Les forêts urbaines se trouvent dans des zones habitées, principalement des villes et des villages, et soutiennent la santé et le bien-être de la zone urbaine. Bien que la définition des forêts urbaines varie, elles s’entendent généralement de zones boisées, préservées à l’état naturel ou aménagées à des fins de préservation, dans des milieux habités par l’humain. Il peut s’agir de petites zones boisées dans des quartiers de banlieue ou de grands parcs urbains situés au cœur d’une ville. La foresterie urbaine désigne les efforts d’aménagement et d’entretien de forêts urbaines, et sous-tend souvent des activités de planification, de plantation, de conservation, de gestion et d’entretien des arbres, des forêts et des espaces verts de la région.

Terminologie
Le terme « foresterie urbaine » est créé au Canada dans les années 1960 par Erik Jorgensen, Ph. D. de l’Université de Toronto. Depuis, des forêts urbaines sont cultivées et préservées à la grandeur du pays. En 2021, on dénombrait 41 forêts urbaines dans des centres urbains partout au Canada abritant chacun plus de 100 000 habitants. Il existe toutefois aussi d’innombrables autres forêts urbaines dans de plus petits centres urbains.
Avantages et répercussions
On sait que les espaces verts en milieu urbain offrent des avantages multiples; ils contribuent notamment à l’atténuation des changements climatiques et au bien-être mental.
Dans les villes où il existe un couvert forestier, l’ombre des branches et des feuilles réduit la chaleur provenant de l’activité humaine et des surfaces dures comme le béton et l’asphalte (voir Effet d’îlot de chaleur urbain). La vapeur d’eau que dégagent les feuilles des arbres contribue aussi à rafraîchir le milieu environnant. Cette couverture réduit les coûts de refroidissement et améliore la santé de la population urbaine en réduisant le risque d’un coup de chaleur.
Comme la végétation séquestre naturellement le carbone, les forêts urbaines jouent un rôle important dans l’amélioration de la qualité de l’air. Qu’il s’agisse d’absorber des polluants, comme l’azote gazeux, le soufre et le dioxyde de carbone, ou de compenser les émissions de gaz à effet de serre et de piéger des particules sur leurs feuilles, les arbres peuvent compenser les répercussions environnementales des grands centres urbains sur la planète.
Ces forêts produisent aussi des bienfaits sur le plan de la santé mentale des citoyens. L’augmentation du temps passé dans la nature améliore le bien-être mental, et les forêts urbaines offrent des espaces verts plus facilement accessibles dont les gens peuvent profiter.

