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Jacques Dextraze

Jacques Alfed Dextraze (« Jadex »), C.C., C.C.M., C.B.E., D.S.O. et barrette, C.D., homme d’affaires, soldat (né le 15 août 1919 à Montréal, au Québec; décédé le 10 mai 1993 à Ottawa, en Ontario). Pendant la Deuxième Guerre mondiale, il est passé de simple soldat à lieutenant-colonel commandant un bataillon d’infanterie. Il a été décoré deux fois pour sa bravoure. Il est retourné à la vie civile après la guerre, mais a été rappelé pour la Corée, où il a de nouveau commandé un bataillon d’infanterie. Il est resté dans l’armée après la guerre et a gravi les échelons pour devenir chef d’état-major de la défense de 1972 à 1977.

Les Fusiliers en Allemagne
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Jeunesse et éducation

Jacques Dextraze est le fils de Jacques Dextraze et d’Amanda Bond. De 1930 à 1937, il fréquente le Collège Saint-Joseph, un pensionnat situé à Berthierville, au Québec. À la fin de ses études, il entre à la Dominion Rubber Company comme employé de bureau.

Deuxième Guerre mondiale

En 1939, Jacques Dextraze s’engage comme soldat dans le 2e Bataillon des Fusiliers Mont-Royal (Fus MR), une unité de réserve. En 1940, il est muté dans l’unité active, qui est alors déployée à l’étranger. Resté au Canada pour suivre sa formation, il est rapidement promu caporal, puis sergent. Il continue sa formation au Centre d’instruction des officiers de Brockville, en Ontario. En 1942, il obtient son diplôme de lieutenant. Le 19 août, après les lourdes pertes subies par les Fus MR lors du raid de Dieppe, l’homme est désigné comme remplaçant. Le 2 septembre, avant de s’embarquer pour la Grande-Bretagne, il épouse Françoise Paré. Ils ont ensuite quatre fils.

Europe

Jacques Dextraze est d’abord affecté aux Fus MR comme officier du renseignement du bataillon avant d’être promu capitaine. En 1943, il est promu major et prend le commandement de la compagnie A. En juillet 1944, le major débarque en Normandie avec sa compagnie. Le 1er août, il reçoit l’ordre de s’emparer de l’église de Saint-Martin-de-Fontenay, qu’utilise l’ennemi comme poste d’observation.

La compagnie progresse dans les rues du village lorsque le commandant de son peloton d’assaut est tué. Les tirs de mitrailleuses lourdes et de mortiers freinent les éléments de tête. Conscient de l’importance de maintenir l’élan, Dextraze se précipite vers le mur du cimetière et y fait entrer ses hommes.

Le capitaine Dextraze donne l’exemple pendant les durs combats au corps à corps qui suivent. Les Canadiens prennent d’assaut l’église, mais les Allemands ripostent rapidement. Sans hésiter, Jacques Dextraze organise une défense efficace, repousse l’ennemi et sécurise l’église. Son courage lui vaut l’Ordre du service distingué, la plus haute distinction après la Croix de Victoria.

Commandant

Au sein des Fus MR, il combat durant le reste de la campagne de Normandie, puis en Belgique et aux Pays-Bas. Le jour de Noël 1944, il est promu lieutenant-colonel et nommé commandant des Fus MR.

Le 16 avril 1945, il reçoit l’ordre de déloger les Allemands de la partie est de la ville néerlandaise de Groningue. L’ennemi l’ayant occupée en force, de violents combats de maison en maison s’ensuivent. Dès le début de la bataille, un feu nourri de mitrailleuses retient les troupes de tête de Dextraz. Ce dernier se rend immédiatement sur place, élabore un plan pour franchir les postes de mitrailleuses et dirige sa compagnie de tête vers une attaque victorieuse.

Trente minutes plus tard, les tirs ennemis retiennent la compagnie de droite, qui perd alors son commandant. Une fois de plus, le commandant Dextraz va de l’avant, réorganise l’attaque et mène personnellement la compagnie à la victoire.

Il ne reste plus qu’un dernier bastion allemand. Dextraze exige alors la reddition de l’ennemi. Il fait valoir au commandant allemand le caractère désespéré de la situation et négocie la reddition de l’ensemble de la garnison. Il est décoré une deuxième fois de l’Ordre du service distingué pour sa contribution à la capitulation de la garnison.

Après-guerre

Bien que la guerre en Europe se termine en mai 1945 (voir Jour de la Victoire (en Europe)), le conflit au Japon se poursuit. Le 17 mai 1945, le gouvernement canadien approuve la création des Troupes canadiennes du Pacifique, qui comprend la 6e Division canadienne. (Voir Le Canada et la guerre de l’Asie-Pacifique.)

Cette division s’inspire de la structure de l’armée américaine et emprunte les appellations des bataillons d’infanterie de la 1re Division. Jacques Dextraze se porte volontaire pour en faire partie et devient commandant du Hastings and Prince Edward Regiment. Cependant, en août, les bombardements atomiques sur le Japon mettent fin à la guerre. Les Troupes canadiennes du Pacifique sont alors dissoutes. (Voir Le jour de la Victoire sur le Japon et Le Canada et le Projet Manhattan.)

Jacques Dextraze retourne à la vie civile et accepte un emploi à la compagnie Singer Sewing Machine. Il devient chef de chantier dans la ville forestière de Thurso, au Québec. La compagnie reconnaît rapidement ses qualités de leader et le nomme directeur des opérations forestières.

