale grandissante en fait un centre de marché local. En 1812, ce village de frontière ne compte toujours que 700 habitants, mais son rôle gouvernemental, son port et ses routes cahoteuses menant vers l’intérieur du Haut-Canada lui confèrent un avantage économique initial dans la région du lac Ontario.

Traités

Au milieu des années 1830, le gouvernement colonial conclut des traités avec les peuples autochtones pour la cession de leurs territoires, couvrant la plupart des terres arables du Haut-Canada. L’un de ces traités est l’achat de Toronto (également connu sous le nom Traité no 13). Il est établi pour la première fois en 1787, et une révision de l’entente est effectuée en 1805 entre les Premières Nations locales et les autorités coloniales. L’achat couvre une grande partie de la ville actuelle de Toronto, du lac Ontario jusqu’aux limites ouest et nord de la ville. La portion est de Toronto est couverte par l’un des traités Williams, signés en 1923. (Voir aussi Les cessions des terres du Haut-Canada; Réserves en Ontario.)

Croissance

Pendant la guerre de 1812, York est attaquée et pillée à deux reprises par les forces américaines (1813), laissant une population à l’esprit britannique avec d’âpres souvenirs antiaméricains. Après la guerre, le village est l’un des destinataires de la vague croissante d’immigration britannique vers le Haut-Canada. En poursuivant le commerce avec les frontières agricoles en expansion, York devient le centre bancaire de la province. En 1834, la ville à la croissance rapide, qui compte alors plus de 9000 habitants, est constituée en tant que ville de Toronto avec un gouvernement municipal élu qui est dirigé par son premier maire, William Lyon Mackenzie. Cet éminent journaliste et politicien réformiste tente de s’emparer de la ville de force lors des Rébellions de 1837 du Haut-Canada, mais sa tentative échoue, plus par confusion que par effusion de sang, renforçant ainsi les tendances conservatrices de Toronto.

Dans les années 1840, Toronto augmente son essor commercial. L’éclairage au gaz, les égouts des rues principales, et l’activité de son port de bateaux à vapeur marquent son essor urbain. Dans les années 1850, la construction d’un chemin de fer relie Toronto à New York et Montréal, et les lacs supérieurs de la baie Georgienne et l’ouest du Haut-Canada à Detroit et Chicago. Toronto devient la capitale de la nouvelle province de l’Ontario lors de la Confédération de 1867, et dans les années 1870, elle devient fortement industrialisée. La population de la ville quintuple entre 1831 et 1891. Dans les années 1880, l’entreprise de machines agricoles, les usines de vêtements, les usines d’édition, et les fonderies de métaux de Hart Massey se développent considérablement. La croissance de la ville est favorisée par la protection tarifaire industrielle après 1879 et par les poussées promotionnelles de dirigeants comme le constructeur de chemins de fer Casimir Gzowski, et le constructeur de grands magasins Timothy Eaton.

La colonisation de l’Ouest canadien et l’exploitation des forêts et des mines du nord de l’Ontario durant les années 1890 et 1900 ouvrent encore plus de marchés et de ressources pour Toronto. Le commerce avec le Nord et l’Ouest afflue vers la ville qui, à son tour, traite soit avec Montréal ou New York en tant que débouchés ou fournisseurs. De grandes compagnies comme Eaton étendent leurs activités de commerce par correspondance dans l’ouest. L’énergie hydroélectrique des chutes Niagara (1911), produite par la Hydro-Electric Power Commission of Ontario, fournit une énergie à bon marché qui stimule la croissance des usines. L’influence des banques, des sociétés d’investissement et des compagnies d’assurances de la ville s’étend vers des régions bien au-delà de l’Ontario.

En 1914, bien que Montréal, ville plus ancienne et plus grande, détient toujours la première place, les sièges sociaux financiers, les usines et les commerces de Toronto en font la deuxième métropole nationale. La Première Guerre mondiale élargit son champ d’investissements et de manufacture. L’industrie manufacturière varie de la transformation des viandes à grande échelle aux munitions; deux industries qui sont poussées de l’avant par l’homme d’affaires sir Joseph Flavelle.

