Les mélèzes (genre Larix) sont des conifères de la famille des Pinacées. On compte de 10 à 12 espèces de mélèzes dans le monde, toutes présentes dans l’hémisphère Nord. Trois d’entre elles poussent au Canada : le mélèze subalpin, le mélèze laricin et le mélèze de l’Ouest. Ce sont les seuls conifères caducs du Canada, c’est-à-dire qu’ils perdent leurs aiguilles à l’automne. Avant de tomber, celles-ci prennent une vive teinte jaune doré, ce qui permet de les reconnaître facilement et attire des visiteurs du monde entier (voir Couleurs de l’automne). En 1999, les Territoires du Nord-Ouest ont désigné le mélèze laricin comme arbre emblématique du territoire.

Les mélèzes du Canada
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Espèce |
Description |
Habitat et aire de répartition |
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Larix lyallii Mélèze subalpin Également appelé mélèze alpin, mélèze de Lyall ou mélèze de la limite forestière. |
Le mélèze subalpin vit généralement de 400 à 500 ans, mais peut atteindre 700 ans. Certains des plus vieux spécimens de cette espèce auraient plus de 1 000 ans (voir Vieux arbres au Canada). Cette espèce atteint environ 15 m de hauteur et possède un tronc robuste et droit. Ses aiguilles, d’un bleu vert pâle, sont regroupées en faisceaux denses le long des rameaux. L’écorce est lisse et grise chez les jeunes arbres, puis devient écailleuse et rougeâtre avec l’âge. La cime est irrégulière, les branches étant disposées de manière irrégulière le long du tronc. Son système racinaire profond lui confère une excellente résistance au vent. |
Cette espèce pousse surtout entre 1 500 et 3 000 m d’altitude, où elle forme souvent la limite forestière alpine. Elle tolère très mal l’ombre et pousse dans des sols acides ou rocheux. On la trouve dans le sud de la Colombie-Britannique et de l’Alberta, souvent dans la forêt boréale des Rocheuses. |
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Larix laricina Mélèze laricin Également appelé mélèze d’Alaska, mélèze d’Amérique, mélèze de l’Est ou hackmatack |
Le mélèze laricin vit environ 180 ans et peut atteindre 25 m dans des conditions favorables. Ses aiguilles, vert bleuâtre, sont regroupées en faisceaux de 10 à 30. L’écorce est grise et lisse chez les jeunes arbres, puis devient écailleuse et brun rougeâtre avec l’âge. Le tronc est droit et étroit, et la cime est conique avant de devenir irrégulière avec l’âge. |
Cet arbre pousse dans des sols humides et mal drainés, comme les tourbières ou les marécages (voir Terres humides au Canada), et prospère également dans des sols humides bien drainés. Il est largement répandu dans toutes les provinces et tous les territoires du Canada. |
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Larix occidentalis Mélèze de l’Ouest Également appelé tamarack de l’Ouest |
Le mélèze de l’Ouest peut vivre jusqu’à 900 ans et atteindre 80 m de hauteur. Ses aiguilles, d’un vert pâle brillant, sont regroupées en faisceaux de 15 à 30. Son écorce, écailleuse et brun rougeâtre dès le plus jeune âge, peut atteindre 15 cm d’épaisseur. Le tronc est droit et demeure dépourvu de branches sur environ son tiers inférieur. La cime est étroite et courte. |
Cette espèce prospère dans des sols humides bien drainés, à basse et moyenne altitude. Elle se régénère bien après les feux de forêt, mais tolère très mal l’ombre et est sensible au gel. On la trouve dans le sud-est de la Colombie-Britannique jusque dans le sud-ouest de l’Alberta. |

Faune
Les mélèzes ne constituent pas une source de nourriture principale pour la faune, mais de nombreux animaux les broutent tout de même. Les petits animaux, comme les écureuils, consomment les graines et les cônes, tandis que les plus grands, comme les cerfs et les wapitis, mangent les aiguilles tombées et les branches basses.
De nombreux oiseaux utilisent les mélèzes pour se nourrir et nicher. Les pics, en particulier, en dépendent largement pour trouver leur nourriture et établir leur nid; on les trouve souvent dans des cavités creusées dans les troncs.

Peuples autochtones
Les mélèzes offrent de nombreux usages, et les peuples autochtones les utilisent depuis des siècles.
La sève peut être récoltée en creusant des cavités dans le tronc. Après s’y être naturellement accumulée et concentrée, elle peut être consommée comme boisson sucrée ou être bouillie pour produire du sirop.
Le mélèze laricin possède des propriétés médicinales : son écorce, ses racines et ses aiguilles peuvent être utilisées pour soulager la toux et le rhume. Son écorce sert également à traiter les brûlures.
Comme son bois est très dur et robuste, les peuples autochtones l’utilisent depuis longtemps, et encore aujourd’hui, pour fabriquer des toboggans, des raquettes et des canots.
Le saviez-vous?
Les mélèzes sont des espèces pionnières; ils figurent souvent parmi les premiers arbres à repousser après une perturbation naturelle ou d’origine humaine du milieu, comme un feu de forêt ou l’exploitation forestière. Ils résistent très bien au feu, au vent et aux intempéries, ce qui leur permet de se régénérer rapidement dans les sols pauvres et sur les terres dénudées.

Utilisations
Le bois du mélèze de l’Ouest et du mélèze laricin est lourd, dense et durable, ce qui le rend idéal pour de nombreux usages en construction. Il sert notamment à produire du bois à pâte, du bois d’œuvre, des poteaux et des caisses. Il est également utilisé pour les traverses de chemin de fer et les étais de mine.
Son aspect est aussi apprécié pour les revêtements intérieurs et les planchers.
Menaces
Les mélèzes peuvent être vulnérables à des espèces envahissantes, comme la tordeuse du mélèze (Coleophora laricella) et Lachnellula willkommii, responsable du chancre européen du mélèze. Le coléoptère du mélèze de l’Est, un insecte indigène, infeste le mélèze laricin dans toutes les provinces et au Yukon. Lorsqu’un arbre est infesté, ses aiguilles se décolorent, en commençant par le bas de la cime. Les arbres déjà affaiblis par les inondations, les feux, la sécheresse ou l’exploitation forestière sont plus vulnérables aux attaques de cet insecte. Les arbres infestés ne produisent souvent plus d’aiguilles l’année suivante, ce qui finit par entraîner leur mort (voir Quatre insectes nuisibles majeurs des forêts canadiennes).
De nombreux autres insectes et champignons s’attaquent également aux mélèzes et peuvent endommager les peuplements.
Le saviez-vous?
Les mélèzes sont réputés pour leur longévité. Dans le parc E.C. Manning, en Colombie-Britannique, certains mélèzes subalpins pourraient être âgés de près de 2 000 ans (voir Vieux arbres au Canada).
