Artemis II était une mission lunaire habitée qui a été effectuée en 2026. L’astronaute Jeremy Hansen de l’Agence spatiale canadienne (ASC), et trois astronautes de la NASA ont survolé la face cachée de la Lune afin de tester le vaisseau spatial Orion en vue de futures missions lunaires. Le financement du système robotique Canadarm3 a permis la participation de Jeremy Hansen à ce vol. Jenni Gibbons, une autre astronaute de l’ASC, assurait la fonction de sa remplaçante en cas de besoin, et elle a communiqué avec les astronautes pendant le survol lunaire. Cette mission a servi d’exemple de collaboration internationale et elle a bénéficié d’autres contributions du Canada, comme le développement d’une roue d’inertie pour l’exercice physique et des aliments adaptés à l’espace.
Mission lunaire historique
Artemis II est la première mission lunaire habitée par des astronautes depuis l’alunissage d’Apollo 17 en 1972. La NASA sélectionne les quatre astronautes d’Artemis II dans le cadre des Accords Artemis, un programme dirigé par la NASA pour l’exploration lunaire et spatiale civile. Le Canada étant l’un des huit signataires initiaux de ces accords, l’Agence spatiale canadienne obtient une place à bord d’Artemis II, la première mission habitée par un équipage du programme Artemis, mission dont l’objectif ultime est de pouvoir éventuellement faire atterrir des astronautes sur la Lune.
Jeremy Hansen, astronaute de l’ASC et colonel de l’Aviation royale canadienne, est affecté à la mission Artemis II en tant que spécialiste de mission. Il est sélectionné pour l’ASC en 2009. Parmi ses contributions notables au sol, il est notamment le premier Canadien à diriger une classe d’entrainement d’astronautes à la fois pour la NASA et l’ASC. Navdeep Bains, ancien ministre de l’Innovation, des Sciences et de l’Industrie, affirme que Jeremy Hansen a contribué au développement de la stratégie spatiale du Canada avant son affectation à la mission.
Les trois astronautes qui sont de la NASA sont Reid Wiseman, commandant de mission, Victor Glover, pilote, et Christina Koch, spécialiste de mission. À l’exception de Jeremy Hansen, tous les astronautes d’Artemis II ont déjà effectué des missions à bord de la Station spatiale internationale (ISS).

Étapes clés de la mission
Artemis II est lancée depuis le Centre spatial Kennedy de la NASA en Floride, le 1er avril 2026. Après le lancement, la fusée Space Launch System place le vaisseau spatial Orion et ses quatre astronautes occupants en orbite terrestre. L’équipage effectue deux orbites autour de la Terre afin de s’assurer du bon fonctionnement des systèmes d’Orion. La première orbite se situe entre 185 km et 2253 km d’altitude, tandis que la deuxième se situe entre 185 km et 74 000 km au-dessus de la Terre. À titre de comparaison, la Station spatiale internationale (ISS) orbite entre 370 km et 460 km d’altitude.
L’équipage effectue une démonstration d’opérations de proximité avec un étage supérieur de la fusée afin de s’entrainer à manœuvrer le vaisseau spatial en vue d’amarrages lors de futures missions lunaires. Ensuite, le deuxième jour de vol, soit le 2 avril, ils effectuent la mise à feu cruciale des moteurs en direction de la Lune, une manœuvre appelée « injection translunaire ». Le voyage vers la Lune dure environ trois jours, durant lesquels Jeremy Hansen et les autres membres de l’équipage organisent des événements de participation publique en direct.
Peu avant d’atteindre la Lune, les astronautes d’Artemis II proposent de nommer un nouveau cratère lunaire en l’honneur de Carroll, l’épouse de Reid Wiseman, qui est décédée d’un cancer en 2020. L’équipage atteint son point le plus proche de la Lune le 6 avril (6e jour de vol), à 6544 km d’altitude. De la perspective des astronautes, la Lune a alors la taille d’un ballon de basket. L’équipage effectue des observations, ce qui comprend des photographies et des vidéos, pendant environ sept heures. Par chance, ils observent une éclipse solaire vers la fin de leur période d’observation. L’équipage entreprend ensuite le voyage de retour vers la Terre, qui dure trois jours, avant d’amerrir en toute sécurité le 10 avril.