Durant les prospères années 1920, le développement se poursuit alors que de nouvelles municipalités de banlieue s’érigent autour d’une ville débordante d’environ un demi-million d’habitants. Cette croissance est freinée par la crise des années 1930. L’exploitation de l’or et de l’argent dans le nord de l’Ontario aide certains secteurs financiers à rester en meilleure santé que d’autres, mais dans l’ensemble, la ville est durement touchée car la construction a considérablement ralenti, et le taux de chômage a grimpé en flèche. Bien que le taux d’emploi commence lentement à remonter en 1934, le taux de chômage élevé ne prend fin qu’avec l’arrivée de la Deuxième Guerre mondiale. La guerre ravive la croissance, et façonne les industries de l’électronique, de l’aéronautique et des machines de précision. L’économie de Toronto d’après-guerre explose, alimentée par des dépenses de consommation, du baby-boom, de la construction de maisons et de la guerre de Corée de 1950 à 1953. La population de la ville augmente encore pour atteindre plus d’un million d’habitants dans la grande région de Toronto en 1951.

Les besoins en services de ce complexe urbain et de ses banlieues mènent à l’instauration d’un gouvernement métropolitain. Mise sur pied en 1953 sous la direction d’un vigoureux premier président, Frederick Gardiner, la Metropolitan Toronto Authority s’occupe des besoins de toute la région, alors que les anciennes juridictions s’occupent des préoccupations locales. Le système de métro (commencé par la ville en 1949) est construit, des parcs et des projets de drainage sont entrepris, et des artères sont construites. En 1967, les petites banlieues sont fusionnées, laissant ainsi une structure métropolitaine de la ville de Toronto et de cinq arrondissements, qui sont tous devenus des villes en 1991, à l’exception de East York.

Toutes ces villes perdent leur structure municipale individuelle en 1998 lorsque la nouvelle « mégapole » de Toronto voit le jour. Toronto prend finalement le pas sur Montréal en tant que plaque tournante financière nationale et internationale. Elle domine également maintenant le Canada avec sa concentration de services spécialisés, incluant les infrastructures professionnelles et la publicité, et elle a une énorme emprise sur les médias d’information.

Paysage urbain

Tour CN

Toronto est située sur la plaine côtière à côté de son port. L’intérieur des terres dénote une montée assez abrupte de 4 km qui marque le rivage du lac Iroquois, formé par les glaciers il y a 12 500 ans et dont le niveau d’eau était bien plus élevé que le lac Ontario. Cette élévation mène à des plaines plus élevées, puis à des collines arrondies. Bien que la zone basse du bord de l’eau ait donné à York à ses débuts des marais humides et des rues boueuses, et bien que l’élévation rendait le tracé de routes difficile, ces problèmes n’ont pas été des obstacles à long terme au développement régulier du paysage urbain. De nos jours, Toronto s’étend loin à l’est et à l’ouest du port, et loin à l’intérieur des terres.

La plaine côtière près du port est demeurée le cœur du centre-ville de Toronto. Le plan conçu en 1793 par le gouverneur John Graves Simcoe représente une petite ville avec une grille simple de rues droites le long de l’extrémité est du port, avec une réserve militaire pour un poste de garnison à l’entrée ouest de la colonie. À mesure que la ville grandit, le modèle de lignes droites de base est essentiellement étendu; cependant, sous l’autonomie municipale de 1834, la planification est remplacée par des développements privés non coordonnés.

Néanmoins, le paysage urbain commence à prendre forme. Dans les années 1840, la rue King est une artère commerciale principale d’est en ouest, et la rue Yonge est un axe nord-sud menant à la route du nord et à l’intérieur de la province (voir aussi Rues emblématiques au Canada). Lorsque les chemins de fer arrivent sur le front d’eau dans les années 1850, une zone de transport est construite entre la ville et le lac. Par la suite, des zones industrielles émergent aux deux extrémités du port le long des voies ferrées. Au nord, des quartiers denses de la classe ouvrière s’érigent. De plus grandes résidences se répandent au-dessus du centre-ville, et les maisons des riches sont bâties derrière la plaine côtière.

