Article

Recherche et Sauvetage Aériens au Canada

Le travail de recherche et sauvetage aériens représente les soins prodigués à des personnes blessées dans des zones difficiles d’accès et reculées par des spécialistes du sauvetage hautement qualifiés déployés par des avions à voilure tournante ou fixe. Depuis juin 1947, l’Aviation royale canadienne (ARC) est l’entité principalement responsable des opérations de recherche et sauvetage au Canada, qui ont lieu lors d’accidents dans les airs, au sol et en mer et englobent aussi l’aide humanitaire. Les spécialistes de recherche et sauvetage aériens sont désormais appelés techniciens de recherche et sauvetage ou Tech SAR.

Exercice de recherche et sauvetage au Nunavut

Débuts

Les opérations de recherche et sauvetage aériens commencent au Canada sous l’impulsion de Wilfrid « Wop » May, aviateur et pilote de brousse réputé de la Première Guerre mondiale. Pendant la Deuxième Guerre mondiale, May est directeur général de la No. 2 Air Observer’s School à Edmonton. C’est de cette ville que part la ligne d’étapes du Nord-Ouest, qu’empruntent à cette époque les avions vers l’Alaska, et beaucoup s’écrasent d’ailleurs en chemin. Wilfrid May explique qu’on aurait pu sauver des vies si de l’aide avait été offerte. Il propose alors une solution : un groupe de parachutistes capables de parvenir sur les lieux d’un accident et d’aider les survivants. Leur première formation de parachutisme a lieu avec les pompiers parachutistes du United States Forestry Service.

En décembre 1944, l’ARC devient responsable de gérer les spécialistes de recherche et sauvetage aériens et leur formation. Au premier cours, qui commence le 12 février 1945, assistent 12 bénévoles qui finissent leur formation début mai. S’ensuit peu après le deuxième cours avec dix hommes, qui prend fin à la mi-août. Ce n’est qu’en 1947 qu’a lieu le cours suivant, alors que l’ARC devient officiellement responsable du sauvetage aérien au Canada.

Contexte

Peu après la Deuxième Guerre mondiale, le gouvernement du Canada devient membre fondateur de l’Organisation de l’aviation civile internationale (dont le siège se trouve à Montréal, au Québec). Il devient donc obligatoire de respecter les exigences de recherche et sauvetage de la nouvelle organisation. En décembre 1945, le Cabinet demande à son comité de défense d’élaborer un plan de recherche et sauvetage qui maximise la coordination entre les ministères et l’utilisation des ressources existantes.

Le 18 juin 1947, le Cabinet approuve le plan et ordonne à l’ARC de fournir les ressources nécessaires et d’organiser le travail de sauvetage aérien au Canada. Les missions de sauvetage lors d’accidents en mer viennent s’ajouter le 12 juillet 1951, quand le Canada signe la Convention internationale pour la sauvegarde de la vie humaine en mer. L’ARC reste alors le principal coordonnateur, mais la Marine royale canadienne s’occupe du volet maritime (voir Recherche et sauvetage au Canada).

Le grand saut

Formation

Au début, le sauvetage aérien est une compétence complémentaire et non un métier comme tel. Les bénévoles ont une spécialisation dans un autre domaine et demeurent membres de leur corps de métier. Le premier cours de sauvetage aérien dure 18 semaines et est divisé en deux sections de 9 semaines. La première section a lieu à Edmonton et la deuxième, près de Jasper.

Font partie de la formation à Edmonton l’organisation des opérations de recherche et sauvetage, l’histoire du parachutisme, les méthodes et techniques de recherche aérienne, la recherche au sol, le pliage des parachutes, l’entretien et la réparation des parachutes, l’entraînement au saut en parachute, le traitement médical d’urgence, les procédures radio et le code Morse, la survie dans l’Arctique et le désert, le largage de matériel, la navigation astronomique et au sol, la survie dans la nature (dont la construction et l’utilisation d’abris, de radeaux, de raquettes et de pièges) ainsi que l’évacuation et le transport de blessés.

Sur le terrain, on passe à l’application pratique de ce qui précède (sauf la survie dans l’Arctique et dans le désert) avec en plus de l’alpinisme, de la randonnée glaciaire et du ski. Les participants doivent aussi effectuer dix sauts : six dans une zone ouverte et quatre dans une zone boisée.

Au début des années 1950, l’ARC donne deux cours de recherche et sauvetage aériens pour le personnel médical. Ces cours sont destinés à 16 personnes : deux médecins, cinq infirmières militaires et neuf assistants médicaux. La formation est plus tard ramenée de 18 à 13 semaines, la partie médicale est éliminée de la partie théorique et la partie pratique est réduite. Ces cours finissent toutefois par être éliminés parce que le personnel médical est souvent sollicité ailleurs, ne peut pas se faire remplacer facilement en cas d’urgence et n’a pas le temps de maintenir ses compétences en parachutisme à jour (voir aussi Para-Belles de l’ARC).

