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Coccinelles au Canada

La coccinelle, parfois aussi appelée « bête à bon Dieu » (au Québec) et même « ladybug » (son nom anglais), et un insecte qui appartient à la famille des Coccinellidae. Bien que son nom anglais le plus couramment utilisé au Canada anglophone soit « ladybug », la coccinelle n’est pas réellement une « bug » (un hémiptère). Elle est en fait un coléoptère de l’ordre des Coleoptera, avec des ailes antérieures durcies appelées élytres qui protègent les ailes postérieures, qui sont plus délicates et utilisées pour le vol. La coccinelle compte parmi les insectes les plus reconnaissables au Canada. Beaucoup de gens connaissent ce coléoptère rouge aux taches noires, mais cette image ne représente qu’une partie de la diversité des coccinelles du pays.

Gros plan sur une coccinelle.

Termes clés

Élytres : les élytres sont les ailes antérieures rigides des coléoptères, qui leur servent de protection.

Pronotum : le pronotum est la plaque dorsale du prothorax d’un insecte, qui est le segment le plus en avant du thorax.

Diversité des espèces

À l’échelle mondiale, les coccinelles comprennent plus de 6000 espèces décrites réparties dans environ 360 genres. En date de 2010, environ 160 espèces appartenant à 60 genres ont été recensées au Canada, dont au moins neuf espèces non indigènes établies.

Dans le sud du Canada, un bon nombre des coccinelles observées le plus souvent sont non indigènes, en particulier la coccinelle à sept points (Coccinella septempunctata) et la coccinelle asiatique (Harmonia axyridis). Parmi les espèces indigènes les plus couramment observées, on trouve la coccinelle maculée (Coleomegilla maculata), la coccinelle à vingt points (Psyllobora vigintimaculata) et la coccinelle ocellée (Anatis mali).

Coccinelle sur un brin d’herbe

Description

La coccinelle adulte est généralement un petit coléoptère au corps arrondi ou ovale, au dos bombé et au ventre plat. La plupart des coccinelles adultes mesurent entre 1 et 10 mm de long. Leurs élytres se rejoignent en ligne droite le long du dos, recouvrant l’abdomen et les ailes postérieures repliées. Ces ailes postérieures, fines et membraneuses, servent au vol et elles sont repliées et entièrement dissimulées par les élytres au repos.

La coccinelle possède également un pronotum proéminent, un segment qui est en forme de bouclier et situé sur le thorax, sous lequel la tête peut être partiellement rétractée. Les marques pâles présentes sur le pronotum de certaines espèces sont parfois confondues avec des yeux, mais les véritables yeux de la coccinelle sont plus petits et situés sur sa tête.

On trouve des coccinelles sous une grande variété de couleurs et de motifs. Certaines sont rouges, orange ou jaunes avec des taches noires, tandis que d’autres sont noires, brunes, grisâtres, roses ou elles présentent des motifs moins habituels. Seul environ un tiers des espèces de coccinelles canadiennes sont en fait les espèces de grande taille aux couleurs vives que le grand public connait le mieux; beaucoup d’autres coccinelles sont de petits coléoptères noirs ou bruns qui passent souvent inaperçus.

Certaines coccinelles peuvent être identifiées grâce à leurs couleurs et à leurs motifs, mais d’autres sont plus difficiles à reconnaitre, car les individus d’une même espèce peuvent présenter de grandes variations. La coccinelle asiatique est particulièrement variable. Elle peut être pâle ou presque dépourvue de taches, ou orange ou rouge avec de nombreuses taches noires, ou encore noire avec des marques rouges. La coccinelle à neuf taches présente généralement neuf taches noires, mais le nombre et la taille de ses taches peuvent varier, et certaines coccinelles de l’Ouest peuvent en être dépourvues. Compte tenu de cette grande diversité et des nombreuses variations, certaines espèces nécessitent l’examen d’un expert pour confirmer leur identification.

