Elle-Máijá Apiniskim Tailfeathers, actrice, scénariste, réalisatrice, productrice (née à Cardston, en Alberta). Elle-Máijá Tailfeathers est une actrice et cinéaste renommée. Elle est membre de la Nation Kainai et des Samis de Norvège. Ses touchantes interprétations de personnages, ses documentaires innovants, ses fictions narratives et ses docudrames abordent la nécessité d’une meilleure compréhension et d’une plus grande justice sociale.
Elle-Máijá Tailfeathers
Elle-Máijá Tailfeathers est une actrice et cinéaste renommée qui a travaillé à la fois dans le domaine de la fiction et du documentaire. Elle a remporté plusieurs prix au cours de sa carrière, notamment un prix Écrans canadiens du meilleur long métrage
documentaire pour son documentaire « Kímmapiiyipitssini: The Meaning of Empathy », sorti en 2021.
(Amanda Edwards/WireImage/Getty Images)
Jeunesse
Elle-Máijá Tailfeathers naît dans la petite ville de Cardston, en Alberta, près de la frontière américaine. Son père, Bjarne Store-Jakobsen, est journaliste et militant. En 2005, il est élu au Parlement sami de Norvège, une assemblée qui représente le peuple autochtone sami. Sa mère, Esther Tailfeathers, est membre de la Nation Kainai et médecin. Elle dirige l’Indigenous Wellness Core des services de santé de l’Alberta.
Elle-Máijá Tailfeathers grandit en Norvège, puis au Canada après le divorce de ses parents. Après avoir obtenu son diplôme d’études secondaires, elle déménage à Vancouver dans l’espoir de devenir actrice et cinéaste. Pensant qu’il est impossible pour une femme autochtone de réaliser ce rêve, elle déclare plus tard : « On ne peut pas vraiment devenir ce qu’on ne voit pas. » Cependant, elle gagne en assurance lorsqu’elle obtient un baccalauréat ès arts en études autochtones et des Premières Nations et en études en genre, race, sexualité et justice sociale de l’Université de la Colombie-Britannique en 2011.
Actrice
En 2008, elle décroche son premier rôle dans le téléfilm « Another Cinderella Story » (v.f. Comme Cendrillon 2). Elle enchaîne ensuite plusieurs rôles à la télévision et dans de courts métrages avant de jouer dans le film « Unclaimed » (2016), intitulé « On the Farm » à sa sortie. Elle partage l’affiche du film d’horreur « Blood Quantum » (2016). Elle joue également dans les films « Night Raiders » (2021), « Stellar » (2022) et « Sweet Angel Baby » (2024), ainsi que dans la série télévisée « Three Pines » (2022). En 2026, Elle-Máijá Tailfeathers remporte le prix Écrans canadiens pour la Meilleure interprétation dans un rôle de soutien, drame, pour son rôle dans Sweet Angel Baby.
Cinéaste
Étudiante à l’Université de la Colombie-Britannique, Elle-Máijá Tailfeathers réalise son premier film, « Bloodland ». En 2011, elle le présente au Vancouver International Film Centre et au Festival imagineNATIVE du film et des arts médiatiques, où il reçoit une critique positive. Elle est alors convaincue de vouloir devenir cinéaste et conteuse. Elle souhaite ainsi contribuer à une meilleure compréhension et à un plus grand respect des peuples kainai et sami.
Ses intérêts variés et son énergie se manifestent en 2012 lorsqu’elle écrit et réalise « A Red Girl's Reasoning », qui traite de violence sexuelle à caractère raciste. Elle coécrit et coréalise ensuite « Colonial Gaze : Sámi Artists’ Collective », une œuvre qui examine la pertinence culturelle de l’art sami à travers l’humour noir.
En 2014, elle réalise le documentaire « Bihttoš » (Rebel), dans lequel elle aborde l’expérience de son père dans le système des pensionnats norvégiens. Elle y utilise des photos d’archives, des animations et des reconstitutions pour explorer sa relation avec son père, et réfléchir sur l’importance de l’amour et de la famille. Le film est présélectionné pour le prix Écrans canadiens du meilleur court métrage documentaire et figure sur la liste des dix meilleurs films de l’année au Festival international du film de Toronto.
Elle-Máijá Tailfeathers prenant la parole au Festival international du film de Toronto
Elle-Máijá Tailfeathers a participé à de nombreux festivals du film au cours de sa carrière, dont le Festival international du documentaire canadien Hot Docs, le Festival du film documentaire DOXA de Vancouver, le Festival imagineNATIVE du film et des
arts médiatiques et le Festival international du film de Toronto.
(George Pimentel/Getty Images)
Elle remporte le Vancouver Mayor’s Arts Award et le Kodak Image Award pour son travail mettant en évidence l’importance de la justice sociale. En 2018, elle reçoit la bourse Merata Mita du Sundance Institute pour les artistes autochtones. Lors de la réception de son prix, elle déclare que son travail cinématographique est « une forme d’action directe non violente contre des problèmes tels que la violence envers les femmes et la dégradation des terres autochtones ».
En 2019, elle joue et coréalise avec Kathleen Hepburn le drame « The Body Remembers When the World Broke Open ». Ce film explore les thèmes de la violence sexuelle, du racisme et de la violence conjugale. Un critique international qualifie le film de « aussi urgent et sans prétention que remarquable ». Il souligne que, dans son rôle d’actrice, elle apporte à son personnage « de la grâce, de l’empathie et une touche de nostalgie ». Lors de la cérémonie de remise des prix Écrans canadiens 2020, Tailfeathers et Hepburn remportent les prix de la meilleure réalisation et du meilleur scénario original. La CBC le classe au 30e rang des 50 meilleurs films réalisés par des Canadiens.
En 2021, elle réalise « Kímmapiiyipitssini: The Meaning of Empathy ». Ce documentaire montre les effets de la crise des opioïdes au sein de la Nation Kainai. Elle souhaite que le film contrecarre « les représentations erronées de notre collectivité dans les médias qui étaient souvent […] sensationnalisent la crise en la présentant comme une tragédie, plutôt que de montrer les forces de ma collectivité et tout le travail acharné qui était accompli en première ligne ». Le film fait partie des cinq lauréats du prix du public Rogers décerné lors du Festival international du documentaire canadien Hot Docs. Il remporte également le prix Colin Low du meilleur réalisateur canadien au Festival du film documentaire DOXA de Vancouver. Elle remporte aussi le prix de la cinéaste canadienne émergente au Festival Hot Docs en 2021. De plus, « Kímmapiiyipitssini: The Meaning of Empathy » remporte aussi le prix Écrans canadiens du meilleur long métrage documentaire.
Elle réalise les trois premiers épisodes de la série « Little Bird », qui traite de la rafle des années soixante, au cours de laquelle des enfants autochtones ont été retirés de leur foyer et placés dans des familles non autochtones. Elle considère que ces histoires sont importantes pour attirer l’attention du public sur la surreprésentation continue des enfants autochtones dans le système de placement en famille d’accueil du Canada.
Elle-Máijá Tailfeathers est un élément important du mouvement croissant de souveraineté narrative dans lequel les voix autochtones racontent des histoires autochtones que tous devraient entendre.