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Globe and Mail

The Globe and Mail est un journal quotidien. Il voit le jour à Toronto en 1936 lors de la fusion de deux quotidiens influents et historiquement importants, The Globe et The Mail and Empire. (Voir aussi Journaux au Canada : de 1800 aux années 1900.) Selon le site Web du Globe and Mail, en 2026, ses éditions numériques et imprimées atteindraient un public combiné de 6 millions de lecteurs par semaine.

Travailleurs du <em>Globe and Mail</em> dans la salle d’imprimerie à Toronto, en Ontario, vers 1939-1951.

The Globe

George Brown lance le Globe en 1844 avec l’appui d’un groupe de libéraux réformistes. (Voir aussi Mouvement réformiste du Haut-Canada.) D’abord journal de parti, le Globe devient rapidement une lecture obligatoire pour les gens cultivés et les gens d’affaires de Toronto et de la campagne environnante, grâce à un mélange astucieux de nouvelles, de chroniques, d’éditoriaux vigoureux et d’innovation technologique. (Voir aussi Journaux au Canada : de 1800 aux années 1900.)

George Brown

Le saviez-vous?
Sa citation « Le sujet qui est vraiment loyal au premier magistrat ne conseillera jamais des mesures arbitraires ni ne s’y soumettra. » est la même depuis la fondation du journal sous le nom de Globe. On l’attribue à Junius, pseudonyme d’un écrivain britannique du 18e siècle, dont l’identité reste inconnue, et qui critiquait le gouvernement britannique. George Brown estimait que cette citation reflétait ses propres convictions sur un gouvernement légitime. Imprimée à l’origine dans le bloc-générique de la première page, on l’a ensuite déplacée à son emplacement actuel dans la page éditoriale. (Voir aussi George Brown et le Globe.)


En 1853, le journal de quatre pages devient un quotidien, tout en publiant une édition hebdomadaire pour les abonnés de l’extérieur de la ville. En 1876, Brown retient les services de trains matinaux en direction de Hamilton, et plus tard London, et assume les frais d’expédition du quotidien Globe.

Comme les nouvelles presses et le papier à bon marché permettent au journal de grossir, on ajoute la première section féminine en 1882 et, en l’espace d’une décennie, des dessins et des photogravures. En 1900, le Globe est déjà reconnu comme un journal de qualité, qui attire les publicitaires et possède un tirage global de 69 545 exemplaires pour toutes les éditions. Peu après le tournant du siècle, on ajoute à son bloc-générique les mots « Canada’s National Newspaper » (le journal national du Canada) et on cherche à conquérir des lecteurs à la grandeur du pays.

Deux ans après le décès de George Brown, Robert Jaffray achète le journal et le dirige jusqu’à sa mort en 1914. Son fils, William Gladstone Jaffray, lui succède. Ce dernier, réputé pour sa pudibonderie, refuse de publier des annonces pour des produits allant de l’alcool aux sous-vêtements féminins. Sa croisade pour interdire la publication des résultats des courses de chevaux dans les journaux canadiens et le refus du premier ministre William Lyon Mackenzie King d’adopter un tel projet de loi comptent parmi les facteurs qui contribuent à la détérioration de leurs relations au cours des années 1920. C’est lors des élections fédérales de 1925 que le Globe décide pour la première fois de ne pas appuyer les libéraux.

The Mail and Empire

Après que plusieurs journaux torontois aient échoué à satisfaire la demande du Parti conservateur de disposer d’un organe de presse aussi puissant et influent que le Globe, The Mail est lancé en 1872. Cependant, dès que ce journal montre une tendance à l’indépendance politique dans ses éditoriaux, des dirigeants conservateurs décident de créer un nouveau journal, The Empire. En 1895, ces deux journaux fusionnent pour donner naissance au Mail and Empire. En 1900, il se vend 61 720 exemplaires. (Voir aussi Journaux au Canada : de 1800 aux années 1900.)

