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Premières femmes géologues du Canada

La Commission géologique du Canada (CGC) a été créée en 1842 et a joué un rôle important dans les premières études géologiques du Canada. Cependant, ce n’est qu’en 1909 qu’Alice Wilson est devenue la première femme géologue canadienne. Des barrières systémiques ont empêché de nombreuses femmes d’obtenir un diplôme universitaire et de poursuivre une carrière scientifique. Pionnières dans leur domaine respectif, Alice Wilson, puis Diane Loranger, Helen Belyea et Frances Wagner ont contribué à ouvrir la voie aux femmes en géologie au Canada.

Microfossiles

Alice Wilson (1881-1964)

Diplômée de l’Université de Toronto et de l’Université de Chicago, Alice Evelyn Wilson passe toute sa carrière professionnelle, de 1909 à 1946, à la Commission géologique du Canada. Elle est la première femme géologue du Canada, et une autorité reconnue sur les fossiles et les roches de la vallée du Saint-Laurent et de l’Outaouais.

Pendant sa carrière, elle gravit les échelons de la CGC, même si son avancement est plus lent et plus modeste que celui de ses collègues masculins. En 1920, elle est promue aide-paléontologue, et, en 1926, aide-géologue (« géologue » étant considéré comme une plus haute distinction). En 1940, six ans avant sa retraite, elle est promue géologue associée.

L’œuvre d’Alice Wilson se concentre sur les fossiles d’invertébrés trouvés à travers le Canada datant de l’ère paléozoïque (de 252 à 541 millions d’années avant notre ère), et en Ontario de la période ordovicienne (de 444 à 485 millions d’années avant notre ère). Elle étudie aussi la stratigraphie (c’est-à-dire les couches rocheuses) de l’ Ontario et du Québec, et entreprend des recherches sur la faune ordovicienne dans les montagnes Rocheuses et dans l’Arctique (voir Histoire géologique du Canada).

Malgré son désir de diriger des travaux sur le terrain, la CGC ne lui permet pas de voyager dans des régions reculées avec des collègues masculins (cette dernière interdit à toutes les femmes de mener des travaux sur le terrain jusqu’en 1970). À la place, Alice Wilson les convainc de lui permettre de faire de courts voyages en solitaire dans la vallée du Saint-Laurent et de l’Outaouais, qui est relativement peu étudiée. Elle étudie la région à pied et à bicyclette. Quand la CGC refuse de lui acheter une voiture (fournie aux hommes sur le terrain), elle en achète une de sa poche.

Malgré les nombreuses barrières qu’elle doit surmonter en tant que femme dans une profession dominée par les hommes, elle est peu à peu reconnue pour son travail par divers honneurs, devenant notamment la première femme membre de la Société royale du Canada en 1938. En 1960, elle devient la première femme à recevoir un doctorat honorifique en droit de l’Université Carleton.

Diane Loranger (1920-2004)

En 1939, Diana « Diane » Mary (May) Lally Loranger est la première personne à obtenir un diplôme d’études secondaires à Red Lake, en Ontario. Elle aurait été la première femme à obtenir un diplôme en géologie de l’Université du Manitoba et l’une des dix seules femmes diplômées en sciences de sa promotion.

Après avoir obtenu un baccalauréat ès sciences en géologie, elle commence sa carrière dans le domaine de la géologie pétrolière, qui est alors dominé par les hommes, en tant que travailleuse sur le terrain pour la compagnie Imperial Oil. Elle est l’une des premières femmes au Canada à mener des travaux géologiques sur le terrain aux côtés de collègues masculins dans les années 1940. À cette époque, il est rare que des femmes effectuent des travaux de terrain, et Diane Loranger est la première femme géologue à travailler aux côtés d’hommes sur le terrain dans l’industrie pétrolière canadienne.

Elle est également l’une des premières femmes à travailler en micropaléontologie, et ses travaux sur les microfossiles jouent un rôle déterminant dans la localisation des gisements pétroliers au Canada.

Diane Loranger travaille à un bureau avec des livres et un microscope.

Helen Belyea (1913-1986)

Helen Reynolds Belyea est la seule femme de sa classe à l’Université Dalhousie en 1936. Elle y est également présidente du Dawson Geology Club.

Elle est la deuxième femme à travailler pour la Commission géologique du Canada, après Alice Wilson. À cette époque, elle est la seule femme géologue de la CGC à travailler sur le terrain aux côtés de collègues masculins. Elle le reste jusqu’aux années 1970. Basée au bureau de la CGC à Calgary, elle effectue des travaux sur le terrain et des travaux d’interprétation. Elle est la seule femme à occuper un poste scientifique de haut niveau.

Elle passe la majeure partie de sa carrière en Alberta après la découverte de nappes de pétrole à Leduc. Elle est une autorité reconnue dans le domaine du système géologique dévonien de l’ouest du Canada (voir Histoire géologique du Canada).

En 1958, Helen Belyea devient la première femme à recevoir la Barlow Memorial Medal de l’Institut canadien des mines, de la métallurgie et du pétrole pour un de ses articles. Son travail d’élaboration d’un cadre stratigraphique (l’étude des couches rocheuses) de certaines parties du sud des Territoires du Nord-Ouest est inclus dans un volume de la Geological History of Western Canada. Son livre The Story of the Mountains in Banff National Park (1960) est le premier d’une série de dépliants géologiques créés pour le personnel d’interprétation du parc national.

Helen Belyea

Frances Wagner (1927-2016)

Au cours de ses études de maîtrise à l’Université de Toronto, Frances Joan Estelle Wagner est encadrée par Alice Wilson. Par la suite, à l’université Stanford, elle est encadrée par A. Myra Keen, une scientifique pionnière et professeure spécialisée en paléontologie et en malacologie (l’étude des mollusques).

Elle est l’une des trois premières femmes embauchées par la CGC. En 1950, Frances Wagner et la géologue Helen Belyea sont les premières femmes autorisées à participer aux recherches de nuit sur le terrain.

Au cours de l’été 1965, elle se joint à l’équipage du CSS Hudson, un navire de recherche scientifique de 90 mètres, pour effectuer des recherches sur le fond de la baie d’Hudson. Elle devient ainsi l’une des premières femmes à mener des recherches à bord d’un navire de recherche du gouvernement canadien; la géologue Charlotte Keen ayant été la première femme à le faire en s’embarquant à bord du navire l’année précédente.

Géologue et pionnière dans le domaine de la micropaléontologie, elle cartographie et date les couches géologiques des terres et des océans du Canada en étudiant des fossiles microscopiques.

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