Soraya Martinez Ferrada, mairesse de Montréal depuis 2025, femme politique canadienne (née le 28 août 1972 au Chili). Elle a été élue mairesse de Montréal le 2 novembre 2025. Immigrante d’origine chilienne, ex-députée et ancienne ministre fédérale, elle est la première personne d’origine latino-américaine et la première personne racisée à diriger la métropole québécoise. Elle est également la deuxième femme à occuper ce poste dans l’histoire de la ville.

Jeunesse et formation
Née au Chili, Soraya Martinez Ferrada passe son enfance sous la dictature d’Augusto Pinochet. Les membres de sa famille ayant milité activement dans le parti socialiste de Salvador Allende, iels sont contraints de fuir le pays. En 1980, Soraya Martinez Ferrada arrive au Canada avec sa mère et son frère en tant que réfugiée politique. Elle grandit dans l’Est de Montréal (voir Montréal), tout en maîtrisant progressivement le français. Elle se décrit comme une « enfant de la loi 101 ».
Soraya Martinez Ferrada fait ses études à HEC Montréal, où elle obtient un baccalauréat en sciences en 2002. Pendant ses études, alors qu’elle élève deux enfants, elle fait face à des défis économiques. Elle recourt à des banques alimentaires pour subvenir aux besoins de sa famille. Ces expériences forgent son engagement en faveur de l’action sociale. Soraya Martinez Ferrada cite également ses grands-parents militants comme source d’inspiration.
Début de carrière politique municipale
En novembre 2005, Soraya Martinez Ferrada entre en politique municipale. Elle est élue conseillère municipale dans le district de Saint-Michel, sous la bannière de l'Union des citoyens et citoyennes de l'île de Montréal du maire Gérald Tremblay. Elle occupe ce poste jusqu’en 2009, lorsqu’elle perd sa réélection alors qu’elle se présentait pour le parti Vision Montréal de Louise Harel.
Elle poursuit néanmoins ses engagements auprès de Vision Montréal à titre de cheffe de cabinet de Louise Harel. Soraya Martinez Ferrada acquiert de l’expérience en gestion de dossiers municipaux dans l’Opposition officielle.
Au cours de ses premières années en politique municipale, Soraya Martinez Ferrada contribue à des projets marquants. Elle joue, par exemple, un rôle dans la transformation de la carrière Miron, utilisée comme site d’enfouissement de déchets domestiques, en parc Frédéric-Back, un projet de développement durable. Elle supervise également l’enfouissement de lignes électriques sur la rue Jarry, un projet attendu par les résidents et résidentes depuis 40 ans.
En 2013, Soraya Martinez Ferrada quitte la scène municipale pour s’investir dans le secteur communautaire et culturel. Elle revient notamment travailler à la TOHU qu’elle a contribué à créer au début des années 2000. La TOHU est un organisme montréalais diffusant les arts du cirque tout en alliant l'engagement social et environnemental.
Carrière en politique fédérale
En 2015, Soraya Martinez Ferrada fait le saut en politique fédérale à titre de conseillère principale de la ministre du Patrimoine Mélanie Joly. Lors des élections de 2019, elle décide de se présenter comme candidate de la circonscription d’Hochelaga où elle est élue sous la bannière du Parti libéral du Canada. Cette circonscription, située dans le sud-est de Montréal, n’avait pas été libérale depuis plusieurs décennies, ce qui souligne l’impact de sa candidature.
Lors de ses deux mandats consécutifs à Ottawa, elle occupe successivement les postes de secrétaire parlementaire auprès des ministres de l’Immigration, des Transports et du Logement. En 2023, elle est nommée ministre du Tourisme et ministre responsable de l’Agence de développement économique du Canada pour les régions du Québec. (Voir Cabinet.)
Le 9 mai 2024, Soraya Martinez Ferrada partage son inquiétude quant à une remise en question du droit à l’avortement dans la Chambre des communes. Elle raconte notamment son histoire personnelle d’avortement vécue à l’âge de 18 ans.
