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Espèces de chauve-souris au Canada

La chauve-souris est un mammifère nocturne de l’ordre des chiroptères (littéralement « mains ailées »). Elle est le seul mammifère capable de voler. La plupart des chauves-souris présentes au Canada appartiennent à la famille des vespertilionidés. On retrouve 19 espèces au Canada, dont la taille varie de celle de la petite chauve-souris pygmée (Myotis leibii), qui pèse 4 g et a une envergure de 21 cm, à celle de la chauve-souris cendrée (Lasiurus cinereus), qui pèse 30 g et a une envergure de 40 cm. La chauve-souris la plus commune au Canada, la petite chauve-souris brune (ou vespertilion brun) (Myotis lucifugus), pèse environ 9 g et a une envergure de 22 à 27 cm.

Espèces de chauves-souris au Canada

Nom commun

Nom scientifique

Statut de conservation

Provinces/Territoires

Chauve-souris à longues pattes

Myotis volans

C.-B, Alb.

Chauve-souris argentée

Lasionycteris noctivagrans

En voie de disparition

C.-B, Alb, Sask, Man, Ont, Qc, N.-B, N.-É

Chauve-souris blonde

Antrozous pallidus

Menacée

C.-B

Chauve-souris cendrée

Lasiurus cinereus

En voie de disparition

T.N.-O, C.-B, Alb, Sask, Man, Ont, Qc, N.-B, N.-É

Chauve-souris de Keen

Myotis keenii

Données insuffisantes

C.-B

Chauve-souris de Yuma

Myotis yumanensis

C.-B

Chauve-souris nordique

Myotis septentrionalis

En voie de disparition

Yn, T.N.-O, C.-B, Alb, Sask, Man, Ont, Qc, N.-B, Î.‑P.‑É, N.-É, NL

Chauve-souris pygmée

Myotis leibii

Ont, Qc

Chauve-souris pygmée de l'Ouest

Myotis ciliolabrum

C.-B, Alb, Sask

Chauve-souris rousse

Lasiurus borealis

En voie de disparition

Sask, Man, Ont, Qc, N.-B

Grande chauve-souris brune

Eptesicus fuscus

C.-B, Alb, Sask, Man, Ont, Qc, N.-B

Oreillard de Townsend

Corynorhinus townsendii

C.-B

Oreillard maculé

Euderma maculatum

Préoccupante

C.-B

Petite chauve-souris brune

Myotis lucifugus

En voie de disparition

Yn, T.N.-O, C.-B, Alb, Sask, Man, Ont, Qc, N.-B, Î.‑P.‑É, N.-É, NL

Pipistrelle de l’Est

Perimyotis subflavus

En voie de disparition

Ont, Qc, N.-B, N.-É

Tadaride du Brésil

Tadarida brasiliensis

C.-B

Vespertilion à longues oreilles

Myotis evotis

C.-B, Alb, Sask

Vespertilion à queue frangée

Myotis thysanodes

Données insuffisantes

C.-B

Vespertilion de Californie

Myotis californicus

C.-B

Reproduction et développement

La chauve-souris se reproduit lentement, donnant généralement naissance à un ou deux petits par année (il arrive que ce soit trois ou quatre petits, mais très rarement). La plupart des espèces canadiennes s’accouplent à l’automne et la femelle garde le sperme dans son utérus durant l’hiver. L’ovulation et la fécondation surviennent au printemps lorsque la chauve-souris sort de son hibernation, et les petits naissent environ 60 jours plus tard, en général à la mi-juin. À la naissance, ils pèsent environ 25 % de la masse de leur mère, et ils grandissent très rapidement. Les petits ne se nourrissent que de lait maternel jusqu’à ce qu’ils soient assez grands pour voler et chasser des insectes. Les petites chauves-souris brunes, par exemple, commencent à voler à l’âge de trois semaines. La chauve-souris est un mammifère qui vit longtemps; la plus vieille chauve-souris recensée au Canada avait plus de 30 ans la dernière fois qu’elle a été vue dans la nature.

Une chauve-souris rousse avec ses petits.

Répartition et habitat

Les chauves-souris sont présentes partout au Canada, de Terre-Neuve-et-Labrador jusqu’à Haida Gwaii, et de la frontière des États-Unis jusqu’à la limite forestière. En été, la plupart d’entre elles trouvent refuge dans des cavités et des crevasses situées dans ou à proximité des falaises ou des bâtiments, tandis que d’autres préfèrent les feuillages. En hiver, les chauves-souris canadiennes hibernent ou migrent vers des régions plus chaudes. Certaines chauves-souris canadiennes migrent sur plusieurs centaines de kilomètres entre leurs gîtes d’été et leurs gîtes d’hier. Les chauves-souris qui hibernent utilisent des sites souterrains, des grottes ou de vieilles mines; seule la grande chauve-souris brune (ou sérotine brune) (Eptesicus fuscus) hiberne régulièrement dans des bâtiments.