En 1972, on commence à parler de « spécialiste du sauvetage ». Le cours change aussi en fonction des nouvelles exigences mises au jour. En 1975, on ajoute la plongée sous-marine, la partie du cours en question étant initialement la responsabilité de l’Unité de plongée de la Flotte (Pacifique) à Esquimalt, en Colombie-Britannique. Les participants se parachutent aussi désormais dans l’eau. La formation médicale est aussi améliorée, notamment avec l’arrivée des cours d’appoint en 1979. Étant donné la hausse de la demande de spécialistes du sauvetage et du peu de possibilités d’avancement de carrière, le technicien de recherche et sauvetage (le Tech SAR) devient un métier comme tel au lieu d’une compétence spécialisée le 30 septembre 1979. En 1980, la formation passe à six mois; en 2025, la formation sur le sauvetage aérien dure 11 mois.

Exercice de recherche et sauvetage à Comox

Organisation et escadrons

Le premier centre de coordination de sauvetage (RCC) de l’ARC est créé en novembre 1946 au quartier général du Commandement aérien de l’Est, à Halifax. Les autres sont situés à Rockcliffe (en périphérie d’Ottawa), Winnipeg, Edmonton et Vancouver, dans les mêmes locaux que les commandements de l’ARC. Le RCC de Rockcliffe déménage à Trenton en 1950 tandis que celui d’Edmonton ferme ses portes en 1959, ses fonctions étant transférées à Winnipeg. Le RCC de Vancouver déménage à Victoria en septembre 1970.

Les RCC assurent des services 24 heures sur 24. Équipés d’excellents services radio, ils peuvent ordonner aux nouvelles unités de communication et sauvetage et de recherche et sauvetage d’entamer des recherches. Il y a au moins une unité de ce type par RCC comptant de deux à quatre techniciens de recherche et sauvetage aériens. En 1972, le nombre de spécialistes du sauvetage aérien par unité de recherche et sauvetage passe à dix. Malgré l’augmentation, le personnel de sauvetage travaille de longues heures.

Les unités de recherche et sauvetage sont en constante mutation. Dans les années 1950, plusieurs d’entre elles sont désignées comme « composites », mais gardent leur fonction de recherche et sauvetage. Après l’unification des forces armées en 1968, quatre unités composites deviennent des escadrons. Il y a maintenant cinq escadrons qui font essentiellement de la recherche et des sauvetages et trois pour qui les opérations de recherche et sauvetage font partie de leurs tâches. Le nombre de centres de coordination de sauvetage est réduit étant donné les progrès technologiques qui améliorent les communications. En 2005, on en compte trois, aujourd’hui rebaptisés centres conjoints de coordination des opérations de sauvetage : à Victoria, à Trenton et à Halifax (voir Recherche et sauvetage au Canada).

Sauvetage en montagne

Avions et hélicoptères

Le volet de recherche et sauvetage de l’ARC commence ses activités avec les avions utilisés pendant la Deuxième Guerre mondiale, dont le bombardier Avro Lancaster et les hydravions Consolidated Canso. L’ARC reçoit son premier hélicoptère en avril 1947. Sept Sikorsky S-51 (H-5 Dragonfly pendant leur service dans l’ARC) ont des fonctions de recherche et sauvetage. Les deux premiers appareils achetés pour la recherche et le sauvetage sont le Grumman CSR-110 Albatross et le Boeing-Vertol CH-113 Labrador, qui arrivent tous les deux au début des années 1960. D’autres appareils seront aussi utilisés aux fins de recherche et sauvetage. Le 21e siècle voit l’acquisition de nouveaux appareils : l’AgustaWestland CH-149 Cormorant commence à remplacer le Labrador en mai 2000 et l’Airbus CC-295 Kingfisher commence à remplacer le De Haviland CC-115 Buffalo et le SAR Lockheed CC-130H Hercules en 2025.

Équipement de survie

L’équipement de survie change aussi. Au cours des premières opérations de recherche et de sauvetage, les avions larguent les chaînes samar typiques de la Deuxième Guerre mondiale aux survivants en haute mer. La chaîne se compose de cinq contenants flottants reliés entre eux, dont un grand canot pneumatique qui se gonfle lorsqu’il touche l’eau, ainsi que de rations de survie. Le MA-1 la remplace en 1962 et demeure l’outil utilisé jusqu’en 1975. Les Tech SAR utilisent aujourd’hui la trousse de survie largable qui comprend des radeaux de sauvetage et des abris. Dans les années 1970, l’armée de l’air prend conscience qu’elle n’est pas prête s’il survient une catastrophe aérienne majeure, en particulier dans l’Arctique. Après un exercice en mars 1976, une trousse de catastrophe aérienne (CATAIR) voit le jour : elle contient des tentes, des sacs de couchage, des chaufferettes, de la nourriture, de l’eau et des génératrices.

Techniciens de recherche et sauvetage

Technologie satellite

Le plus grand bond dans les technologies de recherche et sauvetage est certainement l’arrivée des systèmes de recherche et sauvetage assistés par satellite (SARSAT). Aux côtés du système soviétique COSPAS (« Kosmitcheskaïa sistéma poïska avariïnykh soudov »), les satellites captent le signal de radiophares de repérage d’urgence d’avions et de navires qui ont coulé et de naufragés. L’Union soviétique lance son premier satellite COSPAS le 29 juin 1982. Les États-Unis les imitent avec leur premier SARSAT le 28 mars 1983 (voir Système international d’alerte par satellite).