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Chantal Hébert

Chantal Hébert (née St-Cyr), O.C., C.Q., journaliste, chroniqueuse politique multi-plateforme et autrice (née le 24 avril 1954 à Ottawa, en Ontario). Chantal Hébert est une figure incontournable du journalisme et de la chronique politique. En un peu plus de 50 ans de carrière, elle est devenue une encyclopédie de la politique canadienne. Elle maîtrise l’art de raconter l’actualité avec aisance et rigueur autant en français qu’en anglais, à la radio, à la télévision et dans des articles publiés dans la presse de renommée.

Une femme blanche vêtue d'une tenue foncée tient un trophée. À sa droite se trouve une femme vêtue d'une tenue rose.

Jeunesse et formation

Chantal St-Cyr est née à l’hôpital Montfort à Ottawa, en Ontario. Elle est l’aînée de six enfants. Ses parents sont Micheline Forest et Jean-Raymond St-Cyr, un journaliste.

Chantal St-Cyr grandit à Hull, au Québec, et va à l’école primaire en français. Elle est une excellente élève. Au primaire, elle saute deux années. Cependant, elle vit un choc linguistique à l’âge de 12 ans lorsque sa famille déménage à Toronto. Son père avait été nommé directeur de la première chaîne de radio francophone de Radio-Canada (anciennement CJBC).

À cette époque, les écoles francophones ontariennes sont bilingues. Plusieurs cours ― notamment ceux de mathématiques, de sciences et d’anglais ― sont donnés uniquement en anglais. Or, Chantal St-Cyr parle à peine cette langue et rencontre quelques difficultés. Grâce à sa très bonne mémoire, elle réussit tout de même à décrocher la note de passage en apprenant par cœur les matières enseignées en anglais.

À Toronto, Chantal St-Cyr fréquente d’abord l’école secondaire catholique privée Monseigneur-de-Charbonnel. Elle poursuit ensuite ses études à l’école secondaire Étienne-Brûlé. Elle décroche son diplôme en 1971.

À 21 ans, Chantal St-Cyr obtient un baccalauréat en sciences politiques du Collège universitaire Glendon, le campus bilingue de l’Université York.

Journaliste

Tout juste diplômée, Chantal St-Cyr commence son métier de journaliste à Radio-Canada à Toronto le 25 avril 1975, le lendemain de son 21e anniversaire. Pour ne pas révéler son lien de parenté avec son père, qui est aussi un collègue, la direction de Radio-Canada lui demande d’utiliser le patronyme de son époux ― Hébert. Ce nom « passe-partout » la suivra pour le restant de sa carrière, même après sa séparation.

Le saviez-vous?
C’est en lisant la bande dessinée Les aventures de Tintin que Chantal Hébert décide de poursuivre une carrière en journalisme.


Comme la plupart des novices dans le métier, elle est engagée à Radio-Canada comme journaliste temporaire dans la salle de rédaction. Elle travaille d’abord le matin de 4 h à midi, quand les bureaux sont peu achalandés. Étant plutôt timide, cet horaire lui convient bien. Rapidement, la direction lui propose de couvrir l’actualité sur le terrain. Quelques mois après son embauche, le 18 septembre 1975, elle présente son tout premier reportage à la radio. Sa timidité assumée s’estompe à force de couvrir l’information régionale en Ontario et à la radio nationale de Radio-Canada.

En 1989, Chantal Hébert quitte Radio-Canada. Elle devient courriériste parlementaire pour le quotidien Le Devoir jusqu’en 1993. Elle travaille ensuite pour La Presse jusqu’en 1999. Elle y sera courriériste parlementaire, puis cheffe de bureau parlementaire et chroniqueuse politique.

Chroniqueuse politique bilingue

C’est avec audace que Chantal Hébert amorce une carrière bilingue dans les médias. Au début des années 1990, elle écrit sa première chronique pour le journal anglophone le Ottawa Citizen. Elle n’avait plus écrit en anglais depuis l’école secondaire. Grâce à son amour pour la lecture, elle renoue avec l’anglais : chaque semaine, elle dévore deux livres en français et trois en anglais.

De 1999 à 2019, Chantal Hébert travaille en tant que chroniqueuse politique au Toronto Star. Elle travaille également comme pigiste. Elle publie des chroniques dans le Ottawa Citizen, la London Free Press et le National Post.

Par le ton imagé de ses analyses journalistiques, Chantal Hébert s’adapte aux différents médias, heures de diffusion et types d’émissions auxquels elle participe. Elle signe régulièrement des chroniques politiques pour des médias d’information francophones, comme L’Actualité et sur les ondes de Radio-Canada. Elle est également présente dans les médias anglophones, notamment à la CBC et au National Newswatch.

Je ne pense pas que ça existe l’impartialité ou l’objectivité. Je pense que ce qui existe, c’est l’honnêteté. Il faut parler de ce que l’on voit et expliquer pourquoi on arrive aux conclusions auxquelles on arrive.

– Chantal Hébert, à propos de son travail.


Le lendemain de son 71e anniversaire, le 25 avril 2025, la chroniqueuse politique célèbre le fait d’avoir passé le cap de 50 années de métier dans l’écosystème de l’information. Au cours de sa longue carrière, elle s’est trouvée aux premières loges de nombreux moments forts. Elle a couvert d’innombrables élections, le scandale du programme de commandites, les polémiques, les référendums de 1980 et 1995, les tensions linguistiques, l’Accord de Charlottetown, etc.

Le saviez-vous?
Elle aimerait avoir la cape d’invisibilité de Harry Potter pour écouter en cachette les huis clos des partis politiques.


Livres

  • French kiss : le rendez-vous de Stephen Harper avec le Québec (2007)
  • Confessions post-référendaires : les acteurs politiques de 1995 et le scénario dun oui, coécrit avec Jean Lapierre (2014)
  • Le petit Hébert : la politique canadienne expliquée à mon voisin (2015)

Prix et distinctions