James Arthur Gosling, O.C., informaticien, ingénieur informatique, cadre supérieur (né le 19 mai 1955 à Calgary en Alberta). James Gosling est considéré comme le « père de Java » pour avoir développé le langage de programmation polyvalent Java qui est à la base de nombreux appareils et logiciels informatiques modernes. (Voir aussi Technologie; Informatique.)

Jeunesse
La mère de James Gosling, Joyce, est professeure d’économie domestique à l’école secondaire, et son père Dave travaille dans divers domaines, dont l’organisation logistique d’expéditions géologiques dans le nord du Canada. Une grande partie de la famille de James Gosling travaille dans l’agriculture.
Une des valeurs essentielles que James Gosling apprend en grandissant est de travailler assidûment. « Une des choses que j’ai réalisée plus tard et qui m’a parue étrange, c’est que dans ma famille élargie, pratiquement personne n’avait de carrière », confie-t-il lors d’une entrevue accordée au Computer History Museum en 2019. « Je n’ai jamais eu cette perception que je devais obtenir une promotion, et les promotions n’ont jamais été une priorité pour moi parce que dans ma famille, on se disait plutôt : “Hé bien, as-tu eu une bonne année, as-tu eu une mauvaise année?” »
James Gosling se décrit comme « un enfant passionné d’informatique, voire un peu “geek” ». Dès son plus jeune âge, il aime jouer avec les vieux outils agricoles de la ferme de son grand-père. Comme sa famille n’a pas les moyens d’acheter des pièces pour ses projets électroniques, James Gosling fouille les poubelles à la recherche de matériaux avec lesquels il peut bricoler, et ainsi il construit son premier appareil informatique à partir d’objets jetés par une compagnie de téléphone.
Éducation
Alors qu’il étudie à la William Aberhart High School de Calgary, James Gosling visite les installations informatiques de l’Université de Calgary grâce à un ami de son père. « J’ai été captivé tout de suite », se souvient-il dans une entrevue accordée à The New Stack en 2025. Comme il habite près de l’université, il peut facilement s’y rendre à vélo ou à pied, et il réussit à déchiffrer les mots de passe pour accéder aux laboratoires et aux bibliothèques, où il étudie la programmation de manière autodidacte (voir Informatique). Malgré son jeune âge, James Gosling est suffisamment grand pour passer pour un étudiant de l’université.
James Gosling est embauché par le département de physique de l’université alors qu’il est encore à l’école secondaire, pour travailler sur un logiciel de traitement de données pour le satellite ISIS-II, qui collecte des données sur les aurores boréales. Bien qu’il manque des cours à son école pour faire ce travail, ses professeurs acceptent ses absences, les considérant comme bénéfiques pour lui et sachant exactement où il se trouve.
Après l’inscription officielle de James Gosling en tant qu’étudiant au département d’informatique de l’université, ses professeurs l’encouragent à poursuivre son travail en parallèle. Il obtient son baccalauréat en sciences en 1977 après que le chef de département fasse en sorte que son manque de cours optionnels soit ignoré.
James Gosling poursuit ensuite des études supérieures à l’Université Carnegie Mellon de Pittsburgh en Pennsylvanie. Ses travaux à Carnegie Mellon portent principalement sur la programmation pour le système d’exploitation UNIX. Sa thèse de doctorat est intitulée « The Algebraic Manipulation of Constraints », et elle est publiée en 1983.
Sun Microsystems et Java
James Gosling ne travaille qu’un peu plus d’un an et demi chez IBM Research, où il a le sentiment que la compagnie « se tire une balle dans le pied ». (Voir aussi International Business Machines Corporation [IBM].) En 1984, il se joint à Sun Microsystems, où il trouve une atmosphère propice à la créativité, au plaisir et à l’excellence technique.
Son premier projet majeur chez Sun est NeWS (Network Extensible Window System), qui permet à n’importe quel écran d’ordinateur d’afficher des programmes exécutés sur d’autres ordinateurs faisant partie de son réseau. Bien que ce projet ne connait pas de succès commercial, il démontre le potentiel de la distribution de la puissance de traitement informatique sur un réseau.
Le langage de programmation qui devient éventuellement Java naît d’un projet infructueux au début des années 1990 visant à créer des téléviseurs interactifs pour les consommateurs. Ce projet est initialement nommé Oak, en référence à un arbre qui se dresse devant la fenêtre du bureau de James Gosling. Lorsque les avocats découvrent de nombreux conflits potentiels pour ce nom proposé, des réunions sont tenues pour trouver un nom remplaçant. James Gosling n’aime pas le nom favori initial, soit Silk, car il lui rappelle trop les araignées.
Lorsque le projet de télévision échoue, les dirigeants de Sun voient des possibilités pour ce langage dans l’avènement de l’internet. James Gosling croit que Java doit être plus facile à utiliser pour les programmeurs afin d’élargir son champ d’application.
Java suscite un vif enthousiasme dans l’industrie de l’informatique, car il peut être utilisé avec tous les principaux systèmes d’exploitation du milieu des années 1990. Lorsque son succès est confirmé, James Gosling est surnommé « le plus grand programmeur du monde ». Il raconte que cette notoriété lui donne l’impression d’être une « rock star ».
Les postes que James Gosling occupe chez Sun comprennent celui de directeur technique des produits de développement et du Client Software Group. À la fin des années 1990, il est atteint du syndrome du canal carpien et pendant un certain temps, il n’est plus en mesure de travailler comme programmeur. Durant cette période, il voyage pour faire des conférences et participer à des événements pour promouvoir Java.