Techniques de foresterie urbaine
L’aménagement d’une forêt urbaine efficace exige de mettre en œuvre des pratiques exemplaires en matière de planification, de plantation et de gestion.
L’un des aspects les plus importants à prendre en considération est le choix des espèces végétales plantées dans une forêt urbaine, car différentes espèces ont une capacité variable de contribuer à la séquestration du carbone et de prospérer dans des environnements particuliers. La sélection appropriée des arbres tient compte de l’adéquation pour le milieu environnant, de la fonctionnalité et de l’attrait esthétique de l’arbre, ainsi que de nombreux autres facteurs. La plantation d’arbres indigènes qui exigent peu d’entretien et la promotion d’une grande variété d’espèces améliorent la résilience aux ravageurs et aux maladies tout en augmentant la biodiversité (voir Quatre insectes nuisibles majeurs des forêts canadiennes). L’établissement de priorités peut réduire les coûts d’entretien futurs.
La détermination des zones prioritaires – en grande partie les quartiers exposés à la chaleur et les zones très achalandées – peut accroître l’efficacité des forêts urbaines en réduisant la chaleur atmosphérique et en créant un environnement plus confortable pour les citoyens.
Inconvénients et défis
L’un des défis les plus importants liés aux forêts urbaines est le manque de biodiversité. De nombreuses forêts urbaines abritent une surabondance d’un nombre relativement faible d’espèces, ce qui les rend vulnérables aux infestations par des espèces envahissantes (voir Les espèces envahissantes au Canada : Animaux; Espèces envahissantes au Canada : Plantes). En plantant une grande variété d’espèces végétales, certains arbres deviennent plus résistants à certaines maladies, ce qui peut réduire le risque qu’une maladie détruise entièrement une forêt urbaine. Cela permet également d’offrir un habitat plus diversifié pour les animaux.
La plantation d’arbres dans des zones urbaines où se trouvent des surfaces dures comme la chaussée, l’asphalte et le béton peut souvent limiter la croissance des racines de la végétation et les bienfaits généraux attendus de la plantation. Les surfaces dures et les bâtiments réduisent l’espace au sol disponible pour la croissance de la végétation, ce qui limite l’efficacité de la forêt urbaine dans la région aménagée. Pour éviter cela, une planification et une gestion adéquates sont essentielles. Des méthodes comme le dépavage, l’aération et la fertilisation du sol, ainsi que l’établissement de barrières racinaires, peuvent aider une forêt urbaine à prospérer.
Exemples
Selon la définition, une forêt urbaine peut désigner une petite zone boisée en banlieue aussi bien qu’un grand parc boisé. D’autres définitions considèrent même l’ensemble du paysage arboré d’une ville entière comme une même forêt urbaine dans le cadre de leurs plans de gestion. Ainsi, ces exemples comprennent certaines des forêts urbaines les plus grandes et les plus importantes au Canada.
Parc urbain national de la Rouge, région du Grand Toronto
Situé dans la région métropolitaine de Toronto et s’étendant sur 79 km², le Parc urbain national de la Rouge est considéré comme l’un des plus grands parcs urbains en Amérique du Nord et le seul parc urbain national au Canada. On y trouve plus de 1 000 espèces de plantes et des centaines d’espèces sauvages. Le parc a une histoire naturelle et culturelle autochtone qui remonte à plus de 10 000 ans.
Il contribue à l’atténuation des changements climatiques et à la séquestration du carbone, en plus d’offrir des corridors pour la migration des oiseaux. Il offre également un nombre important d’espaces verts dont les gens peuvent profiter tout en demeurant dans le centre-ville. Le parc offre des possibilités récréatives comme la randonnée pédestre, le vélo et les activités aquatiques.

Parc Stanley, Vancouver
Le parc Stanley est le plus ancien et le plus grand parc urbain de Vancouver, où abondent la végétation et la faune des forêts pluviales côtières. Couvrant 400 hectares de terrain le long du littoral de Vancouver, ce territoire abrite d’innombrables essences d’arbres, y compris de vieux peuplements de sapins Douglas.
La ville consacre des efforts considérables à l’entretien de ce parc urbain et à l’identification des menaces comme les feux de forêt, les maladies et l’interférence humaine dans le cadre du plan d’aménagement forestier du parc Stanley. Une bonne gestion de la forêt urbaine permet à des forêts anciennes comme celles-ci de prospérer en côtoyant l’activité humaine. Les résidents et les touristes utilisent le parc pour des activités récréatives comme la randonnée pédestre, le vélo et les activités aquatiques.
En 2020, 160 000 arbres du parc Stanley, comme la pruche, le sapin Douglas et le sapin grandissime, sont touchés par une éclosion du lépidoptère ravageur. Comme la pruche de l’Ouest est surabondante dans le parc Stanley et vulnérable à cette maladie, l’éclosion fragilise la résilience de la forêt. En réponse, 50 000 graines de diverses essences d’arbres sont plantées, y compris le cèdre, le sapin Douglas, l’épinette de Sitka, le sapin grandissime, l’Aulne rouge et l’if occidental. Cette gestion forestière donne lieu à un écosystème plus diversifié et plus résilient.

Parc du Mont-Royal, Montréal
Le mont Royal couvre 10 km² de terres boisées, de terres humides et de prés à Montréal. Abritant plus de 90 essences d’arbres et plus de 700 espèces de plantes vasculaires, la forêt urbaine offre un habitat pour la faune et des possibilités récréatives pour les citoyens comme la randonnée pédestre et le vélo.
Ce parc est menacé par des espèces envahissantes comme l’agrile du frêne depuis 2011, et de nombreux frênes ont été touchés par l’insecte (voir Quatre insectes nuisibles majeurs des forêts canadiennes). Cependant, en raison de la biodiversité du mont Royal, d’autres essences d’arbres ont une plus grande résistance à l’envahisseur. Les phénomènes météorologiques extrêmes et l’activité humaine imprudente sont d’autres menaces.