Andrew Qappik

Andrew Qappik, C.M., artiste graphique et graveur inuit (né le 25 février 1964 à Nunataq, aujourd’hui au Nunavut). Andrew Qappik a contribué à la conception graphique du drapeau et des armoiries du Nunavut, ainsi que du logo du gouvernement territorial. En 2017, il a été intronisé à l’Ordre du Canada «Pour sa contribution à la définition de la culture visuelle du Nunavut en tant que maître graveur et sculpteur». Il vit à Panniqtuuq (Pangnirtung), au Nunavut.



L’autoportrait de Andrew Qappik

Jeunesse et influences

Andrew Qappik naît le 25 février 1964 à Nunataq, un petit camp éloigné, sur le territoire du Nunavut contemporain, à environ 64 km de Pangnirtung, le peuplement oriental de l’île de Baffin. Encore enfant, il part vivre à Pangnirtung avec ses parents.

Issu de la troisième génération d’une famille d’artistes, il commence à dessiner alors qu’il n’a que huit ans. Il débute sa formation artistique en copiant des bandes dessinées et en croquant ses camarades de classe et ses professeurs. Ses oncles, Solomon Karpik et Imoona Karpik (voir Gravure inuite), et son grand‑père paternel, Pauloosie Karpik, sont au nombre de ceux qui l’encouragent à copier leur travail afin d’acquérir la maîtrise d’un certain nombre de techniques formelles. Ils lui racontent également des récits sur ses ancêtres, ainsi que sur la spiritualité et les traditions des Inuits. Ces histoires et ces traditions, en particulier celles sur l’importance des animaux dans la culture inuite vont jouer un rôle fondamental dans sa pratique artistique. En effet, beaucoup de ses gravures représentent des animaux en train de chasser ou d’être chassés, comme la célèbre Favourite Place to Be de 1993 dépeignant la relation, à la fois ambiguë et empreinte de respect, entre un pêcheur et les poissons qu’il aperçoit sous la glace. Dans son travail, les animaux sont souvent dotés de personnalités, qu’elles soient rusées ou ludiques, et ses gravures intègrent parfois de subtiles touches humoristiques.

Carrière : les points saillants

En 1978, alors qu’Andrew Qappik n’a encore que 14 ans, cinq de ses gravures cataloguées ont déjà été publiées dans la collection annuelle des gravures de Pangnirtung. Le jeune homme commence son apprentissage à l’atelier de gravure de Pangnirtung, créé en 1973, à l’âge de 17 ans, s’occupant du nettoyage après le travail d’autres artistes dans un premier temps, puis créant des parties au pochoir et les découpant, avant d’être en mesure de produire enfin ses propres dessins.

Andrew Qappik contribue régulièrement à la collection de gravures de Pangnirtung. Ses œuvres se caractérisent par un style naturaliste et par l’emploi fréquent de plusieurs perspectives simultanées. Il est considéré comme un maître de la gravure sur pierre, des eaux‑fortes, de la pointe sèche, de la lithographie et du pochoir, et est particulièrement réputé pour les subtiles variations de couleur de ses gravures au pochoir. Il représente des thèmes traditionnels inuits, tout en rendant compte de la vie contemporaine dans l’Arctique (voir Peuples autochtones de l’Arctique au Canada), notamment par l’entremise d’activités familiales et de chasse. Il explique, cependant, que son travail ne constitue pas une prise de position politique ou sociale. Ses sujets sont généralement basés sur des récits, entendus de la bouche de certains de ses proches, relatifs aux traditions et à la spiritualité inuites ou sur ses propres expériences du territoire. Dans plusieurs de ses gravures, il représente également des paysages d’arrière‑plan, ce que font rarement les artistes inuits plus âgés.