Les voitures tirées par des chevaux au cours des années 1860, et les voitures électriques des années 1890 entraînent un mouvement de la classe moyenne vers les banlieues plus spacieuses, en commençant par Yorkville (en 1883) et en se terminant avec Toronto-Nord (en 1912). À partir des années 1880, les ascenseurs électriques, les grands bâtiments en structure de fer, et les téléphones facilitent une plus grande concentration des affaires sur les terrains coûteux du centre-ville. Au début des années 1900, on érige des gratte-ciel d’acier dans ce quartier central où l’utilisation économique des terrains est à peu près divisée en commerces de gros autour de la rue Yonge en dessous de la rue King, en commerces de détail importants le long de la rue Yonge près de la rue Queen, et en finance le long de la rue Bay et de la rue King.

Aidé par l’automobile, la densification de peuplement à l’intérieur de la ville et sa dispersion à l’extérieur se poursuit après la Première Guerre mondiale, jusqu’à ce que la crise des années 1930 et la Deuxième Guerre mondiale interviennent. La planification publique reprend vie dans les années 1940, et depuis la fin des années 1940, la croissance de la ville s’est accélérée avec seulement de courts ralentissements. L’impact de la planification publique augmente à partir des années 1950 avec la structure de la métropole, et s’accroit encore avec l’arrivée des réformateurs environnementaux (ou conservateurs) dans les années 1960 et 1970. L’équilibre entre les types de planification, soit « déplacer la circulation » et « sauver la qualité de vie » demeure instable. Les gratte-ciel dominent maintenant Toronto et se trouvent dans le quartier des affaires du centre-ville, dans les quartiers d’appartements résidentiels de masse, et dans les quartiers de tours à bureaux regroupées autour des intersections principales et des stations de métro.

Malgré son cadre naturel modeste et son tracé des rues simple, Toronto possède des bâtiments intéressants et quelques structures patrimoniales remarquables. Ceux-ci incluent le complexe original de Fort York (reconstruit de 1813 à 1815); le Grange, un manoir aristocratique bâti autour de 1817; le St. Lawrence Hall (1850), à l’origine un bâtiment public contenant des magasins et une salle de conférence; le Osgoode Hall (reconstruit de 1857 à 1860), siège social du barreau du Haut-Canada; le Collège universitaire (1859), situé sur le campus principal de l’Université de Toronto; le Ontario Parliament Buildings (1892); le Old City Hall (1899); le Royal Alexandra Theatre (1907); et la Union Station (ouverte en 1927), un des principaux édifices nord-américains survivants et témoignant de la splendeur classique des anciens chemins de fer.

Toronto, hôtel de ville de (nouveau)

Les époques ultérieures produisent largement des immeubles à bureaux, des hôtels, et des centres commerciaux plus nombreux et plus grands, bien que quelques structures se démarquent : le nouveau City Hall (1965), remarquable par sa conception et son cadre, et le Roy Thomson Music Hall (1982), qui est d’une audacieuse originalité. Bien que controversé, l’agrandissement du Musée royal de l’Ontario de Michael Lee-Chin Crystal (ouvert en 2007) est un impressionnant ajout au bâtiment original. La ligne d’horizon du centre-ville s’élève en masse et en hauteur, dominée par la First Canadian Place, une tour de 290 m qui n’est dépassée que par la Tour du CN (1976) avec sa flèche de 553 m servant aux télécommunications. En 1989, le SkyDome Stadium est achevé. Il est acheté en 2005 par Rogers Communications et est renommé Rogers Centre. Le bâtiment est le foyer des Blue Jays de Toronto. Bien que les systèmes de construction aient pour la plupart été importés, les architectes torontois y ont laissé leur marque. Les rangées de hautes maisons de briques victoriennes dans le vieux quartier, par exemple, ont un caractère distinctement torontois.