La mission a un impact considérable, avec des millions de mentions sur les réseaux sociaux et une forte présence à la télévision, qui comprend un sketch à l’émission Saturday Night Live. Le premier ministre canadien Mark Carney et le président américain Donald Trump téléphonent tous deux à l’équipage dans l’espace, pendant la mission. L’acteur canadien Ryan Gosling, qui est alors en vedette dans Project Hail Mary (v.f. Projet dernière chance), un nouveau film hollywoodien, enregistre un message de soutien à l’équipage avant le lancement de leur mission. Depuis l’espace, Jeremy Hansen déclare que le film est « stimulant et inspirant », et il ajoute que l’équipage d’Artemis II l’a regardé alors qu’il était en quarantaine avant de quitter la Terre.
Contributions clés de l’ASC : Canadarm3 et Jenni Gibbons
Le Canada finance deux places de missions pour des astronautes dans le cadre du programme Artemis, qui comprend la place à bord d’Artemis II. Il fait cela en finançant le développement et la construction du bras robotique Canadarm3. Ce bras est issu du programme Canadarm, géré par MDA Space. (Voir aussi Robotique au Canada.)
Le Canadarm3 est conçu pour effectuer des tâches de maintenance et des missions scientifiques sur la Lune, parfois sans intervention humaine. MDA Space poursuit la construction du bras dans le cadre d’un contrat de 999,8 millions de dollars octroyé en 2024. La contribution de Canadarm3 à Artemis est conjointement déterminée par MDA Space, la NASA et l’ASC.
Tandis que Jeremy Hansen occupe une place à bord d’Artemis II, Jenni Gibbons, astronaute de l’ASC, est désignée comme remplaçante afin que le Canada conserve une place au sein de la mission si Jeremy Hansen se trouve dans l’incapacité d’y participer. Jenni Gibbons participe à tous les entrainements pour la mission et, avec l’astronaute Andre Douglas, le remplaçant des astronautes de la NASA, elle définit et valide la formation et les tâches prévues pour les futures missions Artemis.
Jenni Gibbons assume également plusieurs rôles clés au sein de la mission. Elle fait partie de l’équipe qui prépare le vaisseau spatial Orion de la NASA pour les astronautes d’Artemis II juste avant le lancement. Elle accompagne également la famille de Jeremy Hansen pour les aider en cas de problème lors de leur voyage ou pendant la mission de Jeremy Hansen. Une fois ce dernier parti en mission, Jenni Gibbons occupe le poste de « capcom », c’est-à-dire la voix de Mission Control, qui communique avec les astronautes depuis le centre de contrôle pendant plusieurs de leurs quarts de travail, y compris lors du survol lunaire.

Science, ingénierie et nourriture canadiennes
L’Agence spatiale canadienne et le gouvernement du Canada contribuent également au développement d’un appareil d’exercice à roue d’inertie à bord d’Artemis II. Cette roue d’inertie est installée sous l’écoutille d’entrée d’Orion afin de permettre aux astronautes de faire des flexions, des soulevés de terre et d’autres exercices de résistance pendant la mission. Avant le vol lunaire, le Conseil national de recherches du Canada effectue des essais en microgravité simulée de la roue d’inertie à bord d’un avion Falcon 20 en 2024, lors de vols paraboliques (montées et descentes rapides de l’avion) à l’aéroport métropolitain de Longueuil au Québec. Une trentaine de personnes de l’ASC, des Services de bien-être et de moral des Forces canadiennes, et des Forces armées canadiennes testent également cet appareil d’exercice durant plusieurs jours sur Terre.
Des aliments canadiens sont également fournis par l’ASC pour Artemis II. Ces aliments comprennent des céréales « Superseed » à la fraise et à la lavande, du curry de crevettes avec du riz, des bouchées de saumon kéta sauvage, des biscuits à la crème d’érable, et du sirop d’érable. Ces aliments jouent un rôle essentiel pour aider les astronautes à traverser l’un des moments les plus marquants de leur mission : la perte de communication avec la Terre alors qu’ils se trouvent sur la face cachée de la Lune. Pendant ce temps, les astronautes font une courte pause de leurs tâches et dégustent des biscuits à la crème d’érable.