Edward Fey "Ed" Lee (Source primaire)

Edward Fey « Ed » Lee s’est joint aux Forces armées canadiennes en tant que volontaire pour le programme outre-mer Special Operations Executive (SOE). Il a servi de 1944 à 1946. Étant un Canadien d’origine chinoise, Edward Fey Lee a été appelé à servir comme agent secret en Asie sous le commandement de l’armée britannique. Écoutez ses récits de guérilla au cœur des territoires sous occupation japonaise.

Prenez note que les sources primaires du Projet Mémoire abordent des témoignages personnels qui reflètent les interprétations de l'orateur. Les témoignages ne reflètent pas nécessairement les opinions du Projet Mémoire ou de Historica Canada.



Soldat Ed Lee en entrainement à Maple Creek, Saskatchewan, octobre 1944.
« Les agents européens ne pouvaient pas opérer à proximité des principaux endroits où se trouvait la population à cause de la couleur de leur peau et de leur incapacité à parler les langues locales. Qui donc le SOE britannique pouvait bien appeler pour opérer en Asie ? »


Transcription

J’avais 18 ans en dernière année au lycée technique de Vancouver, en terminale (12ème année). En 3ème (9ème année) j’ai rejoint les cadets de l’Air et ceci jusqu’en terminale (12ème année) mais je n’avais pas fini la terminale (12ème année) quand je me suis engagé dans l’armée. Pourquoi ne me suis-je pas engagé dans l’armée de l’air – à cause de la discrimination raciale de mon époque. Mon frère et mon beau-frère se sont engagés dans l’armée de l’air à ce moment-là. Je ne sais pas comment ils s’y sont pris pour y entrer. Évidemment, moi je n’ai pas essayé, mais j’ai entendu dire que si on s’engageait dans l’armée de terre canadienne, on avait plus de chances de pouvoir se porter volontaire dans le SOE (Direction des Opérations Spéciales) un programme de l’armée de terre britannique outre-mer. Donc c’est pourquoi je me suis engagé dans l’armée de terre.

Le SOE, Direction des Opérations Spéciales, en Asie, était connu sous le nom de Force 136. La vie des agents secrets en Asie était très différente de celle en Europe. Il n’y avait pas de groupe solidement organisé de gens au niveau local qui combattaient l’envahisseur. La plupart des autochtones dans les territoires occupés par les japonais tels que Hong Kong, la Malaisie, le Siam (Thaïlande), l’Indochine (Vietnam et Cambodge), l’Indonésie et les Philippines. En tout cas, le SOE a dû s’assurer du concours de la guérilla locale communiste pour se battre contre les japonais. En plus, les agents européens ne pouvaient pas opérer à proximité des principaux endroits où se trouvait la population à cause de la couleur de leur peau et de leur incapacité à parler les langues locales. Qui donc le SOE britannique pouvait bien appeler pour opérer en Asie ? Les agents anglais sont venus au Canada pour demander au gouvernement canadien de demander aux jeunes sino-canadiens de se porter volontaires pour faire partie de la force spéciale du SOE, la Force 136.

On a traversé l’Atlantique de l’Angleterre à la Méditerranée, le canal de Suez, la mer Rouge et l’océan Indien. Ils ont transféré quelques petits groupes d’hommes à différents endroits. J’ai été transféré à Poona (Inde) en train. Arrivé à Poona, j’ai suivi un entrainement au combat à savoir une formation à la gestion des obstacles, grimper aux arbres au dessus de 10 mètres de hauteur. L’arbre a une petite plateforme d’arbre. Une autre plateforme, à 10 mètres approximativement, il y a une corde. L’objet de cet exercice c’est de passer d’une plateforme à l’autre. Personne de l’autre côté pour vous attraper. Si vous n’y arrivez pas, vous tombez par terre sans filet.

Force 136 à l’entraînement dans un camp britannique à Pune, en Inde, en 1945.

Après cette formation, on a quitté Poona et on a fait le voyage en train jusqu’à Meerut. À Meerut, on suit une formation d’opérateur radio. Cette formation dure trois mois à peu près. Ça consiste à apprendre le morse et à décoder. J’ai signé pour le sous-marin, plutôt que le saut en parachute. J’ai attendu tellement longtemps pour le sous-marin ; donc, je veux changer pour le saut en parachute. Quand je m’inscris pour le saut en parachute, c’est trop tard ; je ne savais pas que la guerre est terminée. Le dernier voyage que j’ai fait c’était pour aller à Colombo à Ceylan, qui s’appelle aujourd’hui le Sri Lanka, c’était la destination finale. De là, on pouvait vous appeler à tout instant à être parachuter au milieu de la guérilla dans les territoires sous occupation japonaise, dans la jungle individuellement, pas en groupe. Vous passiez trois ou quatre mois dans la jungle jusqu’à ce que quelqu’un vienne vous remplacer.

Les autochtones seront là pour vous réceptionner et transporter votre matériel. L’âge de ces autochtones va de 14 à 18 ans. On est là-bas pour rassembler des renseignements et en faire le rapport au quartier général en morse. C’était la mission de l’opérateur radio. Les groupes de démolition et le groupe d’interprètes qui parlent japonais sont à l’intérieur du territoire japonais, des camps occupés. Leur travail est beaucoup plus dangereux que celui d’un opérateur radio. Si vous êtes pris en vie par un soldat japonais, vous allez essayer d’avaler deux pilules de cyanure pour éviter que l’ennemi vous torture. Après avoir essayé de vous prendre des renseignements quand vous êtes capturés, vous n’êtes pas considéré comme un prisonnier de guerre, on vous tue immédiatement. J’ai quitté l’Asie en 1946, en mars.

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