L’Halloween est célébrée chaque année le soir du 31 octobre. Cette fête tire principalement ses origines d’une célébration celtique qui marquait la division entre la période claire de l’année et la période sombre. (Cette période se trouve exactement à mi-chemin entre l’équinoxe de septembre et le solstice d’hiver.) On croyait alors que durant cette période, le monde spirituel devenait visible aux humains et que les âmes des morts, qui aimaient beaucoup jouer des tours aux mortels, pouvaient se mêler aux vivants. Les coutumes de l’Halloween consistaient entre autres à se déguiser pour éloigner les fantômes et à offrir de la nourriture pour apaiser les esprits malveillants. Ces pratiques ont été introduites au Canada au milieu et vers la fin des années 1800 par des immigrants écossais et irlandais. La première mention publique en Amérique du Nord d’une citrouille sculptée et illuminée remonte à 1886 à Kingston en Ontario. La première mention de déguisements à l’Halloween remonte à 1898 à Vancouver. Et la première utilisation consignée de la phrase « trick or treat » remonte à 1927 à Lethbridge en Alberta. L’Halloween est devenue de plus en plus populaire chez les adultes au début des années 1990. En date de l’année 2023, on estime que cette fête représente un marché de 1,8 milliard de dollars au Canada. Ceci en fait la deuxième fête la plus lucrative après Noël.
Origines de l’Halloween
Le mot Halloween dérive de l’expression anglaise « All Hallows’ Eve » (la veille de la Toussaint en français). Cette fête se tient la veille de la fête chrétienne de la Toussaint (ou la veille de « All Hallows’ Eve ») qui a lieu le 1er novembre. À l’époque, elle coïncide avec l’ancienne fête celtique de « Samhain » (qui est prononcé « Sa-wène », qui signifie « fin de l’été » et est le mot en gaélique pour novembre). Selon la BBC, « il est largement admis que les premiers missionnaires de l’Église ont choisi de célébrer une fête à cette période de l’année afin d’intégrer les pratiques païennes locales au christianisme, facilitant ainsi le processus de conversion ». Les Celtes croient que le début de cette journée de la nuit du 31 octobre marque la division entre la période claire de l’année et la période sombre. (Cette période se trouve exactement à mi-chemin entre l’équinoxe de septembre et le solstice d’hiver.) On croit qu’il s’agit d’une période spirituellement liminale où la frontière entre le monde des morts et le monde des vivants en est à son plus mince. Par conséquent, toutes sortes de fantômes, de fées et de démons, y compris les âmes des morts, peuvent visiter les vivants. Dans certaines parties de l’Irlande, l’Halloween est nommée « Pooky Night » ce qui fait référence à púca, une fée particulièrement malicieuse (origine du mot anglais « spooky »).
Coutumes de l’Halloween
Dans les coutumes celtiques de l’Halloween, les gens portent des costumes et des masques pour se déguiser et éloigner les mauvais esprits. Des ossements d’animaux abattus sont jetés dans des feux collectifs pour aider les morts dans leur voyage. Les gens éteignent leurs feux de foyer dans leurs maisons et ils les rallument à partir des feux d’os collectifs (qui sont appelés « bone fire » [feu d’os] et sont à l’origine du mot « bonfire » [feu de joie ou feu de camp]) pour célébrer le triomphe de la lumière sur l’obscurité. Des repas sont préparés pour les vivants et pour les morts. Les offrandes rituelles sont laissées dehors afin d’apaiser les esprits malveillants qui, autrement, apporteraient de la malchance.
La tradition qui consiste à mendier des offrandes aux portes des maisons, qui est initialement connue sous le nom de « souling » ou « mumming », remonte au Moyen Âge. Elle est considérée comme le précurseur de la pratique moderne du « trick-or-treating » (la demande de bonbons à chaque maison). À partir du 15e siècle, les pauvres offrent de chanter des prières pour les âmes des défunts d’une résidence en échange de « soul cakes » (gâteaux des âmes), une forme d’aumône pour les morts. À mesure que les célébrations de l’Halloween deviennent plus laïques, les enfants adoptent cette pratique. Au lieu de réciter des prières, ils chantent des chansons, récitent des poèmes ou effectuent des tours divertissants en échange de noix, de fruits ou de pièces de monnaie. La pratique de déguiser les enfants pour faire du porte-à-porte se répand au 19e siècle.

D’autres coutumes courantes de l’Halloween comprennent le souper en famille suivi de jeux de société. Typiquement, les gens font griller des noix ou jouent au jeu de la pomme dans l’eau pour prédire l’avenir des participants, et ils lisent le poème de 1786 Hallowe’en de Robert Burns. Ce poème décrit de nombreux autres jeux et coutumes. Les cartes postales et les cartes de vœux de l’Halloween sont également très populaires entre 1900 et 1940.

Origine de la Jack-o’-lantern (la citrouille)
Le terme « Jack-o’-lantern » (la citrouille de l’Halloween) provient du mythe de Stingy Jack datant du 17e siècle. Dans le folklore irlandais, Stingy Jack se voit refuser l’entrée au paradis (parce qu’il a été avare) et l’entrée en enfer (parce qu’il a joué des tours au diable). Il est condamné à errer dans la dimension entre le monde des vivants et celui des morts, avec pour seule lumière une braise qui provient de l’enfer. Il conserve cette braise dans un navet creusé, ce qui lui sert de lanterne, et il est surnommé Jack-o’-Lantern (Jack à la lanterne).

