Pendant la Deuxième Guerre mondiale, des femmes médecins se sont engagées pour la première fois dans les Forces armées canadiennes en tant qu’officières. Ces pionnières recevaient la même solde et détenaient le même grade que les hommes. Elles ont servi comme anesthésistes, bactériologistes et radiologistes dans les hôpitaux, tant au pays qu’à l’étranger. (Voir aussi Femmes dans les Forces armées canadiennes et Histoire des Forces armées au Canada.)

Femmes en médecine
Au moment de la Deuxième Guerre mondiale, au Canada, les femmes peuvent accéder aux facultés de médecine. À l’Université de Toronto, par exemple, elles représentent environ 10 % des étudiants en médecine dans les années 1930. La plupart des étudiantes en médecine proviennent de familles de professionnels ou d’entrepreneurs. Certaines n’obtiennent pas leur diplôme et d’autres arrêtent d’exercer quand elles se marient ou deviennent enceintes.
D’autres encore sont bien établies, que ce soit en cabinet privé ou dans des établissements comme le Women’s College Hospital. Dans les années 1940, plusieurs d’entre elles deviennent membres du Collège royal des médecins et chirurgiens du Canada, dont Jessie Gray, Marjorie Davis, Jean Flatt Davey et Geraldine Maloney.

Femmes dans les Forces armées
C’est en 1885, au cours de la Résistance du Nord-Ouest, que des Canadiennes répondent à l’appel du service militaire pour la première fois. Douze infirmières servent alors dans des hôpitaux militaires. Plus tard, pendant la guerre des Boers, d’autres infirmières canadiennes s’engagent pour soigner les malades et les blessés dans des hôpitaux outre-mer. Les infirmières militaires jouent un rôle essentiel dans l’effort de guerre pendant la Première Guerre mondiale. Plus de 3 000 infirmières font partie du Corps expéditionnaire canadien et environ 2 500 d’entre elles sont déployées à l’étranger.

Les infirmières militaires jouent également un rôle important pendant la Deuxième Guerre mondiale. Quelque 4 480 d’entre elles servent dans le Corps de santé royal canadien, ainsi que dans les Branches des services de santé de la Marine royale canadienne et de l’Aviation royale canadienne. D’autres métiers et fonctions militaires sont ouverts aux femmes pour la première fois pendant la guerre. En tout, 45 445 femmes font partie du Service féminin de l’Armée canadienne (CWAC), du Service féminin de l’Aviation royale canadienne et du Service féminin de la Marine royale du Canada (SFMRC). Elles occupent des postes dans divers domaines, tels que l’administration et les bureaux, les communications, le renseignement, l’entretien des véhicules et des aéronefs, ainsi que le contrôle aérien.

Femmes médecins dans les Forces armées
Peu après le début de la Deuxième Guerre mondiale, l’Association médicale canadienne entreprend de recenser ses membres afin de déterminer la meilleure manière pour eux de participer à l’effort de guerre. Les médecins, hommes et femmes, répondent avec empressement aux questionnaires. Au fil de la guerre, la demande de médecins militaires augmente tant au Canada qu’à l’étranger. La création du CWAC, du Service féminin de l’ARC et du SFMRC nécessite également le développement de soins médicaux adaptés aux femmes au sein des Forces armées.
Les Forces armées ne tardent pas à recruter des femmes médecins. En août 1941, la première femme en service, Jean Flatt Davey, est nommée pour diriger la Branche des services de santé du Corps auxiliaire féminin de l’Aviation canadienne (qui deviendra le Service féminin de l’ARC). Une dizaine d’autres femmes médecins la rejoignent rapidement dans la force aérienne.
En juin 1942, on adopte un décret qui autorise les femmes médecins à s’enrôler dans le Corps de santé royal canadien. En juillet, le Globe and Mail annonce que des femmes se joignent au Corps et qu’elles recevront la même solde et seront commissionnées aux mêmes rangs que leurs homologues masculins. Elles serviront comme anesthésistes, bactériologistes et radiologistes dans les hôpitaux. Des médecins comme Lillian A. Chase et Geraldine Maloney se portent rapidement volontaires. Cette dernière, par exemple, est immédiatement chargée d’examiner les recrues du CWAC. Elle est par la suite promue major et nommée responsable de tous les services médicaux destinés aux femmes du CWAC.

L’admission des femmes médecins constitue un événement marquant et le Globe and Mail continue de relayer leurs avancées. En 1944, les femmes médecins du Service féminin de l’ARC font l’objet d’un reportage photo. Un article de janvier 1945 rapporte que 58 femmes médecins font partie des forces armées, sept dans la marine, 40 dans l’armée, dont six outre-mer, et 11 dans l’aviation. L’anesthésiste Shirley Fleming exerce à l’Hôpital général canadien no 20 en Angleterre. La bactériologiste Marion Ross sert à l’Hôpital général canadien no 15 en Angleterre, en Afrique du Nord et en Italie lors de la campagne d’Italie.

Importance
À l’époque, l’admission de femmes médecins dans l’armée est considérée comme un événement marquant en médecine. Un article du Globe and Mail de juillet 1942 le souligne :
L’ouverture du Corps médical de l’Armée aux femmes médecins marquerait la dernière étape de la reconnaissance complète des femmes médecins sur un pied d’égalité avec les hommes. Il n’y a pas si longtemps, les femmes devaient se battre pour accéder aux facultés de médecine. On considérait alors la profession comme la chasse gardée des hommes.
Depuis la Deuxième Guerre mondiale, la situation a considérablement évolué. En 2022, par exemple, les étudiantes étaient plus nombreuses que les étudiants dans les facultés de médecine au Canada, et les femmes représentaient environ 45 % de l’ensemble des médecins. En décembre 2024, dans les Forces armées canadiennes, environ 20 % des officiers sont des femmes. Les femmes membres des forces armées sont également plus susceptibles de servir dans des rôles médicaux que les hommes. (Voir Femmes dans les Forces armées canadiennes et Les femmes canadiennes et la guerre.)