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Réserve de parc national Nááts'įhch'oh

La réserve de parc national Nááts’ihch’oh est située sur les terres traditionnelles des Shúhtaot'ine (Dénés des montagnes), dans la partie sud-ouest des Territoires du Nord-Ouest, près de la frontière du Yukon. C’est un parc national d’arrière-pays. Il n’y a pas de services aux visiteurs ni d’installations. Comme il n’y a pas de route pour y accéder, la plupart des visiteurs y arrivent en hydravion. Créé en décembre 2014, ce parc est le 44e parc national du Canada. Les rapides difficiles de la Tehjeh Deé (rivière Nahanni Sud) attirent de nombreux rafteurs expérimentés.

De l’eau et des montagnes en arrière-plan.

Paysage

La réserve de parc national Nááts’ihch’oh couvre une superficie de 4 895 km2, s’étendant sur une grande partie du nord-est des Rocheuses jusqu’à la limite est du Yukon.

Le parc est principalement constitué de montagnes imposantes et de cours d’eau vive. Cette chaîne de montagnes révèle d’importantes caractéristiques géologiques qui racontent l’histoire de la Terre (voir Histoire géologique du Canada). Des fossiles aquatiques et des spécimens de poissons trouvés dans la montagne indiquent que cette aire de répartition était autrefois submergée, avant que les couches de roche sédimentaire ne se déforment et ne se soulèvent pour former les montagnes que nous connaissons aujourd’hui.

Cette réserve protège le bassin versant de la Tehjeh Deé (rivière Nahanni Sud) ainsi que le Túoch'ee Tué (lac O’Grady), qui se déverse dans la Túoch'ee Deé (rivière Natla). La plupart des cours d’eau sont gelés sept mois par année. À la fonte, le ruissellement glaciaire crée rapidement des rapides difficiles qui attirent les rafteurs expérimentés. Ces rivières ont longtemps servi de voie de transport précieuse entre les montagnes et les basses terres pour les Dénés et les Métis du Sahtu.

Le parc comprend quatre principaux écosystèmes terrestres : alpin, subalpin, humide et géothermique. Chacun d’eux possède une vie végétale distincte qui contribue à l’équilibre fragile du milieu. Alors que les écosystèmes alpins profitent de conditions climatiques rigoureuses et de hautes altitudes favorables à la résistance des plantes, les terres humides créent des milieux plus luxuriants où se développent des espèces végétales adaptées aux zones humides. Les écosystèmes subalpins favorisent une végétation dense et des floraisons précoces, tandis que les zones géothermiques abritent des sources chaudes et des micro-écosystèmes délicats. Le parc compte plus de 200 plantes vasculaires, ainsi que d’autres espèces de lichens et de mousses.


Vie sauvage

Comme ce parc est en grande partie préservé de toute intervention humaine, il sert de refuge à d’innombrables espèces. On y trouve notamment des grizzlis, des mouflons, des chèvres de montagne et des caribous des bois.

On observe quatre espèces de poissons dans le parc : le chabot visqueux, l’ombre arctique, la lotte et la truite de lac. Bien que les eaux froides et rapides soient favorables à de nombreuses espèces de poissons, des obstacles géographiques, tels que les chutes Virginia (Náįlįcho) dans la réserve de parc national Nahanni à proximité, qui présentent une ascension de 96 mètres impraticable pour les poissons, les empêchent de migrer en amont. La pêche est actuellement interdite dans le parc. Seule la pêche traditionnelle par les peuples autochtones locaux est autorisée pour le moment.

Gestion du parc et installations pour les visiteurs

Le parc, qui occupe une région isolée, principalement utilisée pour les aventures dans l’arrière-pays, ne dispose d’aucune installation pour les visiteurs. Le bureau du parc, situé à Tulita, dans les Territoires du Nord-Ouest, n’est accessible que par avion, par une route de glace en hiver ou en canot sur le Deh Cho (fleuve Mackenzie).

En juin 2025, on commence la construction d’un nouveau centre culturel pour la réserve de parc national Nááts’įhch’oh. Il servira d’espace d’exposition, de lieu d’accueil des activités de Parcs Canada, de carrefour pour les visiteurs et d’espace communautaire pour les événements. Son inauguration est prévue à l’automne 2026.

Importance pour les Autochtones

Ce parc est situé sur les terres traditionnelles des Shúhtaot'ine (Dénés des montagnes) et revêt une grande importance pour plusieurs collectivités autochtones de la région. La montagne imposante qui domine le parc et qui lui a donné son nom, Nááts’ihch’oh, est considérée comme détentrice du díígóɂo (pouvoir préhistorique). Elle a conféré de la force aux Shúhtaot’ine pendant de nombreuses générations.

Aujourd’hui encore, les Shúhtaot'ine y pratiquent la chasse, la pêche et la cueillette pour se nourrir et se soigner (voir Plantes traditionnelles et peuples autochtones au Canada et Médecine traditionnelle des Premières Nations au Canada). Ils ont sillonné les voies navigables complexes et les terrains montagneux bien avant que les aventuriers ne commencent à parcourir le territoire. Partageant désormais leur territoire avec ceux qui souhaitent en découvrir la beauté, les Shúhtaot'ine veillent à ce que leur culture soit intégrée au parc afin de mieux faire connaître son importance historique.

Le parc utilise la langue traditionnelle dénée (des esclaves) des Shúhtaot'ine pour nommer les différents endroits et repères, dans un souci de préservation de leur culture.


Conservation

Les Shúhtaot'ines jouent un rôle important dans le plan de gestion de la conservation du parc. Leur lien avec la terre, la vie sauvage, l’eau et les endroits spirituellement sacrés oriente les décisions en matière de conservation.

La collaboration entre les collectivités autochtones et le personnel de Parcs Canada permet d’élargir les points de vue et d’améliorer la préservation des terres. Les recherches scientifiques réalisées dans le parc contribuent à une meilleure compréhension de son état actuel, tandis que l’intégration des pratiques autochtones crée un lien profond avec la terre.