Charles Henry Byce

Charles Henry Byce, D.C.M., M.M., soldat cri, héros de guerre, ouvrier dans une usine de pâtes et papiers (né le 9 mars 1916 à Chapleau, en Ontario; décédé le 25 novembre 1994 à Newmarket, en Ontario). Après avoir reçu la Distinguished Conduct Medal (D.C.M.) (médaille pour conduite distinguée) et la Military Medal (M.M.) (médaille militaire), Charles Byce est devenu le combattant canadien autochtone de la Deuxième Guerre mondiale le plus décoré (voir Les peuples autochtones et la Seconde Guerre mondiale).

Charles Henry Byce, D.C.M., M.M., soldat cri, héros de guerre, ouvrier dans une usine de pâtes et papiers (né le 9 mars 1916 à Chapleau, en Ontario; décédé le 25 novembre 1994 à Newmarket, en Ontario). Après avoir reçu la Distinguished Conduct Medal (D.C.M.) (médaille pour conduite distinguée) et la Military Medal (M.M.) (médaille militaire), Charles Byce est devenu le combattant canadien autochtone de la Deuxième Guerre mondiale le plus décoré (voir Les peuples autochtones et la Seconde Guerre mondiale).


Jeunesse

La mère de Charles Byce, Louisa, est une Crie de Moose Factory, en Ontario. Son père, Henry, un Canadien non‑autochtone, est originaire de Westmeath, en Ontario; il intègre le Corps expéditionnaire canadien pendant la Première Guerre mondiale (1914‑1918) et sert en Europe sur le front de l’Ouest, ce qui lui vaut une Distinguished Conduct Medal (D.C.M.), octroyée par les Britanniques, et la Médaille militaire française. Cet honneur rare annonce les exploits de son fils deux décennies plus tard.

Le jeune Charles Byce est scolarisé dans le cadre du système, aujourd’hui discrédité, des pensionnats indiens, au pensionnat indien de Saint John à Chapleau, en Ontario. Là, il souffre indubitablement de discriminations et de tentatives d’éradication de sa culture autochtone. Adolescent, il quitte Chapleau pour Port Arthur, en Ontario, une localité qui fait aujourd’hui partie de Thunder Bay.

Charles Henry Byce

Charles Henry Byce en uniforme pendant la Seconde Guerre mondiale. Avec la permission de Frank Byce, par l’entremise d’Anciens Combattants Canada.

Service durant la Deuxième Guerre mondiale

Charles Byce intègre le Lake Superior Regiment (LSR), une unité d’infanterie, en juillet 1940. En octobre, son unité part pour la base des Forces canadiennes de Borden, en Ontario, pour s’entraîner. À l’issue de cette période, le régiment quitte sa base d’entraînement pour stationner dans la ville portuaire de Saint John, au Nouveau‑Brunswick, en tant qu’unité de défense côtière. Lors de son séjour au Nouveau‑Brunswick, Charles Byce rencontre Frances DeGrasse qu’il épouse en octobre 1941.

En février 1942, le LSR est réorganisé en tant que bataillon motorisé et équipé d’un nouveau véhicule, appelé porteur universel, un petit blindé léger chenillé. Le LSR est affecté à la 4e Brigade blindée de la 4e Division blindée canadienne, en tant qu’unité de soutien d’infanterie pour les trois régiments blindés de la Brigade. En août 1942, l’unité s’embarque pour la Grande-Bretagne, où elle suit un entraînement intensif. Fin juillet 1944, elle débarque sur les plages de Normandie, où elle combat, pour la première fois, le 5 août (voir Le jour J et la bataille de Normandie). L’unité traverse ensuite la France et la Belgique lors de la progression générale des Alliés vers l’Allemagne.

Bronze statue of Charles Henry Byce

Statue en bronze de Charles Henry Byce, dévoilée à Chapleau, en Ontario, en 2016. En l’honneur de son ascendance crie, Charles Byce tient une plume d’aigle, tandis que des bois d’orignal ornent la base de la statue. Image reproduite avec la permission d’Allison Mills. Sculpteur: Tyler Fauvelle.

Military Medal

Au début de 1945, le LSR se trouve aux Pays‑Bas (voir Deuxième Guerre mondiale). Le 21 janvier, peu après minuit, le caporal suppléant Byce et 23 soldats, constituant une patrouille de combat, traversent la Meuse en chaloupe. Ils ont pour mission de se faufiler derrière les lignes allemandes et de capturer des prisonniers pour qu’ils puissent être interrogés. Charles Byce dirige un groupe de quatre soldats chargés d’assurer la protection de leurs camarades.

Peu après son accostage sur l’autre rive, en territoire ennemi, le groupe principal essuie, à plusieurs reprises, des tirs de patrouilles ennemies. Le caporal suppléant décide, par deux fois, de son propre chef, de se déplacer rapidement en direction des positions d’où proviennent les tirs allemands. Faisant face à l’ennemi, il réussit à le réduire au silence à coups de grenades, permettant ainsi à la patrouille de s’acquitter de sa mission.