Population

Toronto est reconnue comme étant une des villes les plus multiculturelles au monde. Lors du recensement de 2016, les groupes ethniques couramment cités au sein de la ville comprennent les Sud-Asiatiques (12,6 % de la population), les Chinois (12,4 %), les Anglais (12,3 %), les Canadiens (12 %), les Noirs (8,9 %) et les Philipins (5,7 %). Les pays d’origine courants des immigrants vivant à Toronto incluent la Chine, les Philippines, l’Inde, le Sri Lanka, et l’Italie.

Historiquement, Toronto avait une population nettement britannique par rapport à la société rurale plus américaine du Haut-Canada. L’immigration britannique arrivant après les années 1820 accentue cette prédominance, amenant également un grand nombre d’Irlandais protestants de l’Ulster. À la fin des années 1840, l’exode de l’Irlande qui est frappée par la famine ajoute également une importante minorité irlandaise catholique, ce qui entraîne des discordes religieuses. L’ordre d’Orange, formé par des natifs de l’Ulster, devient le gardien de l’influence protestante britannique et exerce un pouvoir au sein de la politique civique.

À la fin du 19e siècle, les immigrants britanniques, principalement d’Angleterre, continuent d’arriver. Toutefois, ceux qui sont nés au Canada de parents britanniques sont une majorité en 1871. Toronto demeure remarquablement homogène, et plusieurs résidents sont dévoués à la vie de l’Église et à l’observance du dimanche.

Au fur et à mesure que l’industrie se développe et que les mesures de santé publique s’améliorent, de plus en plus de gens quittent la campagne pour s’installer en ville dans les années 1870. L’immigration augmente de nouveau dans les années 1900, et amène de plus en plus d’Européens, dont des Juifs, des Italiens et des Ukrainiens. Se regroupant d’abord dans les quartiers défavorisés de la ville lorsqu’arrivent les années 1920, ces nouveaux immigrants constituent une portion petite (13 %) mais compacte d’une communauté anglo-celtique et principalement protestante. Ils continuent d’affluer au cours de la décennie suivante.

Après la crise des années 1930 et la guerre, une autre vague de population encore plus importante se développe. Les nouveaux arrivants britanniques sont toujours en tête au départ, mais les Italiens deviennent une composante principale dans les années 1960, alors que les Allemands, les Polonais, les Hongrois, les Slaves des Balkans, les Grecs et les Portugais élargissent progressivement la population non anglo-celtique.

Dans les années 1970 et 1980, des immigrants venant des Antilles, du Sud et de l’est de l’Asie contribuent à la croissance de la population immigrante de Toronto.

Économie et main-d’œuvre

Toronto a une économie mixte qui n’est pas dominée par une seule industrie ou un seul secteur. Les trois principales industries de la ville sont les services financiers, l’immobilier et le commerce de gros et de détail. Au cours de son histoire, l’économie de Toronto traverse les étapes de port de lac commercial, de plaque tournante ferroviaire et industrielle, de lien financier, et de centre de services et d’information de haut niveau. Aujourd’hui, ses fonctions portuaires et commerciales demeurent importantes, quoique relativement moins qu’avant, à l’exception d’une forte activité commerciale. Son rôle ferroviaire persiste, mais a été modifié en raison du transport aérien et de l’automobile. Bien que son industrie ait perdu du terrain au profit de la concurrence étrangère et de la décentralisation canadienne, sa valeur demeure élevée; son pouvoir financier continue d’augmenter, et son secteur des services de bureau conserve sa prééminence au Canada.

Les sièges sociaux des banques de Toronto comprennent la Banque Canadienne Impériale de Commerce, la Banque de Nouvelle-Écosse et la Banque Toronto-Dominion. Les principales compagnies canadiennes d’assurances et d’investissements sont concentrées dans la ville, et la Bourse de Toronto est l’une des leaders en Amérique du Nord, à l’extérieur de New York.