Les larves de la coccinelle ont une apparence très différente de l’apparence des adultes. Elles ont un corps allongé et mou, muni de six pattes, et sont souvent recouvertes de protubérances ou de petites épines. Plusieurs d’entre elles sont de couleur foncée avec des marques de couleur orange, jaune ou pâle, et elles sont parfois décrites comme ressemblant à de minuscules alligators.

Répartition et habitat

La coccinelle est présente partout au Canada, y compris dans les régions boréales du nord. On la trouve dans toutes les provinces et tous les territoires.

Certaines espèces sont des généralistes et peuvent se déplacer entre de nombreux habitats. D’autres sont des spécialistes et sont associées à des proies particulières, des plantes, des arbres, des terres humides ou des colonies de pucerons entretenues par des fourmis. On trouve la coccinelle dans les terres agricoles, les parcs, les jardins, les espaces verts urbains, les zones humides, les prairies, les forêts, les zones riveraines et les paysages nordiques.

Quelques espèces de coccinelles sont étroitement liées à des habitats particuliers. La coccinelle élevée (Coccinella alta) ne se rencontre qu’en haute altitude, comme dans les Rocheuses, tandis que la coccinelle boréale (Anisosticta borealis) est associée aux carex et aux graminées des marais et des zones humides de la taïga et de l’Arctique.

Alimentation et prédateurs

La plupart des variétés de coccinelles sont des prédateurs. Les pucerons constituent une source de nourriture majeure, mais la coccinelle se nourrit également de cochenilles, de larves de pucerons, de psylles, de mouches blanches, de cochenilles farineuses, de mites, d’œufs d’insectes et d’autres petits invertébrés au corps mou. Un petit nombre de coccinelles se nourrissent de champignons ou de plantes, tandis que certaines espèces prédatrices complètent leur régime alimentaire avec du pollen, du nectar ou d’autres aliments.

La coccinelle a un goût désagréable pour de nombreux prédateurs. Ses couleurs vives sont un exemple d’aposématisme; ce qui signifie que les couleurs éclatantes signalent que l’animal peut être désagréable au goût, voire nocif à consommer. De nombreuses coccinelles aux couleurs vives contiennent des alcaloïdes défensifs, qui rendent leur goût amer et leur confèrent des pyrazines, qui leur donnent une forte odeur. Lorsqu’elles sont dérangées, certaines pratiquent un réflexe de saignement, libérant ainsi une hémolymphe jaunâtre au goût nauséabond par les articulations de leurs pattes. Une autre défense courante consiste à se laisser tomber d’une plante, à replier les pattes contre le corps et à rester immobile jusqu’à ce que la menace soit passée.

Malgré ces mécanismes de défense, certaines espèces de prédateurs se nourrissent tout de même de coccinelles, comme les oiseaux, les araignées, d’autres espèces de coccinelles, et des insectes prédateurs. Par exemple, les coléoptères du genre Enoclerus chassent activement les coccinelles, et l’hypothèse a été émise qu’ils s’approprient possiblement les défenses chimiques des coccinelles pour leur propre profit.

Reproduction et développement

Comme tous les coléoptères, la coccinelle subit une métamorphose complète, passant par quatre stades de vie : l’œuf, la larve, la nymphe et l’adulte. La femelle pond généralement des grappes d’œufs jaunes, orange ou de couleur crème sur les plantes, souvent à proximité de pucerons ou d’autres sources de nourriture pour les larves.

La durée du développement varie selon les espèces et la température, les températures plus élevées accélérant le processus. Chez de nombreuses espèces, les larves éclosent au bout de 3 à 5 jours, se nourrissent activement, grandissent et muent trois fois avant de se métamorphoser en chrysalides. Les chrysalides se fixent à une surface et restent généralement immobiles, bien qu’elles bougeottent parfois si elles sont dérangées.

Une nymphe de coccinelle sur une brindille d’épinette

Hivernage et comportement d’essaimage

La plupart des coccinelles canadiennes hibernent à l’état adulte, émergeant au printemps pour s’accoupler et pondre leurs œufs. Elles trouvent refuge sous l’écorce des arbres, dans une litière de feuilles, sous des pierres, dans la végétation ou dans des structures construites par l’homme. Certaines se rassemblent en grand nombre sur les sites d’hivernage.

