Sydney (Stevens) Stavitsky, O.Q., organisateur communautaire, défenseur des communautés, philanthrope, cofondateur de l’organisme de bienfaisance Jeunesse au Soleil (né le 25 juin 1940 à Montréal au Québec; décédé le 17 août 2025 à Montréal au Québec). Sydney Stavitsky était plus connu sous le nom de Sid Stevens. Il a créé Jeunesse au Soleil alors qu’il était l’adolescent en 1954, il a développé cet organisme pendant 70 ans et il en a fait l’un des plus importants organismes de bienfaisance de Montréal. L’organisme Jeunesse au Soleil soutient environ 30 000 personnes chaque année, en leur offrant des programmes pour les jeunes, de la nourriture, des services d’urgence, des vêtements et une aide financière.
Sid Stevens et Jeunesse au soleil ont apporté leur aide à de nombreux Montréalais depuis la fondation de l’organisme. Parmi les nombreuses réalisations de cet organisme, on compte la création de la première banque alimentaire de la ville, des services d’aide aux victimes d’incendies, et des services innovateurs destinés à soutenir la jeunesse urbaine de Montréal. Sid Stevens a également établi le programme Échec au crime à Montréal.

Jeunesse et éducation
Sid Stevens naît sous le nom de Sydney Stavitsky. Lorsqu’il est jeune, il rêve, semble-t-il, de devenir commentateur de hockey, et il change son nom de famille pour Stevens. Il grandit à Montréal, dans le quartier traditionnellement juif appelé Lower Main, centré dans le bas de la rue Saint-Laurent, un quartier qui est maintenant reconnu comme une partie du Plateau Mont-Royal. (Voir aussi Rues emblématiques au Canada.) Son père, Sam, est originaire de Pologne. Il arrive à Montréal en 1929 (voir Canadiens polonais; Immigration au Canada) et il travaille comme tailleur. Sa mère, Doris, naît de parents immigrants polonais. Selon Ted Stavitsky, le frère de Sid Stevens, la famille de sa mère vit dans le quartier du Plateau Mont-Royal, et celle de son père habite à proximité.
Sid Stevens fréquente la Devonshire Elementary School et la Baron Byng High School, deux écoles protestantes du quartier qui desservent la communauté juive de la ville à l’époque. Dès son plus jeune âge, Sid Stevens s’investit dans l’aide aux autres. Lors d’une entrevue accordée au journal The Canadian Jewish News, son frère Ted Stavitsky se souvient que le gardien de l’école faisait appel à Sydney pendant la pause du midi pour aider les enfants à traverser la rue. Le jeune Sydney participe également au programme de sécurité à vélo de l’école.
Plus tard, Sid Stevens étudie à l’Université Sir George Williams, qui devient éventuellement l’Université Concordia.
Jeunesse au soleil
Sid Stevens fonde Jeunesse au soleil avec son ami Earl De La Perralle en 1954, à l’âge de 13 ans. Le projet commence sous la forme d’un journal appelé le Clark Street Sun. Le journal est écrit à la main et il est loué pour deux sous, car les garçons ne peuvent pas se permettre d’en imprimer plus que deux exemplaires à la fois (l’original et sa copie carbone). Il relate la vie sur la rue Clark, une importante rue résidentielle située derrière l’artère commerçante de la rue Saint-Laurent. Malgré les moyens de production limités des deux garçons, le journal génère 500 $ de revenus dès sa première année, une somme qu’ils réinvestissent dans l’achat d’équipements et d’uniformes sportifs, ainsi que dans l’organisation d’activités sportives et récréatives pour les enfants du quartier.
Au fil des années, l’organisme Jeunesse au soleil met sur pied un programme de basketball populaire appelé Community Basketball Federation, et il collabore avec le service de police de Montréal pour installer du matériel de premiers soins au pavillon du lac des Castors, situé dans le parc du Mont-Royal. Sous la direction de Sid Stevens, Jeunesse au soleil travaille également avec la police de Montréal pour développer des divisions jeunesse qui visent à améliorer la sécurité dans les arénas, les centres communautaires et les parcs de la ville.