Élection municipale de 2025
En février 2025, Soraya Martinez Ferrada quitte la scène fédérale pour revenir à la politique municipale. Elle devient cheffe d’Ensemble Montréal. Sa candidature à la mairie marque son retour à ses racines politiques montréalaises, après plusieurs années à Ottawa.
Durant sa campagne, Soraya Martinez Ferrada identifie plusieurs priorités qu’elle considère comme essentielles pour redresser Montréal.
- L’itinérance : Elle considère cet enjeu comme sa priorité et appelle à un « effort de guerre » pour résoudre la crise de l’itinérance. Elle promet de travailler avec les arrondissements pour offrir des solutions durables. Elle affirme ne pas vouloir simplement « démanteler » les campements de personnes itinérantes, mais trouver des réponses humaines.
- Logement et accessibilité : Le logement abordable est un pilier de sa campagne. Elle propose des incitatifs pour stimuler la construction de logements sociaux ou abordables tout en maintenant un équilibre entre développement immobilier et inclusion. (Voir Logement et politique du logement.)
- Sécurité et services municipaux : Elle souhaite renforcer les ressources policières et améliorer la propreté de la ville, afin d’accroître le sentiment de sécurité des citoyens et citoyennes.
- Mobilité : Soraya Martinez Ferrada propose de réévaluer certaines pistes cyclables qu’elle juge « non sécuritaires » et envisage une approche plus pragmatique des infrastructures, dans les 100 premiers jours de son mandat.
- Dépenses : Lors de sa campagne, la candidate à la mairie fait une autre promesse majeure, celle de réduire les dépenses de la Ville en abolissant au moins 1 000 postes de fonctionnaires.
Après huit ans sous l’administration de Valérie Plante de Projet Montréal, Soraya Martinez Ferrada se positionne comme une candidate de changement pour la ville de Montréal. Son discours cible l’électorat qui se sent incompris par l’administration de Projet Montréal, notamment sur des enjeux du quotidien comme les transports et la mobilité. Les pistes cyclables font d’ailleurs l’objet d’un débat important durant la campagne. Soraya Martinez Ferrada parle ainsi de réaliser un audit du réseau cyclable, avant de décider d’aller de l’avant avec les projets en cours ou de démanteler des pistes existantes.
Le 2 novembre 2025, Soraya Martinez Ferrada remporte l’élection municipale avec 43,4 % des voix. Elle devance son principal adversaire, Luc Rabouin de Projet Montréal, qui récolte 35 % des suffrages. Ensemble Montréal réussit également à faire élire une majorité de ses candidats et candidates au conseil municipal, obtenant 34 des 65 sièges.
Lors de son discours de victoire, elle déclare : « Moi, je suis une immigrante. Je suis une fille de la loi 101. Je suis une fille de Montréal et je suis ici chez moi. »
Mairesse de Montréal
Le 13 novembre 2025, Soraya Martinez Ferrada est officiellement assermentée comme 46ᵉ mairesse de Montréal lors d’une cérémonie à l’hôtel de ville.
Son élection a une portée symbolique et historique forte. Elle est la première mairesse de Montréal issue des communautés racisées. Cette élection semble envoyer un message d’inclusion à une population de plus en plus diversifiée. Les membres du Centre d’aide aux familles latino-américaines mentionnent qu’elles se serviront de l’histoire de Soraya Martinez Ferrada pour donner espoir aux personnes immigrantes nouvellement arrivées. Pour ces dernières, l’intégration à une nouvelle société est parfois difficile dans les premières années. (Voir aussi Politique d’immigration québécoise.)
Elle est aussi la deuxième femme à occuper la fonction de mairesse de Montréal, après Valérie Plante.
Malgré un fort élan symbolique, la mairesse Martinez Ferrada fait face à des défis et critiques. Notamment, sa promesse de réévaluer le réseau cyclable est perçue comme un recul pour le transport actif en ville. En matière de logement, ses propositions d’incitatifs pour les promoteurs immobiliers suscitent des inquiétudes. Certains craignent l’intensification de l'embourgeoisement et l’abandon de certaines formes de logement social. Ceux-ci s’inquiètent que les incitatifs profitent davantage aux compagnies de promotion immobilière qu’aux citoyens et citoyennes à faible ou moyen revenu.