Défilé de la fête du Travail, Yonge Street, Toronto, vers 1900

Depuis la création du syndicat des imprimeurs de York en 1832, Toronto est devenu un centre d’organisation ouvrière, bien que ce ne soit devenu généralisé qu’avec la croissance de l’industrialisation à partir des années 1870. À la fin de la Première Guerre mondiale, le syndicalisme est fermement établi, et malgré le fait qu’il ne se porte pas toujours bien, par exemple durant la période noire des années 1930, depuis la Deuxième Guerre mondiale, le mouvement syndical est un facteur économique et politique important au sein de la ville. Jusqu’à présent, la main-d’œuvre de Toronto est en grande partie stable et de caractère assez conservateur comparativement à d’autres villes canadiennes.

Transport

Carte du réseau du métro de Toronto, 2015

La Toronto Transit Commission (TTC) est le plus grand système de transport en commun en Ontario, et le troisième en Amérique du Nord (voir aussi Métro de Toronto). Le système exploite des lignes de métro, de tramway, d’autobus, et de train léger sur rail. Le système de transport en commun de la ville souffre chroniquement de surpopulation et de sous-financement, ce qui en fait un point central dans les débats politiques municipaux. Bien qu’il existe un réseau de pistes cyclables à travers la ville comme alternative au transport en commun, l’infrastructure cyclable de Toronto ne dessert pas adéquatement la population de la ville comparativement à celles d’autres villes canadiennes.

Metrolinx, une agence du gouvernement de l’Ontario est créée en 2006 pour améliorer la coordination du transport entre les régions du Grand Toronto et de Hamilton. En 2009, Metrolinx fusionne avec GO Transit, un service de transport en commun, et en 2011, PRESTO, une carte de transport électronique, est lancée dans le but de permettre aux usagers de se déplacer facilement entre les différents systèmes de transport en commun.

En ce qui concerne la circulation automobile, Toronto est desservie par plusieurs autoroutes et routes express, dont les autoroutes 400, 401, et 407, ainsi que la Queen Elizabeth Way, la Gardiner Expressway et la Don Valley Parkway (voir aussi Autoroutes emblématiques au Canada). Toronto figure parmi les dix villes les plus congestionnées en Amérique du Nord et la deuxième au Canada, après Vancouver.

La circulation maritime apporte toujours des marchandises en vrac par voie lacustre et par expéditions directes outremer. Les chemins de fer approvisionnent la ville et distribuent ses produits par l’intermédiaire des chemins de fer du Canadien National et du Canadien Pacifique, tandis que VIA Rail offre un service de transport aux passagers vers des destinations à l’extérieur de la ville.

L’aéroport international Lester B. Pearson de Toronto est le plus achalandé au Canada, et il offre des vols intérieurs et internationaux, alors que le plus petit aéroport Billy Bishop de Toronto offre principalement des vols de courte distance vers l’est du Canada et les États-Unis.

Administration et politique

Le gouvernement municipal de Toronto est composé d’un maire et de 25 conseillers, chacun représentant un quartier.

Constitution en municipalité (1834)

Lors de sa première constitution civique en 1834, Toronto a un maire et un conseil municipal élu par quartiers. Le maire était à l’origine choisi parmi et par le conseil, mais dans les années 1870, il devient directement élu par les électeurs. Dans les années 1890, un comité de contrôle est ajouté à la suite d’une vague de réformes urbaines en faveur d’un gouvernement « propre » et efficace, mais il est aboli dans les années 1960. D’importants départements municipaux sont développés pour des services tels que les routes, l’approvisionnement en eau, la police et la santé, tandis que le comité d’éducation élu séparément devient un puissant corps municipal à part entière.

