Festival international du film de Toronto (TIFF)

Le Festival international du film de Toronto (TIFF) se déroule chaque année pendant dix jours à compter du jeudi suivant la fête du Travail. Le plus important festival de cinéma en Amérique du Nord, le TIFF n’est dépassé, sur la scène cinématographique internationale, sur le plan du prestige, que par le Festival de Cannes. Étant donné que le TIFF est ouvert au public, ce qui le différencie de la plupart des autres festivals de cinéma les plus importants au monde qui ne sont accessibles qu’aux professionnels du secteur et aux médias, il est devenu un lieu idéal pour mesurer le potentiel de séduction d’un film auprès des spectateurs. Cette situation privilégiée combinée à un positionnement idéal dans le déroulement de l’année du cinéma (en septembre) en a fait un tremplin majeur pour les prétendants aux Oscars et l’étape la plus importante du calendrier cinématographique automnal. Le TIFF est également devenu une vitrine de tout premier plan pour le cinéma canadien, pour les films documentaires et ceux de facture expérimentale.

Le Festival international du film de Toronto (TIFF) se déroule chaque année pendant dix jours à compter du jeudi suivant la fête du Travail. Le plus important festival de cinéma en Amérique du Nord, le TIFF n’est dépassé, sur la scène cinématographique internationale, sur le plan du prestige, que par le Festival de Cannes. Étant donné que le TIFF est ouvert au public, ce qui le différencie de la plupart des autres festivals de cinéma les plus importants au monde qui ne sont accessibles qu’aux professionnels du secteur et aux médias, il est devenu un lieu idéal pour mesurer le potentiel de séduction d’un film auprès des spectateurs. Cette situation privilégiée combinée à un positionnement idéal dans le déroulement de l’année du cinéma (en septembre) en a fait un tremplin majeur pour les prétendants aux Oscars et l’étape la plus importante du calendrier cinématographique automnal. Le TIFF est également devenu une vitrine de tout premier plan pour le cinéma canadien, pour les films documentaires et ceux de facture expérimentale.


Controverses

Au fil des ans, la croissance du TIFF et son ampleur toujours plus importante donnent lieu à certaines controverses, les critiques lui reprochant de se rapprocher de plus en plus, dans son fonctionnement et dans sa logique, d’un modèle d’entreprise purement commerciale et de « vendre » son âme à Hollywood, oubliant que la projection de films hollywoodiens faisait bien partie de sa mission d’origine. Dans un article virulent publié après l’édition 2016 du Festival, le critique de cinéma du Variety Peter Debruge écrit que « le TIFF est devenu un dépotoir, présentant des centaines de nouveaux films sans conservation apparente ». Il ajoute même que « le directeur artistique Cameron Bailey accepte visiblement n’importe quel film mettant en vedette quelques personnalités connues — à condition qu’elles veuillent bien fouler le tapis rouge, évidemment ». De la même façon, des voix s’élèvent pour pointer du doigt l’envolée du prix des billets et pour critiquer, de façon récurrente, le système de billetterie lui‑même, les accusant de restreindre l’accès du plus grand nombre et de favoriser une certaine forme d’exclusivité. Le TIFF, en réaction à certaines critiques, réduit de 20 % le nombre de films de sa programmation de 2017, et il retranche deux de ses seize programmes et deux de ses onze salles de visionnement.

En 1978, le Festival connaît une première soirée mémorable et controversée, le film du jeune et ambitieux producteur Robert Lantos, In Praise of Older Women, ayant dû, avant même l’ouverture de la manifestation, faire face aux foudres de la Commission de censure de l’Ontario. Les organisateurs exploitent au mieux cette controverse, et le battage médiatique qui s’ensuit, vendant plus de billets pour cette soirée qu’il n’y a de places disponibles, ce qui débouche pratiquement sur une émeute, des spectateurs munis de billets étant incapables de pénétrer dans la salle.

En 2004, des militants des droits des animaux protestent avec colère contre le documentaire Casuistry: The Art of Killing a Cat, présentant le projet artistique de trois Torontois dans le cadre duquel ils avaient torturé et tué un chat, tout en filmant la scène (que l’on ne voit pas dans le film). Les manifestants exigent le retrait du film et, après le refus des organisateurs de céder à leurs injonctions, tentent d’empêcher l’accès des spectateurs aux projections. L’opposition s’avère tellement tapageuse et brutale que le programmateur qui avait sélectionné le film reçoit même des menaces de mort à domicile.

Le Festival suscite également la controverse lors du lancement, en 2009, du programme City to City qui met en vedette Tel‑Aviv en Israël. De nombreux réalisateurs et célébrités signent une pétition contre ce programme en alléguant que le TIFF se montrerait ainsi complice de la propagande israélienne « antiGaza ». En signe de protestation, le cinéaste canadien John Greyson décide de retirer son film de la programmation. (Les programmes City to City et Vanguard sont abandonnés en 2017.)