Régime alimentaire

La chauve-souris active mange jusqu’à l’équivalent de 50 % de son poids corporel chaque jour, tandis que la femelle qui allaite mange 100 % de son poids corporel, ce qui reflète l’énergie nécessaire à la production de lait. La chauve-souris canadienne se nourrit généralement d’insectes. Dans les régions tropicales et subtropicales, on trouve beaucoup plus d’espèces de chauves-souris, dont certaines se nourrissent de fruits, de feuilles, de nectar et de pollen, d’autres animaux (même de chauves-souris) et de sang. Les trois espèces qui se nourrissent de sang (vampires) sont présentes en Amérique du Sud et en Amérique centrale.

Tête d’une chauve-souris au pelage duveteux.

Écholocalisation

Les chauves-souris ont des yeux et elles peuvent voir, mais la plupart utilisent l’écholocalisation pour détecter des obstacles et des proies. Avec l’écholocalisation, la chauve-souris émet des bruits et écoute les échos; elle utilise la différence entre l’appel et l’écho pour recueillir des informations sur son environnement. Comme la plupart des espèces de chauves-souris, les espèces de chauves-souris du Canada produisent leurs appels d’écholocalisation à l’aide de leur larynx. Ces appels peuvent être très intenses (environ 130 décibels), ce qui permet à la chauve-souris de détecter des insectes proies à des distances d’environ 20 m. La petite chauve-souris brune émet des appels à une fréquence d’entre 50 à 500 signaux par seconde, tandis que la chauve-souris cendrée produit des appels à une fréquence d’entre 5 à 300 appels par seconde. La chauve-souris en vol émet des appels à une fréquence relativement basse lorsqu’elle cherche une proie ou des objets, mais elle augmente son débit par seconde alors qu’elle chasse sa proie. Bien que la plupart des chauves-souris émettent des appels à une haute fréquence, que l’oreille humaine ne peut pas entendre (des ultrasons), certaines espèces émettent à des fréquences plus basses qui sont audibles à l’oreille humaine. Au Canada, on peut entendre les appels d’écholocalisation émis par l’oreillard maculé (Euderma maculatum), qu’on trouve en Colombie-Britannique, tandis que certains enfants peuvent entendre les appels des chauves-souris cendrées. Plusieurs insectes, comme les papillons de nuit et les grillons, ont des oreilles qui sont sensibles à ces appels d’écholocalisation, ce qui les alerte de la menace du danger.

Importance écologique

Partout dans le monde, les chauves-souris fournissent de nombreux services écologiques, allant de la pollinisation (voir Pollinisateurs au Canada) à la lutte contre les insectes en passant par la dispersion des graines. Les chauves-souris canadiennes sont, pour la plupart, insectivores et elles contribuent ainsi à la gestion des populations d’insectes (voir Quatre insectes nuisibles majeurs des forêts canadiennes). Elles sont particulièrement utiles à l’agriculture, car elles consomment les insectes ravageurs susceptibles d’endommager les récoltes. En fait, les chauves-souris fournissent des services de lutte naturelle contre les ravageurs d’une valeur d’environ 3,7 milliards de dollars. Cela permet aux agriculteurs de réduire l’utilisation de produits phytosanitaires commerciaux.


Conservation et menaces

Au Canada, la chauve-souris est confrontée à de nombreuses menaces. Le syndrome du museau blanc, une maladie causée par un champignon envahissant trouvé dans les cavernes et les grottes, décime des millions de chauves-souris en hibernation. Ce syndrome provoque le réveil de la chauve-souris durant son hibernation hivernale, ce qui accélère son métabolisme et l’expose à un risque de famine. Le développement urbain, la perte d’habitat, les pesticides et les éoliennes ont également d’importantes répercussions négatives sur les chauves-souris canadiennes.

Par conséquent, plusieurs espèces de chauves-souris du Canada sont désignées comme étant en péril par le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC), notamment la chauve-souris rousse, la chauve-souris cendrée, la petite chauve-souris brune, la chauve-souris nordique, la chauve-souris blonde, la chauve-souris argentée, l’oreillard maculé, et la pipistrelle de l’Est (voir Lois sur les espèces en péril au Canada). Les populations de la petite chauve-souris brune et de la chauve-souris nordique diminuent de plus de 90 % depuis 2010. La population de la pipistrelle de l’Est voit également un déclin de 75 % dans ses populations au cours de la même période.

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