Interview de la CBC en Corée

Guerre de Corée

En 1950, Jacques Dextraze réintègre les rangs de l’armée pour former et commander le 2e Bataillon du Royal 22e Régiment, pendant la guerre de Corée. Il est alors affecté au camp d’entraînement de Fort Lewis, à Washington. C’est là qu’il acquiert son surnom. En effet, il signe ses documents « JDX », ce qui se transforme rapidement en « Jadex ».

En mai 1951, Dextraze et son unité rejoignent le front en Corée. Ils prennent part à une guerre de positions défensives statiques au sommet des collines, à des patrouilles fréquentes et à des contre-attaques. La bataille la plus importante pour Dextraze et ses hommes se déroule sur la colline 355, du 22 au 25 novembre.

Au cours de cette période, ils font face à maintes reprises à des attaques chinoises et à des barrages d’artillerie dans des conditions météorologiques épouvantables. Le leadership de Dextraze contribue à la victoire durement remportée, comme en témoignent les instructions directes qu’il donne à ses hommes : « Aucun désengagement, aucun dépassement de peloton et aucune panique. »

On lui décerne le titre d’officier de l’Ordre de l’Empire britannique, « en reconnaissance de son courage et de ses services distingués en Corée ».

Emplois d’officier supérieur

Jacques Dextraze reste dans l’armée après la guerre de Corée. Il est affecté au Collège de commandement et d’état-major de l’Armée canadienne, à Kingston, en Ontario. Promu colonel en 1952, on lui confie le rôle de commandant de l’École royale canadienne d’infanterie au Camp Borden, en Ontario.

En 1954, il devient commandant du Camp Valcartier, au Québec. De 1954 à 1962, il occupe divers postes d’état-major en tant que colonel. En 1962, promu au grade de brigadier général, il devient commandant du secteur militaire de l’Est du Québec, dont le quartier général est situé à Québec.

Congo

En décembre 1963, il se rend en République du Congo en tant que chef d’état-major de la mission des Nations Unies dans ce pays (ONUC). Lorsque l’ancienne colonie belge obtient son indépendance, le vide de pouvoir qui en résulte donne lieu à des émeutes dans tout le pays.

Lorsque que le quartier général de l’ONUC est informé des atrocités généralisées, Jacques Dextraze donne l’ordre à son petit contingent de troupes de l’ONU d’évacuer les non-combattants des zones dangereuses. Pendant des semaines à partir du 16 janvier 1964, des centaines de civils sont secourus. Pour « ses qualités exceptionnelles en matière de planification, de leadership et de commandement » pendant la mission, il est promu commandeur de l’Ordre de l’Empire britannique, avec feuilles de chêne pour bravoure. Il est le seul détenteur de cette décoration au pays.


Nomination à des postes supérieurs

À son retour du Congo plus tard cette année-là, il est nommé commandant de la 2e Brigade d’infanterie canadienne au camp de Petawawa, en Ontario. Il y reste jusqu’en 1966, puis devient chef d’état-major (opérations et instruction) au quartier général de la Force mobile à Saint-Hubert, au Québec. Il est promu au grade de major-général l’année suivante et nommé au poste de commandant-adjoint de la Force mobile.

En 1968, il est affecté au Quartier général de la Défense nationale (QGDN) à Ottawa en tant que chef adjoint du personnel.

Chef d’état-major de la Défense

En 1971, il est promu lieutenant-général et nommé chef du personnel au QGDN. Le 15 septembre 1972, il est nommé chef d’état-major de la défense avec le grade de général, le poste militaire le plus élevé au sein des Forces armées canadiennes (FAC). À ce titre, on lui décerne le titre de commandeur principal de l’Ordre du mérite militaire.

Jacques Dextraze est chef d’état-major de la défense sous le gouvernement libéral de Pierre Elliott Trudeau, qui n’appuie pas particulièrement les forces armées. Entre autres compressions, le livre blanc de 1970 préconise la suppression des chars d’assaut de l’armée. Le général convainc le premier ministre et son cabinet que les chars sont indispensables à l’engagement de l’armée auprès de l’OTAN en Europe.

Pendant ce temps, il travaille en coulisses avec les Allemands de l’Ouest. Lorsque le Cabinet approuve l’acquisition de nouveaux chars d’assaut, un processus est déjà en place pour emprunter d’abord, puis acheter des chars Leopard aux Allemands pour le régiment blindé basé en Allemagne de l’Ouest. (Voir Les Forces canadiennes en Europe pendant la Guerre froide.)

Il reste chef d’état-major de la défense pendant cinq ans, jusqu’à sa retraite le 31 août 1977.

Carrière civile

En janvier 1978, Jacques Dextraze est fait compagnon de l’Ordre du Canada. À sa retraite, il devient président de la Compagnie des chemins de fer nationaux du Canada, poste qu’il occupe jusqu’en 1982.

Décès et legs

Emporté par le cancer en 1993, il est inhumé aux côtés de son plus jeune fils, Richard, au cimetière Notre-Dame-des-Neiges, à Montréal. Ce dernier, caporal suppléant du Corps des Marines des États-Unis, est tué au Vietnam le 23 avril 1969. On lui décerne à titre posthume la médaille Silver Star pour son courage lors d’un violent échange de tirs. À sa mort en 2003, Francis, l’épouse de Jacques Dextraze, est enterrée près de son mari et de son fils.

Jacques Dextraze est le seul membre des FAC à avoir gravi tous les échelons, de simple soldat en 1939 à chef d’état-major de la défense en 1972.

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