Le Traité no 8, signé le 21 juin 1899 par la Couronne et les peuples autochtones, couvre des régions qui font aujourd’hui partie de l’Alberta, de la Saskatchewan, de la Colombie-Britannique et des Territoires du Nord-Ouest. Il a été motivé par la richesse des ressources du Nord et par la ruée vers l’or du Klondike.
Cet article est un résumé en langage simple sur Traité no 8. Si vous souhaitez approfondir le sujet, veuillez consulter l’article intégral, intitulé Traité no 8.
Contexte historique
À la fin des années 1800 et au début des années 1900, le gouvernement convoite des terres pour ses projets de colonisation et de développement. Il souhaite que les peuples autochtones renoncent à leur titre autochtone (leurs droits) sur ces terres en échange de traités. Cependant, il ne négocie des traités que dans les plaines, excluant les régions du Nord qu’il considère comme non propices à l’agriculture.
Certains peuples autochtones du Nord souhaitent négocier des traités. Ils sont affamés et réclament de l’aide. Le gouvernement consent à leur apporter de l’aide, mais refuse de signer un traité. Cependant, à partir des années 1890, la découverte de ressources telles que le pétrole et l’or dans cette région entraîne un changement de situation. Pendant la ruée vers l’or du Klondike, un conflit éclate entre les mineurs blancs et les peuples autochtones. Craignant une escalade du conflit, le gouvernement souhaite un traité pour accéder aux ressources et rétablir l’ordre dans la région.
Négociations et signatures (1899)
Le gouvernement dépêche trois commissaires pour négocier avec les Cris, les Dénésulines, les Dane-zaa et d’autres peuples autochtones du Nord. La première signature du Traité no 8 a lieu le 21 juin 1899. Elle réunit les commissaires et des représentants cris.
Les commissaires s’attendent à ce que la signature du Traité no 8 s’effectue sans heurt. Cependant, les négociations s’avèrent ardues, car de nombreuses personnes sur le territoire se montrent sceptiques quant aux promesses du traité. Malgré cela, les chefs autochtones acceptent le traité sur la base de certaines promesses orales, notamment en ce qui concerne les soins médicaux. Les commissaires leur promettent également qu’ils ne subiront aucune ingérence dans leur mode de vie. Les commissaires continuent de négocier avec d’autres collectivités, sans toutefois les convaincre toutes. Certaines d’entre elles adhèrent à l’entente au fil des années suivantes.

Disposition du Traité no 8
Comme dans les traités numérotés précédents, les dispositions du Traité no 8 sont établies avant le début des négociations. Elles prévoient des réserves, des paiements annuels en espèces et d’autres promesses en échange de la cession du titre autochtone. Les limites du traité sont basées sur les zones minières, sur la présence des prospecteurs, sur les voies de transport vers le Klondike et sur la paix entre les Premières Nations et les colons.
Les dispositions écrites promettent des droits de chasse, de trappage et de pêche. Toutefois, le traité stipule également que le gouvernement pourrait réglementer ces droits ultérieurement. Il exclut par ailleurs ces droits de certains territoires utilisés à des fins de colonisation et de développement.
Les réserves sont calculées à raison d’un mille carré (environ 2,6 km2) par famille de cinq personnes. Le traité autorise également les particuliers ou les familles à vivre sur un terrain de 160 acres situé en dehors de la réserve. Lors de la signature, chaque signataire reçoit une indemnisation, les chefs et les conseillers bénéficiant d’une somme plus importante. Le gouvernement s’engage également à verser chaque année une somme de cinq dollars à chacun, avec un montant plus élevé pour les chefs et les conseillers. Le traité prévoit le versement des salaires des enseignants.
Le gouvernement s’engage à fournir de l’outillage agricole et du bétail, en plus de fournir chaque année des munitions et du fil de pêche aux Autochtones qui souhaitaient continuer à chasser et à pêcher.

Adhésions subséquentes (après 1899)
Après 1899, d’autres collectivités signent le traité. Les rapports des commissaires sont toutefois incomplets. Certaines Premières Nations signent le Traité no 8 au début des années 1900, et l’une d’entre elles le signe en 2000. Certains Métis se joignent également au traité dans les années 1930. Cependant, certaines Premières Nations dans les limites du Traité no 8 ne le signent pas.
Commission des certificats
Les certificats servent de mode de paiement aux Métis pour leur titre autochtone. La Commission des certificats est créée en même temps que le Traité no 8. Les Métis ont le choix d’adhérer au Traité no 8 ou de recevoir des certificats.
Problèmes
Le gouvernement rencontre rapidement des obstacles dans la distribution de l’argent et des fournitures. Il est difficile de se rendre aux réunions annuelles consacrées aux traités. Le gouvernement accumule des retards dans les paiements annuels. De plus, certaines rations sont endommagées ou détruites pendant le transport.
Il y a des désaccords quant à certaines promesses orales faites lors des négociations du traité. Les peuples autochtones réclament des soins médicaux et un soutien pour les aînés et les personnes défavorisées. Les commissaires affirment que le gouvernement est disposé à apporter son aide, mais qu’il ne peut pas garantir des soins médicaux réguliers ni un soutien pour ces groupes. Un médecin assiste aux rencontres annuelles et un service de soins médicaux permanent est rapidement mis en place à Fort Smith. Toutefois, de nombreuses personnes vivant sur le territoire du Traité no 8 n’ont accès à aucun soin médical en dehors de ces rencontres annuelles.
Il y a également des désaccords concernant les droits de chasse, de trappage et de pêche. Les Autochtones souhaitent protéger ces droits. Ils estiment que le gouvernement leur a promis qu’ils pourraient chasser, trapper et pêcher comme d’habitude. Le traité garantit leurs droits, mais il stipule également qu’ils devront se conformer à de futurs règlements. Certains, dont l’interprète Pierre Mercredi, soutiennent que le traité initial n’inclut pas de dispositions de règlements sur la chasse et le trappage autochtones.
En 1916, le gouvernement adopte des lois qui restreignent la chasse et le trappage. Bien que ces mesures permettent aux peuples autochtones de continuer à pratiquer ces activités, les autorités les accusent toujours d’enfreindre la loi. Les Premières Nations protestent contre ces lois.
Les questions relatives à la terre constituent depuis longtemps un défi dans les Territoires du Nord-Ouest. Certaines Premières Nations ont réglé leurs revendications territoriales avec le gouvernement. D’autres négocient toujours des ententes sur les terres, les ressources et l’autonomie gouvernementale.