Fusion

En 1936, William Henry Wright, un cadre de l’industrie minière, et George McCullagh, un investisseur achètent le Globe et le Mail and Empire. Ils les fusionnent avec l’édition du 23 novembre, consolidant ainsi le marché des journaux du matin de Toronto. Malgré un tirage inférieur à celui du Mail and Empire, c’est l’héritage du Globe qui s’imposa d’emblée dans le nouveau journal, tant sur le plan du style que de la rédaction. McCullagh en devient l’éditeur.

George McCullagh dans son bureau, vers les années 1940.

Si le nouveau journal affiche au départ une orientation libérale, le glissement de McCullagh vers la droite ne tarde pas à se manifester. En 1939, McCullagh utilise le journal pour faire la promotion de la Leadership League. Cette organisation qu’il a fondée vise à diriger le Canada par l’intermédiaire d’un gouvernement non partisan dominé par des hommes d’affaires. Cette campagne se solde toutefois par un échec en raison d’un financement insuffisant et des problèmes de santé de McCullagh.

Dans les années 1940, le journal soutient régulièrement les conservateurs aux niveaux national et provincial, ce qui fait du Toronto Daily Star la principale voix libérale parmi les quotidiens torontois (voir Toronto Star).

Ère moderne

Un travailleur montre une plaque de composition, à Toronto, en Ontario, vers 1939-1951.

Après le décès de William Henry Wright en 1951 et celui de George McCullagh en 1952, R. Howard Webster rachète le Globe and Mail en 1955. Il en reste le président lorsque celui-ci devient le fleuron de la chaîne de journaux FP Publications en 1965, où il conserve son indépendance éditoriale.

En 1962, la section « Report on Business » voit le jour. À l’origine, elle paraît deux fois par semaine, puis devient une rubrique quotidienne du journal. Elle est née de la conviction du rédacteur en chef, Oakley Dalgleish, selon laquelle il y avait de la place au Canada pour une publication économique fondée sur les principes du journalisme quotidien. Une fois par mois, le journal publie le magazine « Report on Business » sous forme d’encart.

En 1980, une brève guerre d’enchères s’engage pour l’acquisition du journal, opposant Webster à un groupe dirigé par Conrad Black. Une offre de dernière minute de Ken Thomson conduit à la vente du journal à la Thomson Corp.

Dans les années 1980, le journal commence à paraître sous forme de numéros distincts à travers le Canada, ce qui contribue à son statut de « journal national du Canada ». Son site Web, globeandmail.com, est lancé en 2000.

Le Globe and Mail devient une référence dans les milieux des affaires, de la politique et de la culture, et on le considère comme un « journal d’auteurs » en raison de la qualité de ses chroniqueurs et de ses collaborateurs.

Parmi les principaux rédacteurs en chef, on peut citer Oakley Dalgleish, James L. Cooper, Howard Webster, William Thorsell, Edward Greenspon, John Stackhouse et David Walmsley.

21e siècle

En 2001, une décision du Bureau de la concurrence permet à Entreprises Bell Canada inc. d’acheter une participation majoritaire dans le Globe, qui sera intégré à sa division Bell Globemedia, qui comprend également le réseau anglophone de Radio-Canada et plusieurs activités liées à Internet (voir Convergence des médias). En 2005, les Entreprises Bell Canada inc. ont réduit de vingt pour cent leurs entreprises en Bell Globemedia.

L’édition papier du journal passe à l’impression en couleur en octobre 2010.

Il se présente toujours comme le « journal national du Canada ». Cependant, la distribution de l’édition imprimée diminue progressivement dans les Maritimes. Elle s’arrête en 2013 à Terre-Neuve-et-Labrador et en 2017 au Nouveau-Brunswick, en Nouvelle-Écosse et à l’Île-du-Prince-Édouard). Le journal a des bureaux à l’étranger à Londres, Rome, Johannesburg, Hong Kong et Washington.

Lecture supplémentaire

  • J.M.S. Careless, Brown of the Globe (two volumes), 1959 (V1) and 1963 (V2).

  • Richard Doyle, Hurly-Burly: A Time at the Globe, (1990).

  • David Hayes, Power and Influence: The Globe and Mail and the News Revolution, (1992).

  • Mark Bourrie, Big Men Fear Me: The Fast Life and Quick Death of Canada’s Most Powerful Media Mogul, (2022).