La communauté pakistanaise au Canada regroupe des Canadiens dont les origines familiales remontent au Pakistan. L’immigration au Canada en provenance du territoire qui allait devenir le Pakistan demeure limitée jusqu’au milieu du 20e siècle. Elle augmente ensuite progressivement à mesure que le Canada réforme son système d’immigration et ouvre des voies d’accès à l’immigration de travailleurs qualifiés (voir Immigration économique au Canada) et au regroupement familial (voir Politique d’immigration au Canada).
Selon le recensement de 2021, 303 260 personnes au Canada déclarent une origine ethnique ou culturelle pakistanaise (0,83 % de la population nationale). La communauté reflète une diversité d’origines ethniques, linguistiques et religieuses. Les Canadiens d’origine pakistanaise vivent principalement dans les grands centres urbains, notamment à Toronto, Calgary, Montréal, Vancouver et Edmonton.
Aperçu
Le Pakistan est un pays d’Asie du Sud qui partage des frontières avec l’Iran, l’Afghanistan, la Chine et l’Inde. On y trouve diverses origines régionales et ethniques. Parmi celles-ci figurent notamment les Pendjabis, les Cachemiriens, les Sindhis, les Saraikis, les Baloutches et les Pachtounes. Cette diversité se reflète dans les nombreuses langues parlées dans l’ensemble du pays, dont l’ourdou, le pendjabi et le pachtoune. Les Pakistanais sont majoritairement musulmans. Toutefois, il existe une diversité religieuse considérable au sein même de l’islam. Le pays compte également des groupes religieux minoritaires, notamment des chrétiens, des hindous et des sikhs.
L’État moderne du Pakistan trouve son origine dans la partition de l’Inde britannique en 1947. Les Britanniques divisent la nation en deux entités : l’Inde et le Pakistan. Ils le font selon des critères religieux, le Pakistan étant à majorité musulmane. Toutefois, les nouvelles frontières ne satisfont que peu de gens et entraînent le déplacement de millions de personnes, de graves violences et des souffrances intenses.
À l’origine, le Pakistan est divisé en deux régions géographiquement distinctes : le Pakistan-Occidental et le Pakistan-Oriental. En 1971, le Pakistan-Oriental devient le Bangladesh à la suite d’une guerre civile alimentée par des tensions politiques et linguistiques.
En 2026, la population du Pakistan est estimée à environ 262 millions de personnes.
Migration et établissement
Les premières migrations sud-asiatiques de l’Inde britannique vers le Canada commencent à la fin des années 1800 et au début des années 1900. (Voir aussi Immigration au Canada.) Elles sont liées aux routes empruntées par les militaires et les voyageurs coloniaux britanniques à l’époque. En 1897, des soldats sud-asiatiques en provenance de Hong Kong et des États malais traversent la Colombie-Britannique. (Voir aussi Jubilé de diamant de la reine Victoria – 1897.) On croit qu’ils racontent des histoires sur la vie et les possibilités d’établissement dans la région, ce qui permet à un plus grand nombre de Sud-Asiatiques de se renseigner sur le Canada.
Dès 1903, un petit nombre d’hommes sud-asiatiques, principalement sikhs, commencent à arriver à Vancouver et à Victoria comme immigrants. Ce mouvement progressif marque le début de l’établissement des Sud-Asiatiques en Colombie-Britannique. Imanat Ali Khan, Barkatullah et Muhammed Akbar comptent probablement parmi les premiers migrants musulmans connus originaires du sous-continent indien. Leurs récits sont également liés au voyage du Komagata Maru (Guru Nanak Jahaz), soit comme passagers, soit comme témoins. Le navire transporte 337 passagers sikhs, ainsi que 27 musulmans et 12 hindous. Fait notable, la plupart des passagers musulmans sont originaires du district de Shahpur, dans l’ouest du Pendjab. Aujourd’hui, cette région fait partie du Pakistan.

