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Ambroise-Didyme Lépine

Ambroise-Didyme Lépine (parfois écrit Ambroise-Dydime Lépine), chef de résistance métis, fermier, politicien (né le 18 mars 1840 à Saint-Boniface au Manitoba; décédé le 8 juin 1923 dans la même ville). Ambroise-Didyme Lépine était un membre du gouvernement provisoire de Louis Riel durant la Résistance de la rivière Rouge, et il a joué un rôle dans l’arrestation de ceux qui s’opposaient à Louis Riel. En tant qu’adjudant général, il a supervisé le procès qui a mené à l’exécution de Thomas Scott.

Ambroise-Didyme Lépine

Jeunesse

Ambroise-Didyme Lépine naît en mars 1840 à Saint-Boniface, dans ce qui est éventuellement devenu le Manitoba. Ses parents sont Jean-Baptiste Lépine et Julie Henry. Il fait ses études au Collège de Saint-Boniface. Il épouse Cécile Marion, qui est également d’origine canadienne-française et métisse. Six de leurs quatorze enfants survivent à la petite enfance. Le couple exploite une ferme sur une parcelle de terre au bord de la rivière à Saint-Boniface, et Ambroise-Didyme Lépine travaille également comme chasseur et transporteur de marchandises.

Carte cadastrale des terrains riverains le long de la rivière Rouge à Saint-Norbert et Saint-Vital au Manitoba

Résistance de la rivière Rouge, 1869–1870

En 1869, la Compagnie de la Baie d’Hudson cède son contrôle du vaste territoire de la Terre de Rupert, qui comprend la colonie de la rivière Rouge. Des divisions apparaissent alors entre les Métis francophones catholiques et les anglophones protestants. Les Métis commencent également à se méfier des intentions du gouvernement canadien, qui les ignore dans les négociations avec d’autres parties pour le contrôle de la gouvernance de la région.

En novembre 1869, Louis Riel est choisi pour représenter les Métis et il forme un gouvernement provisoire. Il déclare que le transfert de pouvoir de la Compagnie au Canada ne devrait pas avoir lieu tant que les revendications des Métis ne sont pas satisfaites.

Ambroise-Didyme Lépine déclare publiquement son soutien à Louis Riel et à la protection des droits des Métis. Sur l’ordre de Louis Riel, Ambroise-Didyme Lépine et 14 autres personnes repoussent et font faire demi-tour à une équipe d’arpenteurs canadiens et à William McDougall, lieutenant-gouverneur nommé par le Canada, qui se rendent à la colonie de la rivière Rouge. Ambroise-Didyme Lépine et une centaine d’autres Métis capturent ensuite un groupe de Canadiens, dont John Christian Schultz, rédacteur en chef du journal Nor’-Wester de la colonie de la rivière Rouge, qui a demandé au Canada d’annexer le territoire de la colonie.

Le 8 janvier 1870, Louis Riel nomme Ambroise-Didyme Lépine adjudant général du gouvernement provisoire, ce qui est en fait le poste de ministre de la Justice. Il est ensuite élu député de Saint-Boniface au sein de ce gouvernement provisoire. Il est également président du conseil militaire du gouvernement.

En tant qu’adjudant général, en février 1870, Ambroise-Didyme Lépine supervise l’arrestation du major Charles Arkoll Boulton et de plusieurs de ses hommes qui ont tenté sans succès de s’emparer de Upper Fort Garry. Parmi les hommes de Charles Arkoll Boulton se trouve Thomas Scott. Durant sa détention, Thomas Scott profère des insultes et des provocations à l’encontre des Métis. Il est jugé pour trahison. Ambroise-Didyme Lépine préside le tribunal et reconnait Thomas Scott coupable. Il le condamne à mort.

L’exécution de Thomas Scott indigne les protestants anglophones de l’Ontario. Le premier ministre sir John A. Macdonald ordonne l’envoi de troupes vers l’ouest pour réprimer ce qu’il considère comme une rébellion. En août, Louis Riel et Ambroise-Didyme Lépine fuient les troupes qui s’avancent et ils trouvent éventuellement refuge aux États-Unis.

Après la résistance

Ambroise-Didyme Lépine retourne dans la région de la rivière Rouge en 1871 (voir Colonie de la rivière Rouge). En octobre, il devient capitaine de la milice de Saint-Boniface et forme des hommes pour défendre la nouvelle province du Manitoba contre les raids féniens qui menacent de franchir la frontière américaine. Lorsque des rumeurs concernant son arrestation se font à nouveau entendre, Ambroise-Didyme Lépine s’enfuit encore une fois aux États-Unis.

En mai 1873, Ambroise-Didyme Lépine retourne de nouveau à Saint-Boniface. En septembre, il est arrêté pour le meurtre de Thomas Scott. Le procès est reporté à plusieurs reprises, et en décembre 1873, Ambroise-Didyme Lépine est libéré sous caution de 8000 $.

Le procès se termine finalement le 4 novembre 1874, le jury déclarant Ambroise-Didyme Lépine coupable de meurtre. Le juge ordonne sa pendaison. Le verdict et la sentence suscitent une vive controverse dans tout le Canada. Le premier ministre Alexander Mackenzie fait appel au gouverneur général lord Dufferin, qui commue la peine d’Ambroise-Didyme Lépine à deux ans de prison. Ambroise-Didyme Lépine se voit offrir la liberté s’il accepte de quitter le Canada pendant cinq ans, mais il refuse.

Après sa libération, en octobre 1876, Ambroise-Didyme Lépine contribue à la création de l’Union Saint-Alexandre, un organisme de défense des droits et des intérêts des Métis. Plus tard, il occupe le poste de vice-président d’une section de la Société Saint-Jean-Baptiste, qui se consacre à la protection des droits des Canadiens français.

En 1879, Ambroise-Didyme Lépine se rend dans le Montana pour rencontrer Louis Riel, qui y est alors toujours en exil. Bien qu’il passe tout l’hiver sur place, des preuves indiquent qu’il semble que Ambroise-Didyme Lépine ne réussit pas à rencontrer Louis Riel. Alors que les troubles s’intensifient dans le Nord-Ouest, Ambroise-Didyme Lépine abandonne la politique et retourne à sa ferme auprès de sa famille (voir Résistance du Nord-Ouest).

Années ultérieures

En 1882, Ambroise-Didyme Lépine et sa famille déménagent sur une nouvelle ferme située au sud de Winnipeg. Neuf ans plus tard, lorsque la ferme est détruite par un incendie, la famille recommence à zéro en s’installant à Oak Lake. L’arrivée massive de colons anglophones, les mauvaises récoltes, et ensuite le décès de sa femme en 1908, mènent Ambroise-Didyme Lépine à aller vivre chez l’un de ses enfants.

En 1909, Ambroise-Didyme Lépine cofonde le comité d’histoire de l’Union nationale métisse Saint-Joseph du Manitoba afin de pouvoir raconter l’histoire des Métis d’un point de vue métis. Des entrevues avec Ambroise-Didyme Lépine contribuent à la rédaction d’une histoire sur le peuple métis.

Ambroise-Didyme Lépine déménage ensuite à Quibell en Ontario, où il vit chez l’une de ses petites-filles. Il retourne éventuellement à Saint-Boniface, où il meurt au printemps de 1923. Le premier ministre du Manitoba et d’autres dirigeants provinciaux assistent à ses funérailles. Ambroise-Didyme est inhumé dans une tombe voisine de celle de Louis Riel.

Plaque commémorative d’Ambroise-Didyme Lépine