En 1998, James Gosling est appelé par les États-Unis à être témoin lors du procès antitrust intenté par le gouvernement américain contre Microsoft. Dans son témoignage écrit de 35 pages, il explique qu’une des raisons pour lesquelles il a créé Java était de libérer les programmeurs des limitations des logiciels spécifiques à une plateforme. Il souligne que Microsoft a remanié Java pour Windows de manière à le rendre incompatible avec la version standard produite par Sun.
En réfléchissant à l’héritage de Java lors d’une entrevue en 2025 avec le journaliste Darryl K. Taft, James Gosling observe que le langage n’a « jamais été une question d’avoir du style », mais plutôt d’être pratique. « Il s’agissait toujours avant tout d’être efficace pour accomplir le travail, pour aider les ingénieurs à faire leur boulot. »
Après le Sun
Peu après le rachat de Sun Microsystems par Oracle, James Gosling quitte la compagnie en 2010, après 26 ans de service. Ses raisons comprennent une baisse de salaire, une diminution de ses responsabilités, et la microgestion pratiquée par les nouveaux propriétaires. « Tout notre pouvoir de décision s’est évaporé », déclare-t-il dans une entrevue accordée à eWeek en 2010. Il trouve également que les nouveaux propriétaires avaient « des défaillances sur le plan éthique ».

Après un bref passage chez Google, James Gosling travaille comme architecte logiciel en chef chez Liquid Robotics, où il développe des systèmes de contrôle pour des robots utilisés dans la recherche océanographique, y compris pour la surveillance des températures dans les régions polaires. (Voir aussi Robotique au Canada.) Il quitte cette entreprise lorsqu’elle commence à développer des produits à des fins défensives.
En 2017, James Gosling se joint à Amazon Web Services en tant qu’ingénieur émérite. Son projet principal est AWS IoT Greengrass, qui est une plateforme utilisée pour le développement et le déploiement rapides de logiciels IoT.
James Gosling annonce qu’il prend sa retraite en juillet 2024. Comme il l’indique sur son site web : « Je ferai un peu de consultations, mais pas assez pour m’empêcher de m’amuser. »
Pour ce qui est de l’avenir, James Gosling est convaincu que la programmation informatique restera une compétence essentielle. Dans une entrevue accordée à The New Stack en 2025, il déclare : « Si j’avais un enfant aujourd’hui, je lui apprendrais absolument à programmer. Même si l’IA prend éventuellement le dessus, les gens doivent comprendre comment fonctionnent leurs systèmes. » (Voir aussi Intelligence artificielle [IA] au Canada.)
Prix et distinctions
- Prix de l’innovation, The Economist (2002)
- Officier, Ordre du Canada (2007)
- Membre, Association for Computing Machinery (2013)
- Médaille IEEE John von Neumann, IEEE Board of Directors (2015)