Gouvernement métropolitain (1953)

Le premier gouvernement métropolitain du Canada est formé à Toronto en 1953 lorsque 13 municipalités, incluant la ville de Toronto, sont réorganisées pour former la municipalité du Toronto métropolitain. Le Metro Council, sous la direction de son président, a la responsabilité principale des préoccupations générales telles que les finances, l’éducation, le transport, l’aide sociale et l’approvisionnement en eau, responsabilités auxquelles sont ensuite ajoutés la police et le logement. Bien que la ville même et les autres municipalités membres aient conservé davantage de tâches liées aux services locaux, les responsabilités et les dépenses les plus importantes relèvent maintenant du Metro Council. Au fur et à mesure que la population des municipalités environnantes augmente, le président de la métropole, élu par le conseil, en vient à remplacer le maire de Toronto comme chef de file des opérations municipales.

Fusion (1998)

En 1996, le gouvernement conservateur provincial, dirigé par Mike Harris, propose de remplacer la structure métropolitaine existante de Toronto et de fusionner ses municipalités membres en une immense « mégapole » sous une seule administration. Le projet est controversé. Les partisans du Metro Toronto craignent que ces changements ne détruisent les quartiers locaux, alors que le gouvernement de Mike Harris et ses partisans veulent réduire les coûts. Ce système entre en vigueur le 1er janvier 1998, fusionnant les anciennes municipalités de Toronto, York, East York, North York, Scarborough et Etobicoke.

Premiers maires : de William Lyon Mackenzie à Nathan Phillips

La politique civique ne fonctionne apparemment pas selon les lignes d’un parti, bien que les partisans conservateurs ont généralement été dominants. Au 19e siècle, ces partisans sont soutenus par l’Ordre d’Orange protestant alors très influent. Le premier maire de Toronto, le radical William Lyon Mackenzie, est une rare exception, tout comme le réformateur moral, le maire William Howland, dans les années 1880. Les maires prudents qui gouvernent de façon généralement compétente, mais qui prennent peu de risques, sont de loin plus typiques. Certains maires pragmatiques durent également parce qu’ils sont favorablement populaires, comme Tommy Church, pendant et après la Première Guerre mondiale, ou Nathan Phillips qui est maire durant les années 1950 aux années 1960, et qui dirige en se faisant promoteur du nouveau City Hall.

Maires de la fin du 20e siècle : de David Crombie à June Rowlands

Certains autres maires sont davantage associés au changement, comme Horatio Hocken, qui doit faire face aux besoins d’expansion des services municipaux avant la Première Guerre mondiale, ou David Crombie et John Sewell dans les années 1970, qui travaillent avec une nouvelle génération de réformateurs civiques pour sauver la qualité de la vie urbaine d’un développement incontrôlé. Arthur « Art » Eggleton défait John Sewell lors des élections municipales de 1980. Arthur Eggleton détient le plus long état de service à titre de maire et il est remplacé par la première mairesse de Toronto, June Rowlands, en 1991. June Rowlands travaille à réduire les impôts fonciers, mais on se souvient surtout d’elle pour avoir interdit aux Barenaked Ladies de faire un concert à City Hall. Cependant, June Rowlands ne reste que pendant un mandat et est défaite au cours des élections de 1994 par Barbara Hall, qui est de gauche et qui perd sa candidature après la fusion de 1998.

Maires de la mégapole

S’appuyant sur le nouveau pouvoir de vote des banlieues, le maire de North York, Mel Lastman, devient le premier maire de Toronto après la fusion. Mel Lastman entreprend de nombreuses initiatives populaires comme l’amélioration du service d’élimination des déchets et la prise en charge du développement du secteur riverain de Toronto, mais il est un personnage controversé, et les dernières années de son mandat comprennent plusieurs gaffes et scandales publics.

Mel Lastman se retire de la vie politique en 2003 et est remplacé par l’avocat torontois David Miller, qui entreprend un certain nombre d’initiatives environnementales, et qui élargit le service de transport en commun et les programmes de logement social. David Miller est réélu en 2006, mais une grève des employés municipaux qui dure 39 jours en 2009 a un effet négatif sur sa réputation, et il choisit de ne pas se présenter aux élections de 2010.

