L’escarpement du Manitoba est une crête d’environ 675 km de long. Il se situe principalement dans le sud-ouest du Manitoba et se prolonge jusque dans le centre-est de la Saskatchewan et le nord-est du Dakota du Nord, aux États-Unis (voir Escarpements au Canada). La portion qui s’étend aux États-Unis est connue sous le nom d’escarpement de PembinaL’escarpement abrite les points les plus élevés du Manitoba et divise les Prairies canadiennes en deux niveaux. On a découvert plusieurs des fossiles les plus rares et les plus célèbres du Manitoba le long de l’escarpement du Manitoba, dans des affleurements rocheux marins du Crétacé datant de 66 à 120 millions d’années. Aujourd’hui, la topographie, les sols et les microclimats variés de l’escarpement abritent une communauté végétale et animale diversifiée, dont plusieurs espèces en péril.

Géographie physique
L’escarpement du Manitoba est une crête de 675 km de long qui s’étend du nord-ouest au sud-est. Elle se compose de cinq dômes, dont les collines Pembina, le mont Riding, le mont Duck et les collines Porcupine et Pasquia. La majeure partie de cette formation se trouve dans le sud-ouest du Manitoba. Son extrémité nord-ouest se situe dans le centre-est de la Saskatchewan, tandis que son extrémité sud-est se trouve dans le Dakota du Nord, aux États-Unis. Le mont Baldy, situé dans le parc provincial du mont Duck, est le point culminant du Manitoba. Il s’élève à environ 830 m au-dessus du niveau de la mer.
L’escarpement du Manitoba divise les Prairies canadiennes du Manitoba et de la Saskatchewan en deux parties : le premier niveau des Prairies, à l’est, qui est plus bas, et le deuxième niveau des Prairies, à l’ouest, qui est plus élevé. Le réseau hydrographique du deuxième niveau fait partie du bassin versant de la rivière Assiniboine et se déverse dans la rivière Rouge à Winnipeg, au Manitoba. Le réseau hydrographique du premier niveau fait partie du bassin versant de la rivière Rouge, à l’extrémité sud de l’escarpement du Manitoba. Il fait aussi partie du sous-bassin versant du lac Manitoba du bassin versant du lac Winnipeg, à l’extrémité nord de l’escarpement.
Géologie
Les caractéristiques de surface le long de l’escarpement du Manitoba, comme la forte inclinaison de la pente des collines et des vallées, témoignent de la présence du substrat rocheux crétacé sous-jacent. Le substrat rocheux, qui date d’environ 50 à 120 millions d’années, du Paléogène au Crétacé, se compose principalement de lits de mudstone et, dans une moindre mesure, de couches de calcaire et de grès. Les unités lithostratigraphiques du Crétacé supérieur se sont déposées dans la voie maritime intérieure de l’Ouest, tandis que celles du Paléogène se sont déposées dans un vestige plus petit de la voie maritime, appelé la mer de Cannonball. Parmi les unités lithostratigraphiques visibles à la surface, les plus anciennes se trouvent à l’extrémité nord-ouest, près de Swan River, au Manitoba. Les plus jeunes s’étendent le long de l’extrémité sud-est, près de Boissevain, dans cette même province.
Les roches du Crétacé supérieur de l’escarpement du Manitoba sont recouvertes de gravier, de sable, de limon et d’argile du Quaternaire (de 0 à 2,6 millions d’années). Cette couche correspond aux périodes glaciaires et au lac glaciaire Agassiz, qui est plus récent. On trouve encore, dans certaines régions situées en contrebas de l’escarpement, des plages anciennes du lac Agassiz, qui montrent que son niveau a progressivement baissé.
Le saviez-vous?
Des fossiles rares de reptiles marins qui nageaient autrefois dans la voie maritime intérieure de l’Ouest du Crétacé ont été découverts dans le substrat rocheux exposé le long de l’escarpement du Manitoba. Parmi les plus remarquables figurent le squelette partiel du crocodile Terminonaris robusta, un grand squelette du mosasaure Tylosaurus pembinensis et la moitié avant presque complète d’un grand squelette de pliosaure. Ces trois fossiles sont exposés dans des musées publics du Manitoba et peuvent être observés de près. Le crocodile est exposé au musée de Fort Dauphin, à Dauphin, le mosasaure, au Canadian Fossil Discovery Centre, à Morden et le pliosaure, au Musée du Manitoba Museum, à Winnipeg.