À partir de 1907, la migration vers le Canada en provenance du territoire qui allait devenir le Pakistan demeure limitée en raison de politiques d’immigration racistes. (Voir aussi Émeute anti-asiatique de Vancouver de 1907.) La petite population sud-asiatique se trouve principalement en Colombie-Britannique. Ces personnes vivent dans une communauté essentiellement masculine, ne pouvant pas faire venir leur famille et leurs enfants.
Un changement survient en 1951, lorsque le Canada et le Pakistan signent une entente sur l’immigration. Celle-ci permet à un maximum de 100 citoyens pakistanais par année d’immigrer au Canada pour y obtenir la résidence permanente. L’entente prévoit également des dispositions relatives au regroupement familial. De 1951 à 1966, environ 300 étudiants et stagiaires pakistanais viennent au Canada dans le cadre de programmes tels que le Plan de Colombo ou les bourses du Commonwealth. Bon nombre d’entre eux sont des professionnels expérimentés qui travaillent dans le secteur public pakistanais. Bien que d’une ampleur modeste, cette initiative marque un premier pas vers l’abandon des politiques d’exclusion et jette les bases des migrations ultérieures.
Un autre changement majeur survient en 1967. Le Canada remplace ses quotas d’immigration fondés sur le pays d’origine par un système de points. Le nouveau système évalue les candidats en fonction de facteurs tels que le niveau de scolarité, les compétences et l’expérience professionnelle. Ce changement ouvre de nouvelles possibilités aux immigrants provenant de pays non européens, notamment du Pakistan. Il contribue à une augmentation constante de l’immigration pakistanaise au Canada. En 1970, environ 1 010 personnes d’origine pakistanaise vivent au Canada. Elles se trouvent principalement en Ontario, au Québec et en Alberta. Beaucoup arrivent à la recherche de possibilités économiques, d’études supérieures et d’une plus grande stabilité politique.
Communauté, culture et religion
Aujourd’hui, les Canadiens d’origine pakistanaise font partie de l’ensemble de la population sud-asiatique du Canada. En 2021, les Sud-Asiatiques forment le plus grand groupe racisé au Canada. Le Pakistan demeure l’un des principaux pays d’origine au sein de cette catégorie. Les Canadiens d’origine pakistanaise représentent environ 9 % de la population sud-asiatique selon le lieu de naissance.
Le niveau de scolarité est élevé. Notamment, 61 % des Sud-Asiatiques nés au Pakistan détiennent un baccalauréat ou un diplôme de niveau supérieur.
Par l’intermédiaire d’organismes communautaires et de leur engagement civique, les Canadiens d’origine pakistanaise contribuent au caractère multiculturel du Canada tout en maintenant des liens étroits avec leur patrimoine. L’Association Pakistan-Canada, par exemple, organise des événements culturels, tandis que des mosquées ou des centres islamiques comme le Centre ISNA Canada servent de pôles communautaires. Ces organismes et institutions favorisent à la fois l’intégration des nouveaux arrivants et la vie communautaire en général.
Les Canadiens d’origine pakistanaise sont particulièrement nombreux dans la région du Grand Toronto (voir Toronto), ainsi qu’à Vancouver, Calgary, Edmonton et Montréal. Ils présentent une diversité d’origines ethniques, linguistiques et religieuses, notamment des musulmans sunnites et chiites, des ismaéliens, des ahmadis, des chrétiens, des hindous et des sikhs.
Fait notable, le Canada abrite l’une des plus importantes communautés ismaéliennes au monde en dehors de l’Asie du Sud et de l’Afrique de l’Est. Selon le premier ministre canadien Mark Carney, elle compte plus de 120 000 membres au Canada. Beaucoup de Canadiens ismaéliens retracent leurs origines familiales au Pakistan. Ils arrivent souvent de pays d’Afrique de l’Est comme l’Ouganda, le Kenya et la Tanzanie, à la suite de bouleversements politiques et de l’expulsion des personnes d’origine asiatique en 1972.
La communauté a établi d’importantes institutions au Canada, notamment le Musée Aga Khan, le Centre ismaélien de Toronto, le Centre ismaélien de Vancouver et la Délégation de l’Imamat ismaélien. Ces institutions sont devenues des symboles visibles de la présence culturelle et civique de la communauté dans la vie publique canadienne.

Canadiens d’origine pakistanaise de renom
Les Canadiens d’origine pakistanaise sont présents dans un large éventail de domaines, notamment la politique, la fonction publique, les affaires et le milieu universitaire, ainsi que les arts et le divertissement.
Dans le domaine des arts, Iman Vellani est une actrice canadienne d’origine pakistanaise de Markham (Ontario). Elle acquiert une renommée internationale grâce à son rôle principal dans la série « Miss Marvel » de Marvel. Sharmeen Obaid-Chinoy est la première Pakistanaise à recevoir un prix de l’Académie. Fawzia Mirza est une cinéaste et auteure. Son long métrage The Queen of My Dreams est présenté en première au Festival international du film de Toronto en 2023. Elle réalise également des épisodes de la série Deli Boys diffusée sur Hulu. L’auteure canadienne d’origine pakistanaise Zarqa Nawaz crée la comédie de situation canadienne La petite mosquée dans la prairie. Celle-ci suit une communauté musulmane dans une région rurale de la Saskatchewan et pose un regard comique sur la vie des immigrants au Canada.

Dans le domaine de la politique et de la vie civique, Ausma Malik, Canadienne d’origine pakistanaise de deuxième génération, est adjointe à la mairesse de Toronto. De son côté, Iqra Khalid représente la circonscription de Mississauga–Erin Mills à la Chambre des communes depuis 2015.
En 2017, la militante pour les droits des femmes Malala Yousafzai obtient la citoyenneté canadienne d’honneur et devient la plus jeune personne à prendre la parole devant la Chambre des communes du Canada.