Stephen Harper

Stephen Joseph Harper, C.C., C.P., premier ministre du Canada de 2006 à 2015, politicien, auteur et économiste (né le 30 avril 1959 à Toronto, en Ontario). Stephen Harper est le premier ministre conservateur qui est resté le plus longtemps au pouvoir depuis sir John A. Macdonald. Il a aidé à fonder le Parti réformiste et a été à la tête de la National Citizens Coalition et de l’Alliance canadienne. Il a ensuite transformé le paysage politique du Canada en ralliant la droite, auparavant divisée, au Parti conservateur du Canada. À titre de chef de ce parti, il a gagné trois élections consécutives avant d’être finalement défait en 2015 et, conséquemment, de démissionner. L’adhérence obstinée du politicien à une branche du conservatisme idéologiquement pure pousse le Globe and Mail à parler du règne d’Harper comme du « tout premier gouvernement réellement conservateur au Canada ». Il a été fait Compagnon de l’Ordre du Canada en décembre 2019.

Stephen Joseph Harper, C.C., C.P., premier ministre du Canada de 2006 à 2015, politicien, auteur et économiste (né le 30 avril 1959 à Toronto, en Ontario). Stephen Harper est le premier ministre conservateur qui est resté le plus longtemps au pouvoir depuis sir John A. Macdonald. Il a aidé à fonder le Parti réformiste et a été à la tête de la National Citizens Coalition et de l’Alliance canadienne. Il a ensuite transformé le paysage politique du Canada en ralliant la droite, auparavant divisée, au Parti conservateur du Canada. À titre de chef de ce parti, il a gagné trois élections consécutives avant d’être finalement défait en 2015 et, conséquemment, de démissionner. L’adhérence obstinée du politicien à une branche du conservatisme idéologiquement pure pousse le Globe and Mail à parler du règne d’Harper comme du « tout premier gouvernement réellement conservateur au Canada ». Il a été fait Compagnon de l’Ordre du Canada en décembre 2019.


Stephen Harper

Élections de 2015

Immédiatement après l’annonce d’une campagne électorale de 11 semaines, Stephen Harper émet une variété de mesures d’allègement d’impôts. Il met aussi de l’avant son bilan économique et son expérience au sein du gouvernement. Les premières semaines de la campagne sont toutefois difficiles : les médias ne cessent de publier des articles sur le procès de fraude intenté contre le sénateur Mike Duffy. Les journalistes s’interrogent en effet sur l’implication de Stephen Harper dans la signature par le chef du personnel conservateur Nigel Wright d’un chèque de 90 172 dollars devant couvrir les dépenses indûment réclamées du sénateur (voir Affaire Mike Duffy). Le port du niqab devient une question électorale centrale de la campagne après que Stephen Harper se soit opposé à ce qu’une femme porte le vêtement à une cérémonie de citoyenneté. La question nuit également aux chances du NPD, alors favori dans la course au Québec, en plus de soulever des critiques selon lesquelles Stephen Harper ferait de la politique identitaire pour gagner des votes.

Le désir criant de changement au Canada a éventuellement raison de Stephen Harper, au profit du charismatique chef libéral Justin Trudeau, dont le parti obtient la majorité avec 184 sièges le 19 octobre 2015. Les conservateurs gardent néanmoins 99 sièges et deviennent l’opposition officielle. Harper, premier politicien à avoir occupé le mandat de chef du Parti conservateur, démissionne et quitte le parti qu’il a largement aidé à fonder.


Accomplissements

Sur le plan économique, Stephen Harper et le ministre des Finances Jim Flaherty ont reçu des éloges pour avoir aidé le Canada à se sortir de la récession mondiale de 2008. On salue aussi le fait que Stephen Harper a tissé des rapports commerciaux avec une foule de nouveaux partenaires, dont un accord avec la Corée du Sud et plusieurs projets de libre‑échange avec l’Union européenne et les pays du Pacifique. À l’échelle nationale, il a défendu la souveraineté du Canada dans l’Arctique et a été un pivot important dans la renaissance d’un parti conservateur durable et fort.