Il capture également un soldat ennemi, qui sera tué accidentellement par des tirs allemands peu de temps après. Alors qu’il est la cible de nouveaux tirs, il refuse résolument de quitter les lieux jusqu’à ce qu’il ait pu récupérer la plaque d’identification sur le corps du soldat allemand.

À la suite de son exploit, le nom de Charles Byce est proposé pour l’attribution immédiate d’une Military Medal (M.M.) Le récit à l’appui de l’attribution de cette récompense indique notamment : « Durant toute cette action, le caporal Byce a fait preuve d’un sang‑froid, d’un courage et d’un dévouement extrêmes. Grâce à ses efforts remarquables, la patrouille a pu atteindre son objectif et se retirer, en toute sécurité, après avoir obtenu de précieux renseignements. L’initiative volontariste de ce sous‑officier et sa bravoure altruiste devant l’ennemi ont été une source d’inspiration pour tous les membres de son unité, quel que soit leur grade. »

Distinguished Conduct Medal

Six semaines plus tard, les Alliés se heurtent, avant d’entrer en Allemagne, à la dernière ligne de défense des Allemands (voir également Bataille du Rhin). Le LSR a pour mission d’attaquer la brèche de Hochwald, solidement fortifiée, en traversant la forêt de Hochwald. Le 2 mars 1945, à 4 h 30, la compagnie C, réduite à 44 hommes — officiers, sous‑officiers et hommes du rang —, dont le sergent suppléant Byce, pénètre au sein de la brèche, à bord de six Kangaroos (des transports de troupes blindés), appuyée par des chars et par plusieurs pièces d’artillerie automotrices.

La compagnie C atteint sa position, plus avancée d’environ 550 mètres que celle des compagnies A et B, au prix toutefois de la perte, en chemin, de cinq de ses Kangaroos dans la boue et dans l’obscurité. Les premières lueurs du matin révèlent cependant la position de la compagnie à l’ennemi, qui la bombarde à l’artillerie lourde et au mortier. L’attaque s’avère dévastatrice : tous les chars d’appui sont détruits et les victimes sont de plus en plus nombreuses, notamment tous les officiers. Tandis que les tirs allemands s’intensifient, Charles Byce, à présent à la tête de ce qui reste de la compagnie C, poursuit le combat.

À 15 h, la compagnie C ne compte plus que huit hommes et sa position est intenable. Lorsque les Allemands commencent à avancer avec leurs chars, le sergent suppléant ordonne à ses hommes de se retirer. Il passe le restant de l’après‑midi entre ses compagnons et les Allemands, tirant sur les soldats ennemis pour les retarder avant qu’ils n’atteignent les compagnies du LSR à l’arrière.

Après la bataille, Charles Byce est proposé pour la Distinguished Conduct Medal (D.C.M.), le plus grand honneur après la Croix de Victoria (voir Récipiendaires canadiens de la Croix de Victoria). Sa citation indique notamment : « Il n’y a pas de mots suffisamment élogieux pour rendre compte du courage magnifique et de l’esprit de combat dont a fait preuve ce sous‑officier, alors qu’il devait faire face à des problèmes insurmontables et que tous les éléments étaient ligués contre lui. Son courage au combat, alors qu’il ne disposait pas des armes adéquates et qu’il ne pouvait compter que sur une poignée d’hommes pour se battre contre un destin funeste et une situation sans issue, restera, à tout jamais, comme un exemple pour tous les hommes du régiment, quel que soit leur grade. »

Charles Byce reçoit sa D.C.M. et sa M.M. des mains du roi George VI lors d’une cérémonie d’intronisation au Palais de Buckingham, le 13 juillet 1945. Seuls neuf Canadiens, sur plus d’un million de combattants en uniforme au cours de la Deuxième Guerre mondiale, ont gagné le droit d’arborer ces deux décorations.

Vie après la guerre

À l’issue des campagnes européennes de la Deuxième Guerre mondiale, en mai 1945 (voir Jour de la Victoire en Europe), Charles Byce se rend en Angleterre en juin et revient au Canada en septembre. De retour au pays, il s’installe à Espanola, en Ontario, où il travaille à l’usine de pâtes et papiers. Avec sa femme, ils élèvent sept enfants.

Héritage

Le nom de Charles Byce est inscrit à deux tableaux d’honneur à Chapleau, figurant sur deux listes de volontaires engagés lors de la Deuxième Guerre mondiale, celle des membres de l’église anglicane Saint John et celle du pensionnat indien de Chapleau.

Le 23 mai 2008, lors d’une cérémonie privée au Musée canadien de la guerre, des membres de la famille Byce participent à une cérémonie de donation des médailles du père et du fils. Immédiatement après la cérémonie, les deux hommes sont intronisés au Temple du courage du Canada. Le 17 septembre 2016, un buste en bronze de Charles Byce, monté sur un socle en granit, est dévoilé à Chapleau. En reconnaissance de son ascendance crie, Charles Byce tient une plume d’aigle, tandis que la base est ornée de bois d’orignal.


Lecture supplémentaire

  • C.P. Stacey, Histoire officielle de la participation de l’Armée canadienne à la Seconde Guerre mondiale, Volume III, La campagne de la victoire : les opérations dans le nord‑ouest de l’Europe, 1944‑1945 (1960).

Liens externes

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