La coccinelle asiatique est particulièrement reconnue pour s’introduire dans les maisons et d’autres bâtiments à l’automne, parfois en grand nombre. La prévention constitue généralement la meilleure solution. Il faut colmater les points d’entrée, améliorer l’étanchéité des fenêtres et des portes, et installer des bas de porte pour réduire leur nombre à l’intérieur. Les coccinelles qui sont déjà présentes à l’intérieur peuvent généralement être éliminées à l’aide d’un aspirateur.

Importance culturelle

La coccinelle est depuis longtemps considérée et prisée en tant qu’agent de lutte biologique contre les insectes nuisibles et ravageurs. Plusieurs espèces non indigènes, comme la coccinelle à sept points et la coccinelle asiatique, sont délibérément introduites au Canada à cette fin. Les jardiniers peuvent également acheter des coccinelles pour les relâcher, mais ces coléoptères achetés peuvent se disperser rapidement, inclure des espèces non indigènes ou être porteurs de parasites et d’agents pathogènes.

Dans de nombreuses cultures européennes, la coccinelle est considérée comme un porte-bonheur, plus particulièrement en matière d’amour. Elle apparait dans des poèmes, des contes, des légendes populaires et des comptines, et elle est également associée à la prédiction d’événements futurs, comme le temps ensoleillé ou la qualité des récoltes.

La coccinelle apparait également dans les récits autochtones au Canada. Par exemple, dans le conte cowichan « Ladybug and the Flood (La coccinelle et le déluge) », Smuyqwa la coccinelle enseigne une chanson à Stutsun et lui promet de le sauver d’un grand déluge. Lorsque la vallée de Cowichan est inondée, Stutsun chante la chanson, et Smuyqwa boit les eaux du déluge, sauvant ainsi Stutsun, Syalutsa et le futur peuple cowichan.

Nombreuses variantes de la coccinelle asiatique

Conservation

Malgré leur présence familière, de nombreuses espèces de coccinelles canadiennes demeurent relativement mal connues. Parmi celles qui font l’objet d’une évaluation, deux coccinelles canadiennes sont inscrites au titre de la loi fédérale sur les espèces en péril : la coccinelle à neuf points (Coccinella novemnotata), et la coccinelle à bandes transverses (Coccinella transversoguttata). (Voir Lois sur les espèces en péril au Canada.)

La coccinelle à neuf points est classée comme étant menacée. Alors qu’autrefois, elle était commune dans tout le sud du Canada, depuis l’île de Vancouver en passant à travers les Prairies et jusque dans le sud du Québec, on ne la voit maintenant que rarement. La coccinelle à bandes transverses est classée comme une espèce préoccupante. Autrefois répandue dans la majeure partie du pays, elle commence à décliner dans les années 1970 et elle est maintenant disparue du sud de l’Ontario et des Maritimes, bien qu’elle reste commune dans certaines parties de son aire de répartition occidentale et septentrionale.

Les causes du déclin des coccinelles indigènes ne sont pas entièrement comprises. Plusieurs de ces déclins coïncident avec l’implantation de coccinelles non indigènes, qui supplantent peut-être les espèces indigènes dans certaines régions. Les autres facteurs potentiels comprennent l’utilisation de pesticides, les changements des habitats, l’expansion urbaine, l’abandon des terres agricoles et l’évolution dans la disponibilité des proies.

Importance écologique

Les rôles écologiques de la coccinelle varient selon son espèce, son habitat et la disponibilité des proies. En général, en tant que prédatrice, la coccinelle contribue à réguler les populations d’insectes phytophages dans les jardins, sur les fermes et exploitations agricoles, dans les forêts, les terres humides et d’autres habitats. Cela permet de réduire le stress subi par les plantes et de favoriser la santé globale de l’écosystème.

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