Le MS St. Louis était le nom d’un navire allemand. Des passagers juifs ont tenté de quitter l’Europe à bord de ce navire. Ils craignaient d’être injustement persécutés par les nazis. En juin 1939, le Canada leur a refusé l’entrée au pays. Le navire est retourné en Europe. Plus tard, 254 passagers du navire ont péri dans l’Holocauste.
Cet article est un résumé en langage simple sur le paquebot MS St. Louis. Si vous souhaitez approfondir le sujet, veuillez consulter l’article intégral, intitulé Paquebot MS St. Louis.
Contexte
En 1933, Adolf Hitler devient le dirigeant de l’Allemagne. Son parti nazi est profondément antisémite.
Les Juifs commencent alors à souffrir énormément. Ils subissent encore beaucoup plus de discriminations après l’arrivée d’Hitler au pouvoir. Ils ne peuvent plus travailler au sein du gouvernement. Ils ne peuvent plus exercer les professions d’avocat ou d’enseignant. En 1935, ils perdent leur droit de vote. Et ils commencent à subir des violences toujours plus nombreuses.
En 1938, la situation s’aggrave. Un événement nommé Kristallnacht survient. Ce nom signifie « la Nuit de cristal ». Les gens détruisent des commerces appartenant aux Juifs. Ils incendient également des synagogues. De nombreux Juifs meurent. Et environ 30 000 hommes juifs sont arrêtés et emprisonnés.
Voyage vers les Amériques
Après la Nuit de cristal, des centaines de milliers de Juifs veulent quitter l’Allemagne. En mai 1939, des centaines de Juifs embarquent à bord du MS St. Louis. Ils espèrent eux aussi pouvoir fuir l’Allemagne.
Le MS St. Louis transporte au total 937 passagers. La plupart sont des Juifs allemands. La destination initiale du MS St. Louis est Cuba. Plusieurs des passagers à bord ont l’autorisation d’y débarquer. Plusieurs d’entre eux possèdent également les documents nécessaires pour entrer aux États-Unis. Malheureusement, seuls 28 passagers sont autorisés à descendre du navire à Cuba.
L’une des raisons de cette décision est le sentiment antisémite. Les Juifs font l’objet de discrimination dans une grande partie du monde (voir Antisémitisme au Canada). Une autre raison est que les politiques d’immigration de Cuba viennent tout récemment de changer.
Le capitaine du MS St. Louis ne veut pas retourner en Allemagne. Il se nomme Gustav Schröder. Il est inquiet du sort de ses passagers s’ils doivent retourner en Allemagne. Il tente de convaincre le gouvernement cubain d’autoriser les Juifs à quitter le navire. Cuba refuse.
Éventuellement, le capitaine laisse tomber Cuba. Il décide de se rendre aux États-Unis. Il espère que le gouvernement américain accepte que ses passagers puissent entrer au pays en toute sécurité. Certains Américains écrivent au président Franklin D. Roosevelt. Ils espèrent eux aussi pouvoir le persuader d’accorder l’asile aux passagers aux États-Unis. Ce dernier refuse. Le capitaine reprend alors la mer pour l’Europe. Il semble ne plus y avoir d’autre endroit où aller.
Le MS St. Louis et le Canada
Plusieurs personnalités canadiennes, dont de nombreux chefs religieux, écrivent au premier ministre William Lyon Mackenzie King. Ils lui demandent de permettre aux passagers du MS St. Louis d’entrer au Canada.
William Lyon Mackenzie King demande à ses collègues de décider. Parmi ceux-ci se trouve Ernest Lapointe. Il est ministre de la Justice. L’autre collègue est Frederick Blair. Il est à la tête de l’immigration. Les deux hommes refusent d’accueillir les passagers du MS St. Louis au Canada.
Le MS St. Louis reprend la mer en direction de l’Europe. Les passagers se rendent en Belgique, en France, aux Pays-Bas et au Royaume-Uni. En 1940, les nazis envahissent ces pays, à l’exception du Royaume-Uni. Par conséquent, 254 des passagers meurent dans l’Holocauste.

Pourquoi le Canada a-t-il refusé?
Comme dans une grande partie du monde, l’antisémitisme est très présent au Canada. Un bon nombre de Canadiens ne veulent pas que des Juifs immigrent au Canada. Il en va de même pour l’idée d’accueillir de nombreux autres groupes ethniques. Le racisme envers certaines minorités est très répandu. Ces minorités comprennent les Asiatiques, les Roms et les Noirs. Le Canada traverse également une période économique très difficile. Le gouvernement ne veut pas accueillir davantage d’immigrants. (Voir La crise des années 1930 au Canada [résumé en langage simple].)
Tout au long des années 1930 et jusqu’en 1945, le Canada n’accueille qu’environ 5000 réfugiés juifs. De tous les pays développés, le Canada est celui qui accueille le plus petit nombre de réfugiés.
En 2000, des membres du clergé canadien présentent leurs excuses aux survivants. En 2011, un monument commémoratif est dévoilé à Halifax en Nouvelle-Écosse. Et en 2018, le premier ministre Justin Trudeau présente des excuses officielles au nom du gouvernement canadien. Le fait de reconnaitre les erreurs et torts commis par le passé est un premier pas vers la guérison des blessures de l’histoire.