Sa réaction, en 2014, aux empiétements de plus en plus nombreux du Telluride Film Festival sur le statut de « premières » des films présentés à Toronto place également le Festival sous le feu des projecteurs. Telluride, un festival relativement modeste se tenant dans le Colorado auquel participent, pour l’essentiel, des professionnels, propose régulièrement en avant‑première, sans déclencher de controverses, des films faisant partie de la sélection du TIFF; toutefois, l’attention des médias se faisant de plus en plus marquée, il devient difficile de contenir les réactions avant la première officielle à Toronto. C’est dans ce contexte que, dans un appel à la transparence, le directeur artistique du TIFF, Cameron Bailey, annonce que désormais les films projetés à l’occasion de la première fin de semaine, si recherchée, devront impérativement être des premières mondiales ou nord‑américaines. Certains distributeurs décrivent cette décision comme « impérialiste ». Toronto a depuis assoupli sa position en choisissant plutôt de réserver, durant les quatre premières journées, les salles les plus en vue aux premières des films les plus médiatiques. Les spectateurs se montrent généralement indifférents aux premières présentées à Telluride, The Imitation Game et Room remportant, deux années de suite, respectivement en 2014 et en 2015, le Prix du public du TIFF.

Prix

Le Prix du public constitue la principale récompense, attribuée à la suite d’un vote des spectateurs, à l’occasion du TIFF. Outre les films mentionnés ci‑dessus, de nombreuses œuvres ayant connu par la suite une carrière remarquable ont également décroché ce prix, notamment The Princess Bride de Rob Reiner en 1987, Roger & Me de Michael Moore en 1989, Strictly Ballroom de Baz Luhrmann en 1992 et Amélie de Jean‑Pierre Jeunet en 2001. Trois films canadiens ont également, au cours des différentes éditions, remporté cette récompense : Le Déclin de l’empire américain de Denys Arcand en 1986, Le Jardin suspendu de Thom Fitzgerald en 1997 et Eastern Promises de David Cronenberg en 2007.

Petit à petit, le Prix du public a acquis un statut de « baromètre » pour la saison des prix, de nombreux vainqueurs ayant, par la suite, obtenu plusieurs sélections aux Oscars, notamment Shine en 1996, Life is Beautiful en 1998, Crouching Tiger, Hidden Dragon en 2000, Tsotsi en 2005, Precious: Based on the Novel ‘Push’ by Sapphire en 2009, The King’s Speech en 2010, Silver Linings Playbook en 2012, 12 Years a Slave en 2013, The Imitation Game en 2014, Room en 2015, La La Land en 2016, Three Billboards Outside Ebbing, Missouri (2017) et Green Book (2018).

En 2009, les organisateurs ajoutent deux nouveaux prix du public pour les programmes Documentary et Midnight Madness. Le Festival propose également des prix FIPRESCI émanant de jurys de critiques cinématographiques internationaux pour les sections Special Presentations et Discovery.

Toronto attribue également des prix à des œuvres canadiennes, notamment pour le meilleur court métrage et pour le meilleur premier long métrage, des films comme Cube de Vincezo Natali en 1997, Last Night de Don McKellar en 1998 et Marion Bridge de Wiebke von Carolsfeld en 2002 ayant remporté ce dernier. Parmi les vainqueurs du prix décerné au meilleur long métrage canadien, on trouve Roadkill de Wiebke von Carolsfeld en 1989, Kanehsatake : 270 ans de résistance d’Alanis Obamsawin en 1993, Exotica et The Sweet Hereafter d’Atom Egoyan en 1994 et en 1997, Atanarjuat (The Fast Runner) de Zacharias Kunuk en 2001, Les Invasions barbares de Denys Arcand en 2003, C.R.A.Z.Y. de Jean‑Marc Vallée en 2005, My Winnipeg de Guy Maddin en 2007, Incendies de Denis Villeneuveen en 2010, Monsieur Lazhar de Philippe Falardeau en 2011 et Laurence Anyways de Xavier Dolan en 2012.

En 2015, le TIFF introduit un nouveau programme compétitif, Platform, nommé ainsi d’après le film de Jia Zhangke qui offre un prix de 25 000 $ et cherche à donner un coup de pouce à des réalisateurs du monde entier s’affirmant comme des valeurs montantes du cinéma d’auteur. Le réalisateur canadien Alan Zweig est le premier lauréat de ce nouveau prix pour son documentaire Hurt à propos du coureur canadien Steve Fonyo. Cette même année, le Festival introduit son programme Primetime qui présente six émissions télévisées en provenance des quatre coins du monde.

Programmes annuels affiliés

Le TIFF soutient la culture cinématographique canadienne et internationale dans le cadre de différentes initiatives fonctionnant tout au long de l’année. L’une d’entre elles, Film Circuit est introduite en 1989 pour amener les films du Festival aux collectivités de tout le Canada mal desservies par les petits distributeurs. Le TIFF en prend le contrôle en 1995 et crée le festival Canada’s Top Ten en 2001. En 1990, Toronto reprend l’Ontario Film Institute et lance le projet Cinémathèque Ontario (aujourd’hui TIFF Cinematheque) un programme de recherche, d’organisation et de projection des grands classiques du cinéma mondial. Le Festival met en place la Film Reference Library qui abrite la collection en langue anglaise la plus étendue au monde de documents de recherche et d’objets cinématographiques.

En 1998, le TIFF lance le Festival Sprockets (devenu le TIFF Kids International Film Festival) ciblant un public familial. En 1999, le TIFF débute les projections de la série Talk Cinema (aujourd’hui Reel Talk) qui propose des projections en avant‑première de nouveaux films suivies de débats. Les professionnels organisent également plusieurs initiatives par l’intermédiaire du TIFF, notamment PITCH CE depuis 2000, Talent Lab depuis 2004 et TIFF Rising Stars depuis 2011, qui visent à favoriser l’émergence de projets canadiens et à soutenir les cinéastes et les acteurs locaux.


Liens externes

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