La réserve de parc national Thaidene Nëné, qui se trouve dans le bras est du Grand lac des Esclaves, dans les Territoires du Nord-Ouest, revêt une grande importance historique et culturelle pour les peuples autochtones. Elle couvre plus de 14 000 km² et se trouve au cœur de l’aire protégée autochtone Thaıdene Nëné. Depuis la forêt boréale jusqu’aux lacs, en passant par la toundra subarctique et les cours d’eau impétueux, le vaste éventail d’écosystèmes de ce parc témoigne de la beauté diversifiée de ce territoire. En août 2019, il est classé comme réserve de parc national, ce qui en fait le 49e parc national du pays.
Nom
Thaidene Nëné signifie « terre des ancêtres » en dënesųłiné Yati. Pour les Dénés de Łutsël K’é, cette terre est le cœur de leur patrie.
Paysages et vie sauvage
Avec une superficie de plus de 14 000 km², la réserve de parc national Thaidene Nëné se distingue par sa diversité de paysages, allant de la forêt boréale à la toundra en passant par les écosystèmes d’eau douce. Ponctué de cours d’eau, de dizaines de lacs, de chutes d’eau, d’îles isolées et de falaises escarpées, le parc offre un habitat idéal à de nombreux animaux.
Les écosystèmes de la forêt et de la toundra offrent un environnement propice à la prospérité des caribous, des orignaux, des loups, des ours, des bœufs musqués, des renards, des lynx et de nombreux autres petits mammifères et oiseaux. De grands lacs et cours d’eau douce servent quant à eux d’habitat idéal pour le touladi, le corégone et le grand brochet, ainsi que pour le castor et d’autres mammifères aquatiques. Grâce à son faible niveau d’activité humaine, ce parc constitue un véritable havre de paix pour les plantes et les animaux sauvages.

Activités récréatives
Ce parc convient parfaitement aux randonneurs de l’arrière-pays expérimentés qui possèdent les compétences nécessaires en secourisme et en survie en pleine nature. Avec ses 700 kilomètres de rivage bordant le Grand lac des Esclaves, ainsi que ses innombrables voies navigables et lacs au réseau complexe, ce parc est réputé pour ses possibilités de pêche sportive et de portage. Les amateurs de pêche peuvent y capturer le touladi, l’ombre arctique, le grand brochet, le grand corégone et d’autres espèces de poissons.
Bien que le parc ne dispose pas de terrains de camping ni de sentiers de randonnée aménagés, les visiteurs sont encouragés à faire du camping sauvage et à explorer le territoire sans laisser de traces.
Thaidene Nëné est un parc isolé sans accès routier. Les visiteurs doivent donc s’y rendre par vol nolisé, par bateau ou par motoneige. Beaucoup partent de Yellowknife, située à environ 190 km du parc. Il est également possible de se rendre à Łutsël K'é, la collectivité la plus proche du parc qui est desservie par des vols quotidiens. De là, un court trajet en bateau d’environ 15 minutes ou en motoneige vous amène à la limite du parc. Plusieurs autres entreprises de vols affrétés proposent des excursions guidées, des expériences culturelles et des services de transport. Beaucoup d’entre elles offrent des excursions aériennes en avion à hélices ou en hélicoptère afin d’admirer le vaste paysage à vol d’oiseau.
Gestion du parc
La gestion du parc est partagée entre Parcs Canada et plusieurs gouvernements autochtones : la Première Nation dénée de Łutsël K’é, la Nation métisse des Territoires du Nord-Ouest, la Première Nation Deninu Kųę́ et la Première Nation des Dénés Yellowknives (voir Premières Nations dans les Territoires du Nord-Ouest).
Ce parc revêt une grande importance pour les collectivités autochtones de la région. Pour cette raison, le conseil de gestion de Thaidene Nëné (Thaıdene Nëné Xá Dá Yáłtı) élabore un plan des relations plutôt qu’un plan de gestion. Il fournit ainsi des objectifs et des orientations stratégiques pour la préservation du parc. Cette approche remet en question la notion de propriété foncière, qui renforce la division entre la terre et les populations, et favorise plutôt une relation avec le territoire.
Le saviez-vous?
Fort Reliance, érigé en 1833 par la Compagnie de la Baie d’Hudson, est un lieu historique national et territorial. Il est situé à l’embouchure de la rivière Lockhart, dans la réserve de parc national Thaidene Nëné. Il a servi de camp de base pour diverses expéditions menées par le capitaine George Back, un officier de la British Royal Navy qui explorait l’Arctique canadien.
Services aux visiteurs
Bien que la réserve de parc national Thaidene Nëné soit un parc éloigné et dépourvu de services pour les visiteurs, un « camp d’accueil » y est installé tout au long du mois de juillet. Il permet d’accueillir les touristes dans la tradition dénée. Les détenteurs du savoir traditionnel déné et le personnel de Parcs Canada accueillent les visiteurs en leur servant du thé et de la bannique, en organisant des rassemblements autour d’un feu de camp et en démontrant diverses pratiques culturelles, comme le raclage de peaux et le séchage de la viande.
Les voyageurs doivent enregistrer leur visite au parc avant leur arrivée afin de permettre au personnel du parc d’effectuer plus facilement la planification et les interventions d’urgence, le cas échéant.
Importance pour les peuples autochtones
Pour les Dénés de Łutsël K’é, cette terre est le cœur de leur patrie. Le parc est situé dans l’aire protégée autochtone Thaıdene Nëné, également connue sous le nom de « terre des ancêtres », et les collectivités autochtones environnantes assurent l’intendance environnementale de la région.
Le projet de création d’un parc national est envisagé pour la première fois dans les années 1960. Il est toutefois suspendu dans les années 1970, car les membres de la Première Nation dénée de Łutsël K’é se montrent réfractaires à l’idée. En 2000, le chef Felix Lockhart relance l’idée afin de protéger le paysage contre le développement. Après de nombreuses discussions entre le gouvernement des Territoires du Nord-Ouest, Parcs Canada, la Première Nation dénée de Łutsël K’é, la Nation métisse des Territoires du Nord-Ouest et d’autres groupes autochtones, le paysage est désigné réserve de parc national en août 2019.
Le saviez-vous?
La collectivité de Łutsël K’é s’appelait autrefois Snowdrift, car elle est située à l’embouchure de la rivière Snowdrift. Elle a été établie par un poste de traite de la Baie d’Hudson en 1925. Aujourd’hui, environ 300 personnes y vivent, mais elles n’y ont accès que par bateau, avion ou motoneige. Elle est considérée comme la porte d’entrée de la réserve de parc national Thaıdene Nëné.