Au Canada, on trouve des musées d’histoire, d’art, de sciences et d’histoire naturelle de renommée mondiale, mais ce ne sont pas tous les guides touristiques qui parlent des institutions plus insolites qu’on trouve au pays. Certains musées se spécialisent dans la recherche et la préservation d’un aspect particulier de l’histoire, tandis que d’autres adoptent une approche fantaisiste dans leurs expositions. Voici quelques-uns des musées les plus originaux du Canada.

Le Bata Shoe Museum (à Toronto en Ontario)
Situé dans un bâtiment conçu par le célèbre architecte canadien d’origine japonaise Raymond Moriyama, le Bata Shoe Museum est exactement ce qu’il proclame être : un musée consacré à l’histoire de la chaussure. La fondatrice du musée, la philanthrope canadienne d’origine suisse Sonja Bata, épouse un magnat de l’industrie de la chaussure et parcourt le monde à la recherche de chaussures traditionnelles et de modèles uniques. Elle conserve ces chaussures dans son sous-sol jusqu’à ce qu’un ami anthropologue lui fasse remarquer qu’un bon nombre d’entre elles sont de qualité requise pour être exposées dans un musée. Sonja Bata fonde alors le Bata Shoe Museum, et sa propre collection constitue le noyau de la vaste collection permanente du musée, qui compte plus de 15 000 pièces et couvre 4500 ans d’histoire. Le musée accueille également des expositions temporaires en rotation.

Musée canadien du canot (à Peterborough en Ontario)
Le Musée canadien du canot est le fruit de la passion du professeur Kirk Wipper, un collectionneur de canots, et il est fondé en 1997 sous le nom de Kanawa International Museum of Canoes. Le musée est initialement installé dans une usine de moteurs hors-bord. En 2023, il est déplacé dans une propriété située sur le bord de l’eau. La collection du musée compte plus de 650 canots et kayaks, et elle comprend un canot en écorce de bouleau appelé Kokomis Tchiman, long de huit mètres et fabriqué par l’aîné métis Marcel Labelle. On y trouve également le kayak d’Adam van Koeverden, utilisé aux Jeux olympiques de 2004, ainsi que des pirogues haïdas. En plus de sa collection, le musée offre des cours de pagaie et des camps de canot.

La Vulcan Tourism and Trek Station (à Vulcan en Alberta)
La petite ville de Vulcan doit son nom au dieu romain du feu, et non à la planète de la franchise Star Trek. Mais lorsque les admirateurs de Star Trek commencent à s’arrêter devant le panneau « Welcome to Vulcan » pour prendre des photos, la ville décide de tirer parti de cette coïncidence. Elle transforme son office de tourisme en un musée de Star Trek en forme de vaisseau spatial, qui ouvre ses portes en 1998. Les touristes peuvent visiter le pont du vaisseau, admirer une vaste collection de souvenirs et de costumes de Star Trek, et magasiner dans la boutique de souvenirs. La ville possède même une réplique du vaisseau Enterprise, nommé le Starship FX6-1995-A, en référence à l’indicatif de l’aéroport de Vulcan. Chaque année, durant la dernière fin de semaine de juillet, la ville organise Vul-Con, une convention consacrée à Star Trek.

Musée canadien de la pomme de terre (à O’Leary à l’Île-du-Prince-Édouard)
Le Musée canadien de la pomme de terre rend hommage à l’industrie de la pomme de terre de l’Île-du-Prince-Édouard, et il se targue de posséder « la plus grande collection au monde de machines agricoles, d’objets agricoles et d’artefacts communautaires liés à la pomme de terre ». Le musée présente des expositions aux noms évocateurs comme le Potato Hall of Fame et le Amazing Potato Exhibit. Il abrite également une statue en fibre de verre de plus de 4 mètres de hauteur qui représente une pomme de terre Russet Burbank. En 2014, le musée remporte le prix Premier’s Award for Tourism en 2014, après ce qui est alors sa meilleure saison avec 10 000 visiteurs. Le restaurant PEI Potato Country Kitchen, attenant au musée, propose des plats à base de pommes de terre à ses visiteurs.

Le World Famous Gopher Hole Museum (à Torrington en Alberta)
Le World Famous Gopher Hole Museum est fondé en 1995 grâce à une subvention du gouvernement provincial dans le but de créer une attraction touristique. Ce célèbre musée présente des dioramas qui mettent en scène 82 petits écureuils fouisseurs empaillés, ou plus précisément des spermophiles de Richardson, qui se livrent à toutes sortes d’activités humaines. (Voir aussi Écureuils au Canada.) Les expositions célèbrent la vie rurale et son histoire en dépeignant la vie quotidienne de Torrington à différentes époques. Bien que son ouverture ait suscité des protestations de la part de l’association PETA (People for the Ethical Treatment of Animals), le musée accueille maintenant 15 000 visiteurs par année.
Depuis 2025, le musée est à la recherche d’un nouveau domicile en raison d’infestations d’insectes. En date d’avril 2026, il n’a toujours pas trouvé de nouvel emplacement et il fonctionne avec des horaires d’ouverture réduits. Ce même mois, une exposition intitulée Into the Gopher-verse est présentée au Calgary Comic Expo.

Le French Shore Interpretation Centre et la French Shore Tapestry (à Conche à Terre-Neuve et-Labrador)
Du début des années 1500 jusqu’en 1904, des pêcheurs français se rendent sur la côte nord de Terre-Neuve pour y pêcher la morue. L’histoire et la culture de la présence européenne dans cette région, connue sous le nom de côte française (ou French Shore), sont préservées au French Shore Interpretation Centre. L’une des pièces maitresses de ce musée est la French Shore Tapestry. Inspirée de la Tapisserie de Bayeux, une œuvre médiévale illustrant la conquête normande de l’Angleterre en 1066, la French Shore Tapestry est confectionnée par de nombreux brodeurs locaux. Ce projet naît de l’initiative de l’artiste terre-neuvien d’origine française Jean-Claude Roy et de son épouse Christine Roy, qui se chargent respectivement de la conception des dessins, et de la recherche et mise en couleur.
Le saviez-vous?
Ni la French Shore Tapestry ni la Tapisserie de Bayeux ne sont en fait de véritables tapisseries. Les tapisseries utilisent le tissage pour créer une image qui fait partie intégrante du tissu lui-même. Ces pièces sont plutôt des exemples de broderie, une technique dans laquelle une image est cousue sur un morceau de tissu préexistant.
D’une longueur de 66 m, la French Shore Tapestry nécessite 24 mois et 20 000 heures de travail d’artisans pour être réalisée, et elle dépeint l’histoire de la région.