La Winnipeg Art Gallery (WAG) organise, en 2010, la première rétrospective solo consacrée à Andrew Qappik, Andrew Qappik : Pangnirtung Memories, dont la commissaire est Darlene Coward Wight. L’exposition à la WAG comprend 32 des gravures de l’artiste données par H.G. Jones, collectionneur et professeur émérite d’histoire à l’Université de Caroline du Nord, Chapel Hill. Ce dernier avait initialement acheté les cinq gravures qui faisaient partie de la collection de gravures de Pangnirtung de 1978, alors que l’artiste n’avait que 14 ans. Au cours des 31 années suivantes, il poursuit sa collection en achetant chacune des gravures d’Andrew Qappik. En 2006, il fait don de sa collection, rassemblant la totalité des 140 gravures de l’artiste inuit, à la Winnipeg Art Gallery (WAG) qui est détentrice de la plus grande collection d’art inuit au monde. L’exposition solo du natif de Nunataq comprend également une peinture à l’huile de 2009, People of Pangnirtung, qui fait désormais partie de la collection de la WAG.

En 2017, Andrew Qappik est artiste en résidence à la Winnipeg Art Gallery, où il dirige des ateliers de gravure.

Andrew Qappik a exposé son art dans le monde entier, et ses œuvres font partie des collections de nombreuses institutions muséales, notamment la Galerie d’art de la Nouvelle‑Écosse (Halifax), le Musée des beaux‑arts de l’Ontario (Toronto), le Musée canadien de l’histoire (Gatineau), le Musée des beaux‑arts du Canada (Ottawa), et la Guilde canadienne des métiers d’art, Québec (Montréal).

Vie communautaire

Avec sa femme Annie, Andrew Qappik a créé, dans leur maison, un refuge pour les femmes fuyant des situations de violence. Bien qu’il connaisse bien la spiritualité et les traditions inuites (voir Inuits), il est un adepte convaincu de la foi chrétienne. Diacre à l’église anglicane de Pangnirtung pendant 12 ans, il devient, en 2012, copasteur, dirigeant la congrégation à l’église Full Gospel.

Sélection de distinctions

En 1998, un an avant que le Nunavut ne devienne officiellement un territoire, l’inukshuk (empilement de pierres traditionnel) dessiné par Andrew Qappik pour le drapeau du Nunavut est choisi par l’Autorité héraldique du Canada. L’artiste est alors invité à Ottawa pour donner son avis sur la conception du drapeau et des armoiries du nouveau territoire. Son dessin d’un ours polaire est choisi en 2000 comme logo pour le gouvernement du Nunavut, et il reçoit la médaille du jubilé de la reine Elizabeth en 2003. Cette même année, il entre à l’Académie royale des arts du Canada. Deux ans plus tard, l’Office national du film du Canada (ONF) produit le court métrage Moi, je fais de l’art comme Andrew Qappik, pour enseigner aux enfants le processus de gravure au pochoir.

En 2009, l’Inuit Tapiriit Kanatami confie à Andrew Qappik la conception d’une tapisserie, Achieving a Dream, pour les Jeux olympiques d’hiver de 2010 à Vancouver (voir Le Canada aux Jeux olympiques d’hiver).

Andrew Qappik est choisi, en 2017, pour devenir membre de l’Ordre du Canada « Pour sa contribution à la définition de la culture visuelle du Nunavut en tant que maître graveur et sculpteur ». Le 6 septembre 2018, il est intronisé à l’Ordre du Canada par la gouverneure générale Julie Payette.

En 2018, Andrew Qappik est mandaté par la Monnaie royale canadienne pour concevoir la pièce d’or célébrant le 20e anniversaire du Nunavut. L’organisme fédéral fait appel à lui, car il a déjà conçu deux éditions limitées de pièces de 25 cents, représentant un renard et un lièvre entourés d’un morse, d’un lemming, d’un faucon et d’un poisson.


Collection des peuples autochtones

En savoir plus

Lecture supplémentaire


  • H.G. Jones, Preserving Inuit Heritage through Art: The Catalogued Prints of Andrew Qappik 1978‑1998 (Chapel Hill, NC : H.G. Jones, 1999).