La Banque des Premières Nations du Canada (BPNC) est une banque à charte canadienne. Fondée en 1996 sous forme de partenariat entre la Saskatchewan Indian Equity Foundation (SIEF), aujourd’hui la Saskatchewan Indigenous Enterprise Foundation, et la Banque TD, elle est actuellement dirigée par des actionnaires autochtones. Selon son énoncé de mission, la BPNC vise « à faire progresser la prospérité et l’autodétermination des Autochtones en offrant des services financiers fiables et axés sur des objectifs, basés sur les relations, guidés par la culture et engagés dans la réconciliation économique à long terme. » (Voir aussi Réconciliation au Canada; Conditions économiques des peuples autochtones au Canada.)

Origines
Historiquement, en vertu de la Loi sur les Indiens, les terres de réserve sont détenues en fiducie par le gouvernement fédéral. Par conséquent, comme les institutions financières ne peuvent pas accepter une terre de réserve comme garantie, ce sont les conseils de bande qui garantissent les prêts. (Voir aussi Bandes des Premières Nations.) En raison des risques, les banques établies montrent peu d’intérêt à consentir des prêts.
En 1993, le conseil d’administration de la SIEF (première société de financement autochtone du Canada, fondée en 1982) souhaite créer une entité pour que les services financiers autochtones puissent offrir plus que des prêts. La création d’une « banque nationale de développement autochtone » figure aussi parmi les recommandations de la Commission royale sur les peuples autochtones, qui remet son rapport final en 1996. Lors de la recherche d’éventuels partenaires, seules la Credit Union Central of Saskatchewan (aujourd’hui SaskCentral) et TD soumettent des propositions. C’est avec cette dernière que s’établit un partenariat, TD considérant l’activité bancaire autochtone comme un secteur de croissance potentiel en matière de gestion financière.
Lancement de BPNC
La BPNC est officiellement lancée en décembre 1996. À l’origine, elle doit assurer des services de prêts aux entreprises autochtones et aux conseils de bande. (Voir aussi Bandes des Premières Nations.) TD investit 8 millions de dollars en capital de démarrage et en expertise technique, tandis que la SIEF contribue à hauteur de 2 millions de dollars. Au cours de la première décennie d’exploitation de la BPNC, TD détient près de 89 % des actions à droit de vote. Les clients de la BPNC peuvent accéder à leurs comptes à partir de n’importe quelle succursale TD. Le siège social est situé à Saskatoon, et Keith Martell en est le premier directeur général.
La cérémonie de lancement de la banque a lieu à Toronto le 9 décembre 1996. Le premier ministre Jean Chrétien souligne que la BPNC aidera les peuples autochtones à « mener leur propre barque ». Le chef national de l’Assemblée des Premières Nations, Ovide Mercredi, refuse d’y assister en raison de ses désaccords à l’époque avec plusieurs chefs de la Saskatchewan qui appuient la banque. Blaine Favel, grand chef de la Fédération des nations indiennes de la Saskatchewan (aujourd’hui la Fédération des nations autochtones souveraines), remet au président de TD, Richard Thomson, un capteur de rêves symbolique. « Le chemin vers l’autodétermination politique, le chemin vers l’autonomie gouvernementale, est directement lié au développement économique, déclare M. Favel. Pour une autonomie gouvernementale forte, pour une orientation politique claire, il nous faut une base économique solide. » (Voir aussi Autonomie gouvernementale des Autochtones au Canada; Conditions économiques des peuples autochtones au Canada.)
La première succursale de la BPNC ouvre ses portes à son siège social de Saskatoon le 23 septembre 1997.
Banque des Premières Nations du Canada
Édifice de la Banque des Premières Nations du Canada à Saskatoon, en Saskatchewan, le 26 avril 2024.