Communauté végétale et animale
La topographie variée de l’escarpement du Manitoba offre en éventail de microclimats propices à l’épanouissement de diverses communautés florales. En général, les collines Pasquia et Porcupine ainsi que les monts Duck et Riding, situés à l’extrémité nord de l’escarpement, abritent des forêts boréales. Quant aux collines Pembina, à l’extrémité sud, elles abritent des forêts-parcs et des prairies. Localement, des espèces boréales adaptées à des environnements plus froids et plus humides poussent sur les pentes nordiques fraîches et dans les tourbières. On compte parmi elles le bouleau à papier, la shépherdie du Canada, le cornouiller du Canada, l’astrophytum aux mille taches et la linnée boréale. Les versants et les massifs du sud, plus chauds et plus secs, abritent des espèces tolérantes à la sécheresse. Parmi celles-ci figurent l’armoise à longues feuilles, la gutierrézie faux-sarothra, la mauve des prairies, l’astragale du Missouri, la violette de Nuttall, le tournesol, le musinéon divariqué, l’ail tissu et la raquette à crins blancs. Les graminées le long de l’escarpement se composent principalement de seigle bâtard, d’agropyre, de koelérie à crête et de pâturin des prés.
Une communauté diversifiée de mammifères, d’oiseaux, de reptiles, d’amphibiens, de poissons et d’insectes vit dans les différents habitats naturels qu’offre l’escarpement. Les bisons des plaines, les orignaux de l’Ouest, les wapitis, les ours noirs, les cougars et les loups gris en sont les plus grands habitants. Parmi les autres mammifères plus petits, on trouve les lynx, les castors, les martres, les pékans, les renards roux, les écureuils roux, les ratons laveurs et les loutres de rivière. On recense six espèces de chauves-souris le long de l’escarpement au parc national du Mont-Riding. Deux d’entre elles sont considérées comme étant en voie de disparition selon la Loi sur les espèces en péril : la petite chauve-souris brune et le vespertilion nordique. On observe aussi la salamandre tigrée de l’Ouest, la tortue serpentine commune et l’hirondelle rustique, des espèces en péril, dans certaines parties de l’escarpement.

Géographie humaine
L’escarpement du Manitoba se trouve sur les territoires visés par les Traités nº 1 et 2 et 4, ainsi que sur les terres traditionnelles des Anichinabés (Ojibwés), des Ininew (Cris), des Oji-Cree et des Dakotas, et sur le territoire de la Métis Nation. Les parcs-forêts, les prairies et les vallées boisées le long de l’escarpement servent de territoire de chasse et de pêche aux peuples autochtones, et fournissent de précieuses ressources pour la construction d’abris et la cueillette de plantes médicinales depuis de nombreuses générations. Plusieurs collectivités autochtones sont établies près de l’escarpement, dont celles des Premières Nations Keeseekoowenin Ojibway et Rolling River, sur le mont Riding, ainsi que la Première Nation Wuskwi Sipihk, sur la colline Porcupine (voir Premières Nations au Manitoba et Réserves au Manitoba).
L’agriculture est la principale forme d’utilisation des terres dans les régions situées près de l’escarpement du Manitoba. Dans cette zone climatique cryoboréale, on cultive principalement du blé de printemps et d’autres grains céréaliers, des oléagineux, du foin et des pommes de terre. En effet, ces cultures sont adaptées à la courte saison de croissance, qui dure généralement entre 173 et 183 jours. Les sols chernozémiques à l’est et à l’ouest de l’escarpement figurent parmi les sols les plus fertiles de l’Ouest canadien. Ils se distinguent par leur teneur relativement élevée en matière organique et en argile, ainsi que par leur excellente capacité de rétention d’eau.