Le soutien que Stephen Harper offre aux Canadiens prend majoritairement la forme de réductions d’impôts ciblées plutôt que la création de nouveaux programmes. En 2015, le fardeau fiscal fédéral au Canada est à son niveau le plus bas depuis 50 ans. De 2006 à 2015, l’imposition des sociétés chute également, passant de 2,6 % du produit intérieur brut (PIB) à seulement 2 %  ; l’imposition sur le revenu subit un allègement semblable, passant de 7,4 % du PIB à 6,9 %.

Stephen Harper évite le bourbier constitutionnel dans lequel nombre de ses prédécesseurs s’étaient enlisés en préconisant une approche plus conciliante en ce qui a trait à l’unité nationale. Il a fait des excuses officielles aux Sino‑Canadiens pour la taxe d’entrée et la subséquente exclusion des immigrants chinois au Canada entre 1885 et 1923. Il reconnaît également le peuple québécois comme nation à part entière au sein du Canada et fait des excuses aux peuples autochtones pour le rôle du gouvernement fédéral dans la création des pensionnats indiens.


Critiques

Si l’économie du Canada, basée sur les ressources premières, se remet de la crise de 2008, elle souffre à nouveau au tournant de l’année 2014 à cause de la chute mondiale des prix du pétrole et des marchandises. En effet, la situation entraîne une baisse importante de la valeur du dollar canadien, en plus de coûter de nombreux emplois dans l’ouest du Canada, particulièrement en Alberta. Stephen Harper essuie ainsi les critiques de plusieurs pour avoir mis tous les œufs du Canada dans un même panier, celui de l’extraction des ressources. Il est également critiqué pour sa relative inactivité dans le dossier des changements climatiques, pour n’avoir pas atteint les objectifs préalables du Canada en matière de réduction des gaz à effets de serre. Plus précisément, il est critiqué pour avoir retiré la signature du Canada du protocole de Kyoto.

Tout au long de son mandat, Stephen Harper est accusé de faire voter de larges lois omnibus (constituées d’une foule d’autres lois sans lien entre elles), de centraliser un pouvoir sans précédent au Bureau du premier ministre et de manquer de transparence et de responsabilité. Sa seconde prorogation du Parlement en 2009, par exemple, est largement perçue comme une tentative d’éviter toute enquête sur le rôle du Canada dans le traitement des détenus afghans.

De nombreux groupes autochtones blâment le gouvernement Harper pour avoir coupé les vivres à une foule de programmes et organisations autochtones et pour avoir refusé de fournir à la Commission de vérité et de réconciliation du Canada ses dossiers liés aux pensionnats indiens. La colère entourant la Loi de 2012 sur les emplois et la croissance a d’ailleurs directement inspiré la création du mouvement Idle No More. Un bon nombre des lois plus sévères contre la criminalité instaurées par Stephen Harper sont rejetées par la Cour suprême parce qu’elles sont jugées contraires à la Charte des droits et libertés. L’allocation par Harper de sommes record à la lutte contre le crime et à la construction de prisons est également remise en question, surtout dans un contexte où le taux de criminalité est en baisse.


Arrière-ban et retraite politique

Après avoir été réélu député de Calgary Heritage aux élections fédérales de 2015, Harper reste au Parlement à titre d’arrière-ban du Parti conservateur, tandis que Rona Ambrose est nommée chef intérimaire. Dans ce nouveau rôle, Stephen Harper se fait discret. Il ne se présente au Parlement que les jours de votes et quitte les lieux par la porte de derrière afin d’éviter les points de presse quotidiens. La première apparition publique qu’il fait après sa défaite en 2015 est au congrès sur les politiques du Parti conservateur, le 26 mai 2016 à Vancouver. Il y est conférencier d’ouverture. « Nous pouvons être fiers de notre feuille de route, dit-il, mais il est inutile de s’attarder sur le passé. Il faut maintenant regarder vers l’avant. Le périple de notre parti ne fait que commencer. »

La veille du congrès, le Globe and Mail rapporte que Stephen Harper a prévu de démissionner de son poste de député avant le début des séances parlementaires de l’automne. Il démissionne officiellement le 26 août dans un clip vidéo publié sur différents réseaux sociaux.

Carrière après la politique

Dans la foulée de sa retraite politique, Stephen Harper lance à Calgary la société de conseil Harper & Associates Consulting Inc., en partenariat avec son ancien chef du personnel Ray Novak, son bras droit de longue date Jeremy Hunt, et l’ancienne directrice des politiques du CPM Rachel Curran. Stephen Harper incorpore officiellement la société en décembre 2015.

