Mumilaaq Qaqqaq

Mumilaaq Qaqqaq, députée inuite (née le 4 novembre 1993 à Baker Lake, au Nunavut). En 2019, Mumilaaq Qaqqaq est devenue, à 25 ans, la plus jeune députée de l’histoire du Nunavut, et la première à représenter le Nouveau parti démocratique (NPD) depuis que le Nunavut est devenu un territoire en 1999. Avant d’entrer en politique, Mumilaaq Qaqqaq a été conférencière et militante. Elle a sensibilisé la population aux crises des communautés inuites (suicide, insécurité alimentaire, logement, climat).



Mumilaaq Qaqqaq, 2019

Formation et début de carrière

Mumilaaq (auparavant appelée Trina) Qaqqaq grandit à Baker Lake (Qamani’tuaq), au Nunavut. Dans sa jeunesse, le travail, le sport et les voyages lui fournissent de belles occasions d’apprentissage.

Ainsi, en 2012, elle participe aux Jeux d’hiver de l’Arctique, à Whitehorse, en hockey sur glace, un sport qu’elle pratique depuis 10 ans.

En 2012, Mumilaaq Qaqqaq participe à un projet Northern Youth Abroad (NYA) à Shakawe (au Botswana, en Afrique), où elle contribue à reconstruire une garderie incendiée et à prendre soin d’enfants infectés du SIDA. Elle poursuit ensuite son engagement auprès de NYA en devenant chef de groupe et en aidant d’autres jeunes qui s’engagent dans ses programmes.

Après avoir obtenu son diplôme d’études secondaires en 2011, Mumilaaq Qaqqaq s’installe en Ontario, où elle étudie la gestion d’entreprise au Collège Algonquin, à Ottawa. En 2016, elle s’inscrit au programme de gestion d’entreprise (spécialisation gestion des ressources humaines) au Sir Sandford Fleming College, à Peterborough, et elle obtient son diplôme en 2019. Au collège, elle est également représentante des étudiants autochtones.

Avant d’entrer en politique, Mumilaaq Qaqqaq est stagiaire en administration du Plan d’emploi inuit à la Société d’énergie Qulliq. Elle est ensuite stagiaire à l’Arctic Rose Foundation, auxiliaire en ressources humaines pour Inuit Tapiriit Kanatami (ITK) à Ottawa, experte en Programme de bien-être pour le ministère de la Santé du gouvernement du Nunavut à Iqaluit, puis employée du Bureau d’emploi inuit du Nunavut Tunngavik Incorporated (NTI) à Iqaluit. À l’été 2019, elle prend un congé sans solde après avoir accepté l’offre du Nouveau parti démocratique d’être candidate au Nunavut lors de la prochaine élection fédérale.

Mumilaaq Qaqqaq vit à Iqaluit, au Nunavut, depuis 2017.

Engagement et militantisme

En 2017, dans le cadre de la journée internationale des femmes, Mumilaaq Qaqqaq participe à Daughters of the Vote, un événement où de jeunes femmes de toutes les circonscriptions fédérales du Canada se rendent à la Chambre des communes afin de présenter leurs visions pour leur pays et leur communauté. Cette expérience est le point de départ de son militantisme. Elle est la seule représentante du Nunavut parmi les 338 femmes. En se joignant à cette initiative, Mumilaaq Qaqqaq espère améliorer sa capacité d’aider les peuples autochtones à obtenir de meilleures perspectives d’avenir pour eux-mêmes et pour le Canada, tout en partageant sa connaissance des problèmes auxquels sont confrontés les habitants du Nunavut.

Dans un discours de 2017, la jeune femme de 23 ans évoque la douleur que tout le monde éprouve au Nunavut devant le taux de suicide alarmant sur le territoire, près de neuf fois la moyenne nationale. Elle explique aussi que les autochtones du Nunavut ne jouissent pas chances égales, en raison des problèmes de pauvreté, de logement et de santé :

En tant qu’Inuite ayant grandi au Nunavut, le suicide ne m’est pas étranger, de même qu’aux autres gens de mon territoire. Nous ne le connaissons que trop bien. Nous avons été insérés dans des systèmes qui ne fonctionnent pas pour nous, où nous vivons maintenant. […] Nous avons besoin de soutien et d’alliés pour nous aider, travailler avec nous et, plus important encore, nous écouter. Nous ne pouvons plus faire face à ces problèmes seuls, comme nous l’avons fait si longtemps. […] Tout ce que nous demandons est le respect de nos droits fondamentaux. Où est le soutien des dirigeants qui détiennent le pouvoir et les moyens de faire changer les choses ? Où sont nos alliés non autochtones ?

Son discours lui vaut deux ovations debout.

Après le discours, dans une entrevue de la CBC, Mumilaaq Qaqqaq défie le Canada pour le traitement qu’il réserve aux Autochtones : « Le Canada est mis sur un glorieux piédestal, en tant que grand pays, d’une grande diversité et inclusif, mais quand on considère les Autochtones, leurs communautés, leur histoire et leur culture, qu’est-ce que les autres gens en savent vraiment ? »

La vidéo de son discours obtient une visibilité nationale dans les médias sociaux. Peu de temps après, Mumilaaq Qaqqaq lance le projet en ligne Tuhaanga (« écoute-moi ») pour sensibiliser les gens, partager des histoires de vie dans le Nord et fournir de l’information sur ce que les personnes peuvent faire pour aider le Nunavut.

En février 2018, Mumilaaq Qaqqaq participe à un ralliement à Iqaluit pour demander la fin des injustices à l’égard des peuples autochtones. Son but en y participant est de montrer que les personnes autochtones et non autochtones doivent se tenir ensemble pour soutenir la réconciliation.

Élection fédérale de 2019

Mumilaaq Qaqqaq n’a aucune expérience en politique lorsqu’elle accepte l’offre du Nouveau parti démocratique d’être candidate de la circonscription du Nunavut à la Chambre des communes. Elle l’accepte pour pouvoir soutenir et défendre les besoins du Nunavut et des Inuits. Pour Mumilaaq, le statu quo n’est pas une option. Elle reproche aux gouvernements fédéraux passés et actuel d’avoir ignoré le Nunavut. Selon elle, il est temps qu’un autre parti représente le peuple du Nunavut à Ottawa.

Le 21 octobre 2019, Mumilaaq Qaqqaq devient, à 25 ans, la plus jeune députée du Nunavut, et la première députée dans l’histoire canadienne à porter un tatouage traditionnel inuit au visage. Elle est élue avec 41,2 % des voix pour représenter le territoire contenant la plus jeune population au Canada (âge médian de 25,1 ans selon le recensement de 2016). Mumilaaq Qaqqaq a défait la candidate libérale Megan Pizzo Lyall (31 %) et la candidate conservatrice Leona Aglukkaq (25,8 %). Après l’élection, elle remercie ses opposantes d’avoir mené d’excellentes campagnes. Elle note aussi avec fierté l’origine inuite de Lyall et Aglukkaq : « Ce fut un honneur pour moi de me présenter à ce siège contre deux femmes inuites solides. » Sa victoire permet au Nouveau parti démocratique de détenir le siège du Nunavut à la Chambre des communes pour la première fois depuis que le Nunavut est devenu un territoire en 1999.


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