On attribue également à Jeunesse au soleil la création de la première banque alimentaire de Montréal, ainsi que d’un programme de livraison de nourriture et d’autres produits de première nécessité aux personnes à mobilité réduite. Ces initiatives permettent également de venir en aide aux victimes des inondations du Saguenay en 1996 et de la tempête de verglas de 1998.
Grâce au soutien d’un bienfaiteur anonyme connu uniquement sous le nom de monsieur Bike Man, l’un des programmes les plus anciens de Jeunesse au Soleil permet de fournir des vélos aux jeunes défavorisés, un programme appelé Des héros à vélo. Une autre initiative de longue date de Jeunesse au Soleil tire son inspiration de la pauvreté du quartier Lower Main où Sid Stevens grandit. Bien que ses amis et voisins soutiennent les œuvres caritatives du jeune Sid Stevens, peu d’entre eux ont les moyens de faire des dons pour la cause. Le programme de paniers de Noël de Jeunesse au Soleil évolue au fil du temps pour devenir un programme qui fournit de la nourriture à environ 5000 familles chaque année. Ces dernières années, Jeunesse au Soleil gère une trentaine d’initiatives caritatives différentes à Montréal.
Jeunesse au Soleil a également une longue tradition d’aide aux victimes d’incendies à Montréal, même à une époque où les ressources de l’organisme étaient limitées. Au début, Sid Stevens et d’autres bénévoles de Jeunesse au Soleil réquisitionnent des autobus de la ville, et ils demandent aux passagers de descendre et d’attendre l’autobus suivant pour qu’ils puissent aller porter secours à d’autres gens. Bien que cette pratique ne soit pas approuvée, la Commission des transports de Montréal commence à faire don d’autobus à Jeunesse au Soleil pour aider les victimes d’incendies d’appartements ou de maisons. Éventuellement, l’organisme Jeunesse au soleil reçoit des autobus spécialement conçus avec des équipements supplémentaires, y compris des toilettes, et de plus, des hôtels locaux fournissent un hébergement aux victimes d’incendies.
Tout au long de sa vie, Sid Stevens affirme que l’organisme Jeunesse au Soleil et lui-même doivent leur succès au travail acharné de son ami de longue date et cofondateur de l’organisme, Earl De La Perralle.
Carrière politique
Sid Stevens siège au conseil municipal de Montréal durant un mandat, il y est élu en 1978 alors que Jean Drapeau est maire.
Vie personnelle
Sid Stevens rencontre sa conjointe par l’intermédiaire de Jeunesse au Soleil. Freda Kopyto est bénévole pour l’organisme pendant 20 ans.
À l’annonce du décès de Sid Stevens, il est décrit comme l’un des « anges gardiens » de Montréal.
Prix et distinctions
Sid Stevens reçoit de nombreux prix et de nombreuses distinctions tout au long de sa longue carrière philanthropique. En 1986, le Collège Dawson lui décerne son Prix du Collège Dawson pour sa contribution exceptionnelle à la vie publique. Il reçoit une mention d’honneur du ministère du Multiculturalisme et de la Citoyenneté du gouvernement fédéral en 1989.
Sid Stevens est un Montréalais de premier plan qui s’implique dans des œuvres caritatives. Il reçoit plusieurs importants prix et distinctions en 1992, l’année du 350e anniversaire de la fondation de Montréal. Pour son dévouement et ses services à la communauté et pour ses réalisations professionnelles, la Faculté de commerce et d’administration de l’Université Concordia lui rend hommage. L’Association des médecins psychiatres du Québec souligne également son engagement social, et le Conseil des citoyens de Montréal l’honore pour sa contribution au bien-être de ses concitoyens et pour sa générosité envers la communauté.
Sid Stevens reçoit un doctorat honorifique en droit de l’Université McGill en 2002.
En 2011, il est intronisé à l’Académie des Grands Montréalais dans la catégorie sociale. En 2016, il est nommé Commandeur de l’Ordre de Montréal.
Sid Stevens est reconnu pour sa contribution exceptionnelle à la société du Québec, et en 2022, il est nommé Officier de l’Ordre national du Québec.