Rob Ford

Cette même année, les Torontois élisent Rob Ford, qui fait campagne pour la mairie en promettant de mettre fin aux dépenses inutiles et aux avantages du gouvernement, de réduire les taxes et la taille du gouvernement municipal. Rob Ford est une figure polarisante, et le conseil municipal est effectivement séparé en deux camps, ce qui engendre des débats prolongés et parfois amers sur une variété de questions, comme les négociations syndicales et l’avenir du système de transport en commun de la ville. Bien que Rob Ford ait tenu sa promesse d’éliminer la taxe municipale d’immatriculation des véhicules et de réduire les dépenses, une série de scandales, incluant des cas de conflit d’intérêts et des allégations d’état d’ébriété en public, entachent l’administration de Rob Ford.

Malgré la gravité de ces controverses, le scandale qui fait la une des journaux internationaux se déroule à la suite de reportages publiés par Gawker et Toronto Star le 16 mai 2013. Chaque publication affirme avoir eu la possibilité d’acheter une vidéo, que les journalistes ont vue, montrant le maire en train de fumer du crack. Dans les mois qui suivent, Rob Ford avoue publiquement avoir consommé du crack; le conseil municipal le dépouille de ses pouvoirs exécutifs et le maire adjoint Norm Kelly endosse plusieurs des responsabilités de Rob Ford.

Alors que Rob Ford décide de se présenter aux élections en 2014, il prend un congé au milieu de sa campagne pour aller chercher de l’aide dans un centre de réadaptation pour ses problèmes de dépendance. Peu après son retour dans la course, il reçoit un diagnostic de cancer. Son frère Doug Ford, conseiller à la ville de Toronto (quartier 2) de 2010 à 2014, prend la place de son frère dans la course à la mairie, tandis que Rob décide de se présenter dans le quartier 2, pour lequel il était autrefois conseiller municipal. Doug Ford affronte deux autres favoris aux élections : John Tory, ancien chef du Parti progressiste-conservateur provincial, et Olivia Chow, ancienne conseillère municipale de Toronto et députée néo-démocrate.

Le 27 octobre 2014, les Torontois élisent John Tory comme nouveau maire de la ville; Doug Ford et Olivia Chow suivent en deuxième et troisième place respectivement. Rob Ford remporte son siège de conseiller municipal dans le quartier 2.

Réduction de la taille du conseil

Jose Bautista des Blue Jays de Toronto

John Tory décide de se présenter aux élections en 2018. Son principal adversaire est Jennifer Keesmaat, ancienne planificatrice en chef de la ville. Le vote est prévu pour le 22 octobre; cependant, le 30 juillet, le gouvernement progressiste-conservateur provincial, sous la direction de l’ancien candidat à la mairie Doug Ford, perturbe la campagne avec le projet de loi 5. Appelée Loi sur l’amélioration des administrations locales, cette loi vise à réduire le nombre de conseillers municipaux de 47 à 25, alignant ainsi les quartiers municipaux sur les limites des circonscriptions électorales provinciales et fédérales. Alors que Doug Ford affirme que cette réduction signifierait un gouvernement municipal plus efficace, les opposants au projet de loi, dont le maire John Tory et la majeure partie des conseillers municipaux, soutiennent que la taille plus grande des quartiers signifierait un manque de représentation adéquate des citoyens. Les opposants soulignent également que le passage à un conseil de 47 sièges a été fait après une consultation longue de quatre ans. Les Torontois s’apprêtaient à voter pour 47 conseillers pour la première fois en 2018; auparavant, ils n’en élisaient que 44.