En Irlande et en Grande-Bretagne, les lanternes de l’Halloween sont initialement faites avec des navets, des betteraves ou des pommes de terre qui sont évidées et sculptées pour représenter un visage démoniaque, et elles sont éclairées de l’intérieur avec une bougie. Elles sont placées à la fenêtre ou sur le seuil d’une porte pour éloigner les mauvais esprits. Les immigrants irlandais et écossais en Amérique du Nord adaptent cette coutume avec une citrouille d’Amérique du Nord, qui est plus grosse et naturellement creuse. (Depuis, elle est toute aussi populaire en Grande-Bretagne.) Le premier article qui mentionne une lanterne d’Halloween sculptée dans une citrouille date de 1886, dans le Daily News de Kingston. Vers 1900, la lanterne d’Halloween est désormais le symbole principal de l’Halloween en Amérique du Nord.
L’origine de cette pratique fait l’objet de débats. Certains affirment qu’elle dérive de l’ancienne coutume chrétienne consistant à commémorer les âmes qui sont au purgatoire en allumant des bougies. Cependant, selon le National Geographic, « le concept d’utiliser un fruit ou un légume rond pour représenter un visage humain remonte à des milliers d’années dans certaines cultures celtiques d’Europe du Nord ».

Des concours de sculpture de citrouille ont lieu partout au Canada autour de la fête de l’Halloween (par exemple, un concours annuel est organisé au parc national Kejimkujik). Le comté de Norfolk en Ontario est reconnu comme la « capitale canadienne de la citrouille » en raison des quantités importantes de citrouilles qui y sont récoltées.
L’Halloween et la tournée des maisons au Canada
Ce n’est qu’avec l’arrivée massive des immigrants irlandais et écossais au milieu des années 1800 que les célébrations de l’Halloween sont introduites au Canada. La première mention consignée en Amérique du Nord d’enfants qui se déguisent pour l’Halloween est à Vancouver en Colombie-Britannique, en 1898.

La première utilisation consignée du terme « trick or treat » en Amérique du Nord est à Lethbridge en Alberta, en 1927.
« L’Halloween offre l’occasion de véritablement s’amuser. Aucun dommage réel n’est causé sauf à l’humeur de certains qui doivent se mettre à la recherche des roues de chariots, des portails, des wagons, des barils, etc., dont la plupart décorent la rue principale. Les jeunes tourmenteurs cognent à la porte d’entrée et à la porte arrière pour exiger un butin comestible en disant « trick or treat », ce à quoi les habitants répondent volontiers et renvoient les voleurs ravis. » - Lethbridge Herald, le 4 novembre 1927
Le type de farce ou de méfaits mentionnés ci-dessus naît en Grande-Bretagne à la fin du 18e siècle et devient associé à la nuit du 30 octobre, également surnommée la nuit du diable. Dans les années 1920, ces farces et la tradition du « trick or treat » sont déjà très courantes au Canada. Le « trick-or-treating » connait un déclin durant la Deuxième Guerre mondiale, principalement en raison du rationnement du sucre. Mais il connait un regain d’intérêt avec l’essor des banlieues dans les années 1950.
L’Halloween et l’UNICEF
La campagne annuelle « Trick-or-Treat for UNICEF » est lancée à petite échelle à Philadelphie en 1947 afin d’amasser des fonds pour les enfants de l’Europe déchirée par la guerre. Elle est mise en œuvre aux États-Unis par l’UNICEF (Fonds des Nations Unies pour l’enfance) en 1950. Le programme consiste à donner aux élèves une boite orange qu’ils portent autour de leur cou et dans laquelle ils peuvent collecter de l’argent auprès des ménages lorsqu’ils font la tournée des maisons.
La campagne est lancée au Canada en 1955 et elle est discontinuée en 2006, lorsque UNICEF Canada commence la collecte de fonds à partir de son site web. Entre 2000 et 2015, le programme amasse une moyenne de 3 millions de dollars par année, et plus de 100 millions de dollars au total au cours de son existence. Les fonds servent à l’achat de vaccins, de matériel éducatif et d’autres formes d’aide aux enfants. La campagne de porte-à-porte se poursuit toujours chaque année à l’Halloween aux États-Unis.
Succès commercial de l’Halloween
La popularité de l’Halloween augmente considérablement depuis le début du millénaire. Cette fête autrefois réservée aux enfants est désormais célébrée par les petits comme les grands. Les revenus commerciaux générés par l’Halloween ont plus que doublé entre 2004 et 2014, ce qui en fait la deuxième fête la plus commerciale au monde après Noël. Le Conseil canadien du commerce de détail a estimé en 2014 que l’Halloween représente une industrie d’un milliard de dollars au Canada. En date de 2023, selon Statistique Canada, cette fête représente 1,8 milliard de dollars.
Selon un sondage réalisé en 2014, 68 % des Canadiens célèbrent l’Halloween et 33 % des adultes participent à une fête de l’Halloween. Les Canadiens dépensent plus que les Américains, soit l’équivalent de 70 $ par habitant, en costumes, en bonbons et en décorations. La fête est également devenue une source de controverse, certains costumes étant critiqués par le public parce qu’ils sexualisent les jeunes filles ou véhiculent des stéréotypes raciaux et ethniques.