La Petite Italie de Toronto est située au centre-ville, sur la rue College, entre la rue Bathurst et l’avenue Ossington, dans les limites du Traité no 13, signé avec les Mississaugas de Credit. Au cours des 19e et 20e siècles, ce quartier accueille de nombreuses vagues d’immigrants italiens. Il est actuellement animé par un grand nombre de petites entreprises et d’événements culturels. La majorité des Italo-Canadiens vivent maintenant dans d’autres quartiers de la région du Grand Toronto, comme Corso Italia (autour de la rue Dufferin et de l’avenue St. Clair). Toutefois, la Petite Italie parvient à préserver son patrimoine culturel.
Histoire de l’établissement
Depuis des millénaires, le territoire sur lequel se trouve la Petite Italie abrite des nations autochtones comme les Wendats, les Anichinabés et les Haudenosaunee. Ce quartier se trouve dans les limites du Traité no 13, signé avec les Mississaugas de Credit.
À la fin du 19e siècle, des immigrants italiens commencent à s’établir dans le quartier qui deviendra la Petite Italie. Ils font partie de la première grande vague d’immigration italienne à Toronto. (Voir aussi Immigration au Canada.) Au départ, beaucoup s’installent dans le quartier St. John’s Ward, un quartier pauvre aussi connu sous le nom de « The Ward ». De grands projets de développement, comme celui de l’Hôpital général de Toronto poussent beaucoup de gens à déménager dans la Petite Italie.
Au début du 20e siècle, la population de la Petite Italie reste stable et de nombreuses petites entreprises émergent pour répondre aux besoins de la communauté italo-canadienne. En 1926, un sondage révèle que plus de 60 % des entreprises de la rue College, entre Bathurst et Grace, ont une origine italienne ou intègrent des termes italiens dans leur dénomination. Selon l’historienne Franca Iacovetta, ce quartier compte environ 10 000 Italiens.

La crise des années 1930 et la Deuxième Guerre mondiale ralentissent le développement de la Petite Italie. Pendant la guerre, le gouvernement fédéral, craignant que les Italo-Canadiens entretiennent des liens avec le régime fasciste de l’Italie, en interne environ 600. (Voir Internement au Canada.) Le gouvernement force également 31 000 d’entre eux à s’enregistrer comme « étrangers ennemis », ce qui cause un préjudice important à la communauté italo-canadienne. Dans la Petite Italie, la crainte de l’internement ralentit l’immigration et le développement des entreprises.
Après la Deuxième Guerre mondiale, la rue College devient une plaque tournante pour l’établissement d’une nouvelle vague d’immigrants italiens. De 1940 à 1971, plus de 460 000 Italiens arrivent au Canada. Beaucoup choisissent Toronto comme lieu de résidence. Selon Franca Iacovetta, plus de 40 % des personnes entrées au Canada entre 1951 et 1961 s’y installent. Cette tendance s’explique par l’évolution de la Politique d’immigration au Canada. À la fin des années 1940, le gouvernement autorise l’entrée de nouveaux immigrants pour certains emplois. Cela attire de nombreux hommes italiens au Canada. Ce groupe provient principalement des régions agricoles du sud de l’Italie. La plupart de ces hommes finissent par travailler dans les secteurs de la construction, de la fabrication, de l’exploitation forestière et des mines. Beaucoup s’installent dans la Petite Italie de Toronto en raison des loyers bon marché et de la présence d’une communauté italienne déjà établie. Ils parrainent ensuite souvent des membres de leur famille et des « paesani » (personnes originaires de la même ville ou du même village) pour qu’ils émigrent au Canada. Pendant cette période, la grande majorité des immigrants italiens arrivent grâce à des parrainages familiaux.
L’arrivée de nouveaux immigrants conduit à la création d’entreprises et d’institutions visant à répondre à leurs besoins. Au fil des ans, de nombreux magasins, clubs et cafés italiens apparaissent sur la rue College. La Petite Italie contribue également au développement d’une scène cinématographique dynamique, avec l’émergence de plusieurs cinémas indépendants. Des lieux de rencontre comme le Café Diplomatico et le Mod Club sont encore très populaires aujourd’hui. Beaucoup d’Italiens se joignent aux congrégations catholiques du quartier, en particulier à l’église Sainte-Agnès, sur la rue Grace. La communauté organise des célébrations religieuses selon la tradition catholique romaine.