Le 20 août, le conseil municipal vote pour contester légalement le projet de loi 5. Le 10 septembre, un juge de la Cour supérieure de justice de l’Ontario annule la législation affirmant qu’elle viole les droits à la liberté d’expression des candidats et des électeurs. En réponse à cette décision, la province entame une procédure d’appel et présente un nouveau projet de loi en cas d’échec. Le projet de loi 31, la Loi pour des administrations locales efficaces, est quasiment identique au projet de loi 5, à une exception près : il comprend l’article 33 de la Charte canadienne des droits et libertés, soit la disposition de dérogation. Celle-ci permet aux gouvernements d’exempter leur législation de certains articles de la Charte.

Cependant, le 19 septembre, la Cour d’appel de l’Ontario se prononce en faveur de la province, lui permettant de maintenir le projet de loi 5 sous sa forme actuelle, ce qui signifie que le projet de loi 31 n’est jamais adopté.

En raison du changement aux limites des quartiers, de nombreux conseillers sortants se retrouvent à faire campagne les uns contre les autres. Dans d’autres courses, de nouveaux candidats se retrouvent à la course contre des candidats sortants qu’ils n’avaient pas envisagé d’affronter. Pour ces raisons, certains candidats décident d’abandonner la course. Les candidats à la mairie restent toutefois, et John Tory est réélu maire le 22 octobre, avec plus de 63 % des voix.

Vie culturelle

Toronto est le principal centre culturel urbain du Canada anglais. La ville est le foyer de la grande Université de Toronto (1827), de la Ryerson University (1948), de l’Université York, plus récente (1959), du Musée des beaux-arts de l’Ontario, de l’Ontario College of Art and Design, du Musée royal de l’Ontario qui est de renommée internationale, du Centre des sciences de l’Ontario, une institution d’avant-garde, de l’Orchestre symphonique de Toronto et du Ballet national du Canada. On y trouve d’autres institutions artistiques et musicales, des bibliothèques connues partout dans le pays, ainsi que les meilleurs centres canadiens de recherche médicale et scientifique et le Toronto Zoo, reconnu dans le monde entier. Toronto est la ville la plus importante au Canada anglais pour son théâtre, et sa riche diversité multiculturelle se reflète dans les arts du spectacle.

La ville est depuis longtemps un facteur puissant de la littérature canadienne-anglaise en tant que siège national des périodiques littéraires, des maisons d’édition et d’une succession d’auteurs renommés comme Goldwin Smith, sir Charles G.D. Roberts, E.J. Pratt, Morley Callaghan, Marshall McLuhan, Northrop Frye, Margaret Atwood et Robertson Davies. Dans le domaine des arts, Toronto est également la ville de Paul Kane, du Groupe des Sept, de Tom Thomson et de nombreux peintres contemporains, dont Harold Town, ainsi que des musiciens comme Glenn Gould.

Les concerts populaires attirent de vastes foules, en particulier à Ontario Place, une zone récréative aménagée en bordure du lac, ou encore à l’Exposition nationale canadienne, la plus grande exposition annuelle au Canada. Parmi les autres attraits publics de premier plan, on trouve le High Park aux nombreux vallons, le Fort York (restauré comme au temps de 1812), le Casa Loma (le grandiose château d’un magnat de la finance des années 1900), la tour du CN et les îles de Toronto, une réserve de parc près du port.

Les principales équipes de sport professionnel de Toronto sont les Maple Leafs de Toronto (hockey), les Blue Jays de Toronto (baseball), les Argonautes de Toronto (football), les Raptors de Toronto (basketball), les Toronto FC (soccer), et les Toronto Rock (crosse).


Les oeuvres sélectionnées de
Toronto

Toronto

Population (ville)

2 794 356 (2021)

Population (RMR)

6 202 225 (2021)

Rang au Canada

1

Année d’incorporation

1834, réincorporée en 1998

Superficie

630,20 km2

Altitude

112,5 m

Température moyenne quotidienne en juillet

20,82 ⁰C

Température moyenne quotidienne en janvier

-5,74 ⁰C

Précipitations annuelles

833,13 mm

Heures d’ensoleillement par année

2 037,6