La maison semi-souterraine

Une maison semi-souterraine est un type d’habitation historiquement utilisée par divers peuples autochtones vivant dans la région du Plateau du Canada. Construites partiellement dans le sol, les maisons semi-souterraines fournissaient chaleur et abri durant la saison hivernale. Bien que les maisons semi-souterraines ne servent plus d’habitations courantes, elles conservent une importance culturelle pour plusieurs peuples autochtones. On trouve des vestiges et des répliques de maisons semi-souterraines dans diverses parties du Canada. (Voir aussi Histoire de l’architecture des Autochtones au Canada.)



Maison semi-souterraine
Les maisons semi-souterraines sont les habitations d'hiver des peuples du Plateau. Il n'y a qu'une seule entrée aménagée sur le dessus et elle n'est accessible que par une échelle.

Qu’est-ce qu’une maison semi-souterraine ?

La maison semi-souterraine est une habitation partiellement construite dans le sol. Durant l’hiver, certains peuples autochtones du Plateau vivent dans des maisons semi-souterraines. Les maisons sont habituellement situées sur les flancs est des vallées fluviales où les pentes des montagnes offrent une protection contre les vents. Ces habitations représentent une forme de bâtiment distincte et très efficace qui est largement utilisée dans cette région pendant au moins 3500 ans.

Les communautés autochtones ont généralement trois ou quatre maisons semi-souterraines, occupées par environ 15 à 30 personnes chacune. Les communautés datant de l’histoire avant le contact avec les Européens étaient souvent beaucoup plus grandes, contenant cent maisons individuelles ou plus. Les maisons semi-souterraines varient considérablement en taille, en conception et en méthode de construction selon les divers peuples du Plateau, incluant les Salish du continent. Certaines de ces habitations, comme les maisons semi-souterraines des Nlaka’pamux, étaient de forme circulaire alors que d’autres étaient de forme allongée ou carrée, et certaines avaient des entrées secondaires sur le côté du toit. Les Secwépemc (Shuswap) qui vivent dans la vallée de la rivière Thompson, près de ce qui est connu aujourd’hui comme Kamloops, ont donné une forme plus conique à leurs maisons semi-souterraines. 

Le saviez-vous ?

Durant les mois d’été, les peuples autochtones du Plateau vivaient dans des abris faits de poteaux légers recouverts de roseaux tissés et de tapis d’herbe. Ces habitations étaient bien adaptées aux mouvements saisonniers vers les sites de pêche, de chasse et de cueillette de plantes sauvages.


Comment est construite une maison semi-souterraine ?

Parmi les maisons semi-souterraines les plus documentées, on trouve celles construites par les Nlaka’pamux de la vallée Nicola dans le sud de la Colombie-Britannique. Dans les années 1890, l’ethnologue James Teit étudie attentivement la conception, les techniques de construction et les croyances associées aux maisons semi-souterraines de cette communauté.

La construction des maisons semi-souterraines des Nlaka’pamux commence par la prise de mesures précises des dimensions de la fosse, qui varie de 7,5 à 12 mètres de diamètre. La zone mesurée est ensuite creusée jusqu’à une profondeur d’environ un mètre, avec des parois latérales inclinées vers l’extérieur. Quatre bûches sont insérées dans des trous du plancher à un angle parallèle aux murs. Leur sommet soutient les quatre poutres principales du toit, qui sont enfoncées dans le sol meuble à des angles aigus.

Le matériau de toiture est ensuite verrouillé, de la circonférence extérieure de la cheminée centrale au sommet de la structure. Le toit supporte une couche de poteaux bien ajustés et calfeutrés au moyen d’une épaisse couche d’herbe ou d’aiguilles de pin. À ce stade, dans la région du haut-Plateau où les précipitations de pluie sont abondantes, on ajoute de l’écorce de cèdre, le côté incurvé tourné vers le haut.

Finalement, la terre excavée est étendue sur le toit et est tapée, et une échelle est passée par la cheminée. Le printemps suivant, le gazon germe sur le toit et, à l’exception de l’échelle qui dépasse, l’habitation semble être une partie vivante du paysage.

L’échelle de la maison semi-souterraine fait à une certaine époque l’objet d’un soin artistique particulier. Le haut est parfois sculpté en forme de tête d’oiseau ou d’un animal, et est peint pour représenter l’esprit qui garde le sommet de la maison. On trouve un foyer central au pied de l’échelle, habituellement du côté nord, et une dalle de pierre protège l’échelle contre le feu. Lorsque la maison semi-souterraine est recouverte d’une couche de neige, l’efficacité de son isolation est telle qu’un petit feu permet à lui seul d’en chauffer l’intérieur.

Le saviez-vous ?

Les maisons semi-souterraines des Nlaka’pamux ne comportent aucune division murale, mais elles sont tout de même divisées en quatre sections définies par l’emplacement des quatre poteaux principaux. Cette division correspond à leur vision cosmologique d’un monde perçu comme une immense habitation circulaire divisée en quatre sections. Après la mort, les Nlaka’pamux croient que l’âme traverse une rivière vers l’au-delà, également perçu comme une grande habitation ronde.


Signification moderne

Bien que les maisons semi-souterraines ne soient plus utilisées comme des habitations courantes, elles conservent une valeur et une importance culturelles. Les formes de bâtiments autochtones comme la maison semi-souterraine font partie des systèmes de connaissances traditionnels. Les Aînés et les communautés à travers le Canada travaillent à préserver et promouvoir ces traditions culturelles.

Le site archéologique de Keatly Creek en Colombie-Britannique abrite un large village préhistorique de maisons semi-souterraines. Situé le long de la rivière Fraser, ce site fournit aux chercheurs de l’information sur la manière dont les peuples autochtones y vivaient autrefois. On peut trouver des sites archéologiques et des répliques dans diverses parties de l’Amérique du Nord (voir aussi Histoire de l’architecture des Autochtones au Canada).


Guide pédagogique perspectives autochtones

Collection des peuples autochtones

Lecture supplémentaire

  • Société géographique royale du Canada, Atlas des peuples autochtones du Canada (2018)

Liens externes