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Zones de protection marine du Canada

Les zones de protection marine (ZPM) du Canada visent à préserver les écosystèmes marins et leurs habitants dans les trois océans qui entourent le pays. Dans les eaux canadiennes, on compte 16 zones de protection marine; elles sont protégées en vertu de la Loi sur les océans, elles couvrent 600 000 km², soit 10 % des régions maritimes et côtières, et elles sont administrées par le ministère des Pêches et des Océans. Le gouvernement du Canada s’est engagé à participer à la protection de 30 % des océans du monde d’ici 2030, après avoir signé l’accord du Cadre mondial pour la biodiversité de Kunming-Montréal et s’est joint à l’Alliance mondiale pour les océans et à la Coalition de la haute ambition pour la nature et les peuples. Les zones marines protégées ont divers objectifs de conservation, qui sont spécifiques à chacune des aires protégées. Non seulement ces zones protégées s’efforcent de préserver l’environnement naturel, mais leur gestion vise également à soutenir les objectifs économiques de la région et à contribuer à la préservation et à la mise en valeur de la culture canadienne.


Définition

Les zones de protection marine, ou ZPM, sont des zones de l’océan ou des côtes qui sont protégées par la loi et gérées en vue de la protection et de la conservation à long terme du milieu naturel. Selon l’Union internationale pour la conservation de la nature, pour qu’une zone soit considérée comme une ZPM, elle doit être « un espace géographique clairement défini, reconnu, consacré et géré, par tout moyen efficace, juridique ou autre, afin d’assurer à long terme la conservation de la nature ainsi que les services écosystémiques et les valeurs culturelles qui lui sont associés. ». Les ZPM canadiennes sont régies par la Norme de protection des aires marines protégées, qui indique les activités qui devraient être interdites dans chaque ZPM afin de protéger les zones vulnérables contre les activités industrielles nuisibles.

Au Canada, les zones de protection marine se distinguent par leurs objectifs de conservation et le niveau de protection de chaque zone. Certaines ZPM autorisent des activités industrielles et récréatives comme le chalutage de fond et la pêche, en fonction de leurs impacts environnementaux et des objectifs de conservation de la ZPM. Ces zones sont désignées comme des ZPM à usages multiples. D’autres ZPM sont complètement fermées à toute activité humaine; elles sont définies comme étant des réserves naturelles intégrales ou des ZPM à accès interdit, et elles sont entièrement protégées. Certaines ZPM se situent entre les deux, comme les ZMP sans prélèvement (qui interdit toute activité extractive). Le 25 avril 2019, le Canada interdit toutes les activités pétrolières et gazières, l’exploitation minière, le déversement de déchets et le chalutage de fond dans toutes les nouvelles ZPM désignées. Toutes les ZPM à usages multiples existantes sont maintenues, mais toutes les nouvelles ZPM sont protégées de manière plus directement alignée sur leurs objectifs de conservation. De plus, la protection des ZPM peut varier selon le temps; certaines ZPM sont protégées toute l’année, tandis que d’autres offrent une protection saisonnière. Cette protection à court terme vise à protéger les sites de reproduction et de nidification pendant la saison appropriée, ainsi qu’à offrir une zone tampon pour les zones sensibles que les activités humaines saisonnières peuvent menacer à certaines périodes de l’année.

Les zones de protection marine sont établies par Pêches et Océans Canada, qui désigne les zones et les objectifs de conservation de chaque ZPM. Ces zones sont gérées de manière à soutenir les objectifs économiques de la société, car des écosystèmes sains peuvent soutenir des industries durables, les économies locales et les communautés côtières. La stratégie du réseau des ZPM souligne l’importance de la conservation des océans afin que les usagers de l’océan puissent mieux comprendre leur accès aux ressources marines et les restrictions potentielles auxquelles ils pourraient être confrontés. De plus, les zones de protection marine contribuent à la culture canadienne en protégeant des sites qui ont une valeur patrimoniale spirituelle ou culturelle et en sensibilisant le public aux efforts de conservation grâce à la réglementation des activités récréatives et touristiques.

Histoire

Depuis des temps immémoriaux, les peuples autochtones prennent soin des terres et des eaux de ce qui est aujourd’hui le Canada, en préservant et en protégeant les paysages marins. Avec l’essor des activités industrielles en mer au cours des derniers siècles, l’océan et ses habitants sont devenus menacés par la surpêche, la pollution et les changements climatiques, entre autres. En 1982, la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer (UNCLOS) est finalisée, le Canada ayant joué un rôle de premier plan dans sa rédaction. Cette convention exige que tous les États signataires protègent et préservent le milieu marin, et elle devient juridiquement contraignante en 1994. En 1997, le Canada adopte la Loi sur les océans, qui rend obligatoires l’élaboration et la mise en œuvre d’u système de zones de protection marine dans les eaux canadiennes. En 2003, la première aire marine protégée canadienne est désignée, soit le champ hydrothermal Endeavour. En 2024, cette zone de protection marine du Pacifique est intégrée à la plus grande aire marine protégée, soit Tang.ɢ̱wan – ḥačxwiqak – Tsig̱is. Depuis 2003, 16 nouvelles zones de protection marine sont désignées, représentant 10 % des côtes et des eaux du Canada, et contribuant ainsi à l’objectif de 30 % d’ici 2030.

Zone de protection marine du Canada

Nom de la zone marine protégée

Année de création

Superficie en km2

Océan arctique

Tarium Niryutait

2010

1 750

Anguniaqvia Niqiqyuam (Ung-u-niak-via Ni-kig-e-um)

2016

2 358

Tuvaijuittuq

2019

319 411

Qikiqtait

2026

42 700

Sarvarjuaq

2026

73 700

Océan atlantique

Le Gully

2004

2 363

Eastport

2005

2

Baie Gilbert

2005

60

Basin Head

2005

9

Estuaire de la Musquash

2006

7

Banc de Sainte-Anne

2017

4 364

Chenal Laurentien

2019

11 580

Banc-des-Américains

2019

1 000

Océan Pacifique

Mont sous-marin SG̲áan K̲ínghlas-Bowie

2008

6 103

Récifs d’éponges siliceuses du détroit d’Hécate et du bassin de la Reine Charlotte (ZPM DH-BRC)

2017

2 410

Tang.ɢ̱wan – ḥačxwiqak – Tsig̱is

2024

133 017