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Bev Oda

Beverly Joan « Bev » Oda, politicienne, responsable de la diffusion de programmes, enseignante (née le 27 juillet 1944 à Fort William en Ontario). Bev Oda a été la première Canadienne d’origine japonaise à occuper un siège en tant que députée au Parlement et un poste de ministre au Cabinet du Canada. Elle représentait la circonscription de Durham pour le Parti conservateur du Canada. Bev Oda a été chargée de plusieurs portefeuilles ministériels, dont ceux du Patrimoine canadien, de la Condition féminine et de la Coopération internationale. En 2012, elle a quitté la politique après qu’une controverse concernant ses dépenses a été rendue publique.

Une femme aux cheveux noirs, portant des lunettes et un costume jaune.

Jeunesse et éducation

Bev Oda est une sansei, c’est-à-dire une Japonaise de troisième génération au Canada. (Voir Canadiens d’origine japonaise.) Durant la Deuxième Guerre mondiale, le gouvernement canadien fait interner ses deux parents. (Voir Internement de la communauté japonaise au Canada.) Sa mère est internée à Bay Farm en Colombie-Britannique. Son père travaille sur une ferme à betteraves du sud-ouest de l’Ontario. Plus tard, il déménage à Fort William (maintenant une partie de Thunder Bay) en Ontario pour travailler comme ouvrier d’usine, et c’est à cet endroit qu’il rencontre la mère de Bev.

Bev Oda naît à Thunder Bay en 1944. Alors qu’elle a cinq ans, sa famille déménage à Toronto. Ils vivent dans le quartier Kensington Market ainsi qu’à Etobicoke avant de s’installer dans le quartier Clarkson de Mississauga. Bev Oda fréquente la Lorne Park Secondary School.

En grandissant, Bev Oda occupe plusieurs petits boulots, et elle travaille notamment dans un nettoyeur. Elle travaille également à l’Exposition nationale canadienne et à l’office du tourisme de la province.

Bev Oda étudie à l’Université de Toronto, où elle obtient un baccalauréat ès arts. Elle étudie ensuite au Lakeshore Teachers’ College, maintenant connu comme le Humber College. Après ses études, elle commence à enseigner à Mississauga pendant six ans. Toutefois, en 1973, elle s’oriente vers une carrière en télédiffusion à TVOntario.

Carrière en télédiffusion

Bev Oda travaille à TVOntario avant de se joindre à Rogers en tant que responsable de la vidéothèque, et ensuite, elle occupe le poste de vice-présidente de la programmation. Elle devient ensuite programmeuse principale chez Citytv. Éventuellement, elle travaille avec OMNI Television et avec le Global Television Network.

De 1987 à 1993, Bev Oda est commissaire au Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC). À ce titre, elle participe à plusieurs décisions réglementaires importantes, comme l’introduction de la concurrence dans les télécommunications de longue distance et la déréglementation de l’industrie de la radiodiffusion. Fait très important, elle préside le groupe de travail du CRTC chargé d’examiner les stéréotypes liés au genre. Cette initiative vise à évaluer et à améliorer la représentation des femmes dans les médias.

En 1995, Bev Oda se joint à CTV à titre de vice-présidente principale. Elle prend sa retraite en 1999.

Bev Oda siège également au sein de plusieurs organisations nationales et internationales de l’industrie, dont l’Association canadienne des femmes en communications et l’Association canadienne des radiodiffuseurs. En 2003, elle est intronisée au Canadian Broadcasters Hall of Fame.

Carrière en politique

Pendant des années, Bev Oda est bénévole pour le Parti progressiste-conservateur et pour divers organismes locaux de la région de Durham. (Voir Parti conservateur.) En 2004, elle met fin à sa retraite pour se présenter aux élections fédérales. Elle se présente comme candidate conservatrice et elle bat le candidat libéral Timothy Lang. Ce faisant, Bev Oda devient la première députée canadienne d’origine japonaise.

En novembre 2004, Bev Oda présente le projet de loi C-333, la Loi de reconnaissance et de réparation à l’égard des Canadiens d’origine chinoise au Parlement. Ce projet de loi a pour objectif de reconnaitre les injustices commises à l’égard des immigrants chinois par l’entremise des taxes d’entrée et des lois d’exclusion. (Voir Politiques contre l’immigration chinoise au Canada.) Le projet de loi C-333 vise à offrir une réparation à la communauté chinoise. Il vise également à améliorer l’enseignement au sujet de l’histoire des Canadiens d’origine chinoise. Cependant, en novembre 2005, le gouvernement du premier ministre libéral Paul Martin perd un vote de confiance. Le Parlement est donc dissous et le projet de loi C-333 n’est pas adopté.

Lors des élections générales de 2006, Bev Oda est réélue et les conservateurs forment un gouvernement. Le premier ministre Stephen Harper la nomme ministre du Patrimoine canadien et de la Condition féminine. Elle devient ainsi la première Canadienne d’origine japonaise à être membre du Cabinet. En 2007, elle devient ministre de la Coopération internationale.

Scandales

Plusieurs scandales marquent la carrière politique de Bev Oda. En 2006, les libéraux découvrent qu’elle a dépensé 5500 $ de déplacements en limousines à Halifax lors de la cérémonie des prix Juno de cette année-là. Bev Oda est contrainte de rembourser 2200 $ aux contribuables. De plus, elle est accusée d’avoir dissimulé 17 000 $ supplémentaires de dépenses de limousines qui sont facturées aux contribuables.

En 2011, KAIROS, une agence d’aide étrangère bien établie, perd son financement après qu’un « non » écrit à la main ait été ajouté sur un document du gouvernement canadien. Cet ajout suggère que l’agence d’aide ne correspond plus aux mandats de l’Agence canadienne de développement international. Lorsqu’elle est interrogée à ce sujet, Bev Oda déclare qu’elle ignore qui a effectué ce changement. Cependant, elle change ensuite d’avis et elle affirme que c’est elle qui a pris cette décision. Les députés de l’opposition soutiennent qu’elle a induit le Parlement en erreur. Ils pressent le président de la Chambre de se prononcer sur la question de savoir si Bev Oda a commis un outrage au Parlement. Un comité est chargé de présenter un rapport sur la question au Parlement. Cependant, le comité a un jour de retard et des élections sont convoquées. Le rapport n’est pas publié.

Lors des élections de 2011, Bev Oda réussit à conserver son siège à la Chambre des communes.

Une rangée de personnes assises avec des microphones. Une bannière avec le logo du PAM est accrochée derrière elles.

En avril 2012, Bev Oda doit présenter des excuses suite à un scandale sur ses dépenses de voyage. Ces frais concernent un voyage à Londres en Angleterre en juin 2011. Lors de son séjour à Londres, Bev Oda doit initialement demeurer à l’hôtel où elle assiste à une conférence. Cependant, elle demande à son personnel de la déplacer et de lui réserver une chambre dans un hôtel haut de gamme à 665 $ la nuit. Bev Oda doit finalement rembourser les contribuables. Par ailleurs, l’une des plus grandes controverses suscitées par ce scandale est la dépense pour un verre de jus d’orange au coût de 16 $. Trois mois après ses excuses, Bev Oda démissionne du gouvernement et de son siège de députée.

Après sa retraite, Bev Oda déclare à la CBC qu’elle peut « se tenir la tête haute avec fierté » et que son seul regret durant son mandat au gouvernement est de ne pas avoir passé plus de temps avec sa famille.