En septembre 2015, il consent à une « affiliation stratégique » avec le cabinet juridique international Dentons. Depuis ses bureaux de Dentons à Calgary, il « offre des conseils aux clients en ce qui a trait à l’accès au marché, à la gestion des risques géopolitiques et économiques mondiaux et aux façons de maximiser la valeur sur les marchés mondiaux. » Harper signe également un contrat de conférencier public avec le Worldwide Speakers Group, en plus d’accepter de siéger aux conseils d’administration de la société immobilière Colliers International et du Conservative Fund, le collecteur de fonds du Parti conservateur du Canada.

En avril 2017, Harper accepte un poste de conseiller auprès de 8VC, un fonds pour la technologie de Silicon Valley qui investit dans des entreprises financières, de transport et de soins de santé. En février 2018, il est élu président par acclamation de l’Union démocrate internationale, une organisation regroupant des chefs de partis centre-droite de partout sur la planète et cofondé notamment par George H. W. Bush et Margaret Thatcher.

En 2018, Harper commence à établir une présence plus importante sur la scène internationale. En février, il déclare à un auditoire américain que « j’aurais pu exercer beaucoup plus de pouvoir. Je pense que je pourrais probablement encore facilement être le chef de mon parti si je le voulais. Après tout, j’en suis le fondateur ». Le 16 octobre 2018 — trois ans jour pour jour après les élections fédérales de 2015 — McClelland & Stewart publie le livre de Harper, Right Here, Right Now : Politics and Leadership in the Age of Disruption. L’ouvrage se concentre sur l’état du conservatisme face à la montée du populisme international.

En janvier 2019, Stephen Harper s’adresse à un groupe d’investisseurs et de dirigeants du secteur pétrolier et gazier à Londres, en Angleterre. Il fait valoir que les investisseurs ont perdu confiance dans le secteur énergétique canadien et expose les mesures à prendre pour redresser la situation. En juin, il annonce qu’il restait neutre dans la course à la direction du Parti conservateur britannique, malgré les rumeurs selon lesquelles il a été engagé comme consultant par la campagne de Jeremy Hunt. En octobre, Harper se prononce en faveur de la décision du chef du Parti conservateur Boris Johnson de proroger le Parlement britannique. Il se montre également très critique à l’égard de la Cour suprême britannique, qui juge que la tentative de Johnson de proroger le Parlement est illégale et prend des mesures pour empêcher de telles tentatives à l’avenir. Suite à la démission d’Andrew Scheer en tant que chef du Parti conservateur du Canada en décembre 2019, de nombreux experts croient que Harper pourrait se présenter pour le remplacer.

Prix et distinctions

  • Membre du Conseil privé de la Reine pour le Canada (2006)
  • Vedette des médias de l’année au Canada, Time Magazine (2006)
  • Prix Woodrow Wilson, Woodrow Wilson International Center for Scholars, Smithsonian Institution (2006)
  • Médaillon d’or du Président pour l’humanitarisme, Conseil international B’nai B’rith (2008)
  • Homme d’état de l’année, Fondation Appeal of Conscience (2012)
  • Doctorat honorifique, Université de Tel-Aviv (2014)
  • Ordre de la liberté, Gouvernement d’Ukraine (2016)

Compagnon, Ordre du Canada (2019)


Premiers Ministres du Canada

Nom

Parti

Mandat

Con.

1867-1873

Lib.

1873-1878

Con.

1878-1891

Con.

1891-1892

Con.

1892-1894

Con.

1894-1896

Con.

1896

Lib.

1896-1911

Con.

1911-1917

Unioniste

1917-1920

Con.

1920-1921

Lib.

1921-1926

Con.

1926

Lib.

1926-1930

Con.

1930-1935

Lib.

1935-1948

Lib.

1948-1957

Con.

1957-1963

Lib.

1963-1968

Lib.

1968-1979

Con.

1979-1980

Lib.

1980-1984

Lib.

1984

Con.

1984-1993

Con.

1993

Lib.

1993-2003

Lib.

2003-2006

Con.

2006-2015

Lib.

2015-

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