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Baleine à bec de Sowerby

La baleine à bec de Sowerby (Mesoplodon bidens) est l’une des espèces de mammifères les moins connues. Membre de la famille des Ziphiidés, cette baleine à bec a été la première à être découverte et décrite. Son nom scientifique, bidens, fait référence aux deux dents situées à mi-hauteur de la mâchoire inférieure des mâles adultes et vient du latin bi, qui signifie deux, et dens, qui signifie dents.

Dessin d’une baleine grise profilée avec une petite nageoire dorsale et une dent inférieure proéminente.

Description

Cette espèce de baleine mesure entre 4,5 et 5,5 m de longueur et pèse entre 1 000 et 1 300 kg. Son dos allant du gris ardoise au gris bleuté, avec des taches gris clair et blanches, contraste avec son ventre plus pâle. Ses cicatrices se remarquent moins que celles des autres espèces de baleines à bec. Son corps est fusiforme et son rostre (bec) est long et effilé. Sur sa petite tête, un évent singulier au sommet d’un renflement appelé melon, sert à l’écholocation et à la communication. Sa nageoire dorsale, légèrement courbée et arrondie à son extrémité, se situe environ aux deux tiers du dos vers l’arrière. Contrairement aux autres baleines à bec, ses nageoires sont longues et fines, et sa nageoire caudale est dépourvue d’encoche centrale. En règle générale, le mâle est plus grand que la femelle. Il possède une paire de dents sur sa mâchoire arquée, qui reste toujours visible, contrairement aux dents de la femelle ou du juvénile, qui restent sous la gencive.

Baleine grise surmontant une vague.

Répartition

La baleine à bec de Sowerby est une des baleines à bec ayant la plus grande aire de répartition dans l’Atlantique Nord. Elle préfère les eaux profondes, près du plateau et du talus continentaux, et on la trouve généralement dans des zones dont la profondeur varie entre 200 et 1 500 m. Cette espèce se plaît dans les eaux froides, tempérées et subarctiques, et on l’a aperçue près de la banquise. Le long de la côte est du Canada, son aire de répartition s’étend de la baie Notre-Dame, à Terre-Neuve-et-Labrador, jusqu’au sud de la Nouvelle-Écosse. Cependant, elle est plus souvent observée et échouée dans l’Atlantique Est que dans l’Atlantique Ouest.

Comportement et régime alimentaire

La baleine à bec de Sowerby est peu étudiée en raison de son comportement énigmatique et craintif. Cette espèce de baleine est rarement observée et se trouve généralement seule ou en petits groupes de trois à dix individus. Ses plongées durent habituellement entre 10 et 15 minutes, mais on a déjà enregistré des plongées de plus de 28 minutes. Lorsqu’elle refait surface, elle lève la tête hors de l’eau à un angle prononcé de 45 degrés, puis souffle doucement, ce qui la rend difficile à repérer et à observer. Lorsqu’elle plonge, elle utilise l’écholocation pour repérer ses proies. Son régime alimentaire se compose de petits poissons des profondeurs et de céphalopodes, comme les calmars, qu’elle consomme par succion. Sous l’eau, elle ouvre brusquement la gueule, créant ainsi un puissant courant d’eau qui aspire ses proies. La baleine à bec de Sowerby se montre généralement très discrète à la surface. On peut toutefois observer certains comportements plus flagrants, comme des coups de queue, des sauts hors de l’eau et des postures verticales, connues sous le nom de « spyhopping », où elle émerge partiellement de l’eau pour explorer son environnement. Cependant, cet animal préfère généralement éviter les navires.

Baleine grise profilée sautant au-dessus de l’eau.

Reproduction et développement

On sait peu de choses sur les méthodes d’accouplement de la baleine à bec de Sowerby, en raison de sa nature secrète. Toutefois, des recherches menées sur des baleines échouées ont permis de déterminer que cette espèce atteint sa maturité sexuelle vers l’âge de sept ans, et que sa saison de reproduction s’étendrait de la fin de l’hiver au printemps. Après 12 mois de gestation, la femelle donne naissance à un seul baleineau mesurant entre 2,4 et 2,7 m de long et pesant environ 185 kg. Le petit présente une coloration plus foncée que l’adulte. Sa mère l’allaite et le protège pendant une période indéterminée de sa vie juvénile.

Nageoire dorsale d’une baleine grise sortant de l’eau.

Menaces et conservation

Initialement inscrite comme espèce préoccupante par le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) en 1989, la baleine à bec de Sowerby a vu son statut reconfirmé après deux autres évaluations distinctes, en 2006 et 2019. Les sons sous-marins intenses, comme ceux produits par les sonars à moyenne fréquence et les levés sismiques, constituent une menace importante pour ces animaux. Ces formes de pollution sonore d’origine humaine sont liées aux échouages massifs de baleines à bec et affectent leur écholocation pour la chasse et la communication. La baleine à bec de Sowerby est l’espèce qui s’échoue le plus souvent. On peut observer des échouages de groupes pouvant atteindre six individus tout au long de l’année. La pollution plastique menace également cette baleine, car on a constaté qu’elle en ingère. Elle risque également de s’emmêler dans les engins de pêche. Elle est aussi vulnérable à la pollution chimique. Malgré l’absence d’observation de prédateurs naturels, on suppose que les épaulards et les grands requins s’attaquent à cette espèce.