UZEB est un ensemble de jazz montréalais de style fusion, fondé dans les années 1970 par le guitariste Michel Cusson (né le 22 janvier 1957 à Drummondville, au Québec), rejoint par le bassiste Alain Caron (né le 5 mai 1955 à Saint-Éloi, au Québec), le batteur Paul Brochu (né le 5 avril 1958 dans la ville de Québec) et d'autres. Le groupe est actif jusqu’en 1992, puis se réunit pour une nouvelle tournée en 2017. « Junk Funk », « Smiles and Chuckles », « Mile "O" », « 60 rue des Lombardes », « Spider » et « Uzeb Club » sont quelques-unes des chansons les plus populaires de l’ensemble.

Origines et membres du groupe
L’histoire du groupe commence avec un premier spectacle donné à l’école Labreque, dans la ville québécoise d’Acton Vale. Michel Cusson, le guitariste, commente ses débuts : « On regarde le calendrier pis on se rend compte que c’est le jour de la Saint-Eusèbe. On était des fans d’humour absurde à ce moment-là, donc on trouvait ça très drôle de s’appeler Eusèbe Jazz ». Il suggère par la suite le nom Euzebe Jazz aux autres membres du groupe, abrégé plus tard sous la forme d'UZEB.
Le groupe s'établit peu de temps après à Montréal. En 1978, le bassiste Alain Caron et le batteur Jean Saint-Jacques se joignent à Michel Cusson. Saint-Jacques est éventuellement remplacé par Sylvain Coutu, puis, en 1980, par Paul Brochu. La distribution d'UZEB est complétée jusqu’en 1987 par un instrumentiste aux claviers et au synthétiseur — tour à tour Stéphan Montanaro, Jeff Fisher, Michel Cyr et Saint-Jacques. À partir de 1987, le groupe demeure un trio composé de Michel Cusson, Alain Caron et Paul Brochu. Les membres d'UZEB ont également travaillé comme musiciens de studio et l'ensemble a accompagné Diane Tell ainsi que Claude Dubois lors de tournées en 1980 et 1982.
Popularité au Québec
UZEB jouit d'un véritable statut de vedette pop au Québec dans les années 1980. Il gagne le prix Félix du groupe de l'année en 1984 et 1989 (en concurrence avec des groupes pop et rock) et celui du disque de jazz de l'année en 1983, 1984, 1986 et 1987.
En plus d'effectuer de nombreuses tournées au Québec et plusieurs tournées au Canada, l'ensemble est fréquemment invité au Festival international de jazz de Montréal (FIJM); en 1989 et 1991, il donne des concerts à la Place des Arts, honneur que ce festival a uniquement accordé, parmi les musiciens canadiens, à Oliver Jones et à Oscar Peterson. En 1991, UZEB reçoit le prix Oscar-Peterson du FIJM. La popularité de l'ensemble et le mélange éblouissant qu'il réalise entre la virtuosité instrumentale et la technologie fait d'UZEB le modèle obligé des jeunes musiciens du Québec, et explique en partie la popularité démesurée du style fusion au Québec, en comparaison avec le reste du Canada, dans les années 1980.
Succès international
UZEB fait ses débuts européens en 1981 au Bracknell Jazz Festival, en Angleterre, où il enregistre le premier de plusieurs disques réalisés en direct. À la suite de sa prestation au Festival de jazz de Paris en 1983, UZEB connait une grande popularité en France; il enregistre plusieurs disques à l'Olympia de Paris, soit seul, ou en compagnie du violoniste français Didier Lockwood en 1986. UZEB se produit partout en Europe et fait même une tournée en Asie en 1990, jouant peu aux États-Unis, cependant. En 1989, ses huit enregistrements réalisés (1981–88) par la maison montréalaise Paroles et musique (PEM) se sont vendus à plus de 200 000 exemplaires au total sur le marché international, un record pour un groupe de jazz canadien. Les compositions les plus populaires d'UZEB, écrites par Michel Cusson ou en collaboration avec d'autres membres du groupe, incluent « Junk Funk », « Smiles and Chuckles », « Mile "O" », « 60 rue des Lombardes », « Spider » et « Uzeb Club ». Un in-folio contenant 16 pièces d'UZEB, Compilation 1982-1988, est publié en 1989 par Éditions UZEB-Éditions Luna-Mars.
Réunion du groupe
Séparé en 1992, UZEB se réunit 25 ans plus tard et entame une série de concerts au Québec et en Europe durant l’été 2017; il en découle notamment l’album en spectacle R3union Live. Presque dix ans plus tard, un documentaire intitulé UZEB en fusion paraît à l’été 2026 et fait partie des films diffusés à l’occasion de la 46e édition du FIJM.