Dindons sauvages au Canada

Le dindon sauvage (Meleaagris gallopavo) est une espèce d’oiseau originaire d’Amérique du Nord. Il existe six sous‑espèces de M. gallopavo. Deux d’entre elles comptent des populations au Canada : le dindon sauvage de l’Est, M. gallopavo silvestris, et le dindon sauvage de Merriam, M. gallopavo merriami. Le dindon sauvage de l’Est est originaire du sud de l’Ontario et du Québec, tandis que le dindon sauvage de Merriam a été introduit au Manitoba en 1958 et en Alberta en 1962. Dans les années 1960, le dindon sauvage de Merriam a naturellement étendu son aire de répartition du nord‑ouest des États‑Unis au sud de la Colombie‑Britannique. Aujourd’hui, le dindon sauvage de Merriam est également présent en Saskatchewan.



Dindon sauvage mâle de l'Est (Melaeagris gallopavo silvestris)

Dindon sauvage mâle de l'Est à la Pointe‑Pelée, en Ontario.

Description

Le dindon sauvage est membre de l’ordre des Galliformes, qui comprend les faisans, les poulets et les cailles. Il se caractérise par un corps lourd, un plumage coloré et le cri du mâle pour attirer les femelles, connu sous le nom de « glouglou ».

Les dindons sauvages sont les plus lourds des Galliformes. Les mâles pèsent entre 8,1 et 13,6 kg et les femelles entre 3,6 et 6,3 kg. Les mâles, appelés simplement dindons ou « glouglouteurs », sont beaucoup plus colorés que les femelles. Leurs têtes nues sont colorées dans des teintes rouges, bleues et blanches, tandis que les plumes de leur corps présentent des nuances brun foncé, bronze, cuivre, marron, mauve et vert irisé. Les plumes de leur queue en éventail sont rayées de brun, de blanc et de noir. Le bout de leur queue est également brun, beige, blanc ou noir, selon les sous‑espèces. Lorsqu’ils déploient leur queue en éventail, ils semblent doubler leur taille. Les femelles sont appelées « dindes ». Bien qu’elles puissent présenter le même éventail de couleurs que les dindons, dans des teintes toutefois beaucoup plus ternes, elles ne sont pas dotées de queues en éventail.

Dindon sauvage femelle de l’Est (Melaeagris gallopavo silvestris)

Dindon sauvage femelle de l’Est au parc national du Canada de la Pointe‑Pelée.

La taille, le plumage, les couleurs et la puissance du « glouglou » varient selon les sous‑espèces. Les dindons sauvages de l’Est ont l’extrémité de la queue barrée de marron et auraient le « glouglou » le plus puissant de toutes les sous‑espèces. Les dindons sauvages de Merriam ont le bout de la queue et les plumes de la croupe beiges et présenteraient le « glouglou » le moins puissant de toutes les sous‑espèces.

Reproduction et développement


La saison de reproduction se situe entre février et juin, selon la latitude et le climat. Les mâles se pavanent, déploient leur queue en éventail, glougloutent et dansent autour des femelles. Après l’accouplement, les femelles recherchent des sites de nidification à l’abri des prédateurs et grattent la terre pour créer des dépressions peu profondes où pondre leurs œufs.

Les dindes sauvages de l’Est et celles de Merriam pondent, respectivement, en moyenne, 10 à 12 et 8 à 12 œufs par couvée. Les dindes modifient fréquemment la position de leurs œufs afin de veiller à ce que toutes les surfaces reçoivent une chaleur corporelle adéquate. Les nouveau‑nés de dindons sauvages naissent pleinement développés et croissent très rapidement. Au cours de la première semaine, les poussins peuvent adopter des comportements propres à l’espèce, et, en 14 semaines, ils ont acquis le plumage distinctif des femelles et des mâles.

Habitat et alimentation

Cette carte illustre l’aire de répartition combinée des six sous‑espèces de dindon sauvage (Meleaagris gallopavo) au Canada et aux États‑Unis. On trouve des dindons sauvages de l’Est (M. gallopavo silvestris) au sud du Manitoba, de l’Ontario et du Québec, tandis que le dindon sauvage de Merriam (M. gallopavo merriami) est présent dans le sud de la Colombie‑Britannique, de l’Alberta, de la Saskatchewan et du Manitoba.

Les dindons sauvages ont des habitats distincts pour les saisons de reproduction et hors reproduction. Pendant la saison de reproduction, les dindons sauvages préfèrent les pâturages ouverts, les champs agricoles, les zones proches des ruisseaux et des rivières, les zones forestières ouvertes et les prairies. Cet habitat leur fournit les insectes et les graines constituant la majeure partie de leur alimentation, en particulier pour les poussins en croissance. Pendant la saison hors reproduction, les dindons sauvages sont présents dans des forêts ouvertes et matures mixtes de feuillus et de résineux, où ils aiment souvent se percher.

Les dindons sauvages de l’Est ont l’aire de répartition la plus étendue de toutes les sous‑espèces de Meleaagris gallopavo. Ils se sont adaptés à divers types d’habitats en Amérique du Nord. En revanche, les dindons sauvages de Merriam préfèrent les forêts de pins et de chênes et les altitudes diversifiées des montagnes Rocheuses.

Les dindons sauvages ont une alimentation opportuniste et consomment divers produits comme des noix, des fruits, des graines d’herbes et de carex, des insectes, des escargots, des grenouilles, des salamandres et des écrevisses. Ce sont des oiseaux généralement crépusculaires, ce qui signifie qu’ils se nourrissent tôt le matin et en fin d’après‑midi.

Relation avec les humains

Les dindons sauvages constituent une source importante de protéines pour les Premières Nations de l’Amérique du Nord. Parmi les peuples chassant le dindon sauvage, on trouve notamment les Hurons‑Wendats, les Haudenosaunee, les Ojibwés et les Potéouatamis. Les méthodes de chasse diffèrent d’une nation à l’autre; par exemple, les Hurons‑Wendats utilisent des collets, des arcs et des flèches, tandis que les Haudenosaunee ont uniquement recours à des collets. De même, les méthodes de préparation sont également variables. Les Potéouatamis font mariner, puis fument la viande du dindon, tandis que les autres groupes la rôtissent, la bouillent ou la cuisinent en ragoût.

Aujourd’hui, on chasse le dindon sauvage, au printemps et en automne, en Ontario, au Manitoba et en Colombie‑Britannique, et au printemps au Québec et en Alberta.

Disparition et restauration

Lorsque les colons européens arrivent en Amérique du Nord, ils chassent massivement le dindon sauvage. En outre, ils transforment la majorité des habitats naturels de ces espèces en terres agricoles. En 1909, le dindon sauvage de l’Est a donc disparu du Canada.

Les tentatives de restauration des populations de dindons sauvages débutent au milieu du 20e siècle aux États‑Unis. En 1976, on signale la présence de dindons sauvages dans le sud du Québec; cependant, ce n’est qu’en 1984 que des efforts planifiés de restauration sont lancés en Ontario. Lors de l’hiver 1986‑1987, les agents de protection de la nature de l’Ontario commencent, dans le cadre d’initiatives de ce type, à capturer des dindons sauvages et à les transférer dans d’autres parties de la province. Depuis que la population de dindons sauvages de l’Est a été rétablie en Ontario, les efforts de conservation se concentrent désormais sur la possibilité de maintenir la population, tout en offrant des possibilités de chasse.


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