Projet Mémoire

Edith Marion Garden (née Greenly) (source primaire)

En 2010, le Projet Mémoire a interviewé Edith Marion Garden (née Greenly), une ancienne combattante de la Deuxième Guerre mondiale. L’enregistrement (et la transcription) qui suit est un extrait de cette entrevue. De 1942 à 1945, Edith Garden a servi dans le Service féminin de l’Aviation royale canadienne. Née à Jarvie en Alberta le 22 octobre 1923, Edith Garden s’est enrôlée dans les Forces armées canadiennes à l’âge de 19 ans. Elle a servi dans des bases de l’ARC au Canada, notamment dans des écoles de formation à Claresholm et à Fort MacLeod, en Alberta. Dans son témoignage, Edith Garden décrit son service au sein du Service féminin de l’ARC, en particulier son travail à la cantine de la base dans les îles de la Reine-Charlotte (Haida Gwaii). En 1945, elle a épousé William « Buster » Garden, qui a servi dans l’armée canadienne pendant la guerre. Elle est décédée le 10 octobre 2011 à Edmonton en Alberta.

Prenez note que les sources primaires du Projet Mémoire abordent des témoignages personnels qui reflètent les interprétations de l’orateur. Les témoignages ne reflètent pas nécessairement les opinions du Projet Mémoire ou de Historica Canada.

Mme Edith Garden (née Greenly) en uniforme à Edmonton, Alberta, le 25 août 1944.
Mme Edith Garden (née Greenly) en uniforme à Edmonton, Alberta, le 25 août 1944.
<p><br></p>
<p>Avec la permission du Projet Mémoire/Edith Garden<br></p>
Photographie du hall de danse aux iles de la reine Charlotte où Mme Garden est restée pendant la guerre.
Photographie du hall de danse aux iles de la reine Charlotte où Mme Garden est restée pendant la guerre.
<p><br></p>
<p>Avec la permission du Projet Mémoire/Edith Garden<br></p>
Edith Garden (née Greenly) avec son futur mari, Buster Garden, en août 1943.
Edith Garden (née Greenly) avec son futur mari, Buster Garden, en août 1943.
<p><br></p>
<p>Avec la permission du Projet Mémoire/Edith Garden<br></p>
Pour se divertir pendant qu'elles restaient sur les Iles de la reine Charlotte, Mme Garden et ses camarades WDs ont fabriqué différents objets à partir de coquillages qu'elles trouvaient le long du littoral.
Pour se divertir pendant qu'elles restaient sur les Iles de la reine Charlotte, Mme Garden et ses camarades WDs ont fabriqué différents objets à partir de coquillages qu'elles trouvaient le long du littoral.
<p><br></p>
<p>Avec la permission du Projet Mémoire/Edith Garden<br></p>
Mme Garden et ses camarades WDs cherchant des coquillages sur le littoral des Iles de la reine Charlotte, où elle est restée pendant la guerre.
Mme Garden et ses camarades WDs cherchant des coquillages sur le littoral des Iles de la reine Charlotte, où elle est restée pendant la guerre.
<p><br></p>
<p>Avec la permission du Projet Mémoire/Edith Garden<br></p>
<p>«&nbsp;Cette station militaire bourdonnait d’activité. Nous devions être prêts à tout moment en cas d’invasion japonaise.&nbsp;»</p>

Transcription

J’ai attendu jusqu’à l’automne 1942, et j’étais alors assez âgée et je me suis donc enrôlée à Edmonton en Alberta, et je me suis engagée parce que ma sœur était déjà dans l’armée de l’air, mais on avait écouté des discours militaires depuis toujours, je crois, parce que mon père avait fait la Première Guerre mondiale et il était sur la crête de Vimy et on entendait parler des nombreuses épreuves qu’ils avaient traversées. Et j’ai été affectée à Ottawa. Et bien sûr, j’étais dans le service général à ce moment-là. Je n’avais pas de métier, alors je suis passée d’un travail à l’autre. Mais pour finir, j’ai été envoyée sur la base de Claresholm en Alberta, leur base de formation au pilotage, là où était ma sœur, ma sœur aînée qui s’était enrôlée avant moi.

Donc, on a passé onze mois ensemble là-bas à l’école de pilotage militaire N° 15 à Claresholm en Alberta. Et j’ai été affectée à Fort Macleod, à l’école de pilotage militaire N° 7 et j’ai protesté, mais ils ont dit qu’on ne s’était pas enrôlées ensemble, donc ça n’a pas eu la moindre influence. Mais, en tout cas, j’ai passé un petit moment à Macleod. Je n’aimais pas vraiment cette base et j’ai eu l’occasion d’aller dans les îles de la Reine Charlotte. On n’était pas obligées, c’était un choix parce que c’était une base très isolée. Et j’aimais bien l’idée, alors j’y suis allée. Et j’y suis restée une année entière. On devait seulement y passer six mois, mais je m’y plaisais. C’était vraiment joli là-bas. J’ai adoré, des arbres immenses et les jolis chemins qu’ils avaient tout le long du rivage. C’était une base militaire très active.

On devait être prêts à tout moment en cas d’invasion japonaise parce qu’ils pensaient qu’ils pourraient bien essayer de se poser là, d’y débarquer. Et on avait des masques à gaz et on avait des projecteurs; et on avait des positions de tir le long de la côte. Et vous savez, un tas d’autres choses qu’on n’avait pas dans les autres bases. C’était la plus militarisée de toutes celles où j’ai été. Et ils ont dit quand on est allées là-bas, il y avait des charges de destruction derrière les bâtiments et il y avait définitivement un tunnel où on était censés aller en cas de problème. Ils ont dit qu’il y avait du ravitaillement et un moyen de s’échapper par ce tunnel si on… mais on n’a jamais eu l’occasion de voir là-dedans. On vendait des T-shirts, des serviettes et du matériel qu’ils devaient avoir dans leur sac, au cas où ils en perdaient. Et, parfois on servait de la bière et vous savez, toutes ces choses-là. Des hot-dogs, c’était quelque chose, on vendait 40 hot-dogs à la fois à l’équipe qui descendait aux hangars pour travailler sur des avions la nuit. Et on fermait juste avant minuit et on vendait 40 hot-dogs en une seule commande pour descendre là où ils travaillaient toute la nuit sur les moteurs d’avions. Et on avait la responsabilité d’une somme d’argent considérable, un stock dans cette cantine qui valait une quantité de milliers de dollars. Et on était toutes caissières à différentes caisses. On était responsables, les gens qui faisaient les inventaires, si quelqu’un entrait, comme un gros bonnet pouvait entrer et dire « on vient faire l’inventaire maintenant », on devait tout fermer, compter la monnaie dans la caisse, compter le fond de caisse et compter chaque article sur l’étagère et ça devait tomber juste avec le nombre de milliers de dollars de valeur du stock. Alors c’était une grosse responsabilité.

Après l’année là-bas, j’ai été affectée à Vancouver. Et j’ai passé quelque temps à Vancouver. Voyons voir, du mois d’août à peu près au mois de décembre. J’ai été démobilisée en 1945. Et mon mari était dans l’armée de terre et il est rentré d’outre-mer, de la campagne à travers l’Europe, où il était dans tout ça, en juillet. Et on s’est mariés à quelques jours près de l’explosion de la bombe d’Hiroshima au Japon.

Collections associées