En plus du quartier de la Petite Italie, la communauté italienne se concentre aussi dans des quartiers tels que Junction, ainsi que sur Danforth et Coxwell. De nombreux Canadiens d’origine italienne s’établissent dans ces deux secteurs, ainsi qu’à Corso Italia, situé sur l’avenue St. Clair, entre l’avenue Lansdowne et la rue Dufferin.
À la fin des années 1950 et au début des années 1960, le quartier de Corso Italia devient une destination prisée pour les vêtements, les restaurants et les cafés italiens. En1961, c’est dans ce quartier que la communauté italienne connaît la plus forte expansion à Toronto. À l’époque, il s’étend sur une superficie plus de deux fois supérieure à celle de la Petite Italie. Aujourd’hui encore, ce secteur continue d’abriter de nombreux Italo-Canadiens et leurs entreprises.
Le saviez-vous?
À la fin du 20e siècle, la Petite Italie et Corso Italia accueillent d’importantes communautés portugaises et latines immigrant à Toronto. Le Portuguese Canadian Walk of Fame, l’allée des célébrités portugaises canadiennes, situé à l’angle des rues College et Crawford, est l’un des symboles du patrimoine commun de ces quartiers.

Au fil du temps, Toronto continue de se développer et de s’embourgeoiser. Par conséquent, il est de notoriété publique dans la communauté italienne que de nombreuses familles mieux nanties quittent la Petite Italie et Corso Italia. Beaucoup s’installent dans des banlieues telles que Woodbridge, King City et Vaughan pendant cette période.
En 2025, la population italo-canadienne de Petite Italie, située sur la rue College, est relativement peu nombreuse. Cependant, le quartier conserve son importance culturelle tant pour la communauté que pour la ville.
Affaires, vie communautaire et culture
La Petite Italie de Toronto accueille des événements culturels, des petites entreprises et des institutions qui témoignent de l’histoire du quartier.
Chaque année, à la mi-juin, la communauté organise le festival « The Taste of Little Italy ». Pendant ce festival, la rue College est fermée à la circulation automobile et aux transports en commun. La rue accueille alors des spectacles, des dégustations culinaires et un carrousel. Il y a aussi le festival « Cavalcade of Lights » à Noël.
La Petite Italie est le berceau de l’une des plus anciennes stations de radio multilingues du Canada, CHIN FM. La station est située dans l’édifice CHIN, à l’intersection des rues College et Grace. À l’origine, l’entrepreneur Johnny Lombardi fonde la station en achetant des plages horaires dans différentes stations de radio. Il les utilise pour diffuser des émissions en italien. Aujourd’hui, CHIN diffuse des émissions dans 37 langues différentes pour s’adresser aux diverses communautés de Toronto et d’Ottawa. (Voir Multiculturalisme.)
Il Corriere Canadese, un quotidien en langue italienne dont la publication débute en 1954, a également ses racines dans le quartier Petite Italie. Il Corriere continue de paraître régulièrement, bien que son siège social se trouve maintenant à North York.
En 1968, Rocco et Paul Mastrangelo ouvrent le Cafe Diplomatico au coin des rues College et Clinton. Ce restaurant est l’un des premiers à offrir une terrasse à Toronto. Il intègre notamment des éléments de la culture italienne des bars et cafés. Le Cafe Diplomatico devient rapidement un lieu de rencontre très prisé des nouveaux immigrants italiens. Il est encore très fréquenté aujourd’hui. (Voir Italo-Canadiens.)
Corso Italia accueille divers autres événements culturels reflétant la diversité de sa population. Des événements communautaires sont organisés chaque année à l’approche d’Halloween et de Noël. En 2025, le quartier organise pour la première fois le défilé de la Journée du Portugal à Toronto.