(photographe : Heywood Yu/Bloomberg via Getty Images)
Propriété autochtone
En 2007, comme prévu, TD réduit ses actions à droit de vote dans la banque. Elles passent d’environ 89 à 9 %, bien que les deux banques poursuivent leur relation d’affaires. En décembre 2025, la BPNC est détenue et contrôlée à 90 % par des entités autochtones, par l’entremise d’un consortium.
En 2021, interrogé par le Toronto Star sur ce qui distingue la BPNC des cinq autres grandes banques canadiennes, Keith Martell répond que 90 % de ses activités visent des clients autochtones. « Nous ne le faisons pas pour des raisons de relations publiques ni pour obtenir des crédits ESG (environnementaux, sociaux et de gouvernance), nous le faisons parce que c’est notre secteur d’activité. Nos actionnaires sont issus des collectivités où nous exerçons nos activités bancaires. »
Dans les années 2020, la BPNC exploite des centres bancaires communautaires et des guichets dans des collectivités éloignées comptant aussi peu que 1 500 habitants. Comme la vitesse de connexion Internet est souvent lente dans ces régions, les applications bancaires expirent avant que les clients ne terminent leurs transactions. En 2026, la banque compte 22 succursales réparties entre l’Alberta, le Manitoba, le Yukon, les Territoires du Nord-Ouest, l’Ontario, le Québec et le Nunavut. Elle offre également un accès à des guichets automatiques par l’entremise de nombreuses banques et coopératives de crédit partout au Canada.
21e siècle
En 2020, la banque lance sa filiale FNB Trust, qui se spécialise dans les fiducies institutionnelles de 10 millions de dollars ou plus.
En mars 2024, la Banque d’infrastructure du Canada conclut une entente de 100 millions de dollars avec la BPNC afin d’aider les collectivités autochtones à emprunter de l’argent pour des projets d’infrastructure.
En juin 2025, la BPNC et la Banque de développement du Canada annoncent une initiative de 100 millions de dollars pour favoriser l’acquisition d’entreprises par les collectivités et les organismes de développement économique autochtones. Cette mesure vise à tirer parti de la hausse prévue du nombre d’entrepreneurs souhaitant prendre leur retraite et vendre leur entreprise. Un communiqué de presse présente cette entente comme un « modèle de réconciliation économique ». (Voir aussi Réconciliation au Canada.)
En octobre 2025, on apprend que le Centre d’analyse des opérations et déclarations financières du Canada (CANAFE) a imposé une amende de 601 139,80 $ à la BPNC en septembre 2025. Cette amende découle de l’omission de la BPNC de déclarer des transactions suspectes au contrôleur fédéral de lutte contre le recyclage des produits de la criminalité et le financement des activités terroristes. La banque embauche alors un agent de conformité pour superviser la mise en œuvre des procédures appropriées.
Direction
Bill Lomax
Bill Lomax, président et directeur général de la Banque des Premières Nations du Canada, 3 novembre 2025.
(photographe : Chloe Ellingson/Bloomberg via Getty Images)
En février 2023, la BPNC annonce le départ à la retraite de Keith Martell, directeur général depuis 1996. William (Bill) Lomax le remplacera en mai. Le conseil d’administration espère que ce changement de direction permettra d’accélérer les décisions visant à renforcer la présence nationale de la banque.
Dans une entrevue accordée en novembre 2025 au Globe and Mail, Bill Lomax déclare : « l’un de nos titres d’appel est que nous prenons en charge le volet économique de la réconciliation, le volet financier de l’édification de la nation. Et c’est un élément essentiel. Ce n’est pas le seul; c’est une pièce du puzzle. Mais sans financement, pas d’argent. Impossible de financer la revitalisation linguistique. Impossible de financer les programmes de lutte contre la toxicomanie et l’alcoolisme. Impossible de financer les bourses d’études. Impossible de créer des emplois qui permettent aux gens de rester dans la collectivité. ». (Voir aussi Réconciliation au Canada; Conditions économiques des